Petit tour au Coeur de l'Europe

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Introduction :


Petit tour au Coeur de l'Europe, de fin juillet à fin septembre 2007 (9.900 km) :

Le départ a eu lieu entre la fin juillet et la fin septembre 2007, de Dégagnac, dans le Haut-Quercy, en direction de la Suisse (Genève, lac Léman, Bern), puis dans le sud de l'Allemagne (Bavière notamment), l'Autriche occidentale (Salzburg), la Bohême (Prague), la Moravie et de nouveau l'Autriche (orientale, Vienne) puis la Slovaquie (Bratislava) et ensuite la Hongrie (Budapest).

La remontée vers le nord de l'Europe se fît en passant par la Slovaquie dans sa partie orientale, la Pologne (Cracovie, Varsovie), puis les Pays baltes : la Lituanie (Vilnius), la Lettonie (Riga) et l'Estonie (Tallinn).

Le retour, enfin, par la Finlande (Helsinki), la traversée en ferry de la mer Baltique (de Turku à Stockholm), la Suède, le Danemark (Copenhague), le nord de l'Allemagne (Lübeck, Hamburg, Bremen), en longeant la frise des Pays-Bas (Amsterdam, Rotterdam), puis les Flandres en Belgique (Brugge) et en France (Lille). Enfin, la Picardie (Amiens), la Normandie (Rouen, Caen, le Mont saint Michel), un petit tour de la Bretagne (Saint Malo, Quimper, Concarneau, Belle Ile, Rennes, Nantes), les côtes et îles françaises de l'Atlantique (îles de Noirmoutier, de Ré), et le retour dans les pays du Périgord et du Quercy.


Pour le matériel dans le sac pour l'Europe, il y a eu : un GPS, un appareil numérique pour les photos, cartes SD, batteries et chargeurs ainsi que lampes de vélo avec piles et chargeurs, un pantalon ample et léger, un imperméable - coupe vent, un foulard, un bonnet, gants en laine, couvre-chaussure (pour le froid et la pluie), chaussure, pantoufle, trois paires de chaussettes, un short, un tee-shirt, carnet pour écrire, quelques bics, une brosse à dent, une lame de rasoir, un canif, et un couteau pour manger (si besoin), du pq. Et aussi le matériel pour vélo: deux pneus (changer deux fois à l'arrière et une fois à l'avant sur 10000kms en Europe) et chambres à air de rechange, quelques rustines (que 4 crevaisons en Europe), des clefs pour dévisser, une pompe, un ou deux fond de jantes.

Le sac pèse pas plus de 10 kg, auxquels il faut ajouter le ravitaillement: un ou deux litres de boissons (en plus des deux bidons sur le cadre du vélo), des bonbons (sucres, important), et autres (pain, brioches bien beurrées, ...). L'ensemble dépasse alors rarement les 13kgs (mais pas de balance à ce moment là pour vérifier...). Cela permet de faire tout de même de grandes distances dans la journée (270kms une fois en Moravie, avec vent dans le dos) et d'avoir plusieurs points de ravitaillement. Avoir plus de poids (40 ou 50kgs) et donc des sacoches empêcheraient de pouvoir faire de grande distance et limiteraient les points de ravitaillements ; ce serait aussi plus difficile pour passer des obstacles afin de trouver un coin calme pour dormir et aussi quand il faut lever le vélo pour le prendre sur l'épaule. Pour le moment ce système fonctionne très bien.

De même, il y a eu environ 15 nuits à l'hôtel mais surtout dans les quinze premiers jours (problèmes de récupération, chaleur, altitude, temps pour s'habituer à dormir dehors ?). A partir de Budapest, il y a eu que 4 nuits à l'hôtel (en Pologne, en Lettonie, en Allemagne du nord et à Saint Malo). La tente prend beaucoup de place et pèse, les nuits dehors (une bonne trentaine) se sont très bien déroulées, pour gagner quelques degrés il suffit de dormir sur un plan dur (asphalté ou banc), ou encore à l'abri du vent (derrière un mur, les haies), encore plus sous un préau (terrain de skate bord), encore mieux dans un abri de bus (surtout en Bohême, se sont de véritables petites maisons!).
Pour le moment ce système fonctionne aussi très bien (aucune piqûres de moustiques aussi, la nuit, car couvert de la tête au pied, de préférence toujours faire ses besoins tôt le matin, quand l'herbe est mouillée sinon les moustiques n'attendront pas!). Cela permet aussi de pouvoir contempler les étoiles et leurs variations, le passage rapide des nuages au clair de lune, d'apprécier les étoiles filantes, le clair de Lune, de dormir dans des endroits tels qu'un phare, au pied des jolies maisons de Bruges, à deux pas de l'entrée de l'abbaye du Mont Saint Michel, à côté des digues néerlandaises, de la citadelle de Belle-île mais aussi dans d'autres endroits plus insolites: jardins d'enfants et écoles (cour ouverte, pas de grilles, dans les pays scandinaves), à côté des rats (pourraient faire moins de bruits!) ou encore dans les anciens cimetières, à côté d'églises, sur des bancs dans les stades de foot...


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Chronique 1 : de Dégagnac à Salzburg


" En route pour une traversée des Alpes "
(1.588 km)


31/07, Dégagnac - Argentat, 120 km
01/08, Argentat - Lanobre, 90 km
02/08, Lanobre - Thiers, 147 km
03/08, Thiers - Mussy, 152 km
04/08, Mussy - Nantua, 120 km
05/08, Nantua - Luguin (lac Léman), 136 km
06/08, Luguin - Berne, 134 km
07/08, Berne - Konstanz, 225 km
08/08, Konstanz - Immenstadt im Allgäu, 112 km
09/08, Immenstadt im Allgäu, 187 km
10/08, München - 15kms après Salzburg, 165 km

Le 31, le départ de ce petit tour d'échauffement en vu d'un tour du monde commence de Dégagnac, vers 14h, après le repas du midi. C'est la canicule (environ 35- 40°C en plein soleil, pas de nuages) mais la route est très jolie pour cette étape, je passe par Gourdon, le site religieux de Rocamadour (où vinrent Saint Louis, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion…), le magnifique château de Castelnau-Bretenoux (dans le Haut-Quercy), ensuite je passe par la vallée de la Dordogne et le village de Beaulieu avec ses maisons en pierres… et le soir j'arrive à Argentat où je dors le soir, tranquillement, dans un jardin public où deux personnes me demandent du tabac pour se rouler leur blar, après avoir fait un tour sur les berges du port, au bord de la Dordogne.
Après deux années de travail sur Bordeaux, je pensais faire un tour du monde, aussi un essai en Europe paraît utile avant de s'aventurer sur des terres plus lointaines. Cette rando doit permettre de voir ce qu'il faut en équipement…, si le matériel tient et aussi comment se comporte le cyclo ! Des rando de 4-5 jours, une semaine et 10 jours avaient déjà été faîtes (Bordeaux-Lens, Toulouse-Lille, Dégagnac-Nantes-Saint Malo-Lens, Bordeaux-Angers-Lille et encore Lens-Sczecinek en Pologne), cette rando en Europe est prévue pour une durée de deux mois, et à la vue des précédentes je pense que ça doit être largement possible, avant, ce qui m'empêcher d'en faire plus était le facteur 'budget', malheureusement. Je n'ai jamais eu l'esprit vraiment commercial, même si sûrement il suffit juste de " s'y mettre " et je ne recherche donc pas de sponsors…

Le 01/08, la journée est bien plus dure que la veille ! C'était jamais encore arrivé en vélo mais déjà une fois auparavant sur un bout du chemin de St Jacques de Compostelle (que j'avais pris pour passer le temps et m'amuser), aussi par temps de grosse canicule comme aujourd'hui, je vomis, je n'arrive plus à boire (même le coca qui normalement " tient "), tout ce que je bois ou mange ressort quelques secondes après, donc on se déshydrate. Est-ce la chaleur, l'altitude, le fait de n'avoir presque pas fait de vélo pendant un mois ? Toujours est-il qu'après 60 km et deux bonnes côtes de plus de 5 km (avant Privat et avant Lanobre, dans les jolies contrées d'Auvergne), je n'en peux plus ! Aussi une bonne sieste de 3h s'impose en cherchant un peu d'ombres (difficile).
En fin d'après-midi, quand les rayons du soleil sont moins verticaux, je reprends la route, difficilement, et choisi de ne pas compliquer les choses (pas question de faire demi-tour ici !) mais d'aller dormir dans un lit de petit hôtel que je peux trouver, pas trop onéreux car c'est aussi des jours de voyages en moins et le but était aussi de passer des nuits dehors, un peu pour s'endurcir (comme quand j'avais 21 ans, lors de la remontée, pendant quatre jours, entre Toulouse et Lille).
Le soir j'arrive donc dans un petit hôtel de la ville de Lanobre, après avoir fait seulement 90 km, les gens sont très sympas et très gentils, la vieille dame qui tient l'hôtel vient me voir et reste un moment avec moi pour parler. Le soir, un  gros orage éclate pendant une bonne partie de la nuit aussi, ça rafraîchit.

Le 02, après un petit détour pour admirer l'ancien château de Val, au bord d'un petit lac (construit par un des compagnons de Jeanne d'Arc), le départ est assez difficile malgré une bonne nuit, un bon repas, et l'achat d'un bon fromage dans un magasin du village que j'ai terminé au fur et à mesure dans la nuit.
Aussi après une quarantaine de km, quand j'arrive à La Bourboule, je suis à plat, je me pose donc un moment dans cette jolie petite ville connue car par trois fois on y a été avec la famille pour l'asthme de mon petit frère (en cure, il y a des termes), on en a bien entendu profiter pour faire de la luge et parfois du ski à cette époque, et aussi des balades à pieds comme à la Roche aux fées, il y a une quinzaine d'années, quel plaisir que d'y remettre les pieds, aussi après le ravito, quand je repars vers le Mont Dore, j'espère avoir l'occasion d'y revenir plus tard, dans cette ville de mon enfance ! Ce n'est pas très loin de Dégagnac en fait.
La route est plane puisqu'on suit la vallée pour le Mont Dore mais c'est très dur, je n'ai toujours pas récupérer ? Arrivé dans ce joli village dans les montagnes d'Auvergne, je refais une pose avant d'entamer le col de Guéry qui me semble insurmontable ! On y va quand même, et…surprise, ça se passe à merveille, la montée de 10 km est très bonne, les sensations reviennent.
Il s'ensuit une longue descente vers le parc des volcans d'Auvergne, le Puy de Dôme (que j'entrevois au loin, la montée est payante, même pour les cyclos) et Clermont-Ferrand. Les paysages sont très jolis, faits de sommets et de volcans éteints, de verdure, de lacs de montagne, quelle beauté ! Faudra y repasser. Je rencontre aussi quelques cyclos touristes, avec des bagages, seul ou en couple, c'est l'été et c'est une très bonne idée que de venir ici prendre l'air plusieurs jours. Je visite aussi Clermont-Ferrand et sa cathédrale, on peut y voir une statue d'Urbain II qui a ordonné le commencement des croisades lors d'un discours au XIè s. dans cette ville, ainsi qu'une statue de Vercingétorix, chef gaulois qui s'est révolté contre César (lors de la guerre des gaules, il y a plus de 2000 ans). La ville est assez jolie avec son centre autour de sa grande place, mais la sortie est assez compliquée.
Pour finir, la route prend la direction de Thiers, la campagne est vallonnée mais la montagne disparaît peu à peu, la vue de Thiers en arrivant est magnifique, c'est sur les hauteurs d'une colline et les rues sont sinueuses autour du flanc de celle-ci. Je trouve un petit hôtel à sa hauteur, dans l'ancien centre ville dont beaucoup de vieilles maisons tombent en ruine ou sont à vendre, la ville nouvelle et les commerces étant installés en contrebas de la colline, là où le terrain est plat et c'est donc plus pratique. Les priorités ne sont plus les mêmes au XXIè s. qu'au Moyen-Âge !
Le soir, je me balade avec plaisir dans ces petites ruelles de Thiers, au calme.

Le 03, sur la route entre Thiers et Mussy, le temps est toujours aussi beau mais la T° a par chance diminué (25°C environ), c'est même couvert par moment. La traversée du parc du Livardois-Forez est vraiment bonne, c'est une succession de petites collines, avec quelques côtes, de la forêt, quelques petits lacs et étangs et des routes qui ne font que serpenter.
Ensuite après le passage de la Loire, très joli fleuve qui est aussi présent dans cette région (bien loin de l'océan Atlantique alors), la vallée de la " haute " Loire est vraiment jolie ici, beaucoup de gorges. Ensuite on arrive dans la région du Beaujolais, très connue pour son vin nouveau mais le patrimoine rural et les paysages de collines sont très mignons.
Après beaucoup de montées et descentes, toute la journée, j'arrive enfin après avoir passé le calme village du Bois d'Oingt, chez Christian, où j'ai pu faire neuf fois les campagnes de vendanges, en septembre le plus souvent, et où j'ai forcément de bons souvenirs. J'en profite aussi pour commander quelques bouteilles de 2003 et de 2005, de bons crus.

Le 04, après une bonne nuit chez Christian, je repars en direction du lac Léman. Après le passage de Villefranche sur Saône, je passe par Bourg en Bresse. Ensuite dans cette région de la Bresse, la route monte et descend, en arrivant au Jura, ces montées sont encore plus importantes et sont assez dures (c'est des cols à 10 et 15% par endroits !) sur 6 km parfois (où j'utilise le 39-28 de mon ancien vélo de course, pour le poids et le côté pratique je ne met pas de triple plateau, le 39-28 a toujours été suffisant pour ce tour en Europe y compris en montagne).
Dans la journée je traverse aussi l'Ain qui est un très joli fleuve ici, en montagnes, en fin de journée à 18h il fait même plus chaud qu'à 14h. La T° est bien remontée, c'est chaud.
Après un dernier col, je longe une rivière pour arriver le soir à Nantua et son lac où je trouve un petit hôtel, beaucoup de motards toute la journée, ça doit être très touristique comme région, en tout cas c'est très joli, le couché de soleil, le soir, sur le lac de Nantua.

Le 05, après une bonne nuit à l'hôtel, la forme est bien là mais le sac pèse lourd, c'est ma 1ère longue rando aussi, je me rends compte que du matériel que je pensais avoir besoin n'est pas utile (un petit sac de couchage en laine qui fait près de 500g ; un petit panneau solaire de 500g aussi pour recharger les batteries mais celles-ci ne se déchargent pas rapidement et on peut toujours les recharger par période à l'hôtel si je redormais dehors, après je demanderais même pour les recharger dans des resto ou bars contre un peu de monnaie mais on me demandera rien parfois, des vêtements en trop que je n'utilisent jamais…),. Bref avant de sortir définitivement de la France, je décide de renvoyer tout ça en colis à la poste, le panneau solaire pourra bien resservir plus tard, notamment lors d'une possible future traversée des Pyrénées, Alpes et Corse (même si on trouve aussi des refuges…). Finalement avoir moins de poids permet d'avancer à une moyenne raisonnable et d'avoir ainsi plus de possibilités de points de ravitaillement.
Aujourd'hui la route est assez plane, enfin que des côtes à 6% environ, je longe d'abord en partie le Rhône jusqu'au lac Léman où j'arrive par la Suisse et Genève, le passage de la frontière se fait sans aucun problème, c'est la 1ère frontière que je passe en vélo ! Après la traversée de la ville de Genève, je repasse la frontière pour retourner en France, toujours en longeant le lac Léman, je passe par la jolie ville d'Yvoire avec ses remparts, la cité thermale de Thonon et celle d'Evian (avec son casino), c'est forcément une clientèle plutôt huppée. Mais les paysages sont aussi jolis avec la vue sur le Mont Blanc, imprenable, je ne pensais pas le voir d'aussi loin (presque distant de 100 km), ça donne envie d'aller à son sommet, peut-être aussi une autre fois.
Le soir je dors dans un petit hôtel près de Luguin, où je perds le téléphone portable en allant sur un ponton, je m'en rends compte le soir et il a du forcément tomber de ma poche alors que je restais assis pendant un long moment pour admirer le crépuscule, je m'en aperçois le soir mais j'ai beau y retourner dans la nuit et faire plusieurs fois le chemin, aucun signe de ce portable (de toute façon c'était le 1er prix, celui-là était un cadeau de 1 euro de mon petit frère quand il en a pris un nouveau et il n'a pas de forfait), pas utile quand on voyage ! Peut-être un signe car celui-ci ne me servirait de toute façon pas dans les Etats européens, prendre un forfait pour téléphoner de l'étranger coûte une fortune, en plus il faudrait le recharger, vaut mieux utiliser le système des cartes téléphoniques pour cabine, ça ne coûte presque rien.

Le 06, ça fait une semaine que je roule, déjà pas mal, tout va bien et c'est encore mieux avec ce sac plus léger, j'aurais du le faire plus tôt. Je continue à longer le lac Léman et repasse la frontière avec la Suisse, puis je passe devant le joli château féodal de Cillon d'où je monte, après Montreux, vers la ville de Fribourg, en passant par le lac de Gruyère.
Sur la route je rencontre alors Martin Meier, en Suisse romane (francophone), il est très gentil et m'invite chez lui, je dis OK et on prend une boisson, il a aussi beaucoup voyagé en vélo avec sa femme et aussi seul, d'ailleurs en parlant ça lui a donné des envies et il est parti faire un grand tour en vélo de Fribourg puis vers la Bretagne et retour chez lui, parès mon passage. A deux, ils sont déjà partis en Norvège (pour voir les fyords, il paraît que c'est magnifique), à Lourdes par le Rhône, à Munich et Budapest ; ils espèrent aller ensuite à Saint Petersburg. Ca s'est bien profiter de leur retraite ! J'aimerais bien encore faire ça plus tard. Martin me fait ensuite la visite de Fribourg puis m'amène sur la route de Fribourg, auparavant il m'avait même proposé de dormir chez eux mais on est qu'en début d'après-midi, il a du mal à me quitter et viendrait bien avec moi, c'est un passionné.
De Montreux à Bern je suis la route nationale 5 la plupart du temps, les paysages sont jolis et comme il y a un autoroute parallèle il n'y a pas trop de voitures. La route est rapide avec un vent dans le dos (la vitesse est souvent proche de 40, ça aide un sac plus léger !) et le beau temps.
A Bern, je trouve un petit hôtel et une jolie ville avec de très nombreuses statues colorées (ours, dragon, personnages pittoresques…), arcades et drapeaux. C'est déjà la Suisse allemande et il faut donc commencer à parler en anglais le plus souvent mais aussi un peu en allemand, quelques mots et phrases ressurgissent d'un passé lointain).

Le 07, après une bonne nuit et malgré un temps très mauvais, pluie presque toute la journée, on dirait que c'est la contrepartie de toutes ces journées de chaleur ! D'ailleurs j'apprends par la suite que la région de Fribourg subit de grosses inondations, pas étonnant vu toute la pluie, le passage s'est fait au bon moment ! La distance est bonne avec 225 km, sans doute grâce au vent. Je longe beaucoup le Rhin et passe plusieurs fois (six fois) par de vieux ponts (parfois en bois avec des anciennes porte-tours gardant le passage) la frontière entre la Suisse et l'Allemagne où il n'y a même pas de contrôles la plupart du temps (en effet le Rhin sert de frontière naturelle).
La route longe aussi l'Aare, fleuve où il y a au bord beaucoup d'industries et ce n'est donc pas très joli mais les paysages de montagnes compensent largement et ceci même quand il pleut. Dans cette partie de la Suisse il y a des pistes cyclables avec des petits panneaux, c'est à peu près bien indiqué mais ce sont en fait de petits chemins goudronnés (petites routes) passant dans la campagne et évitant ainsi les grandes routes, c'est assez bien fait malgré quelques détours.
La campagne suisse est jolie avec des maisons en bois colorées (rouge souvent) avec des fondations en pierre, l'habitation pour les Hommes juxtaposant celle pour les animaux ; en France, dans le Quercy par exemple, on trouve des anciennes fermes du XIXè où le bétail résidait au rez-de-chaussée et les Hommes au 1er étage, c'est pratique pour le chauffage, pour les odeurs sans doute fallait-il nettoyer un peu. La plupart des fermes et habitations en Suisse portent le drapeau suisse (rouge avec une croix blanche), c'était la même chose en Belgique (avec des drapeaux de la Belgique ou des Flandres ou de l'Italie ou du Portugal ou de Turquie, car beaucoup de populations d'origine immigrée), en France ça n'existe pas (très peu de maisons ont un drapeau français ou algérien ou marocain ou polonais...).
Le soir j'arrive dans la jolie ville de Konstanz, mais il pleut encore à verse et les nuages sont bas, beaucoup de brumes. Je trouve aussi un petit hôtel (la dernière chambre disponible) mais j'ai pensé un moment passer la nuit dehors. Après un bon ravito, je continu un tour dans cette jolie ville mais avec ce temps impossible de prendre une photo, beaucoup trop d'eau et d'humidité.

Le 08, le matin je traverse le lac de Constance (Bodensee) par le ferry, les paysages sont jolis encore malgré la pluie, c'est la Bavière et les Alpes encore, beaucoup de grands chalets de moyenne montagne (entre 500 m et 1.000 m) et donc pas mal de brumes, le rythme en vélo est bon, il y a aussi moins de pistes cyclables (presque pas), ça va donc mieux pour avancer et les indications sont meilleures que celles sur les pistes.
Je passe aussi par la ville de Meersburg avec son beau château et ses vieilles portes et remparts, beaucoup de vignes et cultures d'arbres fruitiers (poires, pommes) le long des berges du lac de Constance.
Le soir je m'arrête un peu plus tôt qu'à l'habitude après seulement 112 km à cause du mauvais temps dans la ville (jolie) d'Immenstadt im Allgaü, petite station de ski en hiver où je trouve un petit hôtel. Les allemands sont aussi gentils qu'en 2004 à l'occasion du voyage entre Lens et la Pologne ; j'en garde toujours un bon souvenir malgré ce que j'ai pu entendre en famille de chaque côté de mes grands-parents, peut-être est-ce aussi un sentiment de culpabilité du aux deux guerres mondiales dont la dernière est encore dans les esprits des grands-parents allemands qui ont peut-être raconté en famille, et aussi les médias allemands qui ont véhiculé une image et une culpabilité. Bref, toujours est-il qu'ils aiment bien les français et moi aussi je les aime bien malgré les préjugés véhiculés par mes grands parents.

Le 09, après une bonne nuit, le temps est toujours aussi mauvais : pluie, brume et brouillard, le ciel est très couvert. La route en Allemagne est encore difficile avec les pistes cyclables car il y a peu d'indications dessus, on se perd facilement et les pistes sont parfois caillouteuses. Les routes normales sont aussi un peu dangereuses car il n'y a apparemment pas de limitations de vitesses et il y a assez beaucoup de camions ici (phénomène d'aspiration auquel je commence à m'initier). Il y a aussi moins de contrôle de radar…qu'en France (ça a du bon pour les cyclistes, maintenant les français respectent les vitesses et prennent l'habitude de rouler lentement). Ici il aurait mieux fallu avoir une carte ou être du coin ou avoir un VTT.
Avant d'arriver à Munich, je passe par le château de Neuschwanstein situé sur les contreforts des Alpes bavaroises mais il y a tellement de monde que la visite du château sera remise à une autre fois, néanmoins je prends le temps de faire le tour du château mais pas beaucoup de décorations extérieures, il est construit au XIXè et est d'aspect assez classique (mais il n'est pas aussi joli que le château féodal de Beynac, pour moi).
Arrivé à Munich je fais un petit tour dans la ville qui n'a pas l'air trop intéressante, beaucoup de destructions avec les bombardements de la seconde guerre et contrairement à la France, beaucoup de ces villes détruites n'ont pas été reconstruite telles qu'elles étaient auparavant. Le soir je refais aussi une petite balade. A l'hôtel on me mène dans un garage au sous sol pour laisser le vélo mais il n'y a pas de local pour le mettre et je n'ai pas de cadenas, je le garde donc en douce avec moi et le remonte pour le mettre dans ma chambre (mon vélo c'est un peu comme ma femme).

Le 10, le temps reste couvert mais il ne tombe que quelques gouttes et avec le vent dans le dos ce n'est pas gênant, contrairement à la circulation sur la route entre Munich et Salzbourg alors que les routes dites nationales ne sont pas plus larges que les départementales française. Sur la route je passe aussi par la ville de Wasserburg, très belle église avec de nombreuses sculptures (dans beaucoup d'églises en Europe centrale et orientale on trouve des sculptures sur pierre de têtes de morts ou de squelettes dans les vitraux, c'est très rare en France) et ses anciens remparts dont il reste quelques portes anciennes.
Après avoir roulé entre des massifs montagneux et passé la frontière, j'arrive à Salzbourg qui est une très jolie ville, juste après la frontière avec l'Allemagne, avec ses anciennes maisons, sa citadelle et son château, ses nombreuses églises, fontaines, peintures, sculptures et beaucoup de touristes encore pendant cette période. Beaucoup de maisons à Salzbourg aussi qui ressemblent un peu à celles de l'Italie, beaucoup de maisons aux façades colorées.
La sortie de Salzbourg est difficile et je rencontre un autrichien très sympa en roller qui me met sur la bonne route, ici en ville les hôtels sont bien trop chers et je préfère dormir dans un petit hôtel de campagne. Qu'est-ce que je pourrais faire comme économies en dormant dehors, dans les Etats occidentaux, ça permet ainsi de faire durer les voyages. Beaucoup sur la route me demande d'où je viens et où je vais, ce sont des questions normales quand on rencontre un voyageur, l'anglais est vraiment indispensable pour les voyages à l'étranger, en tout cas c'est très pratique car on trouve toujours quelqu'un qui parle cette langue, surtout chez les jeunes, par contre en français c'est extrêmement rare !

Chronique 2 : de Salzburg à Budapest


" La route des capitales d'Europe centrale : Prague - Vienne - Bratislava - Budapest "
(1.128 km)


11/08, Salzburg - Bad Leon Felden, 175 km
12/08, Bad Leon Felden - Prisbram, 214 km
13/08, Prisbram - Cechice, 181 km
14/08, Cechice - Korneuberg, 241 km
15/08, Korneuberg - Gyor, 182 km
16/08, Gyor - Budapest, 135 km

Le 11, la route se poursuit en Autriche mais c'est un pays qui ressemble fort à l'Allemagne (habitations de même type, même langue, paysages montagneux comme en Bavière…) mais le système routier ressemble plus à celui de la France avec de petites routes comme les départementales, d'autres comme les nationales et des autoroutes, de même pour les signalisations, les limites de vitesse. La route se passe donc bien mais il pleut toute la journée ! C'est triste comme temps, il fait sombre et les voitures ont les phares allumés toute la journée, donc peu de photos pour préserver le fonctionnement de l'appareil numérique, l'humidité n'est pas trop aimée des appareils électriques, beaucoup de brumes et brouillards (temps pourri, on se croirait presque en novembre ou en mars pourtant on est en août, heureusement qu'il fait environ 15°C sinon il neigerait !).
Tout au long de la route, on retrouve des cultures de maïs, beaucoup de montée et descentes aussi jusque Wells puis c'est plat jusque Linz avant de recommencer à monter, il y a aussi aux abords des grandes villes quelques entreprises bien françaises (Carrefour, Renault) et américaines (McDonald…).
L'Autriche reste plus pauvre dans son aspect que la Suisse où les maisons sont imposantes… A Wells, on voit de grands immeubles style HLM juste à côté d'anciens palais en pierre laissés en désuétude (style soviétique, on voit aussi qu'on approche de l'ancienne Europe de l'est) ; par contre, Linz est jolie et bien conservée. On voit aussi beaucoup de panneaux solaires soit sur les toits des maisons soit dans le jardin.

Le 12, j'arrive en Bohême ! Et la route entre Linz et Cesky Krumlov est magnifique, en suivant un très joli cours d'eau, rivière avec beaucoup de kayakistes à ce moment de l'année, c'est magique, un rêve presque, malgré la pluie qui est tombée toute la matinée. On retrouve beaucoup de maisons colorées, souvent en bois, aussi des peintures religieuses. Ce pays me plaît !
A la frontière on me demande le passeport mais je donne que ma carte d'identité (on est en UE), le type me dit " français ", je réponds " ya " (le réflexe après quelques jours en Allemagne et en Autriche). Mais en fait il aurait fallu dire " européen ". En résumant, je suis français de fait, ch'ti de cœur (ou de l'Artois, des Flandres et du Hainaut) car j'y suis né et y ait vécu mon enfance ainsi que ses souvenirs ; occitan/cadurcien/périgourdin par beauté de cette terre qui recèle de multiples châteaux, de jolies églises en pierre, de nombreuses grottes, cavernes, gouffres, igues et avens, dolmens, oppidums, menhirs, et de belles vallées comme la Dordogne, la Vézère, le Célé, l'Aveyron… ; européen de droit et international par nature car il n'y a qu'une seule espèce et race humaine malgré ce que l'on cherche toujours à faire croire : différentes races, par la couleur de la peau ou des aspects physiques et c'est valable pour de nombreuses régions du monde et 90% des gens ! Idée qui est loin de régresser, j'apprendrais que le cosmopolitisme est un idéal loin d'être atteint !
Sur la route il y a beaucoup de forêts, de cultures de maïs et de tabac. Beaucoup de magasins Peugeot aussi ici (pas vu Renault). Les routes sont en bon état et les indications sont bonnes, les tchèques roulent bien et moins vite que les allemands, ils font très attention aux vélos, presque pas de camions mais la sortie des grandes villes comme Ceské Budéjovice (cependant il s'ensuit une excellente piste cyclable, pendant 10 km qui finit dans un charmant village où il y a un beau château, subventionnée par l'Union européenne, c'est très plaisant alors, si ça pouvait être partout pareil !).
Les villes de Cesky Krumlov puis de Ceské Budejovice sont extrêmement jolies, avec de beaux bâtiments, de belles places avec des belles façades en pierres et colorées, et des châteaux avec une architecture telle qu'on n'en trouve pas en France. Cependant ça n'empêche pas de trouver en fin de journée sur la route près de Tyn Nad Vltavou une centrale nucléaire avec ses réacteurs, où je passe sur la route, juste à côté (c'est moche bien sûr, des déchets radioactifs pour des millions d'années avec le risque de changer l'ADN de toutes les espèces y compris végétales, même les industries chimiques…qui causent des cancers sont moins dangereuses car il n'y a pas le risque de changer la génétique et de tout contaminer, le nucléaire aboli toute espérance de vie, le danger est valable pour des centaines de millions d'années, les dégâts seraient considérables, il n'y a qu'à voir les effets de la catastrophes de Tchernobyl, comment ne pas avoir encore pris conscience de la nécessité de développer exclusivement de l'énergie par le solaire et l'éolien, pour le paysage ? C'est ridicule ! Pourquoi ne pas reproduire des éclairs ou utiliser cette énergie ? Vues les relations dans le monde, les Hommes préfèrent construire des centrales et des bombes nucléaires que de développer des recherches internationales " saines ").
Le soir, j'arrive au moment du crépuscule et sous un beau couché de Soleil dans la jolie ville de Pribram où je vais dans un petit hôtel (ils sont moins chers ici d'ailleurs, tout est environ trois fois moins cher qu'en France, un euro équivaut à 30 couronne tchèque environ) puis je vais pour manger une pizza où je demande comment on dit en tchèque bonjour (" ahoj "), au revoir (" nashledanou "), merci (" dekuji "). C'est intéressant d'apprendre un peu une langue, même si c'est que quelques mots. Les filles de Bohême sont charmantes aussi.

Le 13, la journée commence bien puisqu'il fait beau. La route monte et descend jusque 20 km avant Praha (Prague) au moment où on longe la jolie rivière Vlatava. L'arrivée dans l'agglomération et jusqu'au centre de Prague est catastrophique (comme la plupart du temps dans les grandes villes, pour entrer et sortir, c'est presque un jeu, et leur traversée " une bataille "), je passe alors dans des endroits insolites, même si je roule un moment avec un cyclo tchèque qui me souhaite la bienvenue et me donne des conseils pour arriver au centre, je passe ainsi dans une île qui se termine en impasse, une autoroute (où je croise cependant d'autres cyclos et même des marcheurs, c'est rassurant dans un sens).
A Prague je rencontre beaucoup de touristes français, ça fait bizarre de les entendre parler, la ville est magnifique mais il vaut mieux peut-être venir hors saison pour plus de tranquillité (car l'été c'est bondé). Il y a une ville en hauteur (quartier de la noblesse sans doute et de la grande bourgeoisie) avec ses nombreux palais et ses grandes maisons, il y a aussi le château et les remparts de la ville de Prague, une cathédrale (dont la queue pour y rentrer est de 100 m ce qui me convainc de ne pas y pénétrer malheureusement car les vitraux doivent être splendides !) ; et une ville basse, marchande, de la petite bourgeoisie et des commerçants, artisans… Cependant ici peu de gens de " couleurs " presque uniquement des européens, c'est vrai que la République tchèque n'est pas " un grand pays " et n'a pas eu d'anciennes colonies. Je visite pendant deux heures la ville " d'en haut " et pendant une heure la ville " basse " jusqu'au moment où un orage éclate ce qui me donne le signal pour reprendre la route et sortir de Prague. En vélo la visite d'une ville est bien plus rapide qu'à pieds, le seul ennui c'est pour les visites à l'intérieur des monuments où malheureusement il n'y a pas de moyens pour garder le vélo, à quand des " relais " pour les vélos comme dans le temps pour les chevaux ? Ce serait vraiment utile si en abordant une ville on pouvait laisser sa bicyclette dans un endroit gardé, sorte de consigne.
La sortie se passe mieux que l'entrée, l'averse suit l'orage pendant encore une bonne heure puis le temps se découvre. J'ai du mal à trouver les deux hôtels qui devraient se trouver à Ulersim, aussi je continue la route, mais toujours aucun hôtel, finalement, la nuit bien avancée, mais peu de circulation,  je m'arrête pour dormir dans une cabane qui sert d'arrêt de bus, au milieu de rien, en pleine campagne bohémienne. C'est donc par " force " que je me retrouve à dormir de nouveau dehors après cette bonne étape de 181 km.
Les routes sont encore largement convenables (j'avais un peu d'appréhension sur ce point après la rando en 2002 entre Lens et la Pologne), j'adore la Bohême, sa campagne, ses gens bons, ses jolies maisons en bois, ses villes romantiques anciennes. Pour les ravito, ça se passe le plus souvent dans les stations essences (pas de boulangeries ou d'épiceries dans les villages comme en France), souvent les gens qui tiennent des commerces sont jeunes (entre 18 et 22 ans) et souvent on retrouve aussi les enfants des parents qui aident à faire fonctionner le commerce (hôtel, restaurant).
La nuit, je ne suis dérangé que par un chien vers 3h qui lorsqu'il m'entend bouger prend peur et s'enfuit. Je me sens chez moi dans cette Bohême. Je suis lors de l'arrivée dans chaque nouvelle région comme un enfant à qui l'on donne un nouveau jouet, c'est génial, j'ai beaucoup de chance (même si elle a été choisie et provoquée) et je me sens un peu privilégié, sans doute heureux d'être ici.

Le 14, je pense avoir quelques ennuis de récupération après cette nuit à l'extérieure (même si dans l'arrêt de bus, en Bohême et en Moravie cela ressemblent plus à de vrais petites maisons en bois !) mais il n'en est rien, à la faveur d'un vent de dos, la distance d'aujourd'hui sera de 241 km (une des plus grande sur ce parcours), la théorie de dormir dehors qui est la cause des vomissement tombe donc à l'eau, sans doute l'entraînement aidant à mieux récupérer ; avec l'habitude, je n'aurais plus aucun problème de récupération, même s'il n'est pas possible de disposer dans l'immédiat d'un ravito, même si c'est préférable pour être en forme le lendemain et passer une meilleure nuit : vaut mieux récupérer des forces dès la tombée de la nuit pour profiter du temps où on dort pour récupérer que de " subir " une perte d'énergie inutile pour se réchauffer (quand nécessaire) la nuit et d'attendre le lendemain matin et de " subir " le poids d'un estomac plein dans la journée avec un afflux de sang pour la digestion.
Le matin après une bonne nuit sous abri je me lève de bonne heure (c'est ce qui arrive souvent quand on dort dehors) et je prends la route vers 7h45 puis je me ravitaille pour éviter un coup de pompe (le ventre a grogné toute la nuit, je prendrais ensuite l'habitude de prendre le ravito avant de dormir dehors même s'il faut encore faire 20 km avant la tombée de la nuit en vélo, avec le chargement supplémentaire).
J'arrive ensuite à Telc, cette ville est très bien conservée et est très jolie ! On dirait un village pour enfants, même si je rencontre une cinquantaine de touristes retraités français. Cette ville est super belle. Ensuite je passe par Trebic (classée à l'UNESCO) mais je n'y trouve rien d'intéressant, des usines à ses abords et de nombreux immeubles de style " soviétique " m'engagent plutôt à poursuivre la route, maintenant en Moravie. Le paysage est moins joli qu'en Bohême, beaucoup de cultures mais il y a un air de désolation : beaucoup (dans chaque village) de kolkhozes abandonnées ou parfois transformés en coopérative agricole, de vieux immeubles tombant en ruine et des routes plus mauvaises. Je ne vois rien d'intéressant et je ne m'attarde pas plus que ça, de plus le vent est souvent de dos, les sensations sont bonnes, ça roule donc bien et il fait beau, que quelques gouttes.
Le paysage est jalonné de plaines et collines avec de longs faux plats. J'arrive ensuite de nouveau à la frontière autrichienne (délimitée par une rangée d'arbres et on trouve aussi du côté tchèque d'anciens miradors et blockhaus) que je passe sans encombres (quelques commerces ambulants à son passage avec aussi des bars " sombres " où je soupçonne la présence de quelques prostituées).
Une fois la frontière passée (après un contrôle d'identité, différent entre l'Autriche et l'Allemagne où il n'y en a pas avec l'espace Schengen), je crève quelques km après, le pneu est complètement usé et je le change donc. Ensuite la route prend la direction de Vienne, pour le lendemain car la nuit commence à tomber, aussi quelques dizaines d'éoliennes (ça ne fait vraiment pas de bruits !) et j'arrive le soir à Korneuburg, très jolie petite ville avec un beau château en guise d'hôtel de ville, j'y trouve aussi un petit hôtel, sur la route je encontre aussi trois cyclo quand je regarde la carte et tous m'encouragent pour le voyage, en anglais. Je prends aussi un bon petit ravito dans une pizzéria (c'est rare de manger un plat typique des pays que je traverse, étant seul je préfère ne pas m'attarder dans les resto, de plus les menus ne sont pas forcément compréhensibles et je ne préfère pas prendre trop de " risques " étant assez difficile parfois, mais peut-être ça changera plus tard, et ça peut être amusant surtout si on est à deux).

Le 15, après une bonne nuit, l'objectif du jour est de trouver un magasin de vélo pour acheter un pneu et des patins de freins. Mais ceux que je rencontre en route sont fermés (pourtant c'est mercredi), parfois pour cause de vacances. Je peux néanmoins passer au lavage (avec karcher) pour nettoyer le vélo et huiler la chaîne, ça roule mieux ainsi. C'est à Gyor seulement que j'en trouve un qui devrait être ouvert le lendemain.
La route pour rejoindre Vienne (Wien) est bonne et ça suit à peu près le Danube. La visite de Vienne se passe bien, j'y reste environ 2h mais il y a très peu de monde, on dirait que la ville est endormie, c'est bizarre. Les commerces semblent en majorité fermés. La cathédrale est vraiment magnifique, je suis presque seul, contrairement à celle de Prague ! Dans cette partie autrichienne ainsi que plus tard à Bratislava et à Budapest, on trouve moins de maisons colorées ou de peintures murales.
Ensuite la route continue de longer le Danube, je passe par la ville de Hainburg aussi, qui a conservé ses anciens remparts, quelques portes et son château, sur une butte rocheuse (comme ça devait être dans la ville de Gourdon, en Bouriane). Ensuite, j'arrive à Bratislava, capitale de la Slovaquie, c'est aussi une jolie petite ville avec son château dans son centre historique, mais pour en sortir je passe par de grands boulevards typiques de l'époque soviétique (peut-être pour faire passer les chars en cas de révoltes), et j'emprunte aussi une autoroute où on trouve cependant des arrêts de bus et des passage piétons, on peut même y faire des demis tours par endroits, en fait, plus loin, je rattrape une piste cyclable qui longe aussi un canal du Danube sur une dizaine de km, juste avant l'arrivée à la frontière avec la Hongrie (mais il fallait le savoir) où la piste cyclable finit en arrivant près d'un lac (idéal pour une promenade des citadins, je croise d'ailleurs beaucoup de cyclistes et rollers), piste subventionnée aussi par l'Union européenne.
A la frontière, je montre la carte d'identité et le jeune me regarde bien pour voir si ça ressemble à la photo qui commence à dater et les cheveux étaient mi-longs à l'époque (courts maintenant), c'est amusant bien sûr. Arrivé en Hongrie, je trouve des routes moins bonnes et quelques pistes cyclables mais avec des trous, beaucoup de routes bombées dans les villages. Beaucoup de petits commerces, souvent tenus par des jeunes mais beaucoup de produits se ressemblent (coca cola, McDo, portables, musiques, produits de beauté ou vêtements), le capitalisme fait donc son œuvre et une uniformisation se produit, est-ce un bien ou un mal ?
On trouve de nombreux petits châteaux dans les villages aussi. Beaucoup de hongroises se promènent en bikini, même dans les villages, comme en Slovaquie, le long de la piste cyclable, et les filles se mettent vraiment en valeur.
Le soir j'arrive dans la très jolie petite ville de Gyor, la nourriture n'est pas cher mais je tombe sur des hôtels à 100€ ! Les petits hôtels ont sans doute fermés, l'affluence de touristes venus de l'ouest a du faire augmenter les prix et ça doit être difficile pour les européens de l'est de voyager. Finalement je trouve quand même un petit hôtel à 40€, à l'écart du centre. Dans cette partie de la Hongrie, je croise plus de personnes qui parlent allemands qu'anglais, mais on se débrouille.

Le 16, après la sortie de Gyor ça commence mal, des routes qui ne sont que de simples départementales sont interdites au vélo ! Je les emprunte quand même car les petites routes sont impraticables sauf en VTT et les indications sont alors presque inexistantes. Déjà que celles interdites sont bosselées à cause des camions qui y passent et repassent (peu d'autoroute ici).
Il fait chaud, et beau, l'air est sec et le vent de ¾ face ne fait pas arranger les choses (ça assèche la gorge). De plus, il y a beaucoup de circulation sur une route pas large ; je suis au moins doublé 1000 fois par des voitures et camions, quelle circulation avant Budapest ! Il faut donc bien tenir son rang et rester attentif (pas d'écarts) car aussi de nombreux trous et bosses (il faut donc regarder derrière aussi avant de se décaler à cause d'un gros trou pour ne pas se prendre un rétroviseur…).
Après Gyor, sur 20 km, c'est " la foire " aux prostituées, certaines me font signe pour les voir, c'est fou ce que la misère peut faire comme dégâts, une autre est en pleine négociation avec un groupe de six personnes, je n'ose imaginer ce qu'ils proposent à cette jolie femme blonde. Je n'aime pas trop la Hongrie, les gens sont moins sympathiques qu'en Allemagne et qu'en Bohême, ils comptent souvent leur sous, cherchent à arnaquer pour rendre la monnaie…
La route qui longe le Danube n'est pas très belle non plus, avec beaucoup d'industries, de pollution, de poussières…et quand il y a une piste cyclable, elle s'arrête brusquement, sans rien et sans indications.
A Budapest, c'est de la folie, on se croirait à Paris, c'est la pagaille, en plus beaucoup de route sont en travaux, on roule sur le sable qui s'envole… c'est comme ça sur une bonne dizaine de km, beaucoup de circulation…c'est le bordel, on se croirait sur un champ de bataille, des cailloux volent aussi.
Je trouve un hôtel près de la gare ferroviaire puis je sors pour une longue marche de 10 km, en partie nocturne, jusque 23h, pour visiter la ville, pendant 5h. C'est assez joli : le Parlement, le château, la citadelle, le square des Héros… Pour traverser les carrefours, il faut descendre en dessous et remonter sur le trottoir voulu, beaucoup de petits magasins dans ces sous-sol, le soir c'est aussi " le bal " des prostituées, les filles sont en mini jupes et bikini alors qu'il ne fait pas très beau, beaucoup d'alcooliques (zombies) et drogués qui traînent les rues en divagant, drôle de mélange avec des magasins et des hôtels de luxe ; les façades en pierre des grands boulevards sont très jolies et restaurées mais dès que l'on prend une rue parallèle on trouve des gens sales, avec de vieux habits, des façades tombant en ruine…. La pauvreté reste bien présente, comme j'avais pu le constater en 2002 en Pologne, depuis la fin du " soviétisme ", les centres ont été restaurés mais dès qu'on s'en éloigne, ça change, la réalité est là.

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Chronique 3 : de Budapest à Tallinn


" Traversée des Carpates occidentales et de la grande plaine d'Europe du Nord "
(2.120 km)


17/08, Budapest - Bérénova, 190 km
18/08, Bérénova - Levoca, 170 km
19/08, Levoca - Wisnova, 173 km
20/08, Wisnova - Speilia, 198 km
21/08, Speilia - Serock, 203 km
22/08, Serock - Augustow, 222 km
23/08, Augustow - Rujisk, 169 km
24/08, Rujiski - Kupiskis, 254 km
25/08, Kupiskis - Saulkrasti, 215 km
26/08, Saulkrasti - Järvakandi, 214 km
27/08, Järvakandi - 15kms après Helsinki, 112 km

Le 17, la journée fut d'abord chaotique pour sortir de Budapest, après 15 km de détour, je retombe à l'entrée de la ville. Beaucoup de cités se construisent dans sa périphérie ainsi que des lotissements, mais les routes sont encore à construire, on trouve aussi des enseignes de grandes surfaces comme Carrefour ; je prends donc en partie l'autoroute pour sortir de là.
A une station essence, la hongroise me rend 800 florin (au lieu de 8.800) sur un billet de 10.000, donc comme si c'était sur 1.000, et s'arrête, je râle donc et, après un temps de latence, elle continue à me rendre la monnaie comme si de rien n'était, apparemment elle a l'habitude. Du culot. Les hongrois sont pas très sympas (pas de bonjour, pas de merci et au revoir), et un peu voleur (il aime bien " couillonner " les européens de l'ouest, avec un petit sourire en coin).
Enfin. A mi-chemin, la route s'améliore avec moins de circulation. Le paysage avant la Slovaquie dans la région de la ville d'Ozd, parc national de Bukki, commence à être plus joli à l'approche des Carpates et au passage sur ses abords, ah, la montagne !
Dilemme du cosmopolitisme, on trouve ici beaucoup de villages, on peut passer dans un village avec seulement des tziganes puis un autre avec que des hongrois…les gens ne se mélangent pas ! Beaucoup de tziganes ici (leurs villages ont moins de commerces et sont plus pauvres que ceux des hongrois, ce sera la même chose en Slovaquie), ils vivent plus en communauté, sont souvent en groupe dans leur village alors que les hongrois ne se promènent pas plus qu'à deux ou trois et ont l'air plus actifs. Est-ce une ségrégation ou une volonté de rester dans sa communauté ?
Le soir, je dors à Berenova, avant la frontière avec la Slovaquie, le coin a l'air tranquille, près de la voie de chemin de fer (pas d'hôtel ou c'est introuvable). Je rencontre aussi le soir deux filles qui passent me voir trois fois mais elles ne parlent pas français ni anglais, en tout cas ça les amuse puisqu'elles rient bien.
Je suis un peu déçu par ce séjour en Hongrie, ce sera encore la même chose en Pologne, c'est sûr que le communisme a fait des dégâts sur ces pays pendant cinquante ans et qu'ils ont du retard et sans doute de l'envie et un peu de jalousie en voyant un européen de l'ouest, ils sont près de leur argent aussi mais sont très travailleurs. Le vélo tient bien le coup et le GPS est bien utile (pas de cartes, que des waypoints dont j'ai, avant le départ, entré les coordonnées).

Le 18, après une bonne nuit malgré la présence de quelques moustiques. Les 70 premiers km se font avec un bon vent de face (de NE) ce qui fait avancer doucement. Le passage de la frontière entre la Hongrie et la Slovaquie se fait encore sans problème et le douanier en voyant la carte d'identité s'exclame : " ah français ! ", il a l'air d'apprécier donc…mais c'est aussi européen.
La région est magnifique, elle passe dans les Carpates occidentales entre des montagnes, il y a aussi deux grottes classées à l'UNESCO mais je ne peux pas tout visiter et je ne trouve pas d'indications pour l'entrée de ces grottes, mais ce n'est pas grave. Plus loin, j'arrive devant le Krasna Horka, vieux château dont je fais la visite, et où on garde gentiment mon vélo près de l'accueil.
Ensuite je continue la route et retrouve des villages peuplés soit de tziganes soit de slovaques à la peau plus blanche, toujours pas de cosmopolitisme. Là je prends une route qui passent par deux cols à près de 1000m (ensuite il y a encore deux montées de 800 et 600m), c'est assez dur pour le ravito mais en y allant à son rythme ça va et on attendra le retour dans la plaine, après le passage de ce massif de Bukovec, à l'est de la Slovaquie.
J'arrive ensuite devant le Spissky hrad, très belle forteresse construite paraît-il par les turcs puis pris par les chrétiens puis repris…Celle-ci est en ruine, avant ça devait être très impressionnant, comme le Krasna Horka, cette forteresse est située sur une butte rocheuse d'où l'on a un beau point de vue. C'est aussi classée à l'UNESCO et il n'y a pas trop de visiteurs, dans cette partie de l'Europe, on retrouve surtout des allemands et des italiens comme touristes.
Le soir j'arrive dans la cité de Levoca, avec ses anciens remparts et portes fortifiées. Je trouve un petit hôtel où le monsieur parle un peu le français ! C'est très rare. Puis je fais un tour dans cette jolie petite ville et il y a une grande fête avec des danseurs…Pour la première fois je vois les tziganes, en nombre, mélangés avec des " blancs ", ça fait plaisir de voir ces mélanges, il faut espérer qu'il n'y ait pas de bagarres en fin de nuit. Je reste une heure pour acheter mon ravito avant d'aller dormir, j'ai l'impression d'être immergé par l'ambiance de ces pays de l'est ; la Slovaquie comme la République tchèque est un pays qui commence à me plaire.
Sur la route, j'avais constaté aussi, en dehors des zones forestières en montagnes, beaucoup de cultures de maïs, mais ici comme en Hongrie, elles sont souvent grillées. Les slovaques ont l'air plus gentils que les magyars et sont en tout cas plus attentifs sur la route (ils roulent plus doucement aussi). Sauf juste après le passage de la frontière où sur une petite route large comme une départementale, un bus qui arrive en face se met à doubler un autre bus ! Ils étaient donc à deux côte à côte arrivant en face, pour éviter d'en renverser un je choisis forcement la précaution et me mets sur le bas côté (par chance il n'y a pas de fossé), sans doute un hongrois pressé de rentrer chez lui.

Le 19, après une bonne nuit comme toujours sur un matelas, le départ se fait vers 10h, je reprends la route. L'étape commence bien puisque je fais un détour de 15 km, c'est l'idéal pour se mettre en jambe, en effet la route n'est qu'un chemin, je prends donc une autre route, où il y a plus de circulation, pour avancer.
Je passe près de Gerlachovsky (sommet des Carpates orientales qui culmine à près de 2.655 m) avant d'arriver à la frontière entre la Slovaquie et la Pologne où je traverse le parc national de Tatryanski, situé en montagnes (et donc les paysages sont jolis avec la forêt…) puis je traverse le parc national de Pieninski et de Gorczanski (toujours en montagnes et en suivant une rivière assez tumultueuse pour rejoindre les plaines).
Les routes polonaises sont ici meilleures que celles empruntées trois ans auparavant en Poméranie (dans le NO de la Pologne). Les paysages sont vraiment jolis (on dirait le sud de la Bohême, après Salzbourg). Une petite " frayeur " aussi sur la route quand une voiture en double une autre, arrivant toutes les deux en face, peut-être ne m'a-t-il pas vu ? Le conducteur doit donc freiner et virer à droite, en fait ce problème se reproduira de nombreuses fois dans les pays d'Europe orientale. Scène que j'ai du mal à comprendre, le choc avec une voiture qui arrive en face ne pardonnerait pas, pourquoi se mettre à doubler quand un cycliste arrive en face ?! Y a-t-il du mépris ?
Le soir j'arrive à Wisnova, jolie petite ville de Pologne avec une belle église en bois, comme il y en a souvent dans ces contrées d'Europe orientale (dans les Pays Baltes aussi) avec un clocher aussi en bois indépendant de l'église, et comme à Levoca la veille, c'est la fête, il y a des danseurs, des barbecues, de la bière… Je connais depuis 2004 le penchant des polonais pour la bière et la vodka, aussi je ne fais que prendre mon ravito rapidement puis, comme il fait beau je décide de me poser près de l'église pour dormir, endroit très calme malgré la fête qui dure juste à 100m. Je parle aussi avec une polonaise en français ! Je crois un moment qu'on va m'inviter pour la nuit mais non, dommage. En Pologne, les prix sont à peu près deux fois moins cher qu'en France (il y a trois ans c'était quatre fois moins).

Le 20, le matin, je suis réveillé par la voix de quelqu'un qui parle dans un téléphone portable, ce que je crois au début ; puis, je me réveille car cette voix ne cesse pas et en fait se sont les hauts parleurs de l'église qui donnent une messe (en polonais j'ai rien compris), à l'extérieur de l'église, et il n'est que 7h du matin ! Le réveil se fait donc par le " pied gauche ". Le temps de m'habiller en cycliste et de prendre un ravito, vers 8h, je croise les croyants qui sortent de l'église (pourtant c'est lundi matin) et c'est parti pour 198 km. Beaucoup de ferveur religieuse ici en Pologne, les gens s'agenouillent souvent et ils font le signe de la croix chaque fois qu'il passe devant une église.
Beaucoup de sourires sur les différentes étapes de la part des enfants qui m'encouragent aussi. Ah les enfants, quelle innocence et spontanéité, ça fait plaisir, pas d'a priori. Il y en a beaucoup ici dans les villages, contrairement aux villages en France où on trouve très peu de jeunes (rien n'est fait pour les retenir aussi !). On trouve aussi dans les villages beaucoup de " micro entreprises " depuis la fin du communisme et de nouvelles maisons construites près d'anciennes maisons qui tombent en ruine.
Les conducteurs roulent toujours aussi mal en Pologne, des vrais fous, il démarre en trombe des stop, coupent régulièrement la priorité, roulent vite. Pourtant il y a de vieilles voitures des années 80 et les routes sont assez souvent bombées ou avec des trous, et il faut donc rester sur ses gardes.
J'arrive à Cracovie qui est une jolie ville (son centre historique), aussi beaucoup de travaux comme à Budapest mais la ville est plus petite, il y a beaucoup d'églises ici mais la plupart ont une entrée payante (c'est aussi le cas dans certains Pays Baltes), je les évite donc (payer pour entrer dans une église, j'en n'ai pas l'habitude). Je visite cette ville pendant presque 2h mais pas le château (qui a l'air intéressant) mais les vélos sont interdits et on ne veut pas le garder à l'accueil, c'est même interdit de faire le tour des remparts (même avec le vélo à la main), pourtant le chemin dans les anciens fossés sont larges, dommage donc. On trouve aussi souvent un " gardien " à l'entrée des églises, sorte de vigiles (comme ça arrive aussi souvent en Hongrie et en Slovaquie ; c'est différent en Autriche, en Allemagne et en France), on se sent un peu surveillé, c'est bizarre.
La Petite Pologne est une région avec de grands champs. Il n'est pas rare de voir des charrettes avec attelage tiré par deux chevaux à l'avant, pour transporter du bois, de la paille… Les champs ne sont pas souvent clôturés et il y a donc quelqu'un pour garder les vaches (ou parfois elles sont attachées au sol). Beaucoup de chiens aussi sur les routes mais ils restent assez calmes et ne courent pas systématiquement après moi. Le paysage est un peu vallonné mais surtout beaucoup de faux plats, parfois il y a quelques bois.
Le soir j'arrive près d'un lac, zone pour touristes où il y a tout ce que la société capitaliste propose : machine à sous, nourriture, loisirs, beaucoup de monde… Aussi je croise un polonais qui me demande de payer un verre puis invitent des " amis " à lui et demandent encore d'autres verres (c'est l'hospitalité à la polonaise) aussi je vais pour partir et il devient de plus en plus insistant et je m'énerve presque. On se quitte ainsi, regard noir de ma part pour bien lui faire comprendre de lâcher l'affaire. Le soir je dors dehors sous le balcon d'un chalet déserté du centre touristique.

Le 21, la journée fut particulièrement chargée, en voitures et en camions, pourtant se sont des routes comme les départementales en France mais il n'y a pas d'interdictions ou de limites de poids, ce qui fait que le goudron est souvent bosselé, il faudrait plus d'autoroutes (l'idéal serait le frète par rail exclusivement). Il n'y a pas d'autoroutes en Pologne, des voies expresses parfois. Les routes sont bien cabossées toute la journée, beaucoup de voitures roulent vites, klaxonnent furieusement, les conducteurs ne sont pas très aimables comme en Hongrie. Ils auraient du construire des autoroutes plutôt que d'aller faire la guerre avec Bush en Irak.
Je passe donc la journée à trouver mon petit bonheur, à rouler sur des routes craquelées, admirer le macadam troué et raccommodé de partout, de toutes ses différentes teintes, on peut se demander quelle peut être l'origine de tous ces trous, imaginer le nombre de camions qui a du passé par là. Quel bonheur tous ces camions qui roulent vite faisant quelques écarts sur les bas côtés sablonneux soulevant ainsi dans la fureur un nuage de poussière, on se croirait en rallye, même si on est loin de la mer, de ses dunes de sable, recevoir toute cette poussière en plus des insectes dans les yeux (il faut éviter les lunettes de soleil si on veut admirer les trous avec plus de précisions et les éviter).
Le paysage ressemble de toute façon à celui de la Beauce (région entre Orléans et Paris), grenier de la France. L'entrée à Varsovie est toujours aussi agréable grâce à ces pistes cyclables polonaises à l'égale des routes, avec ses trous, bosses, mais l'Union européenne donne beaucoup d'aides (nombreux panneaux le rappelant). On constate aussi avec bonheur qu'il y a beaucoup de chiens sur les routes, des chariots, des tracteurs, des voitures et aussi des vélos. Tout ça roule en communion dans ce beau pays qu'est la Pologne. Le centre historique de Varsovie est assez joli, restauré, pas beaucoup de touristes cependant, c'est calme. Mais le centre historique est petit, beaucoup de maisons ont du être rasées à cause de la guerre et les soviétiques n'avaient sans doute pas la préoccupation de les reconstruire à l'identique.
Le soir, il y a des orages de chaleur et quelques éclairs dans le ciel, il y a donc des grosses averses. Ca gronde fortement et je passe le début de la nuit sous la pluie, à l'abri d'une haie, à Serock, endroit plus ou moins résidentiel, autour de son large lac (pas de moustiques de sortie avec cette pluie !). Les éclairs renvoient un magnifique spectacle.

Le 22, la route suivie est la 61, toujours de la taille d'une départementale mais avec beaucoup de voitures et de camions (ici, contrairement au Maroc ou au Sénégal, les routes sont étroites mais les véhicules sont récents et peuvent donc rouler vites, ce qui est plus dangereux qu'en Afrique où les véhicules ont une vitesse " limitée "). Quatre fois il a fallu que je fasse " une sortie de route " à cause de ceux qui doublent en face (quand un camion en double un autre en face et qu'un autre arrive par derrière, c'est assez surprenant, et je ne veux pas tuer quelqu'un). De plus, en venant en face à 90 km/h, l'aspiration fauche littéralement et ça vous met sur le bas côté ; quand le camion arrive par derrière, l'aspiration attire et nous ramène vers ce camion, c'est encore plus dangereux s'il y a un vent latéral en rafale !). Toujours autant de poussières, cailloux volants et sables dans la bouche.
Le soir après une journée harassante, je me repose dans un petit hôtel (ancienne caserne soviétique) où le personnel est très aimable, je vais aussi faire un tour au centre de la ville d'Augustivow où je mange un délicieux hamburger (rien à voir avec ceux du MacDo !). L'étape du jour a été assez bonne avec 222 km à 26 km/h, une étape plane et assez fatigante par cette circulation. Je suis content de quitter la Pologne le lendemain, c'est vraiment infernal en Pologne ; dans les magasins, on a toujours l'impression d'être surveiller comme si j'allais toujours commettre un vol.
Il n'y a pas d'humanisme, l'Homme est vraiment stupide, il prend des risques sur une simple route dans des dépassements hasardeux, est-ce que 10 km/h en plus ou en moins vont changer beaucoup de choses. On dirait qu'ils ont tous une vie à aller sauver ou qu'ils viennent de recevoir un appel urgent pour avoir une bonne raison de rouler si vite. Je souhaite ne jamais avoir de voiture plus tard, quel outil inutile (et coûteux !), avoir une voiture c'est ne plus avoir d'économie pour les voyages aussi, de la folie !

Le 23, la veille j'en profite d'être à l'hôtel pour recharger les batteries, les piles et faire une lessive. La route est assez vite bonne une fois la frontière avec la Lituanie franchie mais ce ne sera pas toujours le cas, ça devient plus vallonné avec de nombreuses petites collines. Ca ressemble un peu à la Bohême et c'est assez joli. Encore de nombreux sourires d'enfants au bord des routes, dans les villages traversés. Souvent les cimetières sont sur une petite colline à une extrémité du village, les maisons sont souvent en bois et colorées, beaucoup ont un âne ou un cheval et une vache dans leur propriété souvent enclos par des barrières faîtes en bois. Les toits sont souvent en tôles apparemment, on trouve des couleurs bleus ciel ou foncé, du rose, du jaune, du vert, du rouge, du violet…c'est très joli !
Je me rends compte que j'ai une dizaine de piqûres de moustiques, et ça gratte (sans doute la veille quand j'ai été faire mes besoins dans la forêt où j'ai été assailli (leçon que je retiendrais vite pour plus tard, il vaut mieux faire ses besoins pendant la fraîcheur de la nuit, souvent très tôt le matin, vers 4 ou 5h, si on veut être serein). Il y a aussi beaucoup de chiens et contrairement à la Pologne ils coursent ! Et aboient toujours.
Les lituaniens roulent beaucoup plus calmement (à croire que plus le pays est petit, moins on roule vite) et les bords des routes sont bien plus propres. Presque pas de camions aujourd'hui, ça change de la veille.
Le soir je dors sur un banc près d'une église à Rudiskes, petit village à 50 km de Vilnius, puis dans la nuit il se met à pleuvoir et je vais alors sous un abri de bus que j'avais repéré la veille.

Le 24, au lendemain matin, beaucoup de lituaniens attendent le bus pour aller à la capitale, Vilnius, pour le travail, ici encore beaucoup de personnes n'ont pas de voitures (certains ne reviennent que les week end et logent chez des amis dans la semaine). Vers 6h, le temps s'améliore et il fait déjà jour. Je parle aussi beaucoup avec une grand-mère qui me raconte ses " malheurs " (la mort de son mari et de sa fille), c'est souvent qu'au cours des voyages des gens nous racontent leurs soucis presque intime alors que l'on est complètement étranger, c'est peut-être du fait que l'on est que de passage que ces gens en profitent pour avoir quelqu'un à qui parler et qui n'aura peut-être pas de jugement ou un point de vue différent de ceux habituels peut-être.
Pour aller à Vilnius je cherche à éviter l'autoroute mais après 20 km de détours infructueux où je tombe que sur d'autres routes (plutôt des pistes) caillouteuses… je me décide à prendre l'autoroute (c'est autorisé ici) où je crève après 10 km à cause d'un morceau de verre que je trouve incisé dans le pneu, en me coupant.
Enfin, j'arrive à Vilnius après être passé par le château de Traiki, c'est une très belle petite capitale, à l'UNESCO, avec encore de jolies églises. Pas beaucoup de touristes ici.
La sortie de Vilnius se fait par une route qui ne fait que serpenter, on se croirait sur un parcours de kart, la région redevient vallonnée avec de petites bosses comme en Picardie ou en Artois mais avec plus de lacs et de forêts. Les champs sont fauchés à la main aussi (en Pologne ils ont maintenant de gros tracteurs (encore plus gros que ceux qu'on trouve en France, grâce à l'UE).
Toujours des sourires d'enfants aussi en chemin. Le soir après 254 km j'arrive dans la jolie ville de Kupiskis où il y a une belle église, je prends un ravito puis je vais dormir près de l'église, c'est tranquille comme ça, et une grenouille me tient compagnie un moment, pendant que j'écris. Beaucoup de ferveur religieuse encore ici où les gens s'agenouillent et font le signe de la croix en passant devant la porte de l'église.

Le 25, au matin je suis réveillé par des mamies dont une qui me parle mais on ne se comprend pas, elle va alors chercher deux jeunes filles et on se parle en anglais, servant ainsi d'interprètes à la grand-mère (qui parle le russe comme souvent aussi pour les personnes âgées, les jeunes ont l'anglais comme 2ème langue). Elle souhaitait m'inviter à dormir chez elle pour cette nuit mais je lui dis que je dois continuer la route. Elle me demande d'où je viens, où je vais… ; les français sont assez bien aimés dans les petits pays d'Europe de l'est (les polonais et hongrois sont plus orgueilleux et pensent pouvoir se suffire à eux-mêmes).
Aujourd'hui, la route est plane, je traverse la région de Zemgale, avec un sol sablonneux, avant d'arriver sur le golfe de Riga (mer Baltique) où il y a quelques sapins.
Toujours beaucoup de voitures avant Riga, mais ça en vaut la peine, car le centre historique est bien joli, les bâtiments ont bien été mis en valeur. Encore des sourires d'enfants, décidément, c'est encourageant, et un peu plus souvent des adultes dans ces pays baltes.
Mais beaucoup de voitures qui doublent d'en face, ça m'embête et parfois, pour les embêter je me décale un peu vers la gauche, la voiture ne sait plus alors si elle doit doubler ou se remettre derrière l'autre voiture, sur sa file. Mais ils ne peuvent pas attendre qu'on se soit croisé pour commencer à doubler ! Mais pas beaucoup de cyclistes ici (beaucoup mais que pour des petits déplacements, pour aller à leur travail ou prendre le bus).
La sorite de Riga est plutôt chaotique, pour gagner cette bataille il faut passer par de grands boulevards avec beaucoup de circulation à la sortie du travail on retrouve aussi des gens surexcités (après une journée à rien faire dominé par son patron…) donc un me klaxonne et me fait signe pour dire qu'il y a une piste pour les vélos (le problème c'est qu'il y a des trous partout, en réparation, c'est donc du n'importe quoi), comme je réponds en français, il laisse tombé, surpris de voir un européen de l'ouest en vélo et devient plus respectueux, de toute façon une fois plus loin, à 100m, la piste se termine et il ne reste donc plus que la route. Décidément, les adultes sont plus stupides que les enfants, ils devraient grandir un peu.
Plus tard, en fin de journée, en longeant le golf de Riga, je suis sur une route à double sens, une voie de chaque côté, mais il y a une bande d'arrêt d'urgence de chaque côté et là c'est du jamais vu : les estoniens roulent plus sur les côtés de manière à ce que le centre de la route serve pour les dépassements, bien sûr les 90 km/h ne sont pas respectés, c'est très dangereux ! En Lituanie il y avait aussi un moment une route, avec une seule voie et des bords en sable avec quelques cailloux, en fait quand une voiture en croise une autre alors chacune roule à moitié sur la bande sablonneuse/caillouteuse et à moitié sur le goudron ; les routes sont parfois mauvaises mais les voitures sont " puissantes ", paradoxe.

Le 26, après une nuit dans un petit hôtel à Saulkrasti, je reprends la route en direction de Tallinn avec un temps correct et un vent de ¾ dos. Arrivé à la frontière avec l'Estonie, je reçois une bonne douche (comme entre la Lituanie et la Lettonie d'ailleurs, ou entre l'Autriche et la Bohême). Ensuite ce sera la même chose en arrivant en Finlande, par le ferry, je commence à me demander si je dois, coup du sort, recevoir une averse à chaque passage d'une frontière. J'aurais bien été à Saint Petersburg (si visa) mais il faut le passeport et celui-ci est resté en France dans différents consulats à Paris (Mauritanie, Niger et Mali) où il fait la navette pour les différentes demandes de visas pour ces pays.
L'Estonie est assez jolie, le sol est toujours bien sablonneux, beaucoup de forêts de sapins, de marais et rivières, des cultures (ballots de pailles). Ici les maisons sont toujours en bois, quelques fois en pierres avec de la terre et de l'herbe en guise de toit, pour l'isolation sans doute, la pierre ressemble à celle que l'on trouve en Bretagne. Chaque petite maison a son propre petit jardin avec potager, fleurs, souvent un cheval et une vache.
Les routes sont assez bien entretenues quand même et les bords des routes sont propres. Les enfants comme les adultes sont sympathiques avec des sourires et encouragements.
Le soir je dors près d'une église à Jawakandi, avant Tallinn, où je prends avant un ravito (deux bons hamburgers faits maisons, bien meilleurs encore ici qu'au McDo) puis il commence à pleuvoir et je vais dans un arrêt de bus (presque une hall, très espacé, en bois) jusqu'au petit matin où des gens commencent à arriver (une vingtaine de personnes) pour aller en bus travailler à Tallinn, je parle environ 20' avec quelqu'un qui me dit que je n'ai qu'à mettre le vélo dans le bus, la personne est très sympathique. J'aime bien l'Estonie ! Le bus coûte que 3€ mais à 80 km de Tallinn et je préfère le faire en vélo, j'ai le temps !

Le 27, la route reprend pour Tallinn, ah depuis le temps que je veux voir cette ville et ses remparts, j'y arrive après 80 km et je ne suis pas déçu, la ville est petite mais très jolie, je fais le tour des remparts, il y a aussi de belles églises et quelques groupes de touristes mais pas trop. On trouve aussi de jolies filles qui sont là pour vendre des photos… de Tallinn, elles vendent toutes les mêmes choses, souvenirs, pour les touristes, je soupçonne donc que derrière tout ça se cache d'autres personnes et que ces filles sont recrutées pour leur physique aguichant, de plus n'importe qui ne peut donc pas vendre quelque chose, des histoires de sous (il faut payer sa place à des individus plus ou moins obscures) ; j'observerais le même phénomène entre les frontières en Afrique, pour le change, où on trouve des gens qui reversent une partie des gains aux policiers.
Alors que j'attends sur un banc pour le ferry, que je loupe même en arrivant une demie heure en avance (ben ouah, il y avait un décalage horaire de 1h que j'ai oublié), un pépé décède sur un banc ! Bizarre, à peine dix minutes après que l'ambulance soit venue le ramasser, la vie reprend son cours, des jeunes (qui n'avaient pas vu) s'assoient de nouveau sur le banc, rient, mangent…
Lorsque je sors le GPS pour regarder la route, personne ne se doute de ce que c'est et ça fait donc pas d'envieux (pas de cartes intégrées, que des points dont j'ai auparavant entrer les coordonnées, je l'ai bien sorti plus de mille fois, à la main et il n'est pour l'instant jamais tombé, tant mieux.
La traversée en ferry coûte 32€ pour environ 90 km, je l'aurais bien fait en kayak ! J'en profite pour dormir une bonne heure pendant cette traversée. Je sens aussi que je couve une bronchite, la T° s'est refroidie et il y a de bonnes averses avec un temps variable, aussi ce matin j'ai même du mettre les gants. Pour ce voyage je n'ai pas pris d'écharpe, grosse erreur que je ne referais plus pour les autres voyages, le vent qui pénètre dans la gorge, chaud ou froid, humide ou sec, pendant 9h de vélo en moyenne par jour, peut être préjudiciable pour garder la santé, ça fragilise, mettre une écharpe est extrêmement utile, même pour dormir la nuit quand il fait plus frais et pour se protéger des moustiques.
Dans tous les pays de l'est, il y a très peu d'immigrés ou de personnes issues de 'immigration. Arrivé à Helsinki, sous la pluie, je visite rapidement cette ville avant la tombée de la nuit, il n'y a pas trop de jolies choses, je croise aussi des espagnols qui, en anglais, me disent regretter d'être venus en vacances ici, il n'y a que 10°C et de la pluie alors qu'il y a 35°C et du soleil en Espagne ! Ils sont aussi étonnés de savoir que je viens de France en vélo et y retourne. Après une courte visite je continue la route en fin de soirée et en début de nuit, avec les lumières et des gouttes qui tombent doucement, la sortie se fait bien et je continu encore sur 15 km pour me trouver près d'une église où je dors jusqu'au matin, près de Kaunieinen. Mes semelles de chaussons commence à se décoller ; pour les autres voyages je prendrais une paires de chaussures pour VTT, je change donc les pédales de course contre des pédales de VTT, c'est beaucoup plus pratique pour marcher et pas besoin de porter des chaussons dans le sac, de plus les cales s'usent beaucoup moins vite que celle pour les vélos de course, il faut presque 30 .000 km pour les user et les chaussures sont souvent bien craquées après ces kilomètres (seulement 6 ou 7.000 pour celles des vélos de course). De plus, mes chaussures de vélo sont bien moins résistantes que les précédentes, pourtant elles sont neuves, les anciennes ont fait près de 100.000 km, ce sont mes 1ère et elles ont toujours tenus bons, les neuves sont déjà en partie déchirées à la semelle et commence à se fendre en deux ! C'est que maintenant beaucoup de textiles sont fait en Chine mais vendus au prix fort en Europe (ça fait une bonne marge pour les marques, il y a 10 ans je les ai acheté pour 120 Francs, celle-ci pour 80€) mais la qualité n'est plus la même, d'ailleurs des vêtements de sport que j'achète ne font parfois même pas une semaine de voyage (parfois qu' un jour) avant de commencer à se trouer ou à se déchirer ! C'est à se demander si c'est bien des vêtements de sports !
En Finlande, je ne suis ici qu'à 40 m d'altitude, bien loin des 1.000m rencontrés en Slovaquie, Bohême et dans le Jura. Ca fait drôle de l'imaginer. On retrouve des pistes cyclables mais il n'y a parfois aucune indications, il faut donc connaître ou demander ou encore garder un œil sur les panneaux d'indications de la route quand c'est possible.

Chronique 4 : de Hesinki à Lübeck


" Sur les terres Vikings "
(1.420 km)


28/08, 15kms après Helsinki - Stockholm, 201 km
29/08, Stockholm - Aby, 211 km
30/08, Aby - Alem, 249 km
31/08, Alem - Nattriby, 200 km
01/09, Nattriby - Pettersdor, 202 km
02/09, Pettersdor - Koge, 180 km
03/09, Koge - Neustadt 177 km

Le 28, après un dodo près d'une église tout en marbre (pas très jolie), la journée commence bien avec le réveil par le pasteur qui me donne un coup de pieds dans le derrière, surpris, il me dit que si je ne pars pas il va appeler la police, je lui demande l'heure, me le dit et je réponds que c'est bon, c'est mon heure (7h), puis voyant qu'en fait je voyage, il me demande d'où je viens et là j'éclate de rire (voilà qu'il essaye de se repentir alors qu'une minute auparavant il me traitait en voleur) et je m'en vais en répondant en français pour couper court à toute conversation. Sur le départ, je croise deux " fidèles " qui me souhaitent bonne route…alors que la pasteur vient à leur rencontre, je suis prêt et je prends alors le départ, je n'ai pas envie d'entendre ses excuses. Et bien où va le monde, sans doute pas vers le paradis.
La route commence par une trentaine de km sur des pistes cyclables sans indications, il faut donc suivre celles-ci sur les panneaux de la route. Bizarre encore car il y a des pistes en villes alors que la vitesse est limitée à 30-60 km/h mais en campagne il n'y a pas de pistes et la vitesse est à 80-100 km/h. C'est sans doute pour laisser les voitures rouler tranquillement, sinon c'est utile qu'à ceux qui habitent dans cette ville pour leurs déplacements urbains mais sans doute pas pour le voyageur car on trouve de tout sur les pistes.
Ensuite la campagne finlandaise, au sud du pays, est assez monotone, que des faux plats, de nombreux lacs, des forêts, des maisons en bois colorées comme dans les pays baltes mais le plus souvent en rouge ici ou avec la couleur " bois " ; pas grand-chose à voir dans la campagne (celle des pays baltes est plus jolie).
Il fait un froid de canard ici en Finlande, pourtant c'est toujours l'été, je garde donc le k-way jusque 14h et les gants toute la journée. Hormis le pasteur de ce matin, tous les finlandais sont aimables et souriants. Le soir j'arrive à Turku où je prends le ferry pour traverser la mer baltique, entre la Finlande et la Suède, et pour arriver le lendemain matin à Stockholm, c'est seulement 33€ avec une chambre (cabine la moins cher, tout en bas et sans hublot, il ne faut pas être claustrophobe bien sûr). Avant ça je visite la ville de Turku, avec un joli château, un canal, des voiliers trois-mâts ; puis je me balade longuement sur le ferry avant d'entamer une bonne nuit où il y a déjà le " collègue " de chambrée entrain de dormir.

Le 29, la matinée commence par la descente du ferry, déjà pas mal ? Vers 7h30 (on retrouve déjà l'heure française). La ville est très jolie (comme Prague, pour une taille équivalente) et j'y prends du plaisir à la visiter. Je trouve le musée qui renferme un vaisseau du XVIè ou XVIIè s. qu'un roi a fait construire mais quand il l'a mis à l'eau, il a coulé ! Malheureusement c'est impossible de trouver quelqu'un qui veuille garder le vélo (ni à l'accueil, ni la personne du magasin de souvenir à l'extérieur, pas sympas ces suédoises, elles ne veulent pas se mouiller, au cas où…). J'avais vu une émission sur ça à la télé, ils l'ont retiré et remonté, ça avait l'air magnifique et il y a déjà du monde dans ce musée (où quand je rentre avec mon vélo on m'y fait sortir manu militari " out ! ". Beaucoup de règles et elles deviennent surréalistes après plusieurs semaines de voyage. J'hésite à le laisser dehors mais ça n'en vaut pas la chandelle, trop de monde ici et pas que des touristes, il y a donc un risque de vol. Le vélo, c'est un peu mon plus fidèle compagnon dans ces voyages, toujours là, et comme dans le temps avec les chevaux, il est très utile, c'est grâce à lui que j'avance un peu ; il ne pourrait se défendre seul.
Déçu en partie mais heureux de connaître cette jolie capitale, je reprends ensuite la route, d'abord ennuyeuse (pistes cyclables, pas d'indications) pendant 30 km puis ça va mieux et il n'y a presque personne sur la route qui est bonne. La matinée reste fraîche et je garde donc les gants et le k-way jusque 12h. La nourriture est au même prix qu'en France, ça fait drôle après une dizaine de jours passés en Europe de l'est où les prix sont 2 à 4 fois moins chers. Ces européens de l'est peuvent donc difficilement se permettre de faire des voyages en Europe de l'ouest (ce sentiment risque d'être pire en Afrique !).
Je traverse ensuite le Sodermanland, région très rocailleuse où il y a beaucoup de lacs, une dizaine vus aujourd'hui, et de forêts ; la route est faîte de longs faux-plats, c'est assez monotone, avec aussi quelques champs cultivés et toujours des maisons en bois souvent colorées en rouge pour les fermes. On retrouve aussi des églises en bois avec un clocher/tour indépendant, comme en Pologne ou dans les Pays Baltes.
Les maisons des villes sont assez jolies, on dirait des maisons de poupées avec des fleurs, des boîtes aux lettres avec des dessins amusants parfois, des jeux pour enfants et assez souvent sans clôtures, des fleurs luminescentes aussi.
Je passe la nuit dans ce que je crois être un jardin public mais en fait c'est dans la cour d'une école que je me réveille lorsqu'il fait jour, à 5h30.

Le 30, après le réveil, je prends la route de bonne heure (étape de 249 km aujourd'hui), elle est assez large avec une vitesse limitée à 90 km/h, les suédois sont disciplinés et respectent donc bien la vitesse et il y a peu de camions, peu de voitures et même une bande d'arrêt d'urgence qu'on peut utiliser. Mais après Oskarshanm, la vitesse est limitée à 110 et beaucoup plus de monde, je prends donc des plus petites routes et me perds donc, aussi des détours car les indications sont mauvaises ; cependant, ça me fait voir l'arrière pays et ça change de la monotonie de la route principale.
On trouve beaucoup de chevaux et poneys, de cultures et aussi des bois (les pins sont une bonne ressource de l'économie ici). Je longe aussi en partie la côte. La région du Smaland est très jolie et il y a beaucoup de rochers, le terrain est très rocailleux ici en Suède, sans doute y a-t-il des cavités souterraines. Ca ressemble par endroit au Périgord/Quercy et aux Causses, des murs en pierre servent aussi à délimiter les parcelles de terrain ; les maisons sont encore souvent colorées (surtout en couleur pourpre et ensuite un peu en jaune).
Ce soir je dors encore dans un parc, peut-être d'une école car elles sont souvent " ouvertes ", où il y a des tables et des bancs, c'est couvert aussi en cas de pluie. Ce serait bien un jour de faire des " exposés " des voyages dans les écoles ?

Le 31, au matin, il fait vraiment un temps de canard, ici en Scandinavie on se croirait presque en hiver ou déjà en automne, il fait assez froid et le k-way ainsi que les gants sont les bienvenus ! Je reste même avec le pantalon pour rouler jusque 12h, puis vers 16h il se met à pleuvoir jusque 19h. Ce matin, l'herbe était même gelée avec de fines gouttelettes d'eau. Je suis donc pressé de rejoindre le sud, je ne savais pas ces différences avec le climat océanique de la France, il faudra prendre des précautions pour les autres voyages, le mois d'août n'est pas le même dans le monde qu'en France !
Toujours des enfants encore qui me font des sourires et me disent bonjour lorsque je passe ; parfois aussi les adultes, plus qu'en Europe de l'est.
Les paysages sont toujours aussi jolis même si ça commence à devenir un peu monotone, beaucoup de rivières, de lacs, de forêts, toujours des murets en pierres sèches pour délimiter les parcelles, c'est un peu rocailleux. Je passe par la ville de Karlsbrunen mais la citadelle n'est pas fantastique, c'est un peu comme Rochefort mais le site est tout de même classé à l'UNESCO.
Les moustiques restent très virulents ici et le k-way, le bonnet…sont les bienvenus pour passer des nuits plus tranquilles. Le vent est de face presque toute la journée, la journée est fatigante et le coup de pompe arrive, il suffit alors de ralentir le rythme, en général 30', puis c'est reparti.
Ce soir je dors tranquillement près d'un monument public, je coirs à une bibliothèque ou encore à une école.

Le 01, il y a 170 km pour rejoindre Helsingborg et prendre ensuite le bateau pour rejoindre le Danemark mais la route est parfois interdite aux vélos, il faut donc passer ailleurs mais il n'y a rien d'indiquer, comme en Hongrie ! Parfois il y a une piste puis elle se termine et plus rien ! Il faut donc faire demi-tour et reprendre la route normale où des fois il y a une indication puis plus rien.
Quand il reste 60 km pour aller à Helsingborg j'ai déjà fait 202 km alors que par la route pour les voitures il n'y a que 110 km (presque le double en vélo !). Donc vaut mieux avoir des cartes avec soi et savoir les routes autorisées aux cyclos. Heureusement, la région est très jolie mais dès qu'on s'arrête les moustiques chargent, ils sont très virulents toute la journée et ce même avec l'humidité ambiante. Quand même beaucoup de pluie encore aujourd'hui, je garde donc le pantalon jusque 12h pour le remettre ensuite dès 17h, les gants toute la journée, il fait froid ! Et je suis pressé de quitter ce pays avec un système routier mal agencé. L'esprit est différent aussi des " latins ", ici tout doit rentrer " dans des cases ", peut-être est-ce lié au protestantisme, à " la règle " qui doit être suivie ; aussi, avec le sac à dos, dormant dehors, en vélo, l' " atypique " que je suis les perturbe et ils sont un peu perdus en me voyant, aucun soucis pour " les latins " au contraire ou dans les Pays-Bas ou en Germanie (c'est différent en Scandinavie).

Le 02, après une nuit à l'extérieur où il fait encore bien froid (je suis régulièrement réveillé par des crampes au niveau postérieur de la cuisse et des adducteurs dès que je bouge), cependant aucune courbatures le matin, jamais, mais plutôt une sensation d'endormissement global, pas de fatigue mais il faut environ 1h à 2h pour " se réveiller " et commencer à retrouver un rythme de pédalage " normal ".
Il fait toujours aussi froid ce matin en vélo. J'arrive jusque Helsingborg sans problème, la route étant plus simple et bonne, même s'il y a toujours des problèmes d'indications mais que quelques détours minimes.
Je traverse en ferry pour rejoindre la ville de Helsinger, au Danemark où il y a le Kronborg, citadelle inscrite à l'UNESCO, comme il y en a tant en France, avec un très beau château (ancienne maison du gouverneur). Malheureusement les vélos sont interdits même en le prenant à la main, il faut les laisser à l'extérieur, je me fais donc réprimander à l'intérieur par une gardienne (" go out, leave it "), je lui dit que c'est stupide et elle s'apprête à appeler la police, décidément, je lâche donc l'affaire et ressort de cette citadelle, il y en a qui ont des métiers pas très intéressant où on ne leur demande pas de réfléchir, en sont-ils capables ? Alors que je marche avec mon vélo à côté de moi, une dame vient avec son petit en poussette, ce qui n'est pas interdit ?!
Je prends donc la route pour Kobenhaven (Copenhague) en longeant la côte où il y a plus d'une centaine de belles villas, la route est assez plane, la terre est bien cultivée, peu de forêts et pas de rochers, beaucoup d'éoliennes aussi. Kobenhaven est une très jolie ville, avec de belles églises, de beaux bâtiments, une citadelle où on peut même rouler en vélo, des trois-mâts, canaux…
Le soir, dans la nuit, je continue à longer la côte, par la piste cyclable, à côté de la route, il y a beaucoup de maisons tout autour et c'est bien éclairé, je mets aussi mes lumières, après une vingtaine de km de la sortie de Kobenhaven, les lumières s'arrêtent (plus de batteries) et je m'assoupis sur le banc d'un arrêt de bus, les rats font un sacré boucan cette nuit.

Le 03, le temps est meilleur et il fait déjà moins froid ! Le matin une jeune fille vient attendre le bus pour aller à l'école, je lui raconte l'histoire de la limace qui depuis la veille n'a fait que deux mètres de distance, ça la fait sourire, puis j'e m'en vais, en route vers l'Allemagne !
Pas besoin de mettre les gants ce matin, même s'il y a toujours quelques averses. Les danois sont bien sympas, beaucoup de blondes aux yeux bleues très mignonnes. Je finis de traverser le Sjaelland avec toujours un vent de côté puis je traverse en ferry un petit bout de mer pour rejoindre l'Allemagne. Le terrain est assez plat avec peu de forêts, beaucoup d'éoliennes et de cultures.
Le pont entre Burg et Heligenhafen a du être pris à pieds tellement qu'il y avait de vent, pendant 2-3 km environ. Le soir, j'arrive à Neustadt vers 21h30, dans un hôtel à Neustadt, qui est une jolie ville avec d'anciennes portes de remparts, un peu pour fêter le retour sur le continent et le beau temps. Je constate vite à la vue des maisons, magasins, routes, parcs…que l'Allemagne du nord est plus riche que l'Allemagne du sud et de l'est.

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Chronique 5 : de Lübeck à Lille


" Chez les germains "
(1.245 km)


04/09, Neustadt - Neugarden, 160 km
05/09, Neugarden - Bergemoore, 230 km
06/09, Bergemoore - Den Dover, 238 km
07/09, Den Dover - Hullevoetsluis, 214 km
08/09, Hullevoetsluis - Brugge, 140 km
09/09, Brugge - Bully, 175 km
10/09, Bully - Pont à Marcq, 88 km
11-12/09, repos à Pont à Marcq

Le 04, lorsque je reprends la route en Allemagne c'est par des pistes cyclables, mais c'et toujours aussi difficile, d'autant que cette partie de l'Allemagne est touristique, donc beaucoup de piste un peu partout, les routes sont interdites aux vélos, et il n'y a pas d'indications sur les pistes. Après plusieurs tours et m'être perdu, je décide de prendre la route (qui est une simple départementale, une autoroute passe à côté de celle-ci) et si les flics viennent me dire de prendre les pistes alors je dirais que je voyage loin, et qu'il n'y a pas d'indications sur celle-ci. De plus sur les pistes on trouve des piétons, des trottoirs, des bosses, des racines d'arbres, du verre (deux crevaisons dessus aujourd'hui).
J'arrive tant bien que mal à Lübeck qui est une très jolie ville, le centre historique est superbe et beaucoup d'églises avec de beaux vitraux (entrée non payante !).
Puis je reprends la route et passe à Hambourg, bien moins intéressante, fortement portuaire (je m'y perds d'ailleurs en cherchant la sortie de cette ville pourtant éloignée de la mer), cette ville a bien été détruite pendant la guerre et n'a pas été restaurée après (ou que top rarement). J'y trouve un magasin de vélos avec des gens sympas, et achètent mes deux pneus et de la rustine (j'oublie de mettre de l'huile et de réviser les câbles).
Une fois sortie de Hambourg, je continue la route malgré la tombée de la nuit, grâce à toutes les lumières et je mets aussi les miennes (merci les plans de bus pour sortir d'Hambourg !) et je fais encore 15km. J'aime bien rouler la nuit, ça me rappelle quand on est petit et qu'on a peur du noir et d'aller au fond du jardin, et puis, pour aller travailler, j'en ai fait des km tous les jours avec la lampe halogène. Je pense aussi à ce moment là que ce serait trop bien de faire la grande digue des Pays-Bas dans le noir, même si je pense à ce moment que je devrais y arriver dans l'après-midi (en fait ce sera juste en début de nuit ! Trop bien).
Il fait beaucoup moins froid ici qu'en Suède ou qu'en Finlande (que 15-20°C tout de même, et des nuages), ça me laisse un espoir pour ravoir des jours de bons temps en France, au retour, fin septembre. C'est la première fois aujourd'hui qu'il n'a pas plu aussi depuis que j'ai quitté la Hongrie, ça remonte à quelques jours donc.
Là encore sur la route des sourires d'enfants allant à l'école… Il faut dire qu'avec un bonnet, un maillot jaune, un foulard vert et blanc et un teeshirt à manche longue, j'ai l'air d'un carnavaleux ! Et c'est certainement drôle.

Le 05, la matinée est belle et malgré un vent de face ça roule bien (230 km aujourd'hui), je prends les pistes en campagne mais pas en ville (trop dangereux), quand même 30 km de détours à cause de mauvaises indications.
La route est bien plane aujourd'hui, beaucoup de cultures (maïs…), des fermes, les maisons sont ici deux à quatre fois plus grande qu'en France, c'est l'Allemagne du NO qui est assez riche. On suit souvent des rivières ou des canaux, c'est donc bien plaisant même si les canaux ont l'air bien pollués (la baignade y est interdite d'ailleurs).
Je passe par Brême qui est une très jolie ville, comme Lübeck mais dans un style différent, le centre historique est petit car en bonne partie détruit pendant la guerre, il y a aussi la statue de Roland inscrite à l'UNESCO (elle a une forme bizarre).
Après une petite crevaison (encore un bout de verre), il est temps de s'arrêter pour la soirée et la nuit qui se passera à l'extérieur.

Le 06, après un petit bout de route encore en Allemagne, je passe la frontière avec les Pays-Bas, encore par une route interdite en vélo mais je ne trouve pas la piste cyclable, je continue donc sur la route normale. Je passe par la ville de Francker qui est très jolie avec son château et une jolie église, le tout est sur un îlot donc entourée d'eau, dommage qu'il pleut beaucoup (pas de photos).
Aux Pays-Bas, je fais 30 km de détours à cause de travaux, je perds de vue les indications et tourne un peu en rond et finis par arriver dans une zone industrielle, mais en fait je suis bien sur la piste qui passe dans cette ZI.
Ce pays est vraiment très joli, ici le vélo est roi ! Et il ne faut pas hésiter à venir avec pendant les vacances ou à en louer un si on ne fait que rester à Amsterdam et ses environs. Les pistes sont très bonnes et les indications sont bonnes (bien sûr ici il faut quand même rester attentif aux indications car il n'y a pas de rappels comme sur la route, par deux fois j'indique même la route " normale " pour des conducteurs (dont un en camion) qui apparemment ne sont pas néerlandais et ce sont perdus en suivant les indications pour les vélos !
Les néerlandais sont souvent bien sympathiques, ils ont le contact facile. Je fais aussi 15 km avec une cycliste néerlandaise (physiothérapeute) qui a du mal à croire le tour qui a été fait et les distances parcourues dans la journée. Elle me demande d'ailleurs si j'ai pris le train ou le bus (je lui dis que le bateau entre l'Estonie et la Finlande), bien sûr on parle en anglais, que ce soit en Scandinavie ou aux Pays-Bas, tous parlent très bien en anglais, ce sont des " petits " pays  et forcément pour voyager il vaut mieux connaître une autre langue et c'est actuellement l'anglais qui prédomine dans le monde pour communiquer.
A la tombée de la nuit j'arrive sur la grande digue entre Harlingen et Den Dever, excellent, le rêve se réalise, la piste cyclable est parallèle à l'autoroute mais complètement éloignée et indépendante, j'allume que la lumière arrière au cas où et laisse la lumière à l'avant éteinte, sur les 20 km de digue je ne rencontre personne d'ailleurs, c'est très bien sécurisé pour les vélos même en pleine nuit ! C'est magnifique de la passer la nuit, malgré les voitures qui passe sur le côté (à plus de 50m), on a vraiment l'impression d'être seul, entre l'océan et cette mer intérieure, fermée par la digue. J'adore ça.
Une fois la digue passée j'ai bien envie de continuer surtout que c'est la pleine Lune mais la fatigue est là et je m'endors près d'un bâtiment public de la marine néerlandaise.

Le 07, je suis réveillé vers 7h par un membre du personnel arrivant en moto qui vient travailler, je décide donc de bouger, il me propose une douche mais je lui dit que ce n'est pas nécessaire (de toute façon avec une nouvelle journée de vélo, se serait à refaire le soir) et je le remercie bien puis reprend la route en direction d'Amsterdam. Ce sont que des bonnes pistes jusque Amsterdam, c'est très pratique pour entrer dans une grande ville, si ça pouvait être partout pareil !
On trouve beaucoup de moulin sur les bords de route, aussi des moutons, des chevaux, des vaches, bien sûr des cultures de blé ou de maïs, des fruits, des éoliennes. La plupart du pays (presque la moitié) se trouve sous le niveau de la mer. Des maisons se trouvent donc en contrebas de " lacs ", c'est assez étrange quand le vent souffle et qu'il pleut. C'est un beau pays où on a envie de prolonger le séjour. Je passe aussi par la ville de Horn qui est très jolie, un peu comme Douai ou Arras…avec une grande place et des bâtiments bien agencés.
A 20 km avant d'entrer dans la ville je me fais dépasser par un cyclo qui roule vite, je ne cherche donc pas à rester avec pensant aller tranquillement, puis il jette un regard en arrière et ralentit un peu et regarde encore en arrière, mmmh c'est une invitation ? Ouap alors je le rattrape et reste derrière pendant le reste de la route jusqu'à Amsterdam, où il va à 40 km/h ! Ca fait du bien de rouler un peu à cette allure, ahah. J'arrive donc rapidement et le remercie pour la course " good job ".
Je cherche un peu à dormir à Amsterdam mais il y a encore beaucoup de touristes, je décide donc après une visite de deux heures de cette ville et après une chute à cause de la prise de la roue avant dans une rame de tramway (où une dame me demandera trois fois si tout est ok) de poursuivre vers Rotterdam, au sud, puis je saigne du nez en me mouchant. C'est pas de chance mais le sac est bien costaud (qu'une petite déchirure) et l'appareil photo comme le GPS n'ont rien.
Amsterdam est une magnifique ville entrecoupée de nombreux canaux, avec de belles maisons en brique, un parc de vélos incroyables (le vélib est vraiment ridicule à côté), les cyclos sont partout, ils peuvent prendre toutes les routes et sont souvent prioritaires. Louer un vélo si vous venez par ici, c'est vraiment bien les Pays-Bas en vélo !
Arrivé à Rotterdam, je traverse facilement cette agglomération grâce aux pistes cyclables puis je continu une vingtaine de km par une piste, sous le couchant, jusqu'au phare de la jolie ville d'Hullevoetsluis, en bordure de l'océan et où je passe la nuit.

Le 08, après une bonne nuit près du phare, sans avoir reçu d'excréments de moineaux, je reprends la route vers la Belgique et la France. Il fait bien plus chaud qu'en Scandinavie, ça fait du bien de retrouver l'été !
Encore beaucoup de sourires d'enfants, voir aussi des personnes âgées tout au long de la route. Pour les adultes c'est plutôt un air de méfiance ou de dégout même, voir de rejet, sans doute une affaire d'hormones et de méfiance envers un " rodeur ", quelqu'un de différent qui ne se moule pas dans ce que la société propose et souhaite (être un bon petit robot pendant une quarantaine d'année avec ses soucis…). Je croise aussi beaucoup de cyclistes sur la route qui me disent bonjour (les belges) et qui sont reconnaissants de celui qui fait un long trip avec sac à dos, c'est un rêve pour la plupart d'entre eux.
A l'origine je pensais m'arrêter à Lille et prendre le train pour rejoindre ensuite Gourdon, dans le Lot, mais finalement je pense bien redescendre dans le sud de la France en vélo et repasser par Saint Malo (ville que j'aime beaucoup), faire un tour de Bretagne, depuis le temps que je souhaite faire cette petite péninsule, et ensuite revenir dans le Lot en passant par les îles (Belle île, les îles de Ré et de Noirmoutier).
Les néerlandais sont vraiment ingénieux, quand on passe ces digues et qu'on voit tous ces champs et maisons sous le niveau de la mer. La civilisation angkorienne avait sûrement su maîtriser aussi tout ça autour du fleuve Mékong et de son delta. C'est un beau pays, les pistes sont excellentes…
Avant de quitter les Pays-Bas, je visite la ville de Middelburg, très jolie, avec une grande place typique des villes du nord de la France ou des Flandres (Béthune, Arras, Lille, Bruxelles…). Cette ville pourrait être classée à l'UNESCO, c'est journée porte ouverte à l'hôtel de ville, très joli, je le visite donc en laissant le vélo à l'extérieur, on me demande la nationalité (pour savoir d'où viennent les gens, et ça leur fait plaisir d'avoir un français), les tapisseries, les vitraux, les sculptures, les cheminées et les pièces sont belles. Ensuite je pars visiter l'abbaye où il y a un grand repas de prévu, un grand banquet " gaulois " autour du cloître, ça fait rêver et j'aimerais bien être de la partie !
En arrivant en Belgique je retrouve des pavés monstrueux et le pneu neuf mis à l'arrière à Hambourg est déjà foutu ! En plus du poids du sac à dos. Mais les belges sont chaleureux et très gentils, comme ceux que je rencontre dans la belle petite ville de Damme qui me souhaitent bonne route et m'encouragent pour le voyage. J'arrive à Brugge en suivant un canal pendant 20 km depuis les Pays-Bas, c'est une très belle route, réservée aux vélos ! Je revisite cette ville, vue dans mon enfance, avec plaisir. Cette ville est très jolie à voir : les anciens remparts, un beffroi magnifique, les anciennes cités des ouvriers des marchands, les jolies églises et toutes ces portes/tours de défense des remparts de la cité historique, ses canaux et ponts. Très romantique bien sûr.
En arrivant, une église est encore ouverte, j'y rentre et on m'invite à rester pour écouter un concert lyrique, pourquoi pas car on me dit qu'il n'y a pas beaucoup de monde (en effet que 15 personnes) et on ne veut pas me faire payer (je donne quand même une participation en achetant un CD).
Ce soir, après une bonne marche à Brugge, les pieds sont en " compotes ", avec tous ces pavés, il est temps de retrouver les routes françaises car, dans les Flandres belges, les pavés sont en nombre. Je dors sur un banc à côté du quartier des beghinofs (sorte de corons, d'ailleurs je suis sûr q'un jour ceux du Nord-Pas-de-Calais seront sans aucun doute classés monuments historiques).

Le 09, je me réveille à 6h où il n'y a personne, c'est le moment idéal donc pour visiter la ville de Brugge (ou dans la nuit comme je l'ai fais hier), puis je me rendors jusque 9h e,t au réveil, il y a beaucoup de touristes. Il faut donc y aller ; la nuit fut assez courte.
Une fois la frontière entre la Belgique et la France passée (on ne s'en aperçoit pas car il n'y a pas de panneaux), j'arrive dans la ville de Bergues, ancienne ville fortifiée où il y a une citadelle, une belle église et un beffroi. Puis je passe par le Mont Cassel (un des monts des Flandres qui culmine à une centaine de mètre) d'où l'on a une belle vue sur les Flandres françaises, puis par Hazebrouck (où j'oublis de visiter son musée, il paraît qu'une de mes arrières grand-mères y est conservée sur un tableau peint à la fin du XIXè s et exposé dans ce musée), enfin je passe par Béthune et j'arrive dans la ville de Bully-en-Artois pour y revoir de la famille et passer la nuit.

Le 10, je repars déjà pour rejoindre Pont à Marcq, près de Lille, et voir ma tante et mon cousin. Je fais un petit détour par les collines de l'Artois pour voir le terrain de " jeu " de mon enfance où j'ai d'excellents souvenirs à Caucourt, je passe aussi voir le joli château du XIIè s. d'Ohlain (sur pilotis, au milieu d'un étang, entouré de hauts murs et d'une porte fortifiée) ainsi que le galet de Gauchin le Gal, le dolmen de Fresnicourt, l'abbaye du Mont Saint Eloi (presque complètement rasée suite à la 1ère guerre mondiale), le cimetière de Notre Dame de Lorette, et ensuite je reprends la route en traversant le bassin minier de Lens puis la route pour Lille et Pont à Marcq.

Les 11 et 12 septembre, je reste quelques jours à Pont à Marcq pour profiter de la famille, se balader à Lille avec mon cousin, voir le canal de la Deûle, le parc de la citadelle (occupée par un régiment d'infanterie), le zoo, les anciennes portes (de Roubaix, de Paris) et la foire aux manèges. Lille est vraiment une jolie ville, bien retapée, notamment le vieux Lille, beaucoup de choses intéressantes à voir et on trouve même en cette saison des touristes anglais venus faire quelques achats.

Chronique 6 : de Lille au Mont Saint Michel


" Flandres, Artois, Picardie, Vexin et Normandie "
(688 km)


13/09, Pont à Marcq - Beauvais, 199 km
14/09, rien
15/09, Beauvais - St Martin de Bacherville, 134 km
16/09, St Martin de Bacherville - Creuilly, 181 km
17/09, Creuilly - Mont Saint Michel, 174 km

Le 13, je repars déjà en direction du sud, je passe à Noyelles-sous-Lens voir des anciens amis du club de vélo de mes " vingt ans ", je passe aussi voir un copain depuis la maternelle. Ensuite je continue vers Arras pour visiter cette ville connue, jolie avec ses deux grandes places et son beffroi, puis j'arrive en Picardie, région que j'ai appris à aimer avec ses collines verdoyantes, ses vaches et ses cultures, on y trouve aussi des moulins à vent…et j'arrive à Amiens, très jolie ville de refuge de Hergé (tintin) avec ses canaux, son beffroi et sa magnifique cathédrale ! Sans doute une des plus belles de France et d'Europe !
Le vent est de dos et ça va donc vite, c'est agréable de se sentir " porter ", comme une sensation de glisse.

Le 15, je repars assez tard le matin de Beauvais après une bonne nuit à dormir dehors, des agriculteurs sont déjà là depuis un moment mais ils me laissent tranquillement dormir dans leur champs, ça ne les dérange pas et c'est bien gentil.
Le départ se fait un peu avant midi en direction du Vexin (français et normand), le ciel est joli à voir la nuit avec ses étoiles. La route est excellente, je passe par les places de Gisors (château féodal du XIIè) puis des Andelys (château Gaillard du XIIè en ruine : construit par Richard Cœur de Lion sur la rive droite de la Seine où on arrive après avoir monté une bonne petite côte ; puis je traverse la ville de Rouen dont le centre historique est assez joli (belle cathédrale aussi et de vielles maisons à colombage, on en trouve assez souvent en Normandie, c'est typique de la région).
Il y a de belles côtes dans le Vexin, cette région avait déjà été traversée en 2000 et la 1ère fois j'avais été assez surpris de le constater, à l'époque je pensais encore que l'Ile de France était une région plane, ce qui n'est pas du tout le cas ! Beaucoup de champs, de cultures diverses, peu de vent aujourd'hui et je profite aussi de ce jour pour changer mes patins de vélo, le laver et le huiler.
Le soir j'arrive dans un petit village (Saint Martin de Bacherville), quelques kilomètres après Rouen, où il n'y a personne mais une belle abbaye (de Saint Georges) illuminée en partie la nuit. Je m'endors bien tranquillement sur un banc à côté du terrain de foot.

Le 16, le matin, je reprends tranquillement la route en longeant la Seine et sa vallée par l'ancien chemin de halage, c'est joli avec la brume matinale ; je passe par l'abbaye de Jumièges que je visite, elle est ancienne mais il ne reste que beaucoup de ruines, peu de sculptures (elle date de l'époque carolingienne je crois), il paraît qu'elle a inspiré Victor Hugo, Lamartine… mais elle est moins belle que l'abbaye d'Aulne qui date du IXè s., en Belgique entre Mons et Charleroi. Je croise aussi deux cyclos qui murmurent " ah, celui-ci c'est un routier ", " ouah ça c'est un rouleur ".
Ensuite je passe par Notre Dame de Graverchon et les usines de raffinage de pétrole (où j'étais déjà passé en 2002), c'est toujours aussi laid, ça sent très mauvais, quelle pollution mais c'est nécessaire pour les consommateurs de voitures (il faut dire qu'on ne leur offre peu de solutions de substitution et qu'ils sont bien conditionnés), je ne sais comment on peut vivre dans cette ville, mais comme d'habitude, c'est souvent pour l'emploi.
Puis je prends le bac pour traverser la Seine et rejoindre la jolie ville de Quilleboeuf, malheureusement avec vue sur les usines de raffinages. Ensuite je croise de vue les ponts de Tancarville et de Normandie (que je pense interdit aux vélos, de toute façon c'est plus pratique par le bac pour traverser la Seine, dommage qu'on ne peut pas le faire circuler en ramant) et j'arrive dans la jolie ville de Honfleur, c'est dimanche et il y a encore du monde même mi-septembre. Je suis après la côte jusque Merville en passant par Trouville, Deauville et Cabourg (beaucoup de parisiens ou franciliens venus passer leur week-end).
Puis je prends la direction de Caen, c'est l'ancienne capitale de Normandie avec le château ducal de Guillaume le Conquérant (parti conquérir la Grande Bretagne), la ville moderne est moins ancienne que Rouen, sans doute à cause des destructions pendant la seconde guerre mondiale, ces deux cités, capitales régionales, se disputent le titre de capitale de Normandie (on pourrait couper en deux, Caen capitale politique et Rouen capitale économique ?). C'est un peu comme Nantes et Rennes pour la Bretagne. Le château est bien en ruine, il reste surtout les fondations et les remparts, les fossés sont ici creusés dans la roche (quel travail et quelle défense, comme souvent pour les anciennes places fortes avant le XIè s.).
Enfin je vais de nouveau vers la côte normande pour rejoindre les plages du débarquement où comme il y a 5 ans j'arrive sous la pluie à Arromanches. Mais le soir tombe et je m'arrête un peu avant, à Creully, où il y a aussi un très beau château féodal. Pour le ravito je trouve un seul truc ouvert, une crêperie, mais ils finissent leur service, pourtant il n'est que 20h50, les fours sont éteints, dommage, du coup il faudra attendre le lendemain matin pour un ravito dans une boulangerie. Le soir, je dors tranquillement à côté de l'église de Creuilly où un chien dans la maison d'à côté aboiera beaucoup tout au long de la nuit à chaque fois que je bouge.

Le 17, le réveil se fait bien mais avec la pluie ! D'ailleurs il pleut toute la journée. C'est le déluge et je prends donc quasiment aucune photo encore une fois et il faut faire attention de bien garder des vêtements secs pour la nuit, une fois la journée de " travail " finie.
Je passe la côte du débarquement que je longe en grande partie jusqu'au cimetière américain où je me fais refouler à cause du vélo (c'est interdit) pourtant il n'y a personnes ! Pour un lieu qui se devait être de recueillements ça me paraît étrange, " c'est comme ça " me dit-on, eh bien si j'avais mon grand-père enterrait là je serais très mécontent. Je vais ensuite à Bayeux, jolie petite ville mais quel déluge. Avranches ainsi que Villedieu sont de jolies villes.
Le soir, j'arrive au Mont Saint Michel, après la traversée de la Normandie sous la pluie qui cesse en fin de journée, juste un peu avant l'arrivée au Mont. Le vent est assez fort, ce qui fait que les vêtements sèchent assez rapidement en partie. J'ai bien le temps de visiter la cité, le soir et de faire le tour des remparts, c'est joli et la pluie est maintenant arrêtée, vers 22h il y a déjà moins de monde, je croise trois personnes dont deux dames d'une soixantaine d'années qui me demandent d'où je viens, où je vais… et qui sont heureuses de parler un moment avec moi, je leur dit aussi que dormir ici dehors c'est mieux que de dormir dans un hôtel, elles me répondent que si elles étaient plus jeunes elles m'auraient bien suivi, je tente de les convaincre qu'il n'est pas encore trop tard. A minuit il n'y a plus personne dans les rues de la cité, c'est très calme. Et je dors comme un " prince " au bord de la muraille, juste à 20 m de l'entrée de l'abbaye. Magique.

Chronique 7 : du Mont Saint Michel à Bouey


" Petit tour de la Bretagne et de l'Armorique "
(1.046 km)

18/09, Mont Saint Michel - Saint Malo, 58 km
19/09, Saint Malo - Perlanov, 126 km
20/09, Perlanov - Locronan, 188 km
21/09, Locronan - Le Palais, 158 km
22/09, Le Palais - Paimpont, 163 km
23/09, Paimpont - Redon, 159 km
24/09, Redon - Bouay, 194 km

Le 18, je me réveille de bonne heure le matin et " planque " le vélo derrière des machines de travaux publics, sur un chantier près de l'abbaye, au ca où, mais il n'y a que des touristes, en grande partie étranger, je ne pense pas qu'il risque d'y avoir un vol et j'ai vraiment envie de visiter cette abbaye que j'ai déjà vue petit mais dont je n'ai aucun souvenir. Je suis un des 1er à y pénétrer à 9h et commence la visite, il n'y a pas grand chose, en sculptures ou en peintures malheureusement, la visite prend une bonne demie heure puis je récupère le vélo et redescend la rue principale du village
La journée de vélo aujourd'hui est courte, seulement 58 km jusque Saint Malo où j'arrive après avoir longé la côte de la baie du Mont Saint Michel. J'adore cette ville et je veux en profiter, cet arrêt est prévu depuis le départ de Lille et je vais dans un petit hôtel pour 30 € près de la nouvelle gare TGV entrain d'être construite pour pouvoir me déplacer tranquillement dans la cité corsaire et refaire le tour des remparts (fait trois fois). Quel plaisir que d'être ici, ce serait trop bon d'y avoir un appartement mais faut pas rêver, les prix sont exorbitants, mais l'imagination est propice ici. On s'imagine prendre un bateau et faire le tour du monde ou tout simplement rejoindre la côte américaine au nord ou au sud.
Après avoir passé toute l'après-midi et le début de soirée entre les murs des remparts, je retourne à l'hôtel après le couché de soleil et passe une bonne nuit.

Le 19, le réveil se fait tard et le départ seulement vers 11h30. Je passe le barrage de la Rance puis je vais à Dinard, c'est une ville surtout balnéaire avec des villas et maisons telles qu'on en voit dans toute cité balnéaire. Puis je vais à Dinan où il y a de jolis remparts dont une partie s'est effondrée récemment (ça a fait les premières pages dans l'actualité et on peut se demander pourquoi ?), je visite un peu cette ville, le château est joli ainsi que le centre.
Ensuite je reprends la route en direction de Saint Brieuc, c'est bof, une ancienne ville industrielle, rien de bien fantastique. C'est bizarre, ce soir j'ai l'impression de n'avoir jamais été dans les autres Etats européens ou bien c'était il y a quelques années, peut-être est-ce passé trop vite ou en tout cas c'était surement bon. En France c'est beaucoup plus facile pour parler, beaucoup de personnes s'arrêtent pour m'aider quand je regarde les cartes, sans doute par gentillesse et pour se rendre utile, c'est plus intéressant aussi sans doute pour eux, ça prouve bien que beaucoup aimerait aussi voyager (une carte est un voyage, en quelque sorte, en elle-même). De même dans les boulangeries on me demande où je vais, d'où je viens… Peut-être vais-je aussi lentement à cause de la fatigue ou parce que je sais que dans quelques jours je serais de retour à la maison ?
La route est bien vallonnée, avec des montées et descentes mais tout de même pas comme dans le Jura ou le massif central. Il y a aussi beaucoup de cultures (blé, maïs) et élevages de vaches (connus en Bretagne pour leur pollution des nappes phréatiques, nitrates). Je passe aussi à Lamballe qui est une belle ville, avant Saint Brieuc.
Le soir je m'arrête dans un petit village après 10 km de Saint Brieuc, au calme pour passer la nuit dehors.

Le 20, après une bonne nuit, à l'abri derrière un bâtiment d'une zone artisanale sans doute, je pars de bonne heure alors que le village est encore endormi. Il n'y a pas de pluie mais le ciel reste bien couvert mais il ne fait pas froid même si je rencontre plus tard des personnes qui se plaignent du mauvais temps, ça n'a rien à voir avec celui de la Scandinavie.
Les boulangères bretonnes sont vraiment charmantes, souriantes souvent par ici et sympathiques, je suis bien tombé. Je continue la route en direction de Morlaix, c'est une belle ville du nord de la Bretagne. Les vieilles maisons sont toutes en granit, les plus récentes sont en parpaings peints en blanc.
Le vent est de face aujourd'hui, en cette période de l'année c'est normale qu'il vienne plus souvent de l'ouest et ça fatigue un peu. Le pneu avant tient encore même s'il est bien usé avec près de 9.000 km et les dents du 52 commencent à être bien usées. Je rencontre aussi un cycliste avec qui je fais une bonne quarantaine de km, il habite à Cézain et roule un peu plus que prévu avec moi, content de rencontrer un cyclo routard, jusque la chapelle Saint Michel sur les hauteurs des monts d'Arrée, il m'aura bien aidé avec ce vent de face (on rencontre pas mal de cyclo dans la Bretagne), quand on me demande où je vais, je ne dis que le tour de la Bretagne, après parfois si on me demande si j'ai été autre part, je raconte alors le petit tour en Europe (des fois on a du mal à me croire).
Les jours commencent aussi à bien raccourcir. Les monts d'Arrée sont jolis ainsi que la route entre Morlaix et Hugleot où on suit plusieurs ruisseaux. Beaucoup de noms évoquent les rêves d'enfants (musée du loup…) ; sur presque tous les panneaux, les noms des villes et autres lieux sont indiqués en français et en breton (il faudrait faire de même dans d'autres régions de France comme en Occitanie, au Pays basque, en Flandres…). De même, le drapeau breton est souvent présent.
Le soir, j'arrive à Locronan, cité historique très touristique de la Bretagne, près de Douarnenez, mais il n'y a aucun touriste en cette saison à par moi, c'est très calme et après avoir fait le tour de l'ancien village et de ses belles maisons en pierres, je trouve une place où dormir à côté de l'église, sans doute un ancien cimetière, c'est aussi la pleine Lune, au moins la nuit devrait être calme, même s'il y a une bonne ambiance dans le bar d'à côté. Dans ce petit village il y a beaucoup de maisons d'artistes (la plupart fermées en cette période de l'année).

Le 21, le jour se lève vers 7h30/8h, je suis déjà debout depuis 6h30 et après je me rendors, finalement je commence la journée que vers 9h, je dors de mieux en mieux à l'extérieur, on s'habitue et je suis loin des débuts chaotiques de la 1ère journée de ce voyage.
La Bretagne sud est apparemment plus jolie que la Bretagne nord, en général, il y fait plus chaud aussi. Les bretons que je croise sont assez sympas, on m'explique aussi que les monts d'Arrée bloquent tout et renvoient les nuages vers le nord.
J'arrive à Quimper après avoir rencontré des bretons qui vont au travail, une jeune femme s'étonne que je fasse du sport avec la clope au bec, en souriant. C'est une chouette petite ville, avec des restants de remparts, bien fleurie. Puis, j'arrive à Lorient qui est plus moderne, pas beaucoup d'anciens bâtiments mais aussi jolie. Concarneau est un vrai petit bijou, sur un îlot, entourée de remparts (dont certains sont interdits à la marche car ils doivent être rénovés). Après Lorient, on traverse des landes (comme en Gironde et dans le sud-ouest de la France), il y a aussi de longues dunes et un paysage désertique sur la presqu'île de Quiberon.
Ensuite je passe par l'abbaye cistercienne de Saint Maurice, près de la mer, mais il ne reste vraiment pas grand-chose, c'est très calme. Le temps est de la partie aujourd'hui avec un beau soleil et le vent est de dos ou de côté. Le pneu avant a enfin rendu l'âme après 10.000 km environ et après de bons services ! Il faudra aussi changer les cales look (ça s'use vite, je trouverais un magasin de vélo le lendemain) car elles sont complètement usées. De même le 52-23 ne fonctionne plus, dents cassées, ce qui est un peu ennuyeux car après ce sera le 21 qui va vite s'user du coup, mais j'espère que ça tienne jusqu'au bout
Le soir après avoir embarqué sur le ferry, j'accoste à Le Palais, jolie petit port de Belle île où il y a une très belle citadelle (elle vaut largement celle du Kronenberg au Danemark), pourtant elle n'est pas classée à l'UNESCO (quelle erreur d'appréciation). Je fais un tour dans cette petite ville où apparemment ce soir il y a un match ou un truc comme ça car il y a beaucoup d'animations dans le café de Le Palais où je prends une bière et quelque chose à manger (j'étais déjà venu dans ce café avec mon frère en 2006, lors d'un voyage en Bretagne, il aurait sans aucun doute apprécié cette soirée, et ce qui va suivre !). Après je vais me chercher un endroit où dormir dans la citadelle si possible. C'est la pleine Lune ce soir et c'est trop bien pour se balader ! J'arrive à la porte d'entrée de la citadelle qui est ouverte puis une 2ème (et dernière) qui est aussi ouverte car il y a une méga soirée de la " bourgeoisie " dans la maison du gouverneur, normalement ça devrait être fermée et la visite ne se fait que vers 10h le matin, le lendemain ; je tente ma chance pour ce soir, je ne croise personne à l'entrée et m'y introduit, c'est immense, certains " jeunes " qui font la fête me voient mais ne prêtent pas attention, ils ont l'air très huppés, bien habillés et bien soul ! Sans doute cela aide beaucoup à passer inaperçu, leur voix est bien déformée quand ils téléphonent avec leurs portables, de même qu'ils titubent en marchant et vont pisser derrière les arbres du très grand jardin. Bien sûr la visite est interdite normalement. Ah, je m'éclate, je me balade sur tous les remparts, les chemins de ronde, prend l'intérieur des casernes dont les portes sont restées ouvertes et atterri à la lueur de mon briquet et de ma lampe arrière de vélo dans des salles sombres des remparts de cette citadelle, avec des sots, du matériel… et qui ne doivent pas être ouvertes au public ; je fais le tour de la poudrière, immense, monte en haut des remparts pour suivre le chemin de ronde d'où l'on a une vue magnifique sur le port de la ville et la mer (aussi sur un couple entrain de faire l'amour dans une chambre du palais du gouverneur, c'est aussi un  hôtel avec des chambres allant de 200 à 600€ pour la nuit et avec la vue sur la mer et le port). Cette visite a vraiment été fantastique ! Finalement après presque trois heures passées à déambuler dans les " couloirs " sombres je décide de redescendre sur le port de la ville pour aller dormir, entre temps je trouve une porte dans les remparts qui mène à une citerne à l'extérieure située à deux pas de la mer, les portes sont encore ouvertes et je finis par une marche sur la jetée du port alors qu'il est presque 2h du matin. Quelle visite ! Lorsque je me couche il est 3h10 ! Un record, je trouve une charmante place à côté d'un entrepôt de pêcheurs, sur le port, avec vue sur la citadelle, le port et la mer pour 0€, quelle hospitalité.

Le 22, à 6h, je suis réveillé par un bruit d'enfer (revers de la médaille), les marins-pêcheurs, qui font les deux huit, sont déjà au travail et sortent en mer après un café (dommage qu'ils ne m'en proposent pas) et un d'eux manque de me passer dessus avec sa mobylette, il s'exclame à son collègue et me dit " j'ai failli te rouler dessus ", " t'as même pas bougé ", ouap, plus rien ne me fait réagir maintenant je peux vraiment dormir dehors dans n'importe quelle condition ! Pour ne pas les déranger trop, et comme il est de bonne heure, j'en profite pour commencer à 8h le tour de l'île en vélo et arriver ainsi vers 9h30 pour reprendre le bateau et rejoindre le continent (pour ne pas attendre le bateau de 12h et faire ainsi une plus grande route). Il fait frais et je garde donc le pantalon, k-way, après une petite côte je file sur le joli petit village de Sauzun ; le tour de l'île, plutôt de la moitié de l'île, est fantastique, il y a une brume légère qui rend les choses féériques, cette île est bien préservée car toute nouvelle construction y est interdite (c'est bien différent sur les îles de Ré et de Noirmoutier), Sauzun est très mignon, puis dans le centre de l'île je trouve un ancien moulin, un menhir aussi et je reviens après une vingtaine de km à Le Palais pour prendre le billet et embarquer à 9h30 pour arriver sur la presqu'île de Quiberon à 10h15. La journée peut se poursuivre.
A Quiberon, je prends la route de la côte sauvage, il y a de beaux paysages préservés, la route est belle, puis je visite les alignements de Carnac (sans doute des habitations et un système de défense, il y a aussi un tumulus). Je me fais une thèse sur les alignements de Carnac, ne serais-ce pas un moyen de défense contre des ennemis qui viendraient du nord, les habitants pouvant se réfugier dans la presqu'île de Quiberon ? Cette presqu'île existait-elle au temps des mégalithes, car elle est toute plate et a pu être gagnée sur la mer. Les pierres levées sont plus ou moins grosses ou fines ou hautes (on dirait Pompéi ou le Capitole à Rome mais en plus ruiné). En cette période, il est interdit de passer pour laisser à la végétation le temps de repousser.
Puis, je passe à La Trinité (beau petit port de plaisance avec beaucoup de bateaux, à Auray et à Vannes (où je trouve le magasin de vélo pour les cales, le pneu), c'est une belle ville aussi, avec des restes de remparts, un ancien lavoir très beau, d'anciennes tours fortifiées.
Ensuite je vais dans la Bretagne " intérieure ", beaucoup plus calme, moins de circulation, où je traverse la forêt de Lanvaux. La route en Bretagne ne fait que monter et descendre, c'est loin d'être plat en tout cas, beaucoup de " bosses " sauf sur la presqu'île de Quiberon justement.
Après, j'arrive à Josselin, joli petit village au bord d'une rivière canalisée, je visite le château (rien de spécial cependant) et je prends ensuite la route vers Paimpont et la forêt de Brocéliande (beaucoup de légende sur 30 km2, on pourrait aussi faire la même chose dans le Périgord Noir et le Haut Quercy, avec tous ses châteaux, grottes, gouffres, dolmens énormes mais méconnus des touristes et des médias, comme le souhaite les lotois !).
Il a fait bien beau aujourd'hui, sauf quelques gouttes à Carnac, les bretons restent bien attentifs aux cyclistes, beaucoup font aussi du vélo dans ces contrées. Le soir j'arrive à Paimpont, petit village où j'étais déjà passé en 2002 en remontant de Dégagnac à Lille, ça n'a pas changé, c'est le soir de réunion du conseil municipal, qui se réunit dans la mairie (une partie de l'ancienne abbaye), je croise aussi des touristes bretons qui me demandent des indications pour trouver un château…, c'est le monde à l'envers, ce sont des jeunes qui retournent ensuite sur Rennes.

Le 23, la veille, je m'endors au bord du lac de Paimpont, près de l'abbaye, au matin il pleuvine mais je dors bien jusque 9h30 et je prends la route vers 10h15, avec ce temps l'appareil photo fonctionne mal (avec l'humidité ou un sortilège de la dame du lac ?). Non en fait la batterie " made in china " a de la rouille ce qui donne un faux contact (beaucoup de choses faîtes en Chine sont de mauvaises qualités, mais on n'a plus beaucoup de choix en magasin et c'et courant que des choses me lâchent après une simple journée d'utilisation parfois !). C'est pourquoi avec ce temps le matériel électrique reste emballé et dans le sac à dos.
Je passe, comme en 2002, devant le château de Brocéliande, joli mais qui ne se visite pas ; puis je vais voir la tombe de Merlin (qui date de plus de 4.000 ans paraît-il). Ensuite je poursuis la route en direction de la ville de Rennes, un peu déçu, le Parlement vient d'être fini d'être restauré depuis son incendie il y a plusieurs années, quelques jolies façades dans les rues du centre historique et le musée de Bretagne que je ne visite pas pour ne pas laisser le vélo seul à l'extérieur (on ne peut le garder à l'accueil malheureusement). Pour arriver à Rennes je prends une voie expresse car la départementale est fermée à la circulation pour cause de meeting aérien (beaucoup d'avions y compris des avions de chasse, je dis donc au policier que je prendrais l'autoroute comme en Lituanie, il me regarde alors d'un air suspicieux).
Après je reprends la route en direction de Redon où je passe dans un circuit où il y a une course de vélo de villages, je me fonds dans le lot et me fait même encourager par le public (" il tourne bien les jambes celui-là "). La région est jolie avec beaucoup de bosses, plus ou moins près de la Vilaine. Beaucoup de camping-caristes bretons aussi, eh oui, beaucoup de bretons ont un camping-car et aiment voyager notamment en France.
Je retrouve Redon, halte sur un des chemins de St Jacques de Compostelle, comme en 2002, après être passé par La Gacilly, c'est petit mais assez joli, il y a plusieurs rivières qui se croisent ici (dont le canal de Nantes à Brest) et dans le temps il y avait une importante abbaye au croisement de ces différentes voies de communications, à cheval aujourd'hui entre trois départements. Les bretons sont toujours aussi avenants, dès que je sors la carte quelqu'un me demande si j'ai besoin d'aide, ils roulent bien et beaucoup font du vélo. Le matin je parle aussi avec un pépé et à Rennes le gardien du musée des Beaux arts apprécie le trip et aurait sans doute bien gardé le vélo (il en fait aussi). Le soir à Redon je dors tranquille dans l'ancien quartier du port de cette petite ville.

Le 24, ce matin je roule sous la pluie pendant une heure puis vient le beau temps, le vent reste moyen. Je traverse le PNR de la Brière qui est assez joli, puis les marais salants de Guérande (très belle cité entourée de remparts, où j'avais aussi été avec mon frère en 2006). Après je longe les plages de la Baule, Pornichet, jusque Saint Nazaire ; il y a de longues plages de sables fins avec une belle vue sur les pétroliers venant décharger leur cargaisons dans une région polluée à une vingtaine de km plus en amont sur la Loire (à Donges) où je passe aussi, avec des cours d'eau jaunâtre et verdâtre, et dire que des milliers de vacanciers viennent se baigner là chaque année. Il y a un nombre phénoménal d'usines de raffinage autour de Donges, quelle pollution, les odeurs font tourner la tête et je me demande ce que les gens qui habitent là attendent pour se révolter (ah oui, c'est leur travail). Un programme de construction d'éoliennes et de panneaux solaires devrait être obligatoire en France au moins ! Je vois même un nouveau lotissement qui se construit sous les gros câbles venant d'une centrale électrique située à 200m de là, incroyable en 2007 ! C'est comme ça jusque Couëron où il se passe un accident je m'arrête alors pour voir si tout va bien mais entre temps une dizaine de voitures passent et aucune ne s'arrête, c'est comme ça dans le monde, les gens restent complètement indifférents aux autres et ne veulent pas risquer d'avoir des ennuis ou d'aider leur prochains. La peur du changement de son quotidien sans doute.
Ensuite j'arrive à Nantes, toujours en longeant la Loire, c'est une très belle ville qui a été bien rénovée, à la fois moderne et historique, le château a été complètement ravalé et c'est magnifique, la cathédrale aussi, il y a des sculptures en pierre à l'intérieur superbes (mais la batterie photo est hors service). Après je prends la direction du lac de Grand Lieu et de sa réserve naturelle.
Le soir, j'arrive à Bouay, ville où tous les commerces sont fermés (c'est lundi) à 20h, donc pas de ravito, et où je ne rencontre personne dans les rues sauf quelques voitures et des gens du conseil municipal et de l'office de tourisme ; le soir d'ailleurs je dors près de l'office de tourisme, dans le parc des droits de l'Homme et du citoyen ! A 21h tous les volets des maisons sont déjà fermés et les français regardent sans aucun doute leur télé.

Chronique 8 :


" Du Pays de Retz au Quercy, en longeant la côte Atlantique
(île de Noirmoutier, île de Ré, La Rochelle et Rochefort) "
(642 km)


25/09, Bouay - Angles, 199 km
26/09, Angles - Jonzac, 233 km
27/09, Jonzac - Dégagnac, 210 km

Le 25, au matin il fait bon de prendre un petit ravito, je poursuis la route vers l'île de Noirmoutier, en passant par les ruines du château de Machecoul, limite personnelle de la Bretagne ? Puis j'ai la chance de pouvoir passer par le passage du Gois, la brume matinale a laissé place depuis un moment au soleil. Beaucoup de voiture sont garées de chaque côté du passage qui est encore praticable selon les indications pour 45', les gens s'arrêtent et ont ramassé des huitres sans doute, le passage est dit dangereux car il n'est pas englouti par la mer venue de la mer mais par l'arrière, la mer venue de la terre, et donc on peut se faire surprendre même s'il y a des tourelles en bois où on peut se réfugier si besoin. J'arrive sur l'île et visite un peu Noirmoutier en l'île où il y a un beau château et le marché, puis je vais me poser un moment sur la plage un peu plus au nord, ensuite je retourne sur le continent par le pont et le vent est de dos maintenant (il vient du NO), c'est pratique car je voudrais rentrer pour le 27 au soir et je dois encore faire des grandes distances chaque jour pour être à temps à Dégagnac et passer par La Rochelle, Rochefort et l'île de Ré.
Un peu avant le pont je rencontre des cyclos avec qui je roule un moment et aussi trois personnes dans une crique où on a une belle vue sur la plage et l'océan. Cette île a beaucoup d'habitations mais les immeubles sont moins importants qu'à la Baule ! Dans un bar près de la plage, je recharge aussi la batterie photo, le type ne me demande rien alors je lui laisse un petit pourboire même si c'est le patron qui paye l'électricité.
En tout cas ce fut une belle chance que le passage du Gois soit ouvert, le sentiment, réel, d'être entrain de rouler sur la mer fait une drôle d'impression, c'est un moment magnifique. Les marais bretons offrent aussi de beaux paysages (plus agréables avec le beau temps), quelques chevaux aussi.
Le soir je dors à Angles après près de 200 km, à côté de l'église, c'est tranquille, avec toujours la pleine Lune.

Le 26, au matin, au départ d'Angles, il y a de superbes toilettes publiques, bien utiles, c'est assez rare en France et en Europe (très propres ici). Ensuite je pars avec le beau temps mais il y a vite des nuages bas et l'aurore est magnifique ainsi que les paysages dans les marais poitevins où je passe par une route déjà prise en 2002. Dans la journée ensuite il fait beau et le vent assez fort est favorable. C'est génial de dormir dehors, comme la veille le spectacle d'un ciel étoilée mérite ceci.
Je passe aussi sur l'île de Ré par le viaduc où il y a une piste cyclable, pas de péages pour les cyclos (ça vente sur ce pont, en hauteur). Je fais une quarantaine de km sur l'île où il y a quelques vignes, Saint Martin en Ré est une jolie petite ville avec des remparts signés Vauban et une citadelle/prison toute proche, ça doit leur faire bizarre l'été de voir tous les touristes de leurs fenêtres. Belle île reste bien la plus sauvage et la plus sauvegardée, pourvu que ça dur car ici comme sur Noirmoutier il y a une très forte urbanisation (la moitié de l'île) ; le problème étant que ces habitations ne sont habitées que l'été, là, fin septembre, tous les volets sont fermés, pas de touristes… Les pistes cyclables de l'île sont assez bonnes (très bonnes par rapport aux autres en France), avec de bonnes indications et aucun cyclo en cette période.
Ensuite, je revisite la Rochelle, avec ses jolies tours à l'entrée de son vieux port, de nombreuses arcades… on se croirait bien au temps des mousquetaires et de D'Artagnan ! Puis je passe à Rochefort (où j'avais dormi en 2006 et visité le petit musée de la marine à minuit lors d'une journée porte ouverte), cette fois-ci je visite l'Hermione, la reconstruction du navire de La Fayette qui a rejoins l'Amérique en 1776 pour l'indépendance des USA, près des cordeleries du roi (il en fallait de la corde et des voiles dans le temps !). Contrairement au musée en Suède à Stockholm, la dame est très contente de me voir arriver et laisse mon vélo derrière son bureau, pourtant il y a du monde, c'est parfait. Heureusement qu'il y a encore de telle initiative, longue et coûteuse mais qui relève du rêve aujourd'hui (coût de 15 millions d'euro, cher car les normes de sécurité obligent aussi à prévoir un moteur… financés à moitié par des fonds privés et à moitié par des fonds publics).
Après cette visite magique, je fonce grâce au vent dans le dos pour aller le plus loin possible avant la tombée de la nuit. Je passe par beaucoup de châteaux dans chaque grosse ville (comme celui de Talmont, de Jonzac qui sert maintenant de sous-préfecture).
Avant d'arriver à Jonzac, le crépuscule lance ses dernières lumières pour enflammer la vallée et les coteaux dans cette région proche de Cognac, c'est un beau spectacle coloré rouge-sang.
Le soir je dors dans un village vacances à Jonzac après plus de 230 km, ça devrait être bon pour le retour le lendemain à Dégagnac. Il y a un complexe nautique ainsi qu'un golf, tennis, casino, escalade… Juste à l'endroit où je dors quelqu'un vient vider ses poubelles, avec pas un bonsoir, puis il revient avec son chien, irrespectueux, comme souvent ça arrive, il laisse son chien venir me renifler. J'ai horreur de ça et horreur de ceux qui laissent faire ça à leurs chiens, je ne comprends pas, c'est comme si j'étais moi-même considéré comme un chien par son propriétaire, " un humain ne dors pas dehors " pense-t-il sans doute ; c'est l'indifférence totale, l'humanité dans sa splendeur, les gens voient que je dors dehors et donc je ne suis que de la " merde ", pas fréquentable. Le jour on me dit encore bonjour, la nuit les humains ont peur et on me parle impoliment, comme à un clochard répugnant, comme si mes affaires n'avaient aucune importance, ce qui est tout le contraire en voyage, ses chiens peuvent donc bien venir les renifler !

Le 27, dernier jour de ce trip, je pars le matin de Jonzac avec un temps gris, le ciel restera couvert toute la journée avec une petite averse dans le Périgord noir après Le Bugue.
Je passe à Aubeterre qui est une belle ville puis le Périgord blanc et le Périgord vert par de très belles petites routes (la D43 et la D42) ; arrivé avant Le Bugue, deux faucons m'accueillent en me survolant sur ces terres des merveilles, avec leurs cris. Il y a comme en Bretagne quelques bosses… Ce pays est joli. A Castelnaud, je rejoins un cyclo venu de Vitrac et on fait 20 km ensemble, là aussi il rallonge un peu son parcours avant de revenir vers Domme et me demande d'où je viens " Dégagnac " et où je vais… et mon circuit " 10 .000 km comme circuit ", il aime bien aussi ce genre de trip et encourage, c'est gentil d'être resté un peu plus longtemps avec moi.
Ce petit tour en Europe se termine ainsi, sans lever les bras (ce n'est arrivé qu'une seule fois en 2000 lors de la 1ère grande randonnée entre Bordeaux et Lens). Le soir, j'arrive à Dégagnac, village paisible par excellence où rien ne se passe.

Pour finir...


Après ce bon petit tour au cœur de l'Europe, je pense encore faire un tour du monde, celui-ci débutant en novembre de Dégagnac vers Dakar.

L'Europe (mise à part l'ex-URSS) est vraiment bien, c'est facile de s'y promener grâce à l'UE et à l'absence de frontières, la liberté de circuler et la citoyenneté européenne. C'est vraiment une bonne chose, quel dommage que les français aient refusé d'adopter la Constitution européenne, la France ne peut rien faire de " grand " sans une UE forte et ce refus ne peut être que préjudiciable pour les générations futures.

Chaque européen devrait avoir la possibilité de voyager en Europe mais, comme dans les USA, beaucoup n'ont pas vu (et ne veulent pas voir parfois aussi), peut-être devrait-il y avoir une sorte de service civique européen, en fin d'études, de plusieurs mois dans un autre Etat européen ou dans différents Etats européens, au choix de chacun mais ce serait sans aucun doute un atout pour comprendre que l'Europe conduit à la tolérance et est une force conduisant à l'ouverture vers le monde.
Ici il ne fait aucun doute que la langue internationale est l'anglais, surtout chez les jeunes dans les pays de l'est (avant c'était le russe). Beaucoup de diversités aussi sur ces différents territoires qui doivent être préservées grâce à une fédération comme l'UE. Beaucoup d'architectures, d'arts, de beautés diverses, de façon de cultiver, de voir les choses différemment, beaucoup de stimulations, de réflexions et ça c'est très passionnant.


Ecrit en décembre 2008, au "camp de base", à Lantis, d'après les carnets de route et autres souvenirs, Cap Woot.


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