Traversée des Rockies, des terres Alaskanes et descente de la Yukon river

Introduction :


" Traversée des Rockies et des terres alskanes, avec la magnifique descente de la Yukon river "


Résumé de trois mois passés dans les Rocheuses et sur le fleuve Yukon
(environ 6.000 km en vélo et 2.750 km en kayak).

Ce nouveau petit voyage commença le 10 juin 2011 depuis Calgary en direction de Whitehorse, capitale d'un territoire du Canada, le Yukon territory qui est presque aussi grand que la France mais avec seulement 33.000 habitants et qui doit son nom aux rapides qui montraient des chevaux blancs (crinières) à l'entrée de cette petite bourgade de seulement 20.000 habitants ! Autant dire que la route prenait d'emblée le chemin des étoiles la nuit et des vues sur les grands espaces le jour, que du plaisir donc, d'autant plus que les américains et canadiens des Rockies (les Rocheuses) sont très avenants et sympathiques. Bref déjà les ingrédients d'un très bon voyage.
Ensuite le parcours traversa l'Alaska, un autre territoire grand comme trois fois la France avec seulement 700.000 habitants dont plus de la moitié dans les deux principales villes, Fairbanks et d'Anchorage, encore un beau périple au sein des grands espaces alaskans.

On compte environ 40.000 grizzly en Alaska et 10.000 grizzly au Yukon territory ; il y a aussi environ 600.000 ours noirs sur le continent nord-américain (principalement dans le nord des Rockies), on peut aussi croiser des Moose (l'équivalent des Elks en Europe scandinave, on en trouve plus d'un million dans les Rockies et leur poids peut atteindre 700 kg pour un adulte mâle!), des coyotes, des cerfs bien sûr, des marmottes, des renards, des aigles et autres rapaces et si on est plus chanceux (ce qui ne sera pas mon cas cette fois-ci) des loups ou des lynx.
Il n'y a jamais eu de soucis vis-à-vis des animaux que l'on dit " sauvages ", en fait ils sont bien élevés et respectent des règles établies depuis la nuit des temps. Les ours profitent surtout de la bonne herbe, des fleurs et des fruits. En effet, l'été est court, à peu près 3-4 mois seulement car dans les nuits d'août il peut déjà commencer à geler et, dans ces régions septentrionales, le printemps et l'automne ne durent guère plus de deux semaines. C'est donc tout un tableau qui s'étale devant nos yeux en trois mois et tout un art : beaucoup de couleurs - de fleurs oranges, jaunes, bleues, rouges, violacées…, des arcs en ciels, des couchés de Soleil magnifique qui n'en finissent pas et toute cette faune et cette flore vivent en symbiose grâce à la faible densité des habitations et des activités humaines.
Alors oui, ce monde est " sauvage ". Non pas dans le sens où ses " habitants " ne seraient pas civilisés (ils n'en ont vraiment pas besoin et heureusement le climat rude ne s'y prête pas) mais plutôt parce que ceux-ci vivent librement sans les contraintes et règles " sociétales " qui existent chez " nous " en " Occident ". Les populations autochtones de l'Alaska vivent donc en harmonie avec la mère nature et simplement, ils ne recherchent pas forcément à être " riches " ni toute sorte de biens de consommations, ce qui n'empêchent pas les enfants de jouer toute une après-midi dans l'eau à 10-15°C du fleuve Yukon ! Bref, les animaux tels que les ours et autres, qui font " peur " à certains pyrénéens notamment (pourtant chasseurs bien souvent) et aux français en général, ont ici toute leur place dans la vie de tous les jours et dans les légendes orales. Je n'ai jamais été inquiété par un ours (noir ou grizzly) sur les 55 que j'ai pu croiser, il ne faut jamais oublier qu'ils sont à 95% herbivores, les seules viandes qu'ils mangent sont des saumons et des truites, très rarement des petits mammifères. Beaucoup d'idées reçues chez les citadins et les personnes " civilisées " engendrent des peurs inexplicables.

Après cet éloge à la mère nature qui sait vivre d'elle-même en équilibre (seulement si l'Homme ne s'y mêlait pas pour y créer des crises), il ne faut pas omettre le plaisir de rouler en vélo de Calgary à Whitehorse (environ 3.000 km, en juin 2011), à travers les jolies montagnes des Rockies, les parcs nationaux de Banff et de Jasper (avec leurs glaciers) par la Icefield parkway, puis en suivant l'Alaska Highway jusque Whitehorse où plusieurs groupes de bisons (bien plus impressionnant que les ours !) peuvent s'agiter en bord de route lors du passage d'un cycliste, sans oublier les mooses et autres cerfs… Beaucoup de fleurs aussi égaient les journées.
A Whitehorse, le voyage se poursuit par la descente du fleuve Yukon en juillet 2011 sur environ 2.750 km, sans aucun entraînement spécifique effectué auparavant et sans avoir fait de kayak depuis plus de 18 ans (la dernière fois étant à l'âge de 15 ans sur les belles rivières de la Dordogne et de la Vézère). Pas besoin donc d'être un expert pour faire la descente du Yukon, on peut très bien la faire en famille, c'est très calme et très plaisant d'arriver la plupart des soirs sur une île de sable et de pierre pour y planter la tente (utilisée seulement pour la partie en kayak - lors du parcours en vélo, les nuits se passent sous les belles étoiles ou sous une cabane construite en une vingtaine de minutes pour s'abriter de la pluie, dans les forêts de sapins). Il n'y a pas de danger donc et cette descente du fleuve en kayak est vraiment facile pourtant seule une quarantaine de personnes l'effectue chaque année ! On peut stocker beaucoup de provisions dans un kayak et donc le coût de cette mini-aventure n'est pas excessif, ce n'est pas plus cher que pour faire ses course au supermarché ! Seul le billet d'avion est à ajouter et l'achat du kayak (qu'on peut revendre une fois la descente finie).
Arrivé à Saint Marys, à une centaine de kilomètres de l'embouchure du Yukon avec la mer de Béring, je rejoins Anchorage grâce à un petit avion et où le kayak a pu se vendre grâce à une bonne rencontre due au hasard de quelqu'un passionné par les " aventures " en kayak et en vélo. Entre Anchorage et Prince Georges (à 750 km au nord-est de Vancouver), la route continue avec le vélo qui était resté jusque là sagement accroché à l'arrière du kayak (ce qu'on m'avait dit irréaliste à Whitehorse, à cause des vagues et du vent sur le fleuve et pourtant si simple à faire !). Il y a encore eu de beaux passages dans des parcs nationaux (Wrangell-St Elias, Kluane) et la joie de rouler sur plus de 800 km sur la Cassiar road, une belle petite route à travers la forêt canadienne qui venait juste d'être finie et goudronnée complètement ! Encore de belles occasions de rencontrer des ours noirs (très " pathétiques " en les prenant en photo avec des brins d'herbes dans la bouche), des cerfs et des mooses, sans compter les aigles alaskans.

La plupart des nuits se sont encore déroulées sous les étoiles comme dans tous les voyages précédents et sans aucun souci avec la faune malgré l'absence de tente (mais il n'y a jamais eu de feux de camp !). Un seul sac à dos a suffi pour transporter ce qui est nécessaire (quelques vêtements, des chambres à air et pneus, et des victuailles pour tenir jusqu'au prochain ravito). Léger et plus mobile donc comme d'habitude ce qui a pu permis de faire 300 km avant Whitehorse dans la forêt boréale alors que la luminosité reste toute la nuit en été. Contrairement aux idées reçues de beaucoup de français rencontrés avant le voyage, le climat n'est ni froid ni rude dans ces contrées traversées, comme en Scandinavie deux ans auparavant, il fait plutôt doux, rarement frais la nuit en juin et en juillet, et le temps est plutôt sec mais avec une température agréable de 20-30°C dans l'après-midi.
Après ces trois mois de petites aventures, le retour se fît par avion entre Vancouver et Nice pour rejoindre mon double et ma complice connue huit mois auparavant afin de faire la belle traversée de la Corse grâce au GR 20. Véritable Dauphin dans l'eau de mer et Volcanique sur terre, avec Delphine nous décidons de poursuivre ce partage en continuant l'idée de traverser les Amériques par un retour en Patagonie, en novembre 2011, pour parcourir cette contrée de Punta Arenas à Santiago du Chili, à travers plus d'une dizaine de parcs nationaux, en vélo et à pieds, par des routes difficiles car souvent non goudronnées et à travers Eole : le " dieu vent " a trouvé ici un lieu où s'exprimer paraît-il. Aussi on peut espérer vous conter à notre retour, en mars 2012, cette nouvelle petite aventure…

Chronique 1 : De Dégagnac - Calgary (Canada/Alberta) à Whitehorse (Canada/Yukon Territory)


" Aux pays de l'Ours, à travers les Rockies et l'Alaska Highway ", 3.000 km en vélo (de fin mai à fin juin 2011).


Ve 27/05/11 : fin du travail en kiné.
Sa 28/05 : Figeac - Rocamadour - Lantis, déménagement des affaires de Figeac au " camp de base " et 90 km en vélo
Di 29/05 : Dr Kro et Maître Caro sont à Lantis !
Lu 30/05 et Ma 31/05 : à Toulouse pour voir Chris et Melinda
Me 01/06 et Je 02/06 : préparation des affaires, changements et réparation du vélo…
Ve 03/06 et Sa 04/06 : mariage de Rich et Sandy, on revoit toute la " famille ", trop bien avant de partir ! Mais perte (vol) de l'appareil photo, j'en recommande donc un et le départ est reporté au 09/06 en train au lieu du 06 juin en vélo depuis Lantis.
Di 05, Lu 06 et Ma 07 juin : " repos forcé "
Me 08 et Je 09 : Lantis - Figeac, 75 km en vélo, train le jeudi soir pour rejoindre Roissy et dodo là-bas.
Ve 10/06 : arrivé à Calgary en début d'après-midi (décalage horaire aidant) et route en vélo pour rejoindre Canmore, 124 km
Sa 11/06 : Canmore - Saskatchewan river crossing, 167 km
Di 12/06 : Saskatchewan river crossing - Jasper, 161 km
Lu 13/06 : Jasper - McBride, 219 km
Ma 14/06 : McBride - Prince Georges, 217 km
Me 15/06 : Prince Georges - MacKenzie, 196 km
Je 16/06 : MacKenzie - 73 km avant Chetwynd, 105 km
Ve 17/06 : 73 km avant Chetwynd - Fort St John, 238 km
Sa 18/06 : Fort St John - 2 km après Sikami Chief, 196 km
Di 19/06 : 2 km après Sikami Chief - Fort Nelson, 205 km
Lu 20/06 : Fort Nelson - 35 km avant Toad river, 166 km
Ma 21/06 : 35 km avant Toad river - Liard river, 157 km
Me 22/06 : Liard river - Watson Lake, 217 km
Je 23/06 : Watson Lake - Swift river, 167 km
Ve 24/06 : Swift river - Whitehorse, 294 km

Le Sa 28/05, c'est le déménagement entre Figeac et Dégagnac, où je reviens en faisant 90 km en passant par le GR, variante du chemin de St Jacques "officiel" de Rocamadour, la vallée de l'Alzou, une petite rivière, est vraiment chouette, c'est donc à pied, et aussi en roulant avec le vélo sur le chemin de terre ou de graviers, que j'arrive à Rocamadour, site de pèlerinage où sont déjà venus Saint Louis, Richard Coeur de Lion…
Le Di 29, Kro et Caro sont à Lantis, on retourne ensemble (mais en voiture) avec les parents à Rocamadour. C'est chouette de les revoir. Le samedi soir on va dans un petit resto à Sarlat.
Le Lu 30 et Ma 31 mai je vais à Toulouse (muret plus exactement) pour voir Chris et Mélinda, j'achète aussi du matériel de vélo…
Le Me 01 et Je 02 juin, c'est le vélo qui est repeint, changement de différentes pièces (boîtier de pédalier, chaîne…) avant de partir (il n'y aura pas beaucoup de magasins de vélo dans les Rockies et en Alaska).
Le Ve 03 et Sa 04, c'est le mariage de Richard et Sandy, près de Bordeaux, c'est l'occasion de revoir toute la famille avant le départ, tout se passe bien, malheureusement " j'oublie " l'appareil photo (neuf) dans une abbaye, posé sur une pierre, dans un coin, on y retourne ¾ d'heure plus tard mais l'appareil s'est volatilisé !Je perds donc toutes les photos du mariage, dont des jolis, mais j'en récupérerais sur les cartes sd des autres, coup dur, il faut recommander un autre appareil et le départ ne se fera pas le lundi comme prévu, en vélo jusque Paris, mais ce sera en train (berk, dommage). Comment quelqu'un qui va visiter une abbaye peut voler un appareil photo au lieu de le rendre à l'accueil ? Il n'y a plus de respect et pourtant il n'y a que des personnes d'un certain âge visitant cette abbaye !
Le Di 05, Lu 06 et Ma 07, j'attends patiemment le nouvel appareil photo, à Lantis, repos… Préparation du sac à dos.
Le Me 08 et Je 09 juin je retourne en vélo à Figeac (75 km) où je dors chez les parents de Delphine, j'aime être avec elle, à ses côtés, et je lui avoue donc tout ça. Le jeudi soir je prends le train pour remonter à Paris, à minuit j'y attrape par chance le dernier TER allant à l'aéroport de Roissy où le trajet se finit en bus pour je ne sais quelle raison (travaux ?). Dodo à Roissy, aéroport bien connu maintenant.

Le Ve 10 juin, ça y est, c'est enfin le départ pour l'Amérique du nord, que j'apprécie beaucoup, et plus exactement les Rockies ! Le dodo a été de quatre heures seulement mais j'ai le moral et c'est la grande forme ! Réveil à 6h30 dans l'aéroport. J'ai l'impression d'être comme chez moi dans cet aéroport, le vélo est vite et bien emballé… Petit ennui à la douane où on me retire mon bloc de foie gras ! Interdit, 200g c'est trop, 100g ça aurait été, bizarre ces réglementations.
Le départ se fait vers 11h et j'arrive à Calgary vers 12h (grâce au décalage horaire), après 8h30 de vol qui sont vite passés comme j'ai dormi 4h dans l'avion pour finir ma nuit. Il y a 8h de décalage horaire. Je pars de Calgary vers 15h où j'emprunte une route déjà bien connue, la 1A, jusque Canmore (c'est la 4ème fois que je l'emprunte). Le seul " hic ", d'importance, est la direction du vélo, celui-ci se remet à tanguer ! Pourtant elle a été changée il y a deux mois par un marchand de vélo (c'est un des seuls trucs que je n'arrive pas à faire moi-même sur le vélo).
Les canadiens de l'ouest sont toujours aussi calmes, gentils et roulent très bien… quelques gouttes tombent avec des orages par-ci, par là, cette météo étant prévue pour durer plusieurs jours encore.

Le Sa 11 juin, après une très bonne nuit la veille à Canmore, et s'être levé à 9h (il fait jour à 5h30 et il fait nuit à 21h40), je vais voir dans un magasin de vélo pour cette direction. Le type me dit que tout est bon mais il fait des ajustements, petits réglages, et finit par me demander de payer pour ça (que je n'avais pas besoin), et en plus, après 100 km de vélo, il y a de nouveau du jeu ! Enfin la tenue de route reste correcte mais ça reste un peu " inquiétant " (il n'y a pas de magasins de vélo à tous les villages dans les profondeurs des Rocheuses).
Il pleut toute la journée et le temps n'est pas pour être meilleur, sauf peut-être le lendemain. Il y a une semaine de pluie de prévue ! Tant pis, on fera avec. En entrant dans le PN de Banff, on paye encore 29$ pour y rester 3 jours (20€). Ca reste toujours assez incroyable et anormal pour moi de faire payer les gens, d'autant plus ceux en vélo ou à pieds, pour pouvoir profiter d'être dans des zones restées " vierges " des dégâts causés par les Hommes (mais décidément tout doit être rentable dans notre chère société de consommation à l'occidentale).
Enfin, les routes sont toujours aussi jolies, le rythme est bon avec un vent du sud plus ou moins défavorable. Je vois des mouflons d'Amérique entre Canmore et Banff puis après Banff un black bear, le premier dans ce trip, qui ne m'avait pas entendu arriver (ils sont un peu sourds). Je l'observe pendant 10', il ne me sent pas à cause du vent.
Le temps est bien gris…

Le Di 12 juin, ici c'est les Amériques ! Donc pas de problèmes de ravito le dimanche ! Les magasins sont ouverts, même les tous petits.
Il pleuvine la nuit mais je dors très bien, de 23h à 6h où je me réveille et prends ensuite le départ vers 8h sous les quelques gouttes et averses qui tombent mais celles-ci s'arrêtent une fois passé Columbia Icefield, un glacier qui a encore une taille bien diminuée depuis mon dernier passage il y a trois ans (ça craint, encore une preuve du réchauffement climatique).
C'est chouette de repasser par cette route, la Icefield Parkway, entre Calgary et Jasper, comme il y a trois ans en juin 2008, elle est belle… Encore deux ours noirs de croisés : un de très loin et un autre qui se sauve quand il m'entend arriver (en danseuse et ça grince).
Le vélo tient le coup et le cycliste aussi. Le jeu de direction ne s'aggrave pas, pas de problèmes pour tenir la distance quotidienne… Les canadiens sont toujours aussi discrets et calmes, le vent est variable dans cette région montagneuse des Rockies… Un joli coyote aussi, à la tombée de la nuit, le premier et le seul que j'ai vu pour le moment, en plein milieu des rails de la Canadian National Compagnie dans le village de Jasper perdu au milieu des Rocheuses.

Le Lu 13 juin, le réveil a lieu à 5h30 encore et le départ se fait à 8h après encore un petit tour dans la bourgade de Jasper. Ce soir il fait encore jour à 22h30 ! On remonte vers le cercle polaire arctique, et c'est l'été dans l'hémisphère nord, et il fait déjà jour à 5h le matin ! Ca promet de longue et belle journée ! mais le ciel reste gris et il pleuvine parfois, le point positif est qu'ainsi il n'y a presque pas de moustiques !
La route se déroule tranquillement après avoir passé facilement Yellowhead Pass (1113 m), c'était plus dur en 2008 en le prenant dans l'autre sens. Le vent est plus ou moins favorable selon les vallées…, c'est les montagnes.
Le soir après McBride, je continue encore mais sur le bord de la route qui entame une montée dans les montagnes, il y a au moins une centaine d'empreintes d'ours, bien enfoncées, et vue qu'ils sont quadrupèdes, il y en a au moins pour 400 kg, c'est du lourd, sans doute des grizzly. Je n'ai donc plus trop envie de continuer vers Prince Georges (situé à 200 km de là) et au bout de 10 km je décide de faire demi-tour pour revenir à McBride (soit 40 km de détours pour " l'entraînement " ?).
Les canadiens conduisent toujours très bien et ceux de l'ouest sont vraiment sympathiques.

Le Ma 14 juin, la route est bonne et le rythme aussi grâce à un terrain qui ne fait que monter et descendre, car le vent est souvent défavorable, du SO, mais c'est pour le moment moins monotone (de beaucoup) que la Scandinavie et on voit beaucoup plus souvent des animaux, c'est toujours très stimulant. Rien qu'aujourd'hui : deux mooses, deux black bears, des cerfs. Avec beaucoup de corbeaux et de rapaces (bien plus petits que les faucons).
Ici les canadiens sont toujours bien aimables et conduisent bien même si ce soir deux aborigènes viennent me demander de l'argent, des cigarettes et un téléphone…(euh oui, il y a une communauté aborigène ici, c'est-à-dire des amérindiens). Aussi par moment le voyage perd de sa saveur, de son enthousiasme, mais moins que la première fois en Afrique, sur le " Paris-Dakar ", je suis bien mieux rodé et préparé à ce genre de désillusion, moments qui font aussi partie intégrante des voyages en fait ! J'ai parfois aussi l'impression d'avoir vécu ce temps des voyages et aimerais construire et partager quelque chose de plus avec quelqu'un de particulier. Et si c'était réciproque sans doute je ne voyagerais plus qu'en famille. Ca n'empêche que je reste chaque fois émerveillé quand je crois un ours (c'est trop marrant quand ils s'en vont en courant) ou un autre animal " sauvage ", libre (comme les mooses quand ils traversent la route " pépères " devant moi).
Prince Georges n'est pas une très jolie ville, il n'y a rien de bien intéressant même si les gens restent " simples " et gentils, c'est le " nord " et l'ouest, pays où habitent des gens au cœur d'or, contrées des barbus et des Hommes " sales ".
En tout cas, le vélo peint en noir passe bien inaperçu, c'est la première fois que je fais ça, après avoir croisé à Figeac quelqu'un qui a fait un an de vélo autour du monde et qui avait peint son vélo en noir, je trouvais que c'était une bonne idée, ça passe inaperçu et tout le monde s'en fiche, on ne demande pas le prix…

Le Me 15 juin, le matin le réveil se fait vers 6h où je change de lieu du dodo, me rendors et me réveille à nouveau vers 8h. Gros coup de pompe ou de fatigue en partant, donc je m'arrête pour rester dans Prince Georges plus longtemps et manger ! Le départ se refait vers 11h.
Le temps est variable avec quelques gouttes seulement, beaucoup de nuages et d'humidité mais c'est tant mieux, ça évite la chaleur (le Soleil " tape " fort sans les nuages et je suis déjà bien bronzé malgré ce temps variable) et les insectes (il n'y a pas de " tonnes " de moustiques comme en Scandinavie et il y a moins de tans…).
Beaucoup de black bears encore, quatre vus aujourd'hui dont une maman ours et son ourson qui été très agressive et nerveuse car elle cherchait à traverser la route et a été tenté de venir deux fois me voir…ce qui n'était encore jamais arrivé, à cause du " stress " du passage incessant de voitures et camions l'empêchant de traverser avec sa progéniture ! C'est très dommage mais beaucoup d'ours se font ainsi écraser chaque année.
La route est bonne aussi, surtout sur la shoulder aujourd'hui, sauf les 40 derniers kilomètres. Dommage qu'il y ait eu 15 km avant MacKenzie une grosse averse, la seule de la journée, mais bon, j'arrive donc vers 21h à MacKenzie trempé.

Le Je 16 juin, après une très bonne nuit de 10h à MacKenzie ! La route reprend sont cours et je croise à environ 85 km une dame italienne de 40 ans qui vient de Patagonie et remonte jusqu'Anchorage. Elle est " folle ", elle a voyagé aussi au Népal, avait fait des treks en Patagonie…et voyage seule et n'a pas eu de problèmes dans son parcours (elle parle aussi très bien espagnole, ça aide). Elle a un ami en Italie qui n'est jamais venu la rejoindre ! Quelle vie rêvée !? Elle s'approche des ours à deux mètres ! C'est grâce à elle que je n'aurais plus " peur " de m'en approcher très près. Elle est lourdement chargée, 50-60 kg avec sacoches et trailer, dort en tente et fait ses repas avec gaz… Seul " hic ", elle critique ma manière de voyager (alors que moi non, toujours cette sorte de " concurrence " entre voyageurs, stupide), trop rapide, pas assez économique (alors qu'en étant plus léger, achetant de la nourriture plus ou moins prête à être consommée, je ne perds pas de temps à porter des dizaines de kilos supplémentaires ni d'achat de gaz, plat, tente, duvet… puisque je dors dehors, je suis plus léger et plus rapide, donc perds moins de temps sur la route et peux revoir ma famille plus tôt, tout ça je ne lui dis pas et elle ne peut le comprendre, mais pour elle, elle a raison, l'explication s'arrête là, si elle dépense 10$ sur une journée et moi peut-être trois fois plus mais je fais trois fois plus de chemins qu'elle, et le voyage dure plus ou moins longtemps, peu importe, mais l'important est aussi pour moi d'en voir beaucoup et de pouvoir rentrer après ces stimulations en France pour retravailler, revoir la famille… Elle a fait le choix d'aller plus doucement par la force des choses, de rencontrer et d'habiter chez les gens, je le respecte et ne le critique pas, bien au contraire, pourquoi me critique-t-elle ? C'est humain, concurrence ou jalousie ? Qui sait ?). Enfin, notre rencontre prendra fin le lendemain, nous n'étions pas fait pour voyager ensemble, je l'avais bien remarqué dès le début et ne voulais pas la vexer en m'éloignant trop rapidement…mais il n'y a pas besoin de creuser plus, chacun restera positionné dans ses tranchées. Elle me demande mon métier (moi non), combien je gagne au travail (moi non), combien j'utilise d'argent par jour (quand je lui demande elle me répond qu'elle ne comprend pas, alors qu'elle comprend tout le reste, méthode que j'utilise aussi à l'étranger pour ne pas répondre à des questions gênantes). Bref, encore une rencontre bizarre, d'une personne gravement atteinte du syndrome du voyageur (un peu comme Ham, ce néerlandais croisé au Maroc), elle critique la vie, trop chère au Canada, un des pays les plus " riche " au monde (mais c'est comme ça) et que c'était mieux au Pérou (un des pays les plus " pauvre " d'Amérique du Sud). Je lui réponds que nous sommes tous les deux européens et que grâce (ou à cause) de cette différence, elle comme moi avons la chance de pouvoir voyager un an autour du monde, ce qui est différent pour les africains ou les péruviens, ça me paraît toujours très paradoxal de critiquer la société de consommation puisque c'est quand même à cause d'elle qu'on a pu voyager une année et réaliser " nos rêves ".

Le Ve 17 juin, wouou ! Comme la route a été bonne, surtout après Hudson Hope, en longeant la Peace river (où il y a un projet de barrage malheureusement), avec trois belles montées de 3-6 km ! De belles vues et une belle journée malgré une dizaine d'averses dont une plus grosse fait un vélo hyper-boueux et moi aussi ! La terre est assez sablonneuse.
Le matin je me réveille vers 6h, j'allais juste au WC mais bon, ça repart déjà, et on rattrape le temps " perdu " d'hier à parler avec quelqu'un juste pour exprimer nos différences, pas forcément très intéressant et constructif. Bref, on se quitte assez vite le matin, bizarre cette femme de 40 ans.
PS : les cerfs ont à peu près la même façon de se déplacer que les kangourous, c'est rigolo, peut-être un ancien cousinage… ?

Le Sa 18 juin, il semble toujours y avoir un petit souci à la direction, à + de 50 km/h, ça tremble. Le matin le ciel est tout bleu à 7h mais dès 8h il est tout gris, puis ça se lève et il fait assez beau ! La route est bonne avec le vent dans le dos, les canadiens roulent toujours très bien et tout se passe bien sur la route, il n'y a pas trop de graviers aussi. Vers 18h il tombe une grosse averse pendant 1h30 où je m'arrête alors pour rester au sec. La nuit encore et surtout le lendemain matin il se met à bien pleuvoir ! Je ne pars le lendemain que vers 12h30, la pluie " saccage " tout et ça faisait longtemps. Ce n'est pas de chance pour cette première nuit passée en dehors d'une petite ville ou d'un village, en pleine forêt et où je retrouve une trentaine de moustiques. J'entends aussi un bruit sourd, long et aigu vers minuit, peut-être le cri d'un moose ? Pas d'ours aujourd'hui, où peuvent-ils bien se cacher ?

Le Di 19 juin, la route continue à monter et à descendre, comme la veille, ce qui ne me déplaît pas, mais quel temps, quelle pluie ! Avec un orage pour finir. J'arrive à Fort Nelson complètement trempé, sale et boueux plus que jamais !
A Prophet river il n'y a pas de ravito, aussi je dois faire 150 km sans trouver de quoi boire, même si l'eau doit être potable dans le coin je n'ose pas encore la prendre, et il ne me reste presque rien à manger. Le soir un " indien " me propose de boire un verre de je ne sais pas quoi, sachant par expérience que ça se termine toujours (surtout à minuit) par de l'alcool ou une demande d'argent ou à raconter ses malheurs, je préfère m'en aller pour dormir un peu plus loin et tranquillement surtout, après 205 km !
Un ours seulement d'aperçu aujourd'hui. Un pick up avec des " indiens " s'était aussi arrêté 80 km avant Fort Nelson pour me dire que les ours étaient dangereux ! Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai jamais eu de problèmes sur la vingtaine d'ours croisés depuis le départ ! Décidément.
Toutes les affaires sont trempées ! Je passe une très bonne nuit malgré ça !

Le Lu 20 juin, je pars vers 14h avec le Soleil et peu de nuages mais très vite il y a un très bel orage et je suis vite trempé de partout. Deux fois un pick up s'arrête et on me propose de me conduire plus loin, sympathique ces canadiens ! Je refuse poliment disant que ce n'est pas le premier orage et que de toute façon il y a encore de la route à faire, c'est gentil tout de même. Je trouve refuge un peu plus loin sous un pont, le temps de laisser passer l'orage et de manger un peu, quand ça ce calme je reprends la route. Je roule jusque 1h du matin et le vêtements ont eu le temps de sécher.
La route autour de Summit Pass (à 1267 m) est vraiment jolie ! Les paysages me font un peu penser à ceux d'Islande ou de New Zealand. Quel temps, que d'eau ! Les pieds sont tout brûlant à force d'appuyer sur les pédales et je change donc de chaussettes le soir, maintenant il faudrait qu'il fasse beau pour sécher les anciennes et les laver !
Le vent est de face aussi dans cette journée. La nuit je dors encore sous un pont pour rester au sec (il faut assurer la longévité). Les camping-caristes sont toujours ceux qui roulent les plus mal. L'un d'eux s'arrête même à ma hauteur pour faire " héhé ", prendre une photo et repartir ! Sans rien de plus, toujours très étrange comme impression ! Des retraités sans doute, la dame en chemise manches courtes, moi trempé (pas de climatisation encore sur le vélo). Il n'y a presque aucune voiture après 19h ! Trop bien.

Le Ma 21 juin, le matin je me réveille à 10h mais je ne pars qu'après 14h ! Il pleut, il pleut et… il pleut ! Jusque 20h le soir. Ouf, après, en continuant de rouler les affaires ont tout de même le temps de sécher mais les chaussettes sont trempées ! Je mets donc les anciennes trempées aussi dans les manches du k-way pour espérer qu'elles sèchent un peu ! je rencontre aussi quatre black bears, les paysages sont quand même vraiment jolis dans ces montagnes, il y a même des bisons dont un troupeau d'une quarantaine de bisons avec leurs petits, c'est beau. Il n'y a pas beaucoup de circulation après 18h et je roule donc jusqu'après minuit où je dors, prévoyant, encore sous un pont (on ne croise pas beaucoup de pont tout de même sur ces routes, une des raisons pour lesquelles je roule jusque tard le soir et dans la nuit).

Le Me 22 juin, le départ se fait vers 12h15, il fait super beau mais la journée est très dure, il n'y a presque rien à boire et à manger et le vent est de face, de l'ouest. Ca se calme comme d'habitude à la tombée de la nuit où j'en profite pour finir avec cette longue transition de plus de 550 km entre Fort Nelson et Watson Lake (le matin je me réveille à 10h). Je roule donc jusque 1h30 du matin et dors le soir près du Lake, de Watson Lake bien sûr…
Sur la route, dans l'après-midi, je suis sans cesse entouré de un ou deux ou trois tans, arrg. Sinon il n'y a pas d'autres insectes et les moustiques ne sont là qu'à la tombée de la nuit, s'il ne pleut pas. Pas de black bear aujourd'hui mais trois grizzly dont un vers minuit qui se sauve à toute jambe quand il m'entend passer ! Ils ne sont pas méchants, comme les black bears, et ils ne me font plus " peur ". Il y a aussi quelques bisons dont un le matin quand je préparais mon sac, je me sentais observé et en me retournant l'aperçoit, c'est énorme ! Et son regard fixant, droit dans les yeux, c'est plus impressionnant que les ours qui ne fixent pas dans les yeux, les bisons sont sans doute plus peureux, de même envergure que les grizzly, et donc peut-être plus dangereux car ils peuvent avoir des réactions de défense que n'auraient pas les ours, pour peu qu'on ne les surprennent pas ! Je croise aussi des chevaux dont un blanc, en dehors de toute pâture (il n'y en a pas ici), peut-être " sauvages " ou à demi-sauvages ? le blanc est le mâle dominant, il est magnifique et il vient rassembler et protéger les autres lorsque je m'arrête pour les prendre en photos.
Il y a très peu de circulation encore une fois après 18h et c'est donc très plaisant de rouler, aussi des klaxons d' " encouragement " dans la journée parfois de quelques trucks. Le matin à Liard river, le type qui tient la " station " en tant que saisonnier vient me parler pendant une bonne ½ heure, Jlim aime beaucoup la France et Paris, le reste du temps il habite à Calgary.
C'est dommage qu'il n'y ait pas sur l'Alaska Highway de " superbes " cabanes comme en Scnadinavie, ni de douche comme dans les rest areas de l'Outback australien… Peut-être plus tard, qui sait ?

Le Je 23 juin, le matin, le réveil se fait vers 10h, le temps de ranger, de bien manger, de digérer… le départ ne se fait qu'à 16h de Watson Lake ! Il faut en profiter, il reste encore de longs kilomètres avant la prochaine ville, qui est Whitehorse, et ça faisait longtemps que je n'étais pas repassé dans une " grande " ville comme Watson Lake ! Dans la nuit, à 1h du matin, au bord du Lac de Watson, un ours se met à nager, ça va vite, dans le lac et il prend ma direction, je me lève alors et fait quelques bruits et mouvements de bras, il comprend et s'en retourne…, on peut enfin dormir tranquille. Quelle dextérité !
La route est encore bonne, ça monte et ça descend, ce n'est donc pas trop monotone, beaucoup moins qu'en Suède. D'ailleurs les mouches suceuses de sang ont commencé leur apparition vers 19h, dans l'après-midi se sont les tans et guêpes qui me coursent, et quand le soleil passe au crépuscule (il fait toujours jour maintenant) ce sont les moustiques qui prennent le relais, bien moins nombreux pour l'instant qu'en Scandinavie et ils sont bien moins virulents !, très facile à " tuer " mais ils ne font presque pas de bruits. On croise toujours des motards sur cette Alska Highway, dont certains qui remontent de Ushuaia vers Anchorage ou inversement (la fameuse transaméricaine) ! Aussi un ours noir accompagné de deux petits grizzly, bizarre, un autre black bear, seul, des rapaces encore, et quelques cris " stridents " la nuit (peut-être des coyotes).

Le Ve 24 juin, le matin le levé se fait vers 8h où je quitte assez vite la station de Swift River comme il y a un peu plus de moustiques le matin et la nuit cette fois-ci. La route se passe bien, comme toujours, ça commence par 105 km jusque la station de Teslin River où j'arrive vers 13h pour repartir vers 16h30 après une bonne pause pour bien boire et manger… et où je parle avec un américain qui vient d'Anchorage et qui va en Argentine à Ushuaia, encore un, sur cette partie de transaméricaine de l'Alaska Highway (mais il ne fait pas de site internet, il me dit que ses photos ne sont que pour lui), il est bien chargé !
Je poursuis la route ne pensant pas aller jusque Whitehorse mais finalement je continue jusque 1h30 du matin à rouler et j'arrive dans cette ville de 20.000 habitants, capitale du Yukon Territory, un territoire plus grand que la France tout de même ! Il y a moins de vent aujourd'hui et il fait aussi moins chaud (même près du cercle polaire Arctique il peut faire chaud l'été), et il fait toujours jour maintenant (toujours de la luminosité, pas de nuit).
Pour la suite du voyage ce sera peut-être en kayak jusque Dawson ou en vélo (il y a la route aussi), mais il faudrait peut-être refaire un  peu de kayak avant de s'y lancer, pour voir. Voir aussi pour réparer le vélo (changer le boîtier de pédalier et le câble arrière. Cette nuit je dors dehors pour les nuits prochaines et pour la préparation, je préfère dormir dans un motel pour être tranquille, bien manger et boire dans la nuit, recharger les batteries photos, faire la lessive, voir les waypoints de la Yukon river sur le GPS…, plutôt que d'aller dans une " hosteling international " où les chambres sont communes avec d'autres " routards " et où il faut alors sans cesse tout déballer et remballer dans les plastiques pour faire attention de ne pas se faire voler. A 1h30, arrivant dans Whitehorse, ce sont deux prostituées qui m'accueillent " come see us ", euh non, on va aller se coucher là…


Chronique 2 : De Whitehorse à St Marys/Anchorage


" Petite descente de la magnifique et Grande rivière du Yukon ! " , environ 2.800 km en kayak (de fin juin à fin juillet 2011).


Sa 25, Di 26, Lu 27 et Ma 28/06 : Whitehorse, préparation du matériel et de la nourriture pour descendre la Yukon river et essai (le mardi) avec un kayak sur 25 km
Me 29/06 : Whitehorse - Upper Lake Labege, 60 km en kayak (toutes les distances en kayak sont bien sûr approximative, mais elles tiennent compte d'un livret avec des repères en km et édité donc c'est plus ou moins ça).
Je  30/06 : Upper Lake Labege - Lake labege (somewhere), environ 20 km de kayak
Ve 01/07 : Lake Labege - 10 km après Hootalinqua, 65 km (Canada Day)
Sa 02/07 : 10 km après Hootalinqua - après Sekirk Rock, 90 km
Di 03/07 : après Sekirk Rock - près de Myer's Roadhouse, 80 km
Lu 04/07 : près de Myer's Roadhouse - Thom's Location, 75 km
Ma 05/07 : Thom's Location - Fort Selkirk - Brittania Island, 120 km
Me 06/07 : Brittania Island - près de Henderson slough, 95 km
Je 07/07 : près de Henderson slough - 2 km environ avant Dawson, 90 km
Ve 08/07 : 2 km avant Dawson - Forty Miles, 85 km
Sa 09/07 : … - Eagle (Alaska/USA), 85 km
Di 10/07 : … - près de Chester Bluff, 135 km
Lu 11/07 : … - Circle, 110 km (arrivée dans les Yukon Flats à Circle)
Ma 12/07 : … - position N66°17.585 et W144°46.389, 80 km
Me 13/07 : … - environ 20 km après Fort Yukon, 70 km
Je 14/07 : … - position N66°20.390 et W147°13.791, 95 km
Ve 15/07 : … - position N66°05.985 et W141°41.873, 110 km
Sa 16/07 : … - au niveau du pont de la Dalton Highway, 75 km
Di 17/07 : … - Rampart, 90 km
Lu 18/07 : … - au niveau de la rencontre entre les rivières Yukon et Tanana, 100 km
Ma 19/07 : … - 50 km après le village de Tanana, 60 km
Me 20/07 : … - 35 km avant Ruby, 110 km
Je 21/07 : … - Galina, 115 km
Ve 22/07 : … - Kayukuk, 55 km
Sa 23/07 : … - 30 km avant Kalskag, 55 km
Di 24/07 : … - 35 km après Kalskag, 75 km
Lu 25/07 : … - 55 km avant Grayling, 90 km
Ma 26/07 : … - près d'Anvik, 110 km
Me 27/07 : … - Holy Cross, 70 km
Je 28/07 : … - 60 km après Holy Cross, 60 km
Ve 29/07 : … - 10 km avant Russian Mission, 50 km
Sa 30/07 : … - 30 km avant Marshall, 50 km
Di 31/07 : … - en face de Pilot Station, 110 km
Lu 01/08 : … - St Marys (environ 150 km en amont de la mer de Béring), 30 km
Ma 02/08 : St Marys (préparatifs pour le retour à Anchorage…)
Me 03/08 : … - Anchorage (transfert en avion)
Je 04/08 : Anchorage (attente du vélo et du kayak !)
Ve 05/08 : Anchorage
Sa 06/08 : Anchorage
Di 07/08 : Anchorage
Lu 08/08 : Anchorage
Ma 09/09 : Anchorage
Me 10/09 : Anchorage, et dernier jour de cette TROP longue attente à Anchorage ! Ce qui m'empêchera d'arriver à temps à Vancouver en vélo ensuite, il me manquera seulement 4-5 jours. Enfin…

Le Sa 25 juin, la nuit se passe très bien à côté du bateau SS Klondike, il fait toujours beau, que quelques gouttes. Le matin je vais au visitor center pour rechercher un plan de la ville et les adresses des compagnies de kayak, des magasins de vélo et des motels.
Après je vais voir pour un motel, 65€ la nuit, c'est cher, pour une ou deux personnes (je suis seul mais je peux aussi mettre le vélo dans la chambre même si la dame me dit que ça ne craint rien sur le parking, je le monte sans lui dire, ça évite, par expérience, des complications et long discours inutiles), sinon c'est 20€ dans une chambre à plusieurs dans un backpacker hotel. J'ai tout à porter de mains ainsi pour les préparatifs, ce sera plus facile même si parfois on fait des rencontres intéressantes dans les backpackers mais ce n'est pas le but, de rencontrer du monde.
Puis je vais au magasin de vélo pour changer le boîtier de pédalier et le câble des vitesses arrières, puis au magasin d'alimentation puis à la compagnie de kayak pour prendre un rendez-vous pour louer le lendemain sur une demie journée un kayak (sans en dire plus, ce n'est pas nécessaire) sur 25 km sur la rivière du Yukon. Après on verra si on fait le parcours en entier ou non sur le fleuve mais ça me tente bien ! Puis je vais sur internet pour y envoyer les photos…, je téléphone à delph en France… Puis je vais au McDo, histoire de manger de la viande, prendre de l'énergie surtout car la viande comme le fromage dans les magasins d'alimentation ne sont vraiment pas bons !
Voilà, ça fait un peu beaucoup d'argent utilisé, 250€, mais ça vaudra peut-être le coup pour la Yukon river et il faut réparer le vélo. En allant sur internet …, je laisse le bike plus de 2h30 dehors sans cadenas mais il est toujours là (s'eut été une bonne excuse pour rentrer en France…).

Le Di 26 juin, quelques petits kilomètres en vélo aujourd'hui entre le motel, la librairie pour internet et le magasin de vélo… L'après-midi je refais aussi quelques courses… Tout se passe très bien. L'après-midi c'est parti pour l'essai des 25 km de kayak, en deux heures. On me demandait si j'en faisait régulièrement, je répondis oui, bien sûr (alors que ça fait 15 ans depuis la dernière fois…). Pas besoin de préparation, … ! le temps est parfait et je rencontre juste au départ et sur la rivière deux américaines de 60 ans originaire de Pennsylvanie, Theresa et Sarah, qui vont jusque Saint Marys avec qui je parle un peu… mais je ne les retrouverais pas lors de ma descente de la Yukon river. Je les questionne donc pour la nourriture (elles comptent s'arrêter que trois fois dans trois villages pour refaire le stock, elles sont autonomes pour trois semaines et le trip devrait durer deux mois), l'eau (elles utilisent des capsules purificatrices, j'achèterais une sorte de produit qu'on ajoute aussi pour purifier, ça élimine les microbes), le lieu du dodo (de préférence sur les îles pour éviter les rencontres avec les ours). Theresa a aussi déjà fait, seule, pendant 6 mois l'Appalachian Trail (trail qui traverse les montagnes Appalaches à l'est du Mississippi).
Avant cet essai avec le kayak je pensais partir le mardi mais peut-être ce sera finalement possible de partir le lundi, demain, vers 17h ? Le temps de faie les courses… pour ce trip, lorsque j'annonce cette intention à la compagnie de kayak ils sont bien sûr surpris !

Le Lu 27 juin, je pensais partir aujourd'hui mais les pensées sont aussi un peu ailleurs… et le temps passe assez vite. Je passe des coups de fils, à mon père pour son anniversaire et à celle que j'aime qui me propose de nous retrouver fin août pour le GR20 en Corse, invitation que j'accepte, il y a des choix à faire et ce ne sera pas toujours facile mais voyager et vivre avec quelqu'un que j'aime a toujours été un rêve, alors peut-être cette fois-ci je suis tombé sur la bonne personne pour le réaliser.
J'achète aussi un kayak, neuf, pour 2.000€ (je le revendrais grâce à Susan, une américaine d'Anchorage, pour 1.000€). Les types de la compagnie de kayak avaient encore du mal à croire en mon intention de descendre la rivière du Yukon jusqu'à l'achat du kayak que je laisse dans les locaux de cette compagnie, situés au bord de la rivière, avec du matériel. On me certifie que ça ne craint rien ici.
Je reprends donc une nuit à l'hôtel car il y a encore du matériel à acheter (tente…), de la nourriture…

Le Ma 28 juin, je me lève et je pars vers 10h du motel pour chercher des provisions de tabac et de nourriture, il y a un monde fou ! J'arrive vers 13h au kayak où je mets tout en vrac dans les rangements intérieurs du kayak (il y a beaucoup d'espaces intérieurs) mais il pleut bien donc rien n'est vraiment rangé. Je retourne à la librairie et sur internet où le billet de retour Anchorage-Paris de fin août a été refusé car le plafond de la CB, avec l'achat du kayak, du matériel… a été dépassé, ce sera donc pour plus tard… Je parle aussi 30' à la sortie de la librairie avec un espagnol qui voyage déjà depuis 5 ans dans le monde ! Seul, ouap, c'est impressionnant mais ça ne me dit rien maintenant, c'est trop long et j'aurais trop besoin de retour " au pays ", de revoir la famille… Un an et demi comme j'avais prévu pour ce parcours dans les Amériques me convenait bien, ça passe assez vite et j'avais prévu de voir de bons amis en octobre à SF et en avril 2012 au Brésil, puis le retour fin décembre 2012. Mais ce plan a changé à cause de cette surprenante rencontre début 2011 à Figeac et la proposition de faire le GR20 ensuite avec celle que j'aime (idée déjà proposée avant mon départ en juin 2011). Les choses changent, peut-être pour partager ? Je prends donc le site internet de cet espagnol et on parle de ses péripéties en Asie et en Afrique…
Ensuite je vais à l'aéroport de Whitehorse pur chercher du plastique résistant pour emballer le vélo et le mettre sur le kayak mais il n'y en a pas, c'est donc dans un magasin de bricolage et de jardinage que j'en trouve. Après je retourne au kayak, emballe le vélo et l'accroche au kayak avec des sangles d'escalade achetées dans ce magasin de kayak, ça tient bien ! Les types de la compagnie restent très septiques, surtout le " patron ", le plus jeune trouve ça fou, " amazing " et apprécie l'idée. J'ai enlevé les deux roues bien sûr du vélo pour que le " colis " porté par le kayak soit plus compact et que le kayak reste stable. Le " patron " me dit qu'avec les vagues et le vent je vais chavirer, je n'en suis pas certain car si ça soulève le vélo d'un côté ça touchera la rivière et alors ça le remontera pour le refaire tanguer du côté où ça s'était d'abord soulevé ? Et ce sera le retour à l'équilibre ?
Vers 18h j'ai tout fini mais il se met à bien pleuvoir ! Je décide donc de reporter au lendemain le départ et refait une nuit au motel, même s'il prévoit de la pluie pour les 5 jours à venir ?! J'achète aussi les cartes de la Yukon river dans une librairie, ça va de Whitehorse jusque Circle, sur presque la moitié des 2750 km de rivière à faire jusque Saint Marys, après Circle ? On verra à ce moment là…

Le Me 29 juin, la veille, au soir, je ne veux plus payer le motel, tous les préparatifs sont faits, alors je décide de dormir de nouveau près du SS Klondike. Le matin, je vais après une bonne nuit dehors à la compagnie de kayak et me prépare pour partir mais c'est aussi le départ de la Yukon river Quest (une course entre Whitehorse et Dawson), il faut donc attendre un peu encore. Les types de la compagnie de kayak pensent que je vais chavirer sur le lac Laberge à cause du vent et des vagues, l'un me propose de lui téléphoner (je n'ai pas de téléphone portable mais il ne le sait pas) si ça ne va pas et ils viendront me chercher.
Les premiers coups de pagaies sont hésitants, mais ça va de mieux en mieux ensuite. Au tout début du la Laberge le kayak s'arrête sur un " sand ", dune de sable avec 20 cm d'eau dessus en fait, je n'ai pas encore l'habitude (c'est courant sur la Yukon river, je comprendrais assez vite où passer, pas forcément au milieu…), c'est assez impressionnant de descendre du kayak pour le dégager et le tirer alors qu'on est entouré par le fleuve et par l'immensité du lac devant soi !
Il pleut un peu aussi au départ mais sur le kayak on est beaucoup moins mouillé que sur un vélo, la différence est flagrante, c'est beaucoup plus agréable comme ça, on est bien au chaud. Le sac à dos se met facilement au-dessus des cuisses et des entrejambes ce qui empêche avec le couvre sac de se mouiller, parfois il faut quand même passer un  petit coup d'éponge pour enlever le 1-2 cm de niveau d'eau qui a quand même pu s'infiltrer à l'intérieur, rien de préoccupant !
Lorsque je m'arrête le soir à un abord du lac Laberge je ne sais pas trop où je me trouve, le vent souffler assez fort et les vagues sont d'entrée assez surprenantes, encore une histoire d'habitude, de profil en plus et le kayak bouge quand même, comme je ne souhaite pas vraiment rester au milieu du lac, le vent souffle et les vagues y sont bien plus importantes et dangereuses, j'accoste donc tant bien que mal. J'y fais le premier campement, commence à ranger les affaires correctement à l'intérieur des trois compartiments du kayak pour ne pas avoir tout le temps à enlever le vélo (à l'arrière) et ses fixations (je ne les enlèverais pas plus de cinq fois sur un mois de kayak).
Après je décide de repartir en début de soirée. Je pensais en profiter du fait que le vent s'est bien calmer pour avancer et je pensais arriver dans la nuit à la fin du lac Laberge mais c'était sans doute oublier aussi les courants, en fait j'avance bien moins vite que sur la rivière et bien moins vite que ce que je pensais ! Des passages ont été aussi assez dangereux, même en longeant le bord est du lac (celui qu'on m'a conseillé à la compagnie de kayak, je ne sais pas en fait si c'est vrai…), c'était chaud tout de même ! Enfin le lac a l'air de se rétrécir et de se terminer, je ne dois plus être très loin de la fin ? la fatigue est là et je m'arrête enfin de nouveau sur le bord, une plage en galets, pour faire mon camp (tente à une place MSR, avec possibilité d'y bouger quand même, ce n'est pas une " tente-cercueil "). Le kayak tient bon avec le vélo ! Je m'endors donc vers 3h30 et le lendemain je ne me réveille qu'à 14h !

Le Je 30 juin, je ne pars le matin que vers 16h30 (euh, l'après-midi) et kayake pendant environ 4h, c'est long et monotone ce lac ! Un peu difficile avec parfois des vagues venant de l'ouest (je reste dans la partie centre-est du lac) et lorsqu'on arrête de kayaker, tout s'arrête (à cause du manque de courant dans le " bon sens " et du vent). Ce n'est pas facile de manger aussi quand on est " en mer ", d'ailleurs quand j'arrête le soir j'ai un peu le mal de mer (à cause des vagues) et la tête qui tourne.
Il y a peu de moustiques, comme la veille, en restant là où il y a des graviers. Toujours pas de faune en vue quant à la flore c'est assez triste. Et je regrette que le trip kayak soit trop monotone, je préfère en vélo (question d'habitude puisque mon avis changera ensuite). De plus mes jambes et cuisses me font " horriblement " mal, la position maintenue constante à demi allongé dans le kayak m'est très fatigante (ce sera comme ça en fait que pendant trois jours, sans doute le contrecoup au niveau circulatoire après 15 bons jours de vélo et 3.000 km parcouru en pédalant, les muscles n'ont pas du apprécier la mise au repos forcé). Les jambes ont besoin de bouger et il me semblait que rester enfermé comme ça dans un kayak n'était pas fait pour moi. Je pensais donc arrêter dès que possible et au plus tard à Dawson (à 800 km tout de même de Whitehorse) ou peut-être un peu plus loin à Eagle ou Circle où on retrouve également la route (après il n'y en a plus), quand j'aurais suffisamment fini ce que j'ai acheté à manger et si je trouve un acheteur pour ce kayak.
J'espère quand même qu'une fois de nouveau sur la rivière les distance seront un peu plus longue. Le soir après ces 4h de kayak, je ne sais toujours pas où je me trouve au bord du lac, il n'y a pas de repères alors que sur la rivière on peut se repérer grâce aux méandres qu'on retrouve sur la carte…

Le Ve 01 juillet, fête nationale du Canada (Canada Day), et c'est aussi la fin de ce lac Laberge ! En fait il ne fait que 40 km de long et ça m'aurait pris presque deux jours pour le traverser, à cause du manque de courant favorisant, du vent et par conséquent des vagues désavantageuses à l'avancée. Enfin je retrouve la rivière et ça avance beaucoup plus vite !
Le matin je suis réveillé vers 5h30 et prêt à 6h30 mais il y a beaucoup de houle, l'eau est près du kayak et il y a de bonnes vagues (c'est à dire des moutons ou whitehorse, cheval blanc en anglais). Je me rendors donc pour attendre que ça se calme entre 9h30 et 13h30 ! Et je prends le départ vers 14h30. C'est un peu dommage car en fait je n'étais qu'à une heure de kayak et quelques kilomètres seulement de l'embouchure (la sortie du lac Laberge).
Ensuite c'est de nouveau la rivière du Yukon et avec son courant ça avance bien plus vite mais comme il me faut rentrer pour le tout début du mois de septembre il faut bien que ça avance pour ne pas passer 45 jours ou deux mois sur la belle rivière du Yukon comme je l'avais prévu. De plus ça me semble encore à ce moment très monotone, on voit peu de choses et je regrette un peu, beaucoup, cette option kayak (à ce moment là aussi, encore) : les paysages varient peu, pas de fleurs, pas de faunes (du fait surtout que je resterais très souvent au centre de la rivière) sauf quelques corbeaux et mouettes. Bref, kayaker jusque septembre alors que de Dawson je peux rejoindre Anchorage en passant près du Mont McKinley puis aller à Vancouver à travers les Rockies… puis à SF pour y prendre aussi l'avion et rentrer en France. De plus, s'il fallait revenir en novembre dans ces contrées d'Amérique septentrionale alors autant repartir de San Francisco car d'Anchorage…ce serait en ski !

Le Sa 02 juillet, le réveil se fait vers 9h et le départ vers 10h20. La matinée est difficile jusque la pause de 13h20. Au début de ce parcours en kayak je m'arrête sur le bord pour manger et faire pipi… Après je prends l'habitude de faire pipi dans un pot que je vide par-dessus bord et lave ensuite, et de manger tout en restant sur le kayak, porté par la rivière (je n'y avais pas pensé forcément au début). Après avoir mangé c'est bien plus facile, j'utilise aussi le gouvernail du kayak (de mer), j'apprends son maniement, c'est facile, et c'est bien utile avec tous ces slopes (ce sont comme de petits tourbillons, sans doute dus à des troncs d'arbre présent sous l'eau ou une différence de profondeur) sinon le kayak dérive régulièrement…
Les paysages sont jolis mais très monotone et j'hésite toute la journée entre continuer ou arrêter à Camaracks où je dois passer le lendemain, village situé au bord du Yukon et où passe la route. Je ne sais pas, sans doute est-ce parce que je rentre en septembre que j'ai du mal à m'imaginer un mois durant au mieux sur ce parcours monotone où il n'y a qu'une " route " (la rivière) et rien de bien spécial, je m'ennui aussi, si j'étais sûr de voir de belles choses après ? Alors continuer ou faire la route en vélo jusque San Francisco ? En passant par Anchorage… où là je suis sûr de prendre beaucoup de plaisir ? J'ai de la chance aussi pour l'instant, le temps est beau !

Le Di 03 juillet, toujours rien de spécial, je pensais arrêter la partie kayak à Carmacks mais finalement, sous une bonne et froide averse, je décide de poursuivre jusque ? Dawson, Eagle, Circle ? Saint Marys ? Enfin on verra, je persiste malgré la grande monotonie, ce serait trop facile d'arrêter ici et maintenant, il faut persévérer et poursuivre l'expérience, ce sera au pire " une fois mais pas deux " ? Tant pis pour San Francisco, ce sera pour plus tard ou une autre fois !
Mais j'ai hâte d'être sur le GR20 ! Toujours pas beaucoup de faune, un aigle quand même mais je passe trop vite, et une mouette qui vient voir ce qui se passe. Je croise aussi deux canoës avec deux fois deux personnes, il n'y a qu'un simple " bonjour ", je n'insiste pas alors, et ça avance beaucoup plus vite à deux que seul ! mais ils pagaient moins longtemps…
Le temps est un peu pluvieux aujourd'hui même si à 8h30 ce matin le ciel était tout bleu. C'est dur avec le vent de face et la pluie à cause des différences de pressions sans doute. Demain il y a des rapides, ça va allait vite ?! Mais je ne sais par où il faut les passer, à droite ou à gauche ? On verra demain là où il semble avoir le plus de vagues et on prendra l'autre côté. La nuit se fit près de Myer's roadhouse, de 20h à minuit, puis de 4h à 8h du matin.
J'ai un gros point douloureux aussi depuis ce matin au niveau de L4L5 sur le disque mais il n'y a pas de sciatique, j'espère que ça s'arrangera dans trois ou quatre jours. On est sans cesse assis dans une coquille, sans bouger les jambes, j'avais encore très mal aux cuisses hier soir, et rien du tout aux bras, peut-être à cause de la circulation ?

Le Lu 04 juillet, le matin je me réveille après une bonne nuit de 11h, vers 11h et le départ se fait vers 12h30. Il y a eu un peu de pluie cette nuit, quelques rêves étranges aussi… Je commence à prendre un peu plus de plaisir sur cette rivière, je m'y habitue et commence à m'en imprégner l'esprit, c'est vraiment tranquille en fait, calme et paisible. La paix !
Il n'y a que ce mauvais point dans le dos. Aïe, ça va mieux qu'hier mais quand on touche. Et dès qu'il faut amarrer ou " décoster " ça fait bien mal, comme aussi en tirant le kayak sur le sable. Mais bon, si ça va déjà mieux qu'hier, alors ça devrait passer ?
Je ne sais plus si je dois rentrer ou non en France, parfois dans l'euphorie du calme et de la tranquillité, je rêve de poursuivre ce magnifique parcours : le Yukon et sa rivière, l'Alaska, la route d'Anchorage à Vancouver et à San Francisco (avec le Mont McKinley, les montagnes Olymppiques, le Volcano Lassen, le cratère de la Lune et encore les Rockies), et tout le reste des Amériques : les Andes, les cités mayas, aztèques et incas, le Grand Canyon du Colorado, les forêts primaires d'Amazonie… Mais le rêve aussi de partager toutes ces aventures avec quelqu'un de spécial, avec de l'amour et pourquoi pas plus tard des enfants ? Peut-être la bonne rencontre s'est enfin produite ?
Je croise aussi un allemand et sa mère en canoë avec qui je parle un petit peu, il font ça jusque Dawson, histoire d'être qu'à deux et de se rapprocher, en quelque sorte, et ils sont pour un mois en vadrouille dans la Canada.
Je passe aussi sans problèmes malgré un peu d'appréhension, mes premiers rapides, les five fingers et les rink rapids, ça se passe sans problèmes en les prenant par le côté droit du fleuve. Je me mets aussi du café à la noisette, avec l'eau du fleuve et le mélange pour débactériliser au cas où, c'est trop bon ! Au soir, lors du retour sur " terre ", encore un peu de mal de mer, avec ces quelques vagues, c'est chouette ! Finalement, cette " aventure " sur la Yukon river, et ça commence à bien me plaire !

Le Ma 05 juillet, il y a beaucoup, mais vraiment beaucoup de moustiques ce soir malgré le répulsif (qu'en même moins qu'en Scandinavie pour le moment), mais ils n'ont pas du encore beaucoup piquer et sucer de sang humain cette saison car ils sont bien virulents tout de même.
Le matin j'entends les deux allemands (la mère et son fils qui travaillait en saisonnier au Canada) entrain de partir. On campait côte à côte. De mon côté je pars tranquillement vers 12h30, levé à 10h plus ou moins sous la pluie mais après le temps se découvre et les paysages aujourd'hui sont vraiment magnifiques avec les reflets dans le fleuve. Je m'habitue maintenant à cette descente et ce parcours me tient vraiment à cœur dans les Amériques et j'ai encore des chavirements quant à mes certitudes de rentrer ou non en France, pff , je ne cesse d'y penser, que faire ? J'aimerais tant les deux, si les choses avaient pu se savoir plus tôt ou si le futur pouvait être sûr, ce serait seulement plus simple.
Je rattrape ensuite les deux allemands qui vont à leur rythme, tranquillou, surtout la mère, et je continue avec la bonne forme jusque 21h, soit une bonne journée d'environ 120 km de kayak, bientôt plus qu'en vélo ? Mais il y a toujours ce point dans le dos, entre L4 et L5 mais bien moins aigu, ça reste quand même douloureux en appuyant et en se redressant. Je m'habitue à cette coquille de kayak !
Le soir en accostant pour le lieu du dodo, on a toujours l'impression, surtout quand c'est sur une île, d'être le premier Homme à y poser le pied, comme si c'était un nouveau continent, c'est bizarre et un peu exaltant aussi. Les moustiques sont absents sur la rivière pendant la journée ; ils sont là le soir surtout si l'île a de la végétation, si ce n'est que du sable ou des galets ça ne pose aucun problème, ils n'y sont pas !

Le Me 06 juillet, encore une bonne journée, la météo est bonne, juste quelques gouttes, pas trop de Soleil grâce aux nuages (bien sûr), les nuits sont excellentes ! Il reste la petite difficulté pour faire pipi (qui sera réglée simplement plus tard), ce n'est pas aussi facile qu'en vélo (pensais-je).
Je ne croise personne aujourd'hui, juste deux Moose dont un qui traverse la rivière, quelques moustiques en abordant les rivages et des petits oiseaux malheureusement trop furtifs pour une photo (dont un tout jaune).
Le matin le levé se fait à 10h30 et le départ à 13h, je termine la journée de kayak le soir vers 22h et le dodo se fait vers minuit avec un joli ciel crépusculaire couleur sang magnifique ! Ici il y avait toute une vie il y a 100 ans, tout au long du fleuve avec le télégraphe, les bateaux, les mines d'or entre Whitehorse et Dawson (qui était la capitale début XXè siècle avec une bien plus importante population). Malheureusement (ou heureusement), la route construite ensuite ne longe pas le fleuve et les habitants sont tous repartis vivre ailleurs (à Dawson…), au fur et à mesure, dans les années 1920-1950.
Tout est calme ici, reste l'eau très bizarre mais avec le purificateur ça devrait aller. Le soir j'arrive à une première île pour y dormir mais il y a plein de traces de grizzly… Je reprends donc le kayak pour aller voir ailleurs sur une île plus loin, proche de la falaise (ici les animaux doivent avoir du mal pour y passer) mais là il doit y avoir 4 ou 5 anciens feux (on les repère facilement et je crois que c'est un élément important qui attire les ours), plus que la nourriture " froide " qui a une odeur mais bien moins marqué que la cuisine chaude. Je vais donc sur une autre île encore un peu plus loin, et mange comme d'habitude mon repas, froid ! pratique niveau temps et pour une question de facilité de digestion (ça tient au corps). Durant tout ce voyage en Alaska et NO du Canada, je n'aurais jamais eu de visite nocturne d'ours, ni d'ennui avec eux malgré mes 55 vues d'ours dont 5 grizzly dont 3 qui partiront en " courant à toute jambes " !

Le Je 07 juillet, encore une très bonne journée, quel calme ! Enfin presque : quatre " attaques " de mouettes et une d'un rapace (pris juste avant en photo, il n'a pas du apprécier), une des mouettes et le rapace s'y reprennent même à deux fois ! Heureusement, avec le conditionnement et le réflexe acquis en Australie et en Nouvelle-Zélande avec les magpies, je lève les bras en hauteur dés que j'entends le bruit caractéristique du " piqué ", c'est plus facile sur le kayak que le vélo d'ailleurs.
Le temps est splendide, il fait beau et chaud (je suis souvent en tee-shirt sur cette rivière), que quelques averses qui sont toutes évitées par chance. Le réveil se fait vers 10h et le départ vers 13h (je prends le temps…) et je kayake jusque 22h avec une heure de repos pour attendre les quatre suisses. Je les croise et parle un peu alors qu'ils sont avec un très jeune enfant (quatre ou cinq ans) sur une barge construites par eux-mêmes avant camaracks, ils ont l'intention d'aller comme ça jusque la mer de Béring mais à l'allure où ils vont… ils vont arriver quand ce sera l'hiver ? Mais il est déjà presque 19h et sans doute ils se sont arrêtés, dommage, j'aurais voulu en savoir plus sur leur étrange machine, ils m'avaient proposé aussi de monter à bord mais j'avais refusé, toujours trop " pressé " et attendais donc au cas où, car je ne pense pas revoir ça de si tôt !
Ici on se croirait au pays des Merveilles ! Là où tout est possible, réalisable, où l'aventure et la création existent encore et où tout cela n'est pas encore enfermé, cloisonné, réglementé par des normes assassines de l'imagination.
Toujours pas de nouvelles aussi des deux américaines croisées deux ou trois jours avant mon départ, lors de la demie journée d'essai sur le kayak.
Le soir je m'arrête avant Dawson pour ne pas y accoster la nuit et être obligé (d'après les règlements) à aller au camping géré, je compte donc y accoster demain matin en bord de ville pour notamment chercher du ravito !

Le Ve 08 juillet, au matin je me lève vers 9h et pars à 10h à Dawson où je m'accoste en " secret " pour éviter que le kayak ne soit trop en vue et ne disparaisse. Je vais faire un tour au visitor center où il y a des touristes qui viennent de tous les USA et Canada, c'est joli, puis je fais un tour dans la ville, charmante et dans une église catholique (l'église est à l'étage et au rez-de-chaussée il y a une école, c'est original), puis je vais sur internet (où la personne avant moi avait oublié de se déconnecter, ça arrive souvent que je vois ça dans les cyber-cafés où je vais, attention de bien se déconnecter de sa messagerie pour éviter les mauvaises surprises), puis je fais encore des courses pour un gros ravito. Et après trois heures de visite je retrouve bien mon vélo sur le kayak et le kayak sur la rivière. Dawson est une jolie petite ville aux maisons de bois bien colorées, c'est joli, c'est calme.
Ensuite je reprends la descente de la rivière, les paysages sont très jolis, peut-être les plus jolis de ce parcours (entre Dawson et Eagle), selon les goûts. Le temps est toujours correct, je suis souvent en tee-shirt et grâce à une bonne averse en début de soirée les couleurs sont grandioses, en plus d'un magnifique double arc en ciel !
Le soir j'arrive à Forty miles (un ancien fort, en quelque sorte, sur la Yukon river, abandonné aujourd'hui) où il y a aussi deux canadiennes de soixante ans encore (et un chien nommé chico, casse pieds) parties pour deux jours pour faire la descente entre Dawson et Eagle, pour le week-end. Tout se passe bien malgré la pluie et un mal d'estomac, mais ça ira beaucoup mieux dans la deuxième partie de la nuit. Les canadiennes me font aussi tout un speach sur le danger réel des ours, bêtes sauvages imprévisibles et agressives selon elles.

Le Sa 09 juillet, le levé du matin se fait vers 10h puis je pars vers 11h faire un tour dans Forty miles, à un km du campement. Il y a encore quelques cabanes qui restent entretenues. Les canadiennes attendent que je revienne pour partir, sympas, car elles n'aiment pas que les gens s'en aillent " derrière le dos ", je reste encore une heure seul pour démonter la tente… et laisser passer un nouvel orage. On discute encore beaucoup et elles ont beaucoup de mal à croire que j'ai pu croiser une trentaine d'ours déjà sans jamais avoir été agressé et que je suis toujours en vis et non mort. Bref, peut-être faut-il avoir un comportement civilisé avec eux et ne pas être nous même agressif ou avoir peur ? Peut-être faut-il respecter l'ordre des choses et ne pas faire de feux et de BBQ ? Il y a sans doute moins de rencontres opportunes quand on mange froid ?
Après 50 km de kayak je les rattrape et on finit " la route " ensemble jusque Eagle avec leur chien chico sur le kayak de l'une d'elles. Les paysages sont toujours aussi magnifiques, la rivière passant au bord des flancs de falaises et entre les montagnes. C'est très tranquille. On ne peut pas faire 2.000 km plus ou moins de cette manière en Europe je crois, à moins d'aller en Sibérie, si on considère cette partie du monde comme européenne ? Ca n'existe pas en France en tout cas et c'est très faisable même en famille. Je conseille vraiment ce trip en kayak entre Whitehorse et Circle au moins. Il suffit d'acheter son kayak ou canoë à Whitehorse et de le revendre ensuite. Plus le billet d'avion, ça peut faire raisonnablement tout compris 3.000€ maxi pour un mois de voyage, totalement dépaysant pour beaucoup si tenté qu'on aime ça.
Il n'y a pas beaucoup de moustiques le soir, sauf s'il y a de la végétation sur les îles… mais ils restent beaucoup moins agressifs qu'en Scandinavie et ils se calment la nuit. Je retrouve aussi aujourd'hui, comme en Scandinavie, des moucherons à gratter blanc-jaune le soir, mais ça ne pose aucun problème comme on avance moins vite sur un kayak que sur un vélo. On arrive à Circle vers 21h le soir, juste devant la cabane des douanes/frontières mais il n'y a plus personne maintenant, et on déclare son arrivée par téléphone (ce qui fera, par la suite, que je n'aurais aucun tampon signalant une entrée ou sortie de l'Alaska, original). On est aussi filmé de tous les côtés (caméras des douanes), le site est bien surveillé et il y a quand même quelques véhicules militaires. Un type me dit aussi qu'il n'y a pas de cartes à Circle (pour la suite de la descente) et qu'il n'y a pas de ravito entre Eagle et Circle (mais ce n'est plus très loin d'Eagle), il me dit aussi que l'autre ravito se trouve à Fort Yukon mais que ce sont tous des criminels (c'est une petite ville de 900 habitants mais la plupart sont des amérindiens alors qu'à Eagle la population est d'origine européenne surtout). Ca me rappelle ce qu'on me disait dans le sud de la Norvège sur les habitants du nord beaucoup moins accueillant (car en fait ce sont surtout des lapons). Bref on verra bien, toujours est-il que sur le livre que j'avais acheté à Whitehorse il est noté qu'il y a un ravito possible à Circle. Il faudra deux ou trois jours pour y arriver sinon, sans ravito, ce sera le retour par la route, mais je doute de ses réponses et connais trop bien comment se passe les " concurrences " entre villages (il préfère que j'achète des produits ici qu'ailleurs) et je ne crois pas que tous les amérindiens soient des criminels. Un peu alcoolique peut-être. Mais j'en ai peu rencontré pour l'instant, c'est surtout une culture et un mode de vie détruit à l'arrivée des européens avec leur alcool, comme dans beaucoup d'autres contrées du monde où cela a fait beaucoup trop de dégâts chez les populations indigènes/aborigènes. Il me demande aussi le prix de mon kayak (c'est bien un occidental), je lui dis la vérité, il fait la moue, maintenant je crois que je dirais qu'il a été acheté d'occasion. Selon lui, peu de français passent par ici, et peut-être 300-400 personnes font chaque année la route entre Whitehorse et Dawson ou Dawson et Eagle. Une quarantaine seulement jusque Saint Marys…

Le Di 10 juillet, le matin le réveil se fait vers 9h, sous le Soleil après encore une bonne nuit à côté du poste frontière d'Eagle et entouré de caméra (c'est les USA). Je parle encore beaucoup avec les deux canadiennes, 70 et 60 ans en fait ! Puis je pars vers 10h30 pour finir le soir vers 21h30, tout se passe bien comme d'habitude, toujours pas d'ours ni de moose en vue… que quelques oiseaux, c'est très calme !
L'avantage en kayak c'est que l'on boit moins (que deux litres par jour environ), mais c'est plus délicat pour faire pipi (après je ferais autrement que m'arrêter en bordure du fleuve, dans un des deux bidons de vélo, c'est plus pratique, facile, et je le lave ensuite) où je dois m'arrêter une ou deux fois pour ça. Le kayak est plus facile que le vélo, pour un débutant comme moi en tout cas, le fleuve fait quasiment tout le travail dans mon cas et même quand on arrête de pagayer on avance encore ! Grâce au courant bien sûr. Ici le courant fait environ 10 km/h.
Quelques averses et orages encore aujourd'hui mais entre chaque il fait un très beau temps, et chaud. Il y a donc encore de magnifiques arcs en ciel et couché crépusculaire du Soleil avec de très belles teintes réfléchies sur le fleuve et l'horizon. Les paysages sont toujours aussi jolis, mais un peu moins qu'entre Dawson et Eagle où ils ressemblent à des gorges, peut-être car on arrive dans la région des Yukon Flats qui sont moins montagneuses.
On croise encore quelques pêcheurs en bateaux motorisés, il y a aussi un bateau de militaires.
Le soir je dors tranquille sur une île, toujours sans faire de feux, toujours pas de visites d'ours, pourtant je laisse les poubelles de bonbons et autres boîtes de thon dans un sac accroché sur la bâche de mon vélo, le tout sur le kayak donc, comme depuis toutes les nuits depuis le début de ce trip sur la Yukon river. Peut-être l'humidité nocturne cache les odeurs ? Ou peut-être se sont mes ronflements nocturnes qui condamnent toute envie d'ours de venir me visiter ?

Le Lu 11 juillet, le matin je me lève vers 10h et pars vers 14h, pour arriver à Circle à 22h, j'utilise pour savoir très approximativement le GPS et les waypoints déjà faits en 2007 ! Ce n'est pas très fiable, le fleuve a des méandres, mais ça donne une idée des distance.
Le soir j'arrive après une bonne journée de 110 km à Circle, en bordure du cercle polaire Arctique (encore une fois, déjà franchi à plusieurs reprises lors du tour en vélo en Europe du Nord, vers le Cap Nord, en Scandinavie) et c'est aussi le début de la région des Yukon Flats (zone de 400 km de long environ de " marécages ").
La journée se passe très bien, c'est vraiment tranquille, le soir il y a deux allemands dans le camp de Circle qui ont les distances entre différents villages sur la suite du parcours et les cartes sur un livre (allemand, très peu de renseignement et de livres édités en France sur la rivière du Yukon d'ailleurs), je prend donc les pages en photo (elles me serviront bien plus tard) ! Ils sont sympas et vont aussi jusque Saint Marys, en prenant leur temps dans une embarcation en bois et assez ancienne, ce sont deux frères qui font ça aussi dans un but " de se retrouver ", et ils ont toutes leurs provisions déjà. On attend l'ouverture le lendemain de l'épicerie de Circle, à 10h. Circle est un gros village où il y a un énorme visitor center qui n'a jamais pu être fini faute de financer (il est à louer ou à vendre). Un des deux frères a déjà fait la descente de la Yukon river en 1991, comme le temps passe vite, 20 ans déjà.
Il n'y a pas une goutte d'eau aujourd'hui sauf celle du fleuve en pagayant… Mais beaucoup de moustiques le soir à Circle, ça change des îlots. Tout est calme le soir sauf un alcoolique qui veut absolument me faire monter le kayak d'un mètre, ce qui me surprend, soi-disant le niveau va monter ! Le lendemain matin pourtant il n'aura pas bougé.
Beaucoup vienne vivre à Circle l'été pendant la saison de la pêche au saumon qui est bonne et rapporte pas mal d'argent, me dit-on.
Dans le clair obscur de la nuit, j'entends environ cinq hurlements de loups différents en même temps, suivi par quelques aboiements timides des chiens de la petite bourgade de Circle.

Le Ma 12 juillet, le matin je suis levé vers 8h (il y a un décalage d'une heure, en moins, depuis le passage de la frontière), le temps de ranger, téléphoner, faire les courses… il est déjà 15h quand je pars de Circle. Les deux frères allemands d'environ 65 ans sont déjà partis (je les recroiserais plus tard sur une île en train de manger…), ça doit être trop bien de faire ça à plusieurs aussi, pour partager le trip et les souvenirs avec quelqu'un.
De 1(h à 18h il y a beaucoup de vent (et quelques vagues donc) puis il pleuvine et le vent se calme. Le matin il y a aussi des amérindiens qui viennent de pêcher le " king salmon " ! Enorme ce poisson, ils sont sympas, comme les lapons, plutôt rieurs et joueurs (mais ils ont un bon fusil quand même). Toujours pas d'ours en vue, même en laissant poubelles et sachets de bonbons sur le kayak, à quelques mètres de la tente mais je ne fais jamais de feu de camp. Tout est calme.
Les paysages changent ! Fini la montagne… c'est les Yukon Flats ! Zone " marécageuse/sablonneuse " allant jusqu'à 35 km de large environ sur environ une longueur de 400 km, ici le Yukon s'étale, le courant le plus rapide est bien sûr à l'est de la courbe, dans le centre il n'y a que des ilots (parfois longs de plusieurs kilomètres) et il faut faire attention aux arbres et autres branches qui traînent et stagnent plus ou moins. Le niveau de profondeur est diminué aussi, donc quand le vent souffle on le ressent plus, c'est aussi plus large.
Le soir je termine vers 23h. Le temps de manger et de faire les waypoints qui dataient déjà d'il y a quatre ans sur le GPS, il faut le temps que je " réapprenne " son fonctionnement. Il n'est plus que 2h du matin quand je vais au dodo.

Le Me 13 juillet, encore une très bonne journée même si je me lève qu'à 11h et que je pars que vers 15h, je pagaie jusque 22h (le Soleil se couche vers minuit et se lève vers 2h du matin, mais entre temps il fait encore lumineux, et comme pour le " cap nord de l'Europe ", le Soleil se " couche " au nord et il semble que les nuages y sont attirés). Je passe et repasse, lors d'une boucle de la rivière le cercle polaire Arctique.
Fort Yukon est aussi passé, tout va bien. Beaucoup de petits bateaux pour la pêche au saumon, le ravitaillement dans la ville de Fort Yukon… Car il n'y a pas de routes qui passent par cette ville, ni de routes qui longent les bords du fleuve à partir de Dawson. Je suis tenté de m'arrêter pour " visiter " cette ville mais je poursuis la " route " pour avancer et pagayer encore. La nature paraît immuable ici, journée avec beaucoup de vent ce qui donne envie de dormir aussi (ou la fatigue). C'est toujours le calme plat au niveau de la faune, que des petits oiseaux.

Le Je 14 juillet, quelle journée ! Je pars vers 12h et arrête de kayaker vers minuit. Il fait beau et même chaud mais ici l'eau est bien sablonneuse et même avec le purifiant elle reste bien trouble donc les selles sont d'humeur coliqueuses, humm. D'ailleurs beaucoup d'arbres sont tombés ou en voie de l'être : avec la rivière la terre tombe et les arbres aussi, peut-être plus tard les Yukon Flats seront une sorte de grand marais ou lac ? Il doit bien faire environ 30° et je reste suivi toute la journée par des guêpes et des tans (mais que deux ou trois). Toujours rien à signaler au niveau de la faune.
Pour le dos ça va beaucoup mieux !
Il n'y a que le soir où je peux retrouver quelques moustiques, très peu souvent car je choisis bien l'endroit. Mais ce soir ils sont en nombre même si je suis sur une île avec que de la terre et des cailloux.
J'ai du peut-être tourner un peu en rond aujourd'hui sur les Yukon Flats et ça n'a pas eu l'air d'avoir beaucoup avancé malgré les 10h de kayak. J'ai l'impression de faire que zigzaguer ! La journée a été longue et dommage que le café acheté à Circle est bien moins bon que celui à la noisette de Whitehorse. Berk.
Mais tout va bien et normalement je devrais sortir dans deux jours des Yukon Flats ? Ca devrait être plus facile alors. On ai un peu déboussolé ici ! Peu de petits bateaux aujourd'hui, c'est très calme sauf les arbres tombant dans la rivière (ils sont nombreux stagnant sur la grande rivière) et les morceaux de terre trouble le silence, la paix et la quiétude de ce fleuve tranquille et magnifique (ça fait comme des coups de fusils).

Le Ve 15 juillet, le matin je suis réveillé vers 9h mais ne pars qu'à 14h, le temps de se laver, nettoyer le kayak, ranger les affaires. Il y a quelques nuages et il tombe quelques gouttes, tant mieux, il fait moins chaud que les deux jours précédents et je n'ai pas besoin de trop boire. Quelques conserves de thons, des cornichons le soir forment aussi un bon repas d'appoint. La journée se passe bien et ça avance bien. J'arrête vers minuit et fait le dodo vers 1h45, le temps de manger, mettre la tente, nettoyer le kayak.
Petite contrariété aujourd'hui car je m'aperçois qu'il y a une tâche sur le cadran NE (en haut à droite) de l'écran de l'appareil photo. Il y a une tâche grisâtre comme un " nuage " sur toutes les photos quand j'utilise le zoom optique (c'est bon sans le zoom et avec le zoom numérique), c'est dommage. Et en regardant les anciennes photos, je remarque que ça date, c'est comme ça depuis Dawson City (soit depuis une semaine). Peut-être j'en achèterais un nouveau à Anchorage ? C'est quand même 250€. Je ne sais pas, décidément après celui volé lors du mariage de mon cousin il y a un mois seulement et celui là qui a du prendre l'eau lors de l'averse le soir du départ de Dawson, ce n'est pas de chance avec les appareils photos alors que le précédent a fait un an et demi de voyage sans problème ! j'en avait racheté un neuf juste pour avoir un zoom plus performant.
Toujours rien au niveau de la faune. Pour la " route " je reste sur la partie qui a le plus de largeur et qui suit les courbes boisées (là où les arbres tombent) et où il y a le plus de courant souvent mais ici " tous les chemins mènent à Rome ", c'est-à-dire à la mer de Béring, d'une manière où d'une autre. Je passe aussi le village de Beaver qui n'était en fait qu'à trente minutes de pagaie. Comme en Islande ou au Cap nord, j'ai l'impression que tout s'arrête le soir, c'est très calme, il y a moins de vent sur le fleuve, c'est comme si le temps s'arrêtait, étrange impression.

Le Sa 16 juillet, le matin je suis réveillé à 9h mais il pleut et c'est comme une mini tempête, beaucoup de vent et des vagues avec de gros golgots dans le ciel qui l'assombrissent (gros nuages bien gris qui ont une allure de vaisseaux spatiaux). Ce qui donne sûrement une augmentation de la pression atmosphérique et ces vagues et vent.
Le réveil se refait donc vers 13h. Le temps de manger…il est 16h30 au départ et j'en finis le soir vers 2h30 du matin, au milieu de la nuit, toujours avec de la luminosité après avoir passé Stevens Village qui signe aussi la fin des Yukons Flats ! Je retrouve la petite Grande rivière en arrivant comme dans un entonnoir, par une petite embouchure, c'est étrange encore comme impression de glisser avec ce liquide dans cette bouche entre les montagnes et c'est très joli avec le couché de Soleil en même temps que le levé de Lune qui est presque pleine.
Sur les Yukon Flats, sans pagayer, le courant va entre 2 et 4 km/h (entre 6 et 8 km/h avant Circle) ; en pagayant sans " forcer " c'est entre 10 et 12 km/h dans la région des Yukon Flats (12 et 15 km/h avant Circle).
C'est une bonne journée encore avec le retour des aigles alaskans aussi (retour des régions montagneuses) et quelques bonnes petites vagues. Ca change et par moment on se croirait sur les five fingers rapids. Je pourrais aussi reprendre la route ici, puisqu'on croise le pont de la Dalton Highway, le seul pont avec un oléoduc qui passe au-dessus du Yukon en Alaska ! Cette Dalton Highway va de la mer Arctique à Fairbanks. On retrouve donc ici quelques embarcations à moteurs.

Le Di 17 juillet, le matin je suis réveillé à 13h et prends " la route " à 16h, après un bon dodo près du pont de la dalton Highway alors que mes " voisins " amérindiens prennent leur bain dans la rivière ! Ici, en Alaska, plus que dans sa partie canadienne où les anciens villages peuplés de " blancs " ont disparu, le fleuve conserve de la vie et une certaine ambiance rythmée par le moteur des petits bateaux de pêche. Au moins le temps de l'été.
Le Soleil se couche vers 00h30 et se lève vers 3h30 mais entre temps il ne fait pas encore nuit, c'est chouette. Tout est calme, c'est joli en fin de journée, à quelques kilomètres de Rampart, avec le couché de Soleil rouge flamboyant et un joli arc en ciel transperçant les nuages rougeâtre. C'est le plaisir d'être près du cercle polaire Arctique ! Mais toute l'après-midi j'étais qu'en tee-shirt ! Il ne fait pas froid contrairement à ce que beaucoup croit (en tout cas pendant les trois mois du bref été), et il n'y a pas de moustiques sur le fleuve aussi ! Quelle quiétude et repos.
Au niveau de la faune il n'y a toujours rien. On voit souvent de petites cabanes, par ci par là, et toujours près d'un creek pour avoir de la bonne eau claire bien sûr (pour boire, faire à manger, se laver…). Une vie simple respectueuse de la Nature.
Le soir je m'arrête et dors à Rampart, petit village, pour essayer de profiter de cette ambiance des peuples d'Alaska qui, comme les lapons et les tziganes, ont toujours l'air heureux, rieur et joueur, ils ne sont pas préoccupés comme les peuples européens, encore la théorie des grands espaces sans doute.

Le Lu 18 juillet, je me lève à 12h et pars de Rampart tranquillement vers 15h30, c'est calme, dans le village tout au moins car la Yukon river parle aujourd'hui et a rompu son silence. Il y a des vagues, ça change, enfin c'est le dieu vent qui engendre ce phénomène, pourtant il ne pleut pas. Avec les vagues en pagayant bien on ne va qu'à 5-6 km/h, rien ou presque rien si on ne pagaye pas, on peut même reculer en amont ! Je " patiente " donc, il n'y a rien à faire à part rester près du bord où il y a moins de vagues et où il faut quand même pagayer pour avancer et contrôler le navire. A 19h je n'ai donc fait qu'environ 25 km quand ça commence enfin à se calmer, je continue donc bien volontiers ! Ah, de retour au milieu du fleuve entre le couché (vers 00h30) et le levé du Soleil (vers 3h30), sous la presque pleine Lune ! A cette heure tardive on y retrouve le phénomène de " vapeur " nocturne. Puis avec le levé du Soleil des vaguelettes se reforment, le vent vient alors bon train de l'est (du moins chaud vers le plus chaud, comme très souvent) pendant environ 15 minutes puis ça se calme à nouveau.
C'est toujours magique aussi cette sorte d'aspiration des nuages au couché du Soleil. Avec les vagues, les filets de pêche sont retirés et les petits bateaux ne naviguent pas sur la rivière aujourd'hui, un aigle curieux vient donc tournoyer autour de moi un moment alors qu'il essaye de se sécher. Des mouettes restent en groupe, elles fonctionnent ensemble comme les corbeaux ou les pigeons, ce n'est pas " bête " du tout ! Il n'y a rien d'autre au niveau de la " faune " pourtant j'ai bien longé les berges aujourd'hui pendant 4 ou 5 heures et après 12h sur le kayak il est temps de poser pieds à terre et de retrouver cette sensation d'être seul au monde et d'être le premier humain à fouler une île entre les rivières Yukon et Tanana.
Pour le pipi je trouve enfin la solution, pourtant simple, il suffisait d'y penser : dans un des deux bidons de vélo que je vide ensuite dans la rivière et nettoie. C'est très pratique de ne plus devoir accoster à chaque envie !

Le Ma 19 juillet, le levé se fait vers 11h et comme il fait super beau je me décide à prendre un bon bain dans le Yukon, ça fait du bien ! Petit à petit le corps s'habitue à la température de l'eau (7°C) et après quelques minutes tout y passe, au savon…
Ensuite je pars vers 16h et je fais une pause d'une heure dans la jolie bourgade de Tanana où les enfants alaskans s'amusent et nagent gaiement dans la grande rivière pendant au moins une heure ! Question d'habitudes, comme quoi. Ici les différentes bourgades sont reliées l'hiver par une piste, l'été ce sont les petits bateaux de pêche. Il y a aussi parfois quelques voitures, très peu, et des karts car quelques pistes (pas toujours notées sur mes cartes) partent en forêts. Peut-être juste pour la coupe du bois ?
Je me demande pour l'Iditaro national trail, j'aimerais trouver internet pour en savoir un peu plus ou on verra sur place dans le village de Kalskag où ce trail passe ? Surtout pour connaître les possibilités de ravito, les distance… En France je ne savais pas le nom de ce trail… et on ne trouvait pas de cartes assez précises… Enfin sinon ce sera le kayak jusque Saint Marys puis l'avion pour Anchorage et la route en vélo jusque Vancouver, sans doute très jolie aussi, il a l'air d'y avoir beaucoup de glaciers.
Encore quelques vagues aujourd'hui jusque 17h puis c'est de nouveau calme, ça tombe bien ! Il fait très beau et je pagaie jusque minuit environ. Pourquoi " s'entêter " à pagayer le jour alors que c'est calme au couché du Soleil (comme dans les déserts, savanes car il fait moins chaud la nuit et donc il y a généralement moins de vent).
J'arrête vers minuit car tous les " jours " diminuent (on perd environ 6' par jour). Et j'espère retrouver un rythme " normal " (partir vers 14h environ). Journée de repos aujourd'hui donc, les couchés de Soleil sont toujours aussi beaux !

Le Me 20 juillet, le matin je suis levé à 11h et pars vers 14h, il fait super beau et c'est très calme, seuls les pagaies sèment le trouble sur le fleuve qui par endroit ne fait plus que du 3 - 5 km/h. On est à environ 60 m du niveau de la mer, ça descend plus doucement, la mer est pourtant encore à environ 1.300 km ! Donc, comme me l'avaient dit les deux frères allemands de plus de 60 ans, la marée va bientôt jouer dans 4-5 jours.
Pas de vagues aujourd'hui, ni de vent, pas de pluie, pas de bruit. Toujours rien au niveau de la faune, que quelques petits poissons, des petits oiseaux ou les mouettes qui jouent le rôle des corbeaux (sûr qu'elles vous voudrez bien à manger).
Le soir j'arrive sur une petite île où on s'enfonce en l'abordant presque jusqu'aux genoux, c'est la galère pour arriver à tirer le kayak, amusant sous une pluie de moustiques, il y en a plein ce soir ! Sinon ça va, j'ai bien avancé, sans voir l'heure passée j'arrête le kayak vers 2h du matin après y avoir passé environ 12h et fait environ 110 km.

Le Je 21 juillet, le matin le levé se fait vers 10h et le départ vers 13h30, la journée est bonne et le fleuve est calme, très calme, il n'y a aucun bruit juste la veille au soir le cri éloigné d'un coyote. Le soir j'arrive vers 2h30 du matin à Galina pour téléphoner à la famille (avec le décalage horaire il est environ 10-12h en France) : parents, mon frère qui va être papa, pour l'anniversaire des 87 ans de mon grand père.
Bonne journée de 115km aujourd'hui !

Le Ve 22 juillet, je vais dans la fin de matinée au cybercafé qui se trouve en fait chez l'habitant (on est dans la salle à manger) mais il n'y a qu'un poste internet qui est occupé de 10h à 13h30 par deux anglais assez sympas, mais quand il se libère c'est trop tard, la dame me dit qu'elle ferme ! Alors qu'il n'est que 14h, dommage.
Galina est une drôle de petite ville coupée en deux avec l'airfield, aérodrome, au milieu (c'est l'endroit où il y avait le plus de lumière dans la nuit et où j'avais " abordé "), la petite ville de Galina est ainsi étalée sur 5 km car suite à des inondations dans les années 70 il y eu une nouvelle " ville ". Le tabac se trouve ainsi dans la vieille ville, internet à l'opposé dans la nouvelle ville, l'aérodrome au milieu et le magasin d'alimentation dans la vieille ville. C'est dur et je marche beaucoup, il fait chaud ! On ressent moins la chaleur sur le kayak et la rivière.
Je retourne sur la rivière pour pagayer quand il est 19h et arrive dans le village de Kayukuk vers 00h30 après avoir un peu tourner dans les îles (parfois les villages ne sont pas au bord du " lit " principal de la Yukon river mais sur un " lit " secondaire, sans doute pour se protéger des " caprices du fleuve " et d'inondations éventuelles).
La nuit il y a une fête alaskane et beaucoup de monde mais il pleut à verse ! Je ne traîne donc pas trop et je vais vite me coucher sous la tente ! Cependant beaucoup de cris, de joies… au loin.

Le Sa 23 juillet, après une nuit difficile à Kayukuk il y a un tournoi de base ball mais je suis fatigué et n'ai pas trop envie d'aller voir, malheureusement peut-être et je suis réveillé tôt par les aboiements des chiens… C'est décidé, la prochaine nuit se fera en solo, sur une île. Dur dur la fin de ce parcours yukonnais même si c'est toujours très calme et les alaskans sont très souriants, aimables même si c'est difficile d'en savoir plus sur leur façon de vivre (ils évitent un peu le sujet voyant que l'on est qu'étranger et de passage). Toujours de nombreux bonjours des pêcheurs sur leurs petits bateaux à moteurs, c'est sympas.
Je ne pars que vers 15h sous la pluie qui tombera toute la journée comme la nuit précédente. La Yukon river déverse pour la première fois depuis le départ ses larmes pendant toute la journée sans discontinuer, ah YUKON ! C'est comme ça qu'on l'aime.
Je m'arrête un moment dans le village de Nulato pour téléphoner, c'est urgent ! Un alaskan propose de m'aider, ça tombe bien (je lui force aussi un peu la main au passage en lui demandant de me conduire), il m'y amène sur son kart car là aussi il y a deux villes pour les mêmes raisons que Galina (risque d'inondations). Nulato est un très joli village avec de superbes cabanes en bois, on se croirait chez Astérix et Obélix ! Dommage qu'il pleuve à verse et que je sois bien trop fatigué pour prendre des photos.
Je poursuis de kayaker jusque 22h le soir car je n'ai pas beaucoup " roulé " ces deux derniers jours… Il va falloir s'y remettre sinon ça va être l'ensablement.

Le Di 24 juillet, je me lève vers 11h et pars vers 13h30, il ne pleut plus et tout va bien, comme c'est nuageux il ne fait pas très chaud. C'est toujours aussi calme ! je rejoins Kalskag après environ 40 km, c'est un petit village avec de belles jolies anciennes maisons en bois bien sûr, il est 18h et le store est fermé depuis 14h et pour toute la journée. Je fais alors le plein d'eau sur un creek et repars kayaker jusque 23h30 environ où sur la pointe d'une île je tombe sur un camp de suisses germanophones, ils sont quatre.
C'est toujours aussi calme et tranquille.

Le Lu 25 juillet, la journée commence vers 13h, les suisses (deux couples) se lèvent vers 10h, ils sont peu causant sauf les deux filles, les deux hommes semblent m'éviter. Peut-être à cause de la différence d'âge, ils ont environ 22 ans et finissent des études en biologie-environnement. On part en même temps mais comme ils sont à deux par kayak ils vont beaucoup plus vite et paddlent environ 5h par jour, partis le 4 juin. C'est une bonne expérience et ont déjà fait d'autres trips : le GR5 dans les Alpes, du vélo jusqu'en Syrie.
Je ne le savais pas mais vers 19h c'est Roman, un allemand que je vois sur le rivage d'une île où j'accoste par hasard. Je m'arrête et prend un café, lui fait son thé, il a 35 ans et est plutôt sympa même s'il parle tout le temps.
Le soir, sur le lieu du dodo, c'est Sam, Tom et Téo (les anglais de Galina) que l'on retrouve par hasard aussi sur une île. Le problème c'est que les trois anglais s''entendent mal avec Roman (décidément les humains) qui veut toujours tout partager, ce qui peut être assez lourd, ça le vexe et il peut faire la tête mais il est super sympa tout en étant bien costaud… et parle très bien anglais et un peu le français. Ca fait un peu " love story ", c'est dommage et je préfère être tranquille donc seul que de " subir ".

Le Ma 26 juillet, bon anniversaire le vieux ! Bon, à environ 12h se fait le départ, pour environ 110 km. Tout le monde se réveille et les trois anglo-suisses partent avec leur drapeau de l'Union Jack britannique (ce qui leur a valu quelques remarques amérindiennes forcément). Ils ne veulent pas rester avec Roman, moi aussi, je lui explique que je préfère être tranquille seul même si j'aurais voulu continuer avec lui mais sur un kayak à deux places sinon c'est plutôt chiant. Il a du mal à comprendre et m'en veut un peu, je crois qu'il est encore plus idéaliste et " fou " que moi. Il a une femme et deux enfants pourtant il semble un peu " naïf ", il est très gentil et bien costaud, c'est bizarre mais il est trop collant. On se quitte donc à Grayling (et il fait la tête) mais on se retrouve par hasard le soir ! Comme je lui avais dit que ça pourrais arriver et que c'était plus cool comme ça que de s'attendre à chaque fois que l'un ou l'autre à envie de se poser sur la rivière et de se laisser voguer au gré du fleuve.
Il y a un très beau ciel crépusculaire le soir et une averse, c'est calme, il y a aussi moins de courant (3-4 km/h) maintenant que l'on se rapproche de la mer de Béring, pourtant encore à plusieurs centaines de kilomètres, c'est donc plus dur sur la fin.

Le Me 27 juillet, le matin le départ se fait vers 11h40, Roman est déjà parti depuis 1h, encore un peu vexé, après 1h de kayak je le rattrape et lui dit le bonjour, il est content et commence peut-être à comprendre que je n'ai rien contre lui, mais non on continue séparément selon mon souhait, ce qui le vexe à nouveau, du coup pendant 4h on pagaie côte à côte à 1 km de distance, lui sur la rive gauche du fleuve et moi sur la rive droite. C'est un trop collant gentil mais c'est un peu lourd (il me dit " je peux faire ça comme ça, on peut faire ça… ", je tente de lui expliquer que l'on n'ai pas marier…).
Enfin, tout se passe bien jusque Holly Cross où j'arrive en tournant dans les îles et en remontant un peu la Yukon river. Il n'y a toujours rien pour la faune (sauf qu'il y a beaucoup plus de mouche tsé tsé, c'est-à-dire les mouches suceuses de sang). Le temps est toujours très correct, que quelques averses.
J'arrive vers 19h à Holy Cross et attend le lendemain pour acheter des trucs en ville (du tabac et du sucre notamment).
Il ne devrait rester que 3-4 jours normalement de kayak avant Saint Marys. Comme j'ai le temps je prends deux bons bains dans la rivière et me rase. Pas de nouvelles de Roman qui devait arriver aussi le soir (plus tard je le retrouverais, il n'a pas réussi à trouver le village). C'est le territoire des amérindiens athabascans !

Le Je 28 juillet, hé bien quelle journée ! Le matin je suis réveillé à 7h30 et pars vers 8h30 faire un tour (un bon tour à Holy Cross puisque le magasin n'ouvre qu'à 11h (c'était ouvert la veille jusque 19h30 et j'aurais pu acheter des choses… mais bon on a fait une bonne toilette comme ça dans le fleuve). Je patiente donc, regarde à droite et à gauche, et dans les coins. Le magasin ouvre, puis je vais à la librairie-école pour internet, c'est fermé normalement, c'est drôle de voir ceux qui y travaillent allongés sur un matelas gonflable entrain de regarder un film, c'est le bordel… Je prends un peu de repos ensuite, mange, retourne au magasin pour téléphoner en France. Beaucoup d'enfants viennent me voir, ici ils jouent tous ensemble dans le village, tout le monde se connaît et ce n'est pas clôturé, ça n'a rien à voir avec les villages en France qui ont perdu de leur vitalité. Pour se déplacer les gens utilisent le kart ou la moto-neige, aussi la marche bien sûr ! la brume matinale s'échappe vers 10h et les hommes s'en vont à la pêche au saumon. Il y a beaucoup de bonjour… et on me propose de me porter en kart du village au port (seulement 1 km que j'ai fait 5 fois à pieds), je refuse poliment.
Puis à 15h je pars et pagaie jusque minuit environ, 9h à kayaker pour seulement 60 km. Pour la première fois je crois bien goûter aux vagues de la mer de Béring, malheureusement je ne connais pas du tout les heures des marées, c'est incroyable, les creux entre les sommets des vagues ont bien un mètre de hauteur ! C'est impressionnant, encore plus quand la nuit tombe, on perd 10' tous les jours (maintenant il fait nuit vers 23h40 et il fait jour vers 5h30, il y a bien la nuit depuis une semaine). Quelques vagues passent donc au-dessus du kayak et viennent un peu me rafraîchir, mais quelle stabilité ce kayak malgré le vélo dessus surtout quand je tente une diagonale le soir pour essayer de rejoindre une île, mais arrivé vers la moitié du fleuve avec de bonnes vagues de profil je décide de revenir vers la rive gauche, ce n'est pas facile de trouver où dormir à cause de la hauteur des berges (environ 1,50-2 m) et du sable-terre où on s'enfonce au moindre pas bien profond. Par chance voilà un creek et une petite " plage " de 2 m de large et 10 m de long où je m'arrête donc pour dormir, ouf ! Avec les vagues, le vent d'ouest et la marée, si on ne pagaie pas alors on recule !
Seulement 60 km donc aujourd'hui, c'est assez dur, un vrai marin ce vélo. Le soir je m'endors très bien vers 1h30 après avoir mangé. On est à environ 400 km des côtes et de la mer de Béring.

Le Ve 29 juillet, le départ se fait vers 14h30 après avoir cassé la pagaie en ayant voulu dégagé le kayak du sable. Je pagaie pendant 9h mais n'avance pas beaucoup notamment entre 18h et 21h30 où le vent est très fort, de l'ouest, lors du soleil couchant. La Yukon river change de sens après Holy Cross et le vent vient souvent de l'ouest, de même qu'il y a beaucoup plus de nuages venant de la mer de Béring, il fait aussi plus frais et froid (aussi à cause du vent), et c'est plus humide. C'est dur, il y a beaucoup de vagues et si on ne pagaie pas alors on recule, pendant trois heures je n'ai du faire que 6 km ! Toujours en restant près du bord pour éviter les grosses vagues. Parfois il y a des creux de près d'un mètre de profondeur, c'est comme lors de la fin d'un marathon ici, c'est le moement le plus dur de cette descente de la Yukon river.
Je croyais à Holy Cross, au rythme où j'allais, terminer la descente vers le 29 juillet mais à ce train là je vais arriver trois ou quatre jours plus tard. Je vais essayer de partir plus tôt aussi le matin pour éviter le vent fort de la fin d'après-midi et du soir.
Je retrouve les aigles, quelques mouettes, des petits oiseaux et un drôle d'animal le soir (une sorte de marmotte jedhi) où je reste encore près de l'embouchure d'un creek pour dormir à l'abri des vagues ; c'est très périlleux d'aller sur une île avec ces vagues pourtant il faudra bien traverser la rivière pour rejoindre la rive droite du fleuve un jour ou l'autre pour aller à Saint Marys !

Le Sa 30 juillet, troisième jours de vagues à cause du vent fort en fait, quand on ne pagaie pas on recule. Les vagues sont sans doute créées avec le vent (râlement) et sur les côtés il y a moins de vagues car les forces de résistance s'évacuent dans le même sens plus ou moins que le vent et donc on recule, à cause du vent, si on ne pagaie pas mais si on pagaie on peut avancer car il y a beaucoup moins de vagues sur les côtés.
Bref, le levé se fait vers 8h30 et le départ vers 11h30 après avoir mangé… Presque 13h sur le kayak aujourd'hui, il pleut. Mais vers 17h le vent se calme et vers 21h il n'y a plus du tout de vagues, ça fait du bien quand ça s'arrête ! Et le kayak reprend instinctivement le milieu du fleuve.
Je rencontre aussi deux américains du Montana qui sont là, au bord du fleuve, en stand by, depuis trois jours déjà ! A attendre, même si je ne fais que 50 km par jour, attendre c'est dépérir, attendre c'est le désespoir qui gagne, autant avancer, de plus les conditions météo peuvent très bien être meilleures plus loin et…on peut toujours attendre ! C'est comme il y a trois ans à Yellowstone NP où il prévoyait de la neige pendant une semaine mais le fait de continuer à permis de sortir de cette zone neigeuse et de retrouver le Soleil et une température estivale. Ils me demandent aussi quand je suis parti de Whitehorse, je leur réponds tout en précisant que je ne fais pas une course ! Jamais je n'ai posé cette question (en premier). Pourquoi le demander ? Peu importe, vraiment ! Qu'est-ce que ça peut faire ? Et comme d'habitude ils me répondent que je vais vite car mon kayak est meilleur ! Trop facile et faux comme j'ai dix kilos de plus avec mon vélo, seulement je ne reste pas trois jours à attendre et je reste plus de temps à kayaker (rien d'autre de spécial à faire). Comme toujours, encore une sorte de compétition, c'est ridicule.
Il y a de beaux arcs en ciel en fin de journée et j'aperçois un couple d'aigle en longeant un peu les bords, mais toujours pas d'ours. J'espère que les jours suivant seront comme ce soir après 21h, sans vagues, ça va bien plus vite ! Ca aurait dû être une journée de 100 km normalement…, ce ne sera que 30 km.

Le Di 31 juillet, waou ! Très bonne journée de 110 km environ, le réveil se fait à 9h et le départ à 12h, le temps de manger, écrire, prendre une petite toilette dans les eaux du fleuve… Il pleuvine et ça bruine par intermittence mais il y a peu de vagues car peu de vent et donc ça avance à nouveau ! Je rencontre Roman qui a eu des ralentissements aussi à cause du vent et des vagues, il est aussi " fou " que moi ! Il a kayaké jusque 4h du matin ! Il veut qu'on finisse ensemble mais je préfère continuer seul et lui propose qu'on se rejoigne le soir à Pilot Station ; il est sympa mais collant et n'arrête pas de parler.
Tout se passe bien, au milieu du fleuve, les petits bateaux de pêche sont à nouveau de sortie. Je suis sur le kayak pendant environ 10 heures et j'arrête le soir vers 22h. C'est normalement la dernière nuit avant Saint Marys et la fin de cette descente, il ne reste plus que 33 km. Je ne retrouve pas Roman, j'apprendrais plus tard qu'il était de l'autre côté du fleuve, alors que moi je suis face à Pilot Station, sur la rive gauche, et lui la rive droite (le fleuve est large !).

Le Lu 01 août, j'arrête aujourd'hui à Saint Marys, plus loin que prévu initialement (300 km de plus par rapport à Holy Cross), après environ 2750 km sur la belle Yukon river, seule une quarantaine de personnes font cette descente dans sa totalité chaque année, surtout des allemands et des anglais apparemment, c'est dommage qu'il y ait si peu de monde dans un sens et dans un autre sens c'est tout aussi bien. C'est vraiment un bon voyage pour se retrouver face à soi-même (ou aux autres si on est à plusieurs). Un seul mot pour décrire cette descente : paisible !
Le matin je suis réveillé vers 11h et je pars vers 13h, tout va bien jusque 7 km avant St Marys que j'aperçois au loin mais il y a aussi de gros nuages noirs ! Le vent s'accélère, le Yukon ronfle pour une dernière fois, les vagues sifflent et la pluie s'abat. En trois heures il a plu autant que depuis le 29 juin ! Les derniers kilomètres se font en 2h30 au lieu d'1h si les conditions avaient été normales, et en plus il faut remonter sur 1 km l'Andreafskyriver, un affluant de la Yukon river.
Arrivé à St Marys je suis trempé mais heureux. Ce que tout le monde remarque quand je vais au " groceries ", magasin d'alimentation, peu avant sa fermeture (à 19h). Puis je fais un tour dans le village (qui n'est pas le plus joli visité depuis le départ), ici ce sont les Yupiks ! Je me renseigne aussi pour l'avion (à 6 km de là se trouve l'airfield)… Il y a beaucoup de choses à faire demain : se prendre un dernier bain dans la Yukon river, voir s'il y a internet et si oui trouver les numéros de téléphone de magasins qui vendent des kayaks à Whitehorse pour leur vendre le mien (sinon l'envoyer en France ?), envoyer du courrier et la tente et d'autres affaires en France, se renseigner pour le kayak et le transport jusque l'aéroport d'Anchorage, et voir les horaires de flight (apparemment tous les jours ?).
A Anchorage il faudra sûrement une nuit en motel pour la lessive, réparer et changer des pièces sur le vélo, manger des steaks et des protéines (facile dans les fast-foods) avant de reprendre la route pour Vancouver.
Il y a un trail, l'Iditaro trail, normalement c'est pour les chiens de traîneaux l'hiver mais c'est accessible aussi à pieds, je pensais le suivre à Holy Cross (jusque Anchorage) mais il manquait des infos et les cartes, et surtout il me faut revenir en France fin août, on n'a pas trop le temps donc, peut-être une prochaine fois !

Le Ma 02 août, " jour de repos ", levé vers 10h30 puis un dernier bain dans l'affluant du Yukon avant d'aller " en ville " pour acheter un peu de nourriture, manger, téléphoner, voir internet (pour le téléphone faut demander à quelqu'un d'en prêter un, pour internet faut aller au lycée et demander à quelqu'un pour utiliser son compte)… Le temps passe vite. Puis aller à l'aéroport où après 5 km de marche on me prend en stop sur un kart, à l'arrière, c'est bizarre, drôle mais dangereux si on tombe et ça vibre, je ne le referais plus ! Au retour on me prend tout de suite dans un pick-up, c'est plus sûr !
Donc normalement le départ se fait demain à 12h, le vélo et le kayak devraient partir plus tard dans un autre avion, c'est impossible dans le même. Dans un sens c'est bien comme ça en arrivant à Anchorage je pourrais sans être encombrer aller voir les magasins de kayak pour leur proposer d'acheter le mien.
Tout est calme dans le village de St Marys, le soir je donne la nourriture qui me reste à mon voisin yupik, ils sont contents et me donnent en échange une boîte de saumon fumé faîte maison, ils m'invitent aussi à boire un verre d'alcool mais là je refuse, le plus poliment possible (jamais d'alcool avec des inconnus pour des mauvaises expériences passées, ça pourrait déraper et ça mène à rien).
Très belle journée ensoleillée où la pm les enfants se baignent et s'amusent dans la rivière. Tout est calme, paisible même si les nuits sont fraîches (il y a de la gelée à 6h am). Le transport du kayak et du vélo, plus le prix de mon billet d'avion, pour Anchorage ne coûte que 200€, ça va, c'est moins que ce que à quoi je m'attendais !

Le Me 03 août, la nuit se passe bien, toujours au même endroit, sur la crête face à l'Andreafsky river. Le matin je remonte le kayak et le porte sur environ 1 km près de l'US postal où on doit venir le prendre pour l'amener à l'aérodrome de St Marys, avec le vélo.
Tout se passe bien, on le prend vers 11h et le départ se fait vers 12h30 de St Marys, la vue est splendide, dommage qu'après ça se bouche et ça " balance " en se rapprochant d'Anchorage. On est 16 dans l'avion comme passagers.
L'arrivée se fait vers 15h30 où j'achète une carte de téléphone, pour téléphoner aux compagnies de kayaks… mais personne ne semble vraiment intéressé.
Ensuite je prends le bus pour rejoindre un hostel backpackers (25$ la nuit, les prix y ont bien augmenté) et il est déjà tard. Le soir c'est la lessive aussi…

Le Je 04 août, je me lève vers 9h, le temps de partir… il est 12h puis je vais à Northern Air Cargo avec le bus vers 14h30 où on me dit que rien n'est arrivé la veille, que du poisson !! Ni le kayak et le vélo ne sont là comme prévu. Ce devrait donc être pour le prochain vol donc pour samedi vers 4h pm. C'est ennuyeux donc sans le vélo pour aller voir les magasins de kayaks.
Le temps de revenir en bus il est déjà 17h chez les backpackers où il n'y a plus de place (il aurait fallu réserver, ce que je fais pour les nuits suivantes). Je reprends donc le bus pour arriver à un motel vers 20h, c'est 75$ la nuit mais au moins on est tranquille.

Le Ve 05 août, Anchorage J+2. Je retourne chez les backpackers le soir et de 10h30 à 16h je fais tous les magasins de kayaks à Anchorage, sur les 4 notés dans les Yellow Pages, deux n'existent plus et les deux autres ne sont pas intéressés.
Le soir je retrouve Roman ! Qui vient d' arriver d'Emonak, chanceux, il a vendu son kayak 500$ là-bas à Emonak (il l'a acheté d'occasion 1000€ à Whitehorse, le mien acheté neuf valait 2100€, mais bien mieux… ?).
Le soir on se retrouve à deux avec Welly et Joshua (un Yupik et un américain) au sommet de l'Hilton Hôtel d'Anchorage avec une très belle vue donc sur la ville. Tout leur ait payé par la communauté Yupik, c'est une sorte de truc " humanitaire " pour l'enseignement, bref, ce que j'en pense…on le sait !
Puis je retourne vers 1h du matin au backpackers grâce à une tentative de tournée de bars avortée car je n'ai pas mon passeport ! Ouf ! Ici il faut prouver par la carte d'identité ou le passeport que vous êtes majeurs pour rentrer !

Le Sa 06 août, dégouté ! Anchorage J+3. Le kayak et le vélo surtout ne sont toujours pas arrivés ! Soi-disant l'avion n'est pas parti à cause de la pluie, je n'ai eu l'info qu'au téléphone et j'en doute, j'irais donc lundi voir par moi-même car la NAC (la compagnie aérienne) est fermée le dimanche. Et si ça n'arrive pas le mercredi, le prochain vol, alors je vais insister pour leur dire que je retournerais sinon moi-même à St Marys chercher tout ça et qu'alors plus un seul avion cargo n'arrivera à Anchorage tant que mon matos n'y va pas. Je veux bien être gentil mais là… ! En plus ça me coûte des sous comme je ne peux dormir dehors dans cette ville d'Anchorage que je commence à maudire (trop d'habitants, 200.000 personnes soit la moitié de la population de l'Alaska, et d'alcooliques). Il y en a assez, si j'avais su que j'aurais autant été retardé alors j'aurais fait l'Iditaro national Trail ! En plus le vélo n'arriverait qu'après le kayak ! Je suis sûr que les Yupiks de St Marys sont bien contents de faire traîner l'affaire, ils disent toujours qu'on ne fait que passer… Le soir je suis obligé de retrouvé le motel (comme je pensais avoir le bike, je n'avais pas réservé et il n'y a plus de place…).

Le Di 07 août, Anchorage J+4. Rien de spécial, visite du petit musée d'Anchorage où je suis vu d'un mauvais œil par la sécurité (à cause de ma tenue, jogging…). Bref, c'est nul, grosse déprime, j'aurais jamais du partir de St Marys avant le kayak et le vélo. Ennui, rien à faire. Record battu d'attente de Sydney et Montréal ! Toujours une très grosse déprime et envie de " tout pêter ". C'est insoutenable, comme vivre en prison sans doute. Ras le bol, je veux le vélo, voyager…

Le Lu 09 août, Anchorage J+5. Je commence à prendre la chose et à être résigné même de partir d'avion pour la France d'Anchorage ou de Whiehorse, comme c'est maintenant quasi impossible de rejoindre Vancouver en vélo. Je vais à l'aéroport pour savoir ce qu'il en est. Je dis à la compagnie NAC que j'ai un avion le samedi et que j'ai donc besoin du kayak et du vélo, avant de partir, que j'attends déjà depuis 5 jours…, je râle, menace de reprendre un billet pour aller à St Marys mettre le kayak et le vélo moi-même dans l'avion. Ca marche ! On me certifie que le prochain vol, demain, amènera tout ça, même si normalement c'était encore que du poisson !! Mais on le fera pour moi, quelle chance !
Le soir je suis invitée chez Susan, à qui j'avais envoyé un mail dans l'idée de vendre le kayak, comme elle tenait une " compagnie " de kayak ; même si elle n'est pas intéressée pour l'acheter, elle est intéressée pour l'histoire et le trip sur la Yukon river.

Le Ma 08 août, Anchorage J+6. Je passe toute l'après-midi à l'aéroport, à 14h on me dit que l'avion a du retard et arrivera qu'à 17h30. Je patiente encore. A 18h j'y retourne et enfin le kayak et le vélo sont là, ce n'était pas trop tôt. Susan vient aussi gentiment me chercher et m'aider à transporter le kayak et le vélo chez elle, elle m'invite aussi à dormir chez elle. Très sympa !

Le Me 10 août, Anchorage J+7. Très bonne nuit dans un vrai lit ! Le matin je vais changer mon matériel de vélo, je prends un ticket d'avion pour rien encore (et ça ne sert même pas à la protection de l'environnement en plus).
Puis l'après-midi Susan a trouvé un ami à elle qui veut bien me racheter le kayak pour 1400$. Je dis oui quand même, avec un peu de mal au cœur, il en vaut bien 2000$ vue le bon état où il est, neuf c'était 3000$ (2100€). Dommage qu'aucune compagnie ne peut le transporter en France. Avec Susan on a téléphoné à au moins dix compagnies différentes. Sinon je l'aurais bien laissé à Susan ou chez elle pour un autre trip que j'aurais fait plus tard, une autre année en Alaska ?


Chronique 3 : D'Anchorage à Prince Georges/Vancouver (Colombie britannique)/Nice


" Petit tour à travers les belles Rocheuses (Rockies) et par la Cassiar road ", environ 3.000 km en vélo (en août 2012).


Je 11/08/2011 : Anchorage - ?, 186 km
Ve 12/08 : … - près de Gulkana, 156 km
Sa 13/08 : … - 45 km avant Tok Junction, 147 km
Di 14/08 : … - 35 km avant la frontière USA(Alaska)/Canada, 154 km
Lu 15/08 : … - sur l'Alaska Highway, au bord de la White river, 128 km
Ma 16/08 : … - Destruction Bay, 140 km
Me 17/08 : … - Canyon, 142 km
Je 18/08 : … - Whitehorse, 143 km
Ve 19/08 : … - près de la Teslin river, 132 km
Sa 20/08 : … - Swift river, 163 km
Di 21/08 : … - Watson Lake, 167 km
Lu 22/08 : … - Cottonwood river (95 km avant Dease lake), 171 km
Ma 23/08 : … - 20 km après Dease Lake, 115 km
Me 24/08 : … - 105 km avant Bell 2, 170 km
Je 25/08 : … - 30 km avant Meziaden Junction, 169 km
Ve 26/08 : … - Kitwanga, 199 km
Sa 27/08 : … - 45 km avant Houston, 136 km
Di 28/08 : … - 15 km avant Fraser Lake, 180 km
Lu 29/08 : … - Prince George, 200 km
Ma 30/08 : … - Vancouver (en avion)
Me 31/08 et Je 01/09 : … - Vancouver - Düsseldorf - Nice (en avion, retour en France)

Le Je 11 août, je pars d'Anchorage vers 10h, levé de bonne heure vers 5h du matin. En route vers Palmer et la Glenn highway, je quitte la très gentille Susan qui s'est très bien occupée de moi et lui laisse 100$ pour sa fille (comme elle n'en voulait pas).
Arrivé à Palmer je ne prends pas de ravito pensant en avoir un à 50 km plus loin, grosse erreur ! Il n'y en a pas dans ce village. Il faut donc continuer et le soir ça fait 105 km fait sans ravito, dès le premier jour de vélo, ça commence bien et demain ça devrait être encore 130 km sans ravito ! Soit 235 km à faire avec le ventre creux, heureusement il y a un petit creek pour l'eau ! Ca fait du bien de retrouver le vélo, même si les jambes sont vides aussi (pas de vélo depuis plus de 40 jours).
Les paysages sont jolis, on passe près des glaciers et il fait frais (neige il y a trois jours). Aujourd'hui il fait très beau. Ca fait du bien de retrouver le vélo mais il y a toujours trop de voitures.

Le Ve 12 août, Le matin je suis levé vers 9h après une très bonne nuit et je pars vers 10h mais la route sur les 125 premiers kilomètres est dure à cause du manque de ravito, même si on trouve quelques Lodge, mais c'est assez cher, il n'y a pas grand-chose et donc au final c'est très peu de calories sinon il faut manger au resto de la Lodge, ça prend du temps et ça coûte aussi.
Bref, j'arrive à Glenemm pour le ravito (ici les magasins ferment le soir à 23h !) où je reste une bonne heure pour manger, boire. Il fait encore beau et chaud. Deux américains aussi, un dans une Lodge et un au supermarché, questionnent aussi pour le trip.
Le soir je dors près d'une rivière, au calme, sous un pont, mais c'était plus calme sur la Yukon river sans les voitures. Une souris aussi ! Et un aigle qui viennent me rendre visite le soir.

Le Sa 13 août, je suis levé à 11h et pars seulement à 12h, la nuit fut excellente ! La route est ensuite souvent assez gondolée et en travaux sur 40 km puis ça va. Tout doucement le rythme et les jambes reviennent (ça faisait 40 jours sans vélo), je n'ai pas pu trop manger comme je le souhaitais à Anchorage.
Un seul petit souci, un mal de gorge, et un rhume, qui persistent depuis le dernier jour à Anchorage où j'ai du attraper froid avec tous ces courants d'air (fenêtre ouverte ou porte, climatisation, chauffage…), dur dur quand on n'est pas chez soi.
Aujourd'hui deux indiens me demandent si j'ai vu des Mooses, je réponds non car peut-être est-ce pour la chasse ? Le soir je revois quand même deux mooses pour la première fois depuis plus de 40 jours. Enfin, toujours pas d'ours. Quelques gouttes aussi, le ciel est couvert et il fait plus frais mais ça évite de boire.
Le soir je dors encore sous un pont, tranquille, et à l'abri de pluie éventuelle.

Le Di 14 août, le matin je suis levé vers 8h mais ne pars que un peu avant 13h, le temps de faire toutes les annotations des photos depuis Whitehorse, de reprendre le " journal " en retard et de changer les pneus du vélo, usés.
La route est bonne, bien roulante grâce à un petit vent dans le dos et donc la moyenne est bonne aussi. Je prends un bon ravito à Tok où encore un indien vient demander une cigarette (je réponds non comme d'habitude).
Il pleut en fin de journée et une bonne partie de la nuit où je trouve refuge sous un pont. Comme la veille où il avait plu toute la nuit et jusque 12h. Pas d'ours encore aujourd'hui, juste un moose. La route longe après Tok en partie la Tanana river, nom familier puisque je l'ai croisé à son embouchure avec la Yukon river et ai pris un ravito dans la jolie petite ville de Tanana à cette intersection.

Le Lu 15 août, la météo est de pire en pire (ça ne pourra être que mieux alors), il y a beaucoup d'averses glaçantes et il fait très froid.
Je passe la frontière américaine sans tampons (je n'ai ni l'entrée ni la sortie) et celle du Canada sans problèmes : ils me demandent si j'ai des armes à feu (non) et d'autres armes (je réponds le vélo), et tout ça se fait en français car même ici ils le parlent ! C'est toujours une des deux langues officielles du Canada avec l'anglais, grâce à 6 millions de québecois (sur 35 millions de canadiens) ! Et beaucoup de canadiens croisés veulent aussi apprendre le français, c'est un peu comme une mode.
La route est bonne, les paysages sont jolis, dommage toute cette pluie et le rhume ne fait rien pour arranger, je ne fais que me moucher ! Beaucoup de personnes ici sont en vadrouilles, pour environ 90% ce sont des retraités en camping-cars ou RV (sorte de grand camping-car, de la taille d'un bus presque), l'un d'eux vient d'Alabama et va en Alaska pour se " promener " puis revient en Alabama. Et oui, ce sont les vieux retraités qui voyagent, c'est pas mal, il était temps d'en profiter…

Le Ma 16 août, pff, le matin je suis réveillé vers 10h avec une sorte d'otite, j'ai très mal à l'oreille, à moitié sourd et elle siffle. Je pars que vers 12h30, il n'a fait que pleuvoir la nuit et le matin. L'après-midi ce sont des averses glaçantes. Brr, l'angine s'arrange un peu mais à force de se moucher et avec le froid le nez s'écorche.
Pas de ravito jusque Destruction Bay ! C'est long et la route est à moitié gondolée, c'est pas facile, heureusement le vent est de dos. La température est d'environ 4°C le matin et de 10-13°C l'après-midi.
Il n'y a toujours quasiment que des touristes sur cette Alaska Highway, moins qu'en juin tout de même, c'est déjà l'hiver qui arrive. Pas d'ours encore, sans doute sont-ils dans leurs terrières ou plus au sud ? Presque pas de moustiques !

Le Me 17 août, le matin je suis réveillé vers 9h mais la tête est toujours dans le pâté ! Je n'arrête pas de me moucher et de tousser. Par chance il fait beau ! Mais je roule avec le k-way et l'écharpe. La route est jolie, quelques trucks mais surtout des RV et des camping-cars (pour les retraités) et des voitures de location (pour les " jeunes "). Je n'ai croisé aucun cycliste depuis Anchorage.
Il n'y a plus de moustiques, sans doute tous sont morts de froid déjà ? Comme en Finlande, en Laponie, où on me disait que mi-août ils meurent tous (à cause des premières gelées).
Le vent est aussi de face, sauf les 40 derniers kilomètres où la route bifurque pour aller à Whitehorse. Je suis KO, comme shooter, je dormirais presque une journée entière !

Le Je 18 août, la route est plus ou moins bonne, d'abord le vent est de face puis ça se calme le soir. En plus de me moucher j'ai le nez (la narine droite comme toujours) qui saigne trois fois.
Il fait beau mais la nuit la pluie revient. Je passe la nuit sous le bateau/musée de Whitehorse, comme d'habitude. Tout est calme, que quelques indiens qui picolent (très peu quand même).

Le Ve 19 août, pff quel temps, je ne pars que vers 13h (décalage horaire, on perd une heure) de Whitehorse. Il pleut et pleuvine jusque 20h environ, j'arrive donc à peu près au sec le soir sur le lieu du dodo et je me construis une petite cabane avec du bois " mort ", autour des sapins (c'est la deuxième, la première fois c'était en Nouvelle Zélande) pour se protéger de la pluie qui pourrait fortement revenir. Je place une couverture thermique au-dessus du vélo et sur des branches ce qui fait ainsi un toit " étanche " sur lequel j'ajoute d'autres branches pour que la couverture ne " s'envole " point.
Autour de Marsh Lake c'est difficile à cause du vent de face. Le nez ressaigne encore une fois le soir et le mauvais temps devrait perdurer car le matin, à la librairie, sur internet, ils annoncent au moins quatre jours de pluie. Le matin, je saigne trois ou quatre fois du nez : en allant dans des bâtiments surchauffés ce qui provoque une vasodilatation de la veinule qui se décicatrise… Bref.
Petite anecdote, en fin de matinée, à force de pluie, je pensais m'arrêter et me mets à l'abri devant une maison, c'est alors qu'un pépé me dit de partir, " prends le vélo et pars ". Au début je trouve ça pas sympa ! Ca change de l'accueil général dans le grand nord-ouest, mais c'est un pépé ronchon et bête sans doute ! Puis je continue, de toute façon, il faut avancer, c'est alors qu'un peu de temps après dans l'après-midi, un jeune arrête sa magnifique 4x4 avec fauteuil en cuir près de moi pour me proposer de m'amener jusque Watson Lake (là où il va et situé à 350 km plus loin), je refuse car ce n'est pas l'idée du trip mais c'est très gentil. Puis je revois la scène de ce matin avec le pépé, qui est l'ange et qui est le démon ? Le pépé était-il un con ou était-ce un signe de partir et d'avancer ? Le jeune était-il la tentation ? Hihi, on ne sera jamais.

Le Sa 20 août, pff, le matin je pars vers 12h, prends 40' de pause à Teslin et je finis la journée vers 22h à Swift river. Il m'aura fallu deux jours pour faire 295 km que j'avais fait en une journée à l'aller, c'est dur avec le vent de face ! Le vent ! Le dieu des cyclistes et pour bien d'autres choses.
Beaucoup de salut de motorbikers aussi qui font des longs raides, assez souvent dans la soixantaine (l'un vient de Floride, va en Alaska et retourne ensuite en Floride…). Il y a aussi quelques trucks mais surtout des camping-cars et RV conduis par des personnes âgées.
Toujours rien au niveau de la faune. Il pleut jusque 16h environ ! Pff, la couverture thermique, en plus du pull, est bien utile (je la place entre le k-way et moi).

Le Di 21 août, je pars vers 1(h seulement car il pleut à seaux toute la matinée. Dommage de partir tard car le vent est de dos (de l'ouest cette fois). J'arrive  donc le soir à Watson Lake avec les lumières pour être prêt le lendemain pour prendre un bon ravito car il n'y a rien d'autres avant 200km si j'avais directement emprunté la Cassiar road (il faut donc faire un détour de 50 km).
Il y a quelques averses l'après-midi mais je passe au travers, chouette. Ca fait aussi le troisième jour que je prends la même route qu'à l'aller (il n'y a que l'Alaska Highway comme route).
Le nez ne saigne plus depuis deux jours et le nez commence à moins couler, mais il faudrait une meilleure météo tout de même pour en terminer !

Le Lu 22 août, le matin je suis réveillé vers 6h30 par la femme de ménage du visitor center de Watson Lake, puis je prends un petit café, fais les courses, mange. Je prends la route vers 10h30 et cette fameuse Cassiar road qui est très jolie et vient juste d'être complètement goudronnée (c'était en septembre de l'année dernière m'a-t-on dit), sur l'ensemble de ses 725 km.
C'est assez dur surtout à cause du vent de face (du sud) qui est assez fort, j'avance donc lentement ! Tantôt il fait des éclaircies, tantôt des averses, et pour finir le soir il pleut encore malheureusement. Je reste donc dormir sous un pont (sinon ce serait une cabane à construire dans les bois de sapins) car le rhume persiste (il me faudrait deux jours sans pluie pour en finir mais il pleut tous les jours).
Il y a quelques trucks sur la route mais toujours surtout des RV et camping-cars avec les retraités (sources de grandes pollution et de grandes consommation d'énergie), au lieu de rester chez soi et de financer des voyages plus " physiques " de " jeunes " ? Quel drôle de monde occidental ?
Je revois aussi deux grizzlys, la maman et son petit, les fleurs sont déjà " fanées " et il y a toujours les mouches tsé tsé et des moucherons jaune-blancs à gratter. Deux aigles alaskans aussi.

Le Ma 23 août, ici les campgrounds sont payants à 20$, parfois plus (soit 13€) pour seulement une nuit. Vive le camping sauvage et libre ! Sinon on est tous entassés les uns sur les autres.
Encore une bonne journée où il pleuvine et où le ciel est quasiment toujours gris. Le vent est toujours de face ce qui n'arrange que doucement le mauvais rhume (le nez coule moins et ça redevient translucide, hum). La route est dure, on est en montagne plus ou moins autour de 1000 m d'altitude, comme en Auvergne ou dans l'Aubrac. C'est très jolie cependant.
A Dease Lake, il n'y a que 500 habitants sur un rayon de 100 km ! Peu de monde donc : c'est comme s'il n'y avait que 500 habitants dans le département du Lot (qui en compte toute de même 170.000 malgré sa ruralité).
De moins en moins d'insectes et de moustiques, surtout avec la météo humide et pluvieuse. Il y a moins de touristes aussi aujourd'hui.
Le soir je me fabrique une " cabane " et serais à l'abri toute la nuit malgré la pluie.

Le Me 24 août, le matin je me réveille de la très bonne petite cabane qui m'a bien protégé de la pluie presque incessante de la nuit.
Les paysages sont jolis, la route est jolie aussi même si le revêtement n'est pas forcément très bien (ça ondule un peu, et ça freine comme si on roulait sur une route qui a revêtu des pavés, et c'est des gros graviers goudronnés).
Ca va très vite pour se faire une cabane, on trouve facilement du bois " mort " aux pieds des sapins et sous les sapins il y a rarement de la végétation.
Beaucoup de montées et de descentes, quelques averses dont une de grêle dans la journée et une température d'environ 15°C. Aussi le passage d'un pass à environ 1250 m, deux blacks bears et un couple de cycliste croisé.

Le Je 25 août, le matin je me réveille vers 8h30 et je pars vers 10h30 de mon abri près d'un creek sous un pont. Pour la première fois depuis longtemps je m'endors avec un ciel complètement dégagé et étoilé, c'est magnifique comme toujours !
Le matin le temps est couvert mais ça se dégage vers 12h et il fait beau par la suite jusque 18h où ça se recouvre, c'est la première journée sans pluie depuis Whitehorse. L'asphalte est aussi de meilleure qualité, ça roule plus facilement et on prend moins de coups.
A Bell 2, petite " station " il y a internet mais pas de connexion réseau aujourd'hui (comme à Dease Lake il y a deux jours).
Les paysages sont toujours aussi jolis ; c'est le festival aussi : un black bear et des oursons, un grizzly (qui se sauve à toutes jambes quand je passe en vélo et le surprend) ; peut-être les ours sont sur les bas côtés de la route car ils sont fauchés et donc bien herbeux. Malheureusement une maman ours s'est faîte écrasée par un des jouets favoris des humanoïdes, l'ourson tourne désespérément autour de sa maman, l'accident doit être récent, c'est triste (il y a environ 1.000.000 d'accidents mortels par an dans le monde, c'est énorme, mais il n'y a pas de prévention, et il faut bien vendre les voitures et le pétrole).
Ici on trouve beaucoup de champignons dans les bois, des fruits, des glands… Le soir, je fabrique rapidement une nouvelle " cabane ", il faut 20' pour la construire, pour y faire dodo au cas où la pluie se remettrait à tomber.

Le Ve 26 août, la route est bonne et le vent est plutôt favorable sur presque 200 km de vélo aujourd'hui, je n'ai plus rien à manger aussi sur ces 200 km presque, c'est assez dur, pour l'eau c'est celle des creeks (pas trop de risque ici car il n'y a pas d'élevage ni d'agriculture et pas d'industries) et on termine le soir à Kitwanga posément avec deux bons coups de barre de 25-30 km à chaque fois mais il y a l'habitude maintenant…
Je croise aussi trois blacks bears et un couple de jeunes cyclistes qui vont jusqu'en Patagonie (ils sont lourdement chargés et pensent voyager deux ans en tout). Il fait beau, et avec le manque d'alimentation et les coups de barre j'ai parfois de forts coups de chaud, et d'autres fois je suis glacé. Sensations étranges à gérer.

Le Sa 27 août, la nuit est difficile et je m'endors que vers 5h du matin, je ne pars donc que vers 13h, après une bonne " nuit " quand même. Il fait beau, pas de pluie et pour la première fois depuis Anchorage je me remets juste en tee-shirt, le rhume va beaucoup mieux et se termine ! La route est bonne, ça roule mieux même s'il y a plus de trafic mais tout le monde roule bien.
Le soir je retrouve quelques moustiques (je suis plus au " sud " maintenant, ce n'est plus vraiment le grand " nord ", donc il fait moins froid). Le dodo se fait dans un champ où j'aperçois deux dears et des vaches…

Le Di 28 août, le matin je pars vers 9h juste quand la pluie commence à tomber, d'abord il pleuvine puis il pleut à verse puis comme vache qui pisse dans le reste de l'après-midi ! Il faut attendre 19h environ pour que ça cesse et le soir je m'endors près d'un creek, bien à l'abri sous un pont même s'il ne tombera que quelques gouttes dans la nuit. Heureusement le vent est de dos, je remets donc le k-way, le pull et la couverture thermique pour protéger le ventre, il n'y a presque pas d'arrêt et de pauses pour éviter d'attraper froid, je roule, je roule pour arriver au plus rpès de Prince Georges où il lme faudra malheureusement prendre l'avion le 30 août pour rejoindre Vancouver (il me manque 4-5 jours pour atteindre cette ville malheureusement à 750 km de Prince Georges, j'ai du trop attendre à Anchorage après le kayak et le vélo…), c'est comme ça.

Le Lu 29 août, le matin et l'après-midi il fait très beau, ça roule vite grâce au vent assez fort dans le dos ! Quelle chance, je fais les 200 km jusque Prince George sans problèmes ! Mais il faut rester assez souvent attentif car la Yellowhead Highway est étroite sur environ 100 km et il y a beaucoup de circulation. On retrouve beaucoup plus de champs, prairies et des élevages (vaches).
Le soir j'arrive à Prince George et je vais à l'aéroport, c'est plus long que je pensais (presque une heure de vélo pour y aller depuis le centre ville, et il se met à pleuvoir, après de bons détours (je cherche l'accès). J' arrive vers 21h15 à un motel pour dormir dans un bon lit, me laver, faire la lessive, manger…

Le Ma 30 août, le matin je me lève après une quasi nuit blanche… Je pars ensuite faire la lessive, acheter à manger et je vais à la librairie. Prince George est calme. Puis direction l'aéroport où il y a six vols, voir huit, avec West Jet et Air canada tous les jours pour rejoindre Vancouver ! Il y a de la place, je prends le ticket, emballe le vélo (j'ai l'habitude) et c'est parti pour Vancouver, en avion malheureusement. C'est un peu dommage de ne pas avoir pu le faire en vélo…

Le Me 31 août et le Je 01 septembre 2011, l'avion part vers 12h de Vancouver, la nuit se passe tranquillement à l'aéroport, comme d'habitude. Puis il y a 9h de vol pour Düsseldorf et 9h de décalage horaire ce qui m'amène déjà au 1er septembre vers 6h à Düsseldorf où j'attends l'avion pour Nice à 11h où j'arrive chez mon parrain et ma tante…



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