Cap Nord Europe

Cliquez pour agrandir l'image

Introduction :


"Cap Nord Europe", de mi-avril à début août 2009 (18.430 km) :

Après le retour de la petite rando en vélo entre Dakar et Zinder-Niamey je rentre en France pour reprendre le travail en kiné pour une semaine, puis deux autres semaines en avril. C'est donc après ces remplacements que je prends le large à nouveau vers mi-avril 2009, pour un peu moins de quatre mois. En route vers l'Europe du Nord !

Le départ était initialement prévu en direction des Pyrénées, des gorges du Tarn, de l'Ardèche, du Verdon et des Alpes (pour rencontrer moins de touristes, l'été, pendant leurs grandes vacances annuelles, drôle de transhumance). Malheureusement, la semaine précédente au départ le temps a été chaotique sur le massif des Pyrénées, beaucoup de cols sont fermés et il y a beaucoup de neige un peu partout. Je me résous donc à devoir faire le parcours " à l'envers ".

Le chemin pris donc la direction de l'Auvergne par les jolies gorges du Lot et de la Truyère vers Saint Flou, le Gévaudan, le Velay en passant au Puy, le Beaujolais encore, l'abbaye de Cluny, le site antique d'Alésia, la Bourgogne (Dijon, Auxerre), la Champagne (Troyes, Reims), puis l'Ile de France (Paris bien sûr), Chartres, Le Mans, Saumur, Angers, la Bretagne (Vitré, Fougères, Saint Malo), et enfin la Normandie (Avranches, Cherbourg) avant de prendre le ferry pour rejoindre l'Angleterre à Portsmouth, après une petite traversée de La Manche.

En Grande Bretagne et en Irlande, le petit tour en vélo passa alors par Winchester, Salisbury, le site de Stonehenge, puis le Pays de Galles (Cardiff, les Cambrian Mountains), avant de reprendre un ferry pour traverser la mer d'Irlande à Holyhead et rejoindre alors Dublin. Ensuite la route traversa le centre de l'île d'Irlande, zone de marécages, jusque Galway et le Connemara jusque Clifden. Le retour vers l'est de l'île se fît vers Londonderry, la Giant'sCauseway avant de retourner à Belfast et reprendre encore le ferry pour traverser à nouveau la mer d'Irlande, par la canal du Nord, pour rejoindre l'Ecosse à Stranraer. En Ecosse, la route passa le long de nombreux loch et par des paysages très jolis comme dans les Grampian Mountains, aussi de nombreux petits châteaux du Moyen-âge, jusque Inverness pour alors redescendre vers le sud en passant par Edimbourg, l'ancien rempart romain connu sous le nom de mur de Hadrien, Durham, York, Lincoln, Cambridge, Londres (que je traverse de nuit) et Douvres et je reprends encore le ferry pour traverser La Manche et rejoindre Calais et ma région natale, pour quelques jours seulement.

De Calais je traverse les Flandres et l'Artois en passant par Lens, Gent, Antwerpen, puis les Pays-Bas et l'Allemagne (Breda, Kiel). De Kiel, par un ferry, on rejoint la Norvège et Oslo où le voyage se poursuit en avion pour l'Iceland, île magnifique ! L'atterrissage se fait près de Reykjavik, et s'entame alors un petit tour de l'île des volcans et des glaciers d'Europe, en grande partie par la Nationale 1, environ 1500 km de pur plaisir sur ces terres presque vierges et de beaux paysages… Le retour se fit sur le " continent " européen encore par avion, de Reykjavik à Oslo, en Norvège pour ensuite entamer la petite remonter vers le " Cap Nord de l'Europe ", il était prévu de passer par la route des fjords mais en fait il y a de nombreux tunnels (une vingtaine) interdits en vélo et donc je me résigne à passer en Suède même s'il faudra reprendre 750 km environ de route identique lors du retour (dommage).
La route pour la remontée passa par Roros, Ostersund, Lycksele, Alta, jusque Hammerfest (qui fut " mon " Cap Nord), au bord de l'océan Actique. La descente se fit encore par la Laponie, jusque Trellborg pour traverser ensuite la mer Baltique par ferry et rejoindre Rostock en Allemagne.

Le parcours en Allemagne a été très bon, comme d'habitude dans ce pays, les gens sont souvent sympathiques et aiment bien les français. Elle passa par le Mecklenburg-Vorpommern, le Brandenburg (Berlin, Potsdam), la Saxe (Leipzig, Dresden), la Thuringe, la Bavière (et ses jolies villes de Bamberg, Ansback, Dinkelsbühl), le Baden-Württemberg (et encore des jolies villes comme Aalen, Freiburg, Baden-Baden.

Le retour se fit donc en France, en passant le Rhin, par le passage à Strasbourg avant de rouler sur la route des crêtes des Vosges, en Alsace, puis la Franche-Comté et le massif du Jura (Belfort, Montbéliard, Pontarlier). Puis la Savoie (Annecy, Albertville, Bourg Saint Maurice et le joli PN de la Vanoise), le Dauphiné (Briançon, Guillestre et le joli PN des Ecrins), la Provence (PN du Mercantour) et le massif des Alpes, notamment en passant par la route des grandes Alpes et quelques jolis cols (cols du Galibier, de l'Iseran, de l'Izoard, de Vars, de la Cayolle …!). Ensuite la route se poursuivit en Provence par le passage autour des gorges du Verdon, le sommet du Mont Ventoux, jusque Pont Saint Esprit où je passe au Languedoc en traversant le Rhône.
La suite se fit de manière tout aussi belle par les gorges de l'Ardèche, puis le PN des Cévennes et le Mont Lozère, les gorges du Tarn, de la Jonte, de la Dourbie et le Mont Aigoual, Albi (et sa magnifique cathédrale), Toulouse, le pays Cathare et la visite de certains de ses châteaux (Peyrepertuse, Quéribus, Montségur), jusque Foix. Puis une petite traversée des Pyrénées par la route des cols (cols de Menté, de Peyressourde, d'Aspin, du Tourmalet, du Soulor, d'Aubisque…) avant de finir ce petit trip par la traversée du Pays basque et de la forêt des landes (où plutôt ce qu'il en restait suite à la tempête qui a eu lieu au début de l'année 2009).




Cliquez pour agrandir l'image

Chronique 1 : de Dégagnac à Cherbourg


" Le temps des limaces, escargots et vers de terre… "
(2325 km)


Sa 18/04, Dégagnac - Capdenac, 120 km
Di 19/04, Capdenac - St Flour, 173 km
Lu 20/04, St Flour - Le Puy en Velay, 100 km
Ma 21/04, Le Puy en Velay - Tarare, 150 km
Me 22/04, Tarare - St Gengoux, 121 km
Je 23/04, St Gengoux - site d'Alésia, 170 km
Ve 24/04, site d'Alésia - Héry, 161 km
Sa 25/04, Héry - Avenay Val d'Or, 178 km
Di 26/04, Avenay-Val d'Or - Cutry, 123 km
Lu 27/04, Cutry - Paris, 140 km
Ma 28/04, Paris - St Georges-sur-Eure, 130 km
Me 29/04, St Georges sur Eure - St Gervais-en-Belin, 138 km
Je 30/04, St Gervais en Belin - Le Lion d'Angers, 191 km
Ve 01/05, Le Lion d'Angers - St Malo, 196 km
Sa 02/05, St Malo - 40 km avant Cherbourg, 173 km
Di 03/05, 40 km avant Cherbourg - Cherbourg, 61 km


Le 18, la route se passe vraiment bien et la moyenne est bonne. Mise à part une averse 10 km après le départ, il fait assez beau et la température est bonne même si ce soir il fait frais (on est toujours en avril). Je rejoins la vallée du Lot à partir d'Espère et Mercuès puis je poursuis en remontant sur environ 100 km jusque Capdenac par la jolie vallée du Lot.
C'est vraiment joli avec les premières fleurs du printemps, les bourgeons aux arbres, de plus en plus feuillus, les falaises, les vieux châteaux et les anciens villages en pierres du Quercy, les fontaines, lavoirs… Des ânes, des chevaux, brebis… Ah, je suis content de faire ce parcours, ça s'annonce bien.
Le am, je pars tard, vers 14h30, mais la distance est assez bonne grâce à un vent de face faible et une route assez plane dans la vallée du Lot.

Le 19, la veille au soir, à Capdenac, je dors à côté du monument dédié aux morts de la guerre 14, sur un banc, c'est tranquille jusque 2h du am où un type vient ranger des motos et fait un sacré boucan. A 22h il y a aussi deux types qui attendent avec une table pleine de gâteaux et de jus de fruits, je dis " bonsoir " mais ils ne répondent même pas (toujours aussi aimables ces lotois)…
Il fait assez froid la nuit, le plus vers 3-4 h am, après ça se radouci, on est déjà proche du Massif central. Il fait jour quand même vers 6h30 et au am il fait beau, je remonte la vallée du Lot puis un peu les gorges de la Truyère où il y a de bonnes montées et descentes (à cause de barrages notamment), pour arriver aux abords des Monts du Cantal encore enneigés.
Le am, il y a beaucoup de brume sur le Lot puis ça se dégage, je visite Conques où il y a déjà pas mal de " pèlerins " qui s'en vont à Saint Jacques de Compostelle (mais combien font aussi le retour et donc le " pèlerinage " en entier ?). Je voulais visiter le musée mais on ne peut pas prendre de photos (ce n'est donc pas vraiment intéressant, si on ne peut le montrer à d'autres), autant regarder sur internet alors… Ensuite, à partir des gorges de la Truyère, il se met à pleuvoir, des averses par-ci, par-là, je reçois quelques gouttes et j'évite les averses sauf vers 17h où il pleut jusque 18h des gouttes bien froides, à un moment, il grêle presque. Du fait, dans une bonne descente de 1 km, j'ai mes bras qui tremblent et heureusement que la descente ne fait pas plus qu'un km car vu comment le vélo bougeait, la chute à 60 km/h n'était pas loin ; aussi dans les autres descentes qui suivent jusque St Flour, je fais attention de ne pas dépasser les 30-35 km/h pour ne pas subir de tremblements (spasmes musculaires à cause de la fatigue et du froid).
Pas de chance car c'est dimanche, seulement deux ravito sur la route le am puis rien. Et à Saint Flour, la zone commerciale avec Mc Do… est à l'extérieur du centre de la ville. Dans cette ville, je ne trouve que trois restaurants gastronomiques ouverts (dont deux font hôtels) et c'est tout. Tout seul, je trouve ça nul d'aller faire un restaurant gastronomique. Le ventre restera donc creux pour cette nuit malheureusement. Ouap, en France c'est l'exception, dans beaucoup d'autres pays c'est ouvert 7 jours sur 7 et avec des horaires plus importants. Enfin, demain c'est lundi et donc aussi beaucoup de magasins seront fermés puis c'est le 1er et le 8 mai (des vendredi), ça présage de long week-end de disettes du vendredi au mardi !
La journée a été dure, Conques est un beau petit village comme Rocamadour, Saint Cirq-Lapopie, Najac… sur une colline bordant des gorges, mais c'est fort touristique, malheureusement. Par contre, je suis un peu déçu par la ville de Saint Flour, il n'y a rien de bien intéressant contrairement à ce qu'on m'a dit. On verra donc si la cathédrale est ouverte demain (je dors le soir à côté). Il n'y a personne dans les rues à 20h, comme à 22h ou à minuit. Dans le centre historique… Mais il y a des WC publics propres et je fais les besoins à l'africaine (plus simple, espérons ne pas choper des amibes…).
Beaucoup de rencontres avec des pépés souvent (un qui me dit amicalement " bon appétit mon petit ", un autre qui vient me voir quand je vérifie la route ou encore un autre qui me dis que je peux rejoindre Capdenac gare par l'ancienne voie romaine depuis Capdenac le haut… Je rencontre aussi des cyclistes sur la vallée du Lot, une fille et un mec, mais en sens inverse, elle traçait bien comme Sky ; comme quoi, ça doit aussi exister en France !

Le 20, au am, je suis réveillé à 6h par la pluie, dommage car je dormais bien, et il pleuvra toute la journée ! J'ai quand même la bonne idée de prendre du papier journal pour absorber la pluie et le froid car à 1000-1200 m (sur un bon tiers du parcours), il y a de la pluie et aussi de la brume. Plus bas, la pluie est froide, verglaçante et c'est dangereux dans les descentes (tremblements musculaires, sols glissants), je vais donc qu'entre 30 et 40 km/h pour ne pas tomber.
Quel temps ! Heureusement que je ne passe pas dans les Pyrénées maintenant ; comme c'était prévu initialement mais vue la météo et la prévision d'une semaine de neige à plus de 1000 m dans ces montagnes, je décidais, pour ne pas avoir tous les cols fermés, de faire le parcours " Cap Nord " en partant dans l'autre sens.
Quand il y a 10 km à descendre, avec le froid et les freins,  on fait de la musculation, c'est sûr, des avant-bras. Dommage car les paysages sont jolis. A 16h, j'arrive au Puy en Velay, terrassé, en plus c'est lundi et aucun ravito sur la route, beaucoup de pèlerins qui ont du galérer aussi pour leurs premiers jours vers St Jacques de Compostelle, ça fait bizarre que tous prennent ce même itinéraire, pourquoi pas un autre ?
Enfin, je visite la cathédrale, jolie, du Puy en Velay, avec quelques peintures murales. Puis il se met à grêler avec un bon orage (brrr) et donc je patiente, le temps que ça passe, mais après c'est trop tard pour aller voir l'église Saint Michel, demain peut-être.
La distance aurait pu être en fin de journée de 150 km mais quel temps ! Le am je pars seulement aussi vers 10h… Fatigue des premiers jours ? Finalement, je vais à l'hôtel vers 18h (25€). C'est souvent comme ça dans les premiers jours de voyages, quand les premiers jours sont au niveau météo catastrophiques (la pluie froide fatigue beaucoup), quand il y a plus que quinze jours de voyages, je remarque que je m'y adapte sans problèmes (comme aux USA) mais quand c'est comme ça, dès le début, c'est plus dur (bon, s'il n'y avait pas d'hôtels, j'aurais quand même dormis dehors). Je rencontre aussi un drôle de type qui me cause pendant 15 minutes et qui m'offre un verre de mousseux (erreur regrettable d'accepter !) ; puis une dame, qui ferme son magasin, ancienne élue municipale, alors que je cherche la chapelle Saint Michel, comme c'est compliqué pour la route, elle me fait une petite visite de la ville dans sa voiture…

Le 21, au am, le réveil se fait à 8h30 et j'en profite pour prendre une douche et me raser à l'hôtel, ensuite je pars vers 9h30 (pour une fois c'est tôt), qu'est-ce que ça fait du bien un bon lit ! Et c'était le même prix (25€) pour une ou deux personnes. Je commence par faire un tour pendant une heure dans le Puy en Velay pour voir la chapelle où il n'y a encore personne à 10h aux portes (je pensais voir une foule de pèlerins).
Puis je prends la route des gorges de la Loire sur environ 25 km, puis ça monte et ça descend pendant environ 60 km avec le vent de face (70 km/h de tramontane), pire que le vent du nord. Je retrouve les monts et plaines vallonnées du Forez (ça va de 300 à 800 m pour la route) et beaucoup de côtes, entre 5-10 km, puis ça remonte avant Tarare et pour finir une bonne descente de 15km ! Malheureusement, je me rends compte qu'il y a du jeu à ma cassette, les pignons se dégagent, aïe, sans doute le boulon à resserrer mais je n'ai pas les outils et la clé appropriée. Sur la route je trouve un magasin de vélo ouvert, il est 18h30 mais la dame me dit que l'atelier ferme à 18h, il faut revenir le lendemain et elle ajoute que je n'avais qu'à arriver plus tôt et de ne ramener que la roue arrière pour que ça aille plus vite (alors que ça ne prend que deux secondes pour l'enlever) !  Pour finir elle rajoute que ce n'est pas ça qui va m'empêcher de dormir ! Et bien, elle est aimable la dame. Alors que je n'avais rien ajouté ni insisté, ah, les français. Je décide donc de continuer 35 km jusque Tarare où je trouve un autre magasin de vélo et ce sera peut-être possible de resserrer le lendemain ?
J'arrive à Tarare vers 20h30 mais c'est déjà une ville morte. Il n'y a quasiment personne dans la rue, comme à Saint Flour. Pour le temps, il y a eu qu'une dizaine de gouttes mais le ciel reste couvert alors j'avais gardé le k-way ; normalement demain c'est encore bon et le surlendemain parfait au niveau de la météo.

Le 22, au am, je me réveille vers 7h après avoir bien dormi à côté de l'église de Tarare, et je vais au WC, à l'africaine (plus pratique), puis c'est la boulangerie, " petit casino " qui ouvre à 8h30, un petit café et à 9h30, et je vais voir pour le magasin de vélo et la cassette qui en fait est dévissée, il faut juste resserrer comme je pensais et ajouter un anneau (et ce sera gratuit, ouf, ahah, quand même).
Ensuite je pars vers 10h (beaucoup plus d'animation à Tarare dans la journée) et j'arrive vers 11h30 après à Oingt, chez Christian, le boss des vendanges, et ses parents, Georgette et Joseph, qui sont encore là en bonne santé ; je suis invité à manger et je reste donc un peu plus de trois heures mais bon faut quand même avancer. Avancer, ouap, mais le vent vient du nord-est est bien présent, même s'il y a des côtes la vitesse moyenne est faible surtout à cause de ce vent mais bon, comme c'est que le commencement de ce petit tour au Cap Nord, il finira bien un jour ou l'autre par être favorable. Georgette et Jo qui ont déjà été au Cap Nord en profitent pour me montrer quelques photos et ils me confirment qu'il fait nuit là haut qu'à une heure du matin ! Ca laisse du temps pour rouler… s'il n'y aura pas trop de fatigue. Les paysages ont l'air magnifique sur leurs photos et ça me donne vraiment envie, mais ils me disent qu'il ne fait environ que 5° en juillet !
Après je continu la route sur les hautes collines (environ 500-700 m) du Beaujolais pour arriver dans une autre région, et au village de Saint Point, un peu avant Cluny, où il y a le château et la tombe de Lamartine (XIXè s) ainsi qu'une vielle et jolie église. A Cluny, je cherche l'abbaye et tombe sur une première église (ça ne doit pas être ça… vue la taille) puis finalement je trouve l'ancienne abbaye, il est 19h et les visites sont finies, il n'y a que 5000 habitants mais beaucoup de jeunes et ça vit bien. Beaucoup de commerces, bars, un haras national… ; la première abbaye des bénédictins, construite au XI è s était immense, la plus grande de la chrétienté pendant longtemps mais il n'en reste pas grand-chose, vendue comme bien national à la révolution, elle a servi de carrière de pierre…
Enfin, je reprends la route vers 19h30 pour aller vers Châlon-sur-Saône par une voie verte (l'ancienne ligne de chemin de fer qui sert maintenant de piste cyclable comme entre Sarlat et Souillac), ça doit être le top d'habiter à côté et de créer quelque chose comme pour restaurer les gens… Les gares sont parfois transformées, celle à Saint Gengoux est une habitation ainsi qu'un commerce de vélos… On trouve aussi des parkings pour camping-caristes… Il fait encore assez beau aujourd'hui.

Le 23, la veille, je dors près de l'ancienne gare, sur la voie verte, à St Gengoux. La nuit est un peu fraîche mais ça va, protégé du vent. Il fait encore beau aujourd'hui même si le vent reste de face, peu de monde sur la piste cyclable le matin de bonne heure, jusque Châlon-sur-Saône, les paysages sont jolis, la piste se finit drôlement et il n'y a pas d'autres indications, je demande donc à une dame où on est (c'est le village de Saint Rémy) et dans quelle direction il faut aller pour rejoindre Châlon, puis elle me demande où je vais, je réponds Paris (pour ne pas en rajouter…), et elle ajoute " ça fait beaucoup encore ", ahah, sympathique la mamie.
La ville de Châlon-sur-Saône est plus jolie que ce à quoi je m'attendais, il y a de belles statues sur la cathédrale… un joli centre historique. Après Châlon, je reprends la route et je redemande si c'est la bonne route à un français d'origine magrébine qui me demande aussi où je vais, où je dors et qui me souhaite bonne route…
J'arrive en Côte d'Or, passe par Beaune, sans plus, et après un passage dans les vignes de Bourgogne, j'arrive à Dijon (beaucoup d'églises) et le Palais des ducs de Bourgogne qui ressemble de l'extérieur au château des ducs de Bretagne de Nantes.
Je reste une bonne heure à Dijon pour reprendre ensuite la route par une autre voie verte jusque Plombière où encore une fois il n'y a pas d'indications à la fin de cette piste, je demande donc à des jeunes où je suis, ils me répondent " L.A. ", je dis donc " well, do you speak english ? " mais ils semblent alors bien embarrasser, ahah (d'ailleurs, ça arrive parfois, et de plus en plus souvent, lorsque je voyage maintenant de réfléchir en anglais, bizarre).
Ensuite la route est jolie, plus ou moins dans la forêt et les champs, j'arrive vers 20h30 sur le site présumé d'Alésia (où il y a une statue de Vercingétorix datant de Napoléon III). J'y dors tout près le soir, le coin est très calme, pas de lumière, j'ai sommeil et je m'endors très vite à 22h jusque 7h am.

Le 24, après une bonne nuit à Alésia, où quelques hérissons veulent faire croire au retour des gaulois (par leurs bruits dans le calme de la nuit), le matin, je pars vers 8h30 (réveil à 7h), il fait frais mais le temps est splendide ! Je rencontre aussi des gens quand je demande la route qui me répondent pour la plupart gentiment. Je fais un petite visite de l'abbaye de Fontenay, qui n'a rien d'exceptionnelle, ils sont trop sérieux, mais elle est inscrite à l'UNESCO, c'est cependant une propriété privé (l'UNESCO refusera pourtant de classer au patrimoine mondial la citadelle de Le Palais, sur Belle île pour cette raison, grotesque, c'est peut-être la plus jolie des citadelles que j'ai pu rencontrer en route), sans doute pour cette abbaye c'est par relation car elle n'a rien de plus que l'abbaye de Fontevraud, non classée. Bref, en plus c'est axé sur la rentabilité et ils ne sont pas très sympas (le guide " engueule " quelqu'un qui demandait si la toiture du XVè s est d'origine et comme l'abbaye date du XIIè s…).
Ensuite, je prends la route pour Avallon avec des paysages très verdoyants et beaucoup de forêts, sauf les grandes étendues de champs jaunes, peut-être pour la moutarde de Dijon ? Après je passe à Vézelay par la vallée du Cousin, très jolie, et j'arrive en montant vers la basilique avec le vélo en en étonnant plus d'un sur cette côte qui est interdite aux voitures en principe. La basilique du XIIè s a été reconstruite par Viollet le Duc, on y trouve notamment les soi-disant reliques de Marie-Madeleine. C'est aussi un autre lieu de départ de la Via Podensis, avec le Puy en Velay, pour aller à Saint Jacques de Compostelle (pèlerinage où beaucoup vont mais peu reviennent !), néanmoins il y a moins de pèlerins ici par rapport au Puy en Velay.
Après je vais vers Auxerre, en longeant assez souvent le canal du Nivernais, le long de l'Yonne, et de ses jolies falaises du Saussois. Auxerre est une belle petite ville avec pourtant une équipe de foot en ligue 1 (que 40.000 habitants et il n'y a presque pas d'agglomération). Je finis la route pendant encore une heure environ pour faire le dodo à Héry, petit village.

Le 25, au am, je me lève vers 6h à cause d'une drash qui tombe sur les taules de l'abri à côté de la salle de tir de Héry, c'est le vacarme mais je me rendors ensuite jusque 7h30 puis j'attends 10h avant de partir après un ravito à la boulangerie et l'épicerie du village. Quelle pluie, quel contraste par rapport à la veille où il faisait environ 20°C. Brrr, ce sera comme ça toute la journée jusque 19h où ça commence à s'arrêter pour les vingt derniers kilomètres, quelle humidité, quelle froideur (pas plus de 10°C indiqué dans une ville vers 14h). Brrr, c'est l'automne ? Bon les jours à venir ne devraient pas être mieux, comme j'ai acheté un journal pour m'en servir de protection, du coup aussi peu de photos (qu'une seule dans la journée à Troyes), de toute façon il n'y avait pas vraiment grand-chose à voir...
Entre Héry et Troyes (environ 75 km) c'est une traversée de monts et vallons (pays d'Othe). Puis, de Troyes jusque Vertus (encore sur environ 75 km), ça ressemble à la Beauce, c'est donc assez plat avec tout de même quelques petits bois par-ci, par là. Puis on aperçoit après Vertus les montagnes de Reims et il commence à avoir de la vigne… Voilà, je me reprends un ravito avant le soir, la route a été bonne malgré ce temps " pourri ". Je vais encore sentir mauvais si ça continu !

Le 26, c'est difficile encore de se lever avec ce temps, beaucoup de pluie et je ne pars que vers 10h. La veille je dors sous le lavoir d'Avenay Val d'Or, lavoir couvert, c'était très tranquille ! Quelle journée encore aujourd'hui ! Je suis assommé par ce temps frileux et de pluie, décidément. Comme je sais que je n'arriverais pas avant lundi à Paris pour voir Laure, je ne me presse pas non plus. Le vent est assez faible, entre 40 et 50 km/h, parfois favorable, parfois non. Il pleut encore jusque 14h quand je pars de Reims. Pfff. Puis ça recommence vers 18h et avant que ça ne dégénère plus, je m'arrête sous une grange à quelques kilomètres de Cutry, tout petit village paumé.
La cathédrale de Reims est très belle, d'architecture, mais toutes les choses sacrées se trouvent dans le musée du Palais du Tau (tapisseries, toiles…), il ne reste que les statues dans la cathédrale, mais il faudrait les nettoyer un peu ; ce n'est pas possible de visiter le musée avec ce temps et il n'y a personne pour garder le vélo et il n'est pas question de prendre une chambre d'hôtel encore, et il n'est que 14h à peine.
La route après Reims est comme une succession de petit bois, petits villages et champs, jusqu'au Chemin des Dames où un de mes arrières grands pères au moins avait combattu (il avait fait toutes les grandes batailles de la WWI : la Somme, Verdun et le Chemin des Dames, pour finir Caporal, avec de nombreuses médailles dont la légion d'honneur qu'on donne maintenant à des artistes ne risquant guère leur vie). La route du Chemin des Dames est comme une route des crêtes, utilisée pour le ravitaillement des troupes, elle est jalonnée de cimetières !
Puis j'arrive par de petites routes encore à Soisson, c'est une jolie petite ville mais, comme pour Bordeaux, il faudrait nettoyer les bâtiments en pierre (salis par la pollution), y compris la cathédrale qui est fermée quand j'y passe.
Voilà,. Aussi deux petits enfants que je croise dans un village, l'un d'eux, 10 ans, en vélo, me demande où je vais, je dis Paris, puis il demande quand je rentre, je dis en août car je vais ensuite en Angleterre…, ça l'intéresse, et j'ajoute que s'il travaille à l'école alors il pourra aussi réaliser ses rêves… Finalement il y a autant de sympathie en France qu'en Afrique, surtout de la part des enfants…
Je pose souvent le vélo sur les cathédrales et il n'y a pas de vols pour le moment. Dans la cathédrale de Reims, un des gardiens ou laïque me demande d'enlever le bonnet, je dis ok mais c'est ridicule car il vient juste de passer une dame portant un béret à qui il n'a rien dit, ah oui, les hommes aiment dominer leurs prochains, une histoire de mecs, de mâle en chaleur, et la dame était sans doute plus présentable que moi. Les préjugés restent présents, ici j'ai l'air d'un plouc, sal et puant. En Afrique je suis le blanc et le riche…

Le 27, au am, je me lève vers 7h après une bonne nuit sous une bonne grange, dans la campagne, sans réveils nocturnes, c'était bon d'avoir un abri car il a plu toute la nuit et c'était vraiment bon encore entre les carrés de pailles. La veille, je suis fatigué de cette pluie et je m'arrête sous cet abri à 19h, obligé avec toute cette pluie, alors qu'il ne fait nuit réellement qu'à 21h30 ! Cet am je pars de bonne heure, à 7h30, il fait beau puis encore des averses par-ci, par-là, dans la journée.
A Ezanville, je vais sur la tombe de mes grands parents, dommage qu'ils ne soient plus là, pour y poser des fleurs, il y a toujours du muguet. Puis je passe à la basilique de Saint Denis mais il n'y a pas un seul tombeau malheureusement, pas de gisants des rois de France, mais où sont-ils donc ? Peut-être ont-ils tous étaient détruits pendant la révolution de 1789 ou sont-ils conservés dans un musée ?
Ensuite j'arrive à Montmartre où je monte jusque la basilique, puis je rejoins la rive droite et le Louvre, Notre Dame de Paris où il pleut à verse ! Je décide donc d'aller chez laure, la pluie ne cessant pas de tomber après vingt minutes d'attente et la nuit tombant d'un coup. Le XVIIIè est un quartier de Paris qui ressemble un peu à l'ambiance africaine (beaucoup de petites boutiques…). On mangera japonais, après quelques bonnes bières et au dodo vers minuit, après une bonne soirée à parler… comme toujours.

Le 28, la veille, je lave mes affaires, on refait le sac et c'est reparti pour Chartres. Ouap, c'et reparti aussi pour les averses qui ponctuent cette journée, on pourrait appeler cette chronique le temps des escargots, des vers de terre, des grenouilles et des limaces (on en voit sur les routes, surtout près du Puy en Velay, c'est vraiment bizarre, il y en a partout). Dans la journée je rentre dans une voiture qui pile d'un coup à Chevreux, heureusement la roue avant et le vélo n'ont rien !
Quelle mauvaise journée encore, sur 11 jours déjà depuis Dégagnac, il y en a eu seulement deux sans une goutte d'eau et neuf jours de vent de face ou de travers. Là je commence à vraiment en avoir marre, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je veux du Soleil ! Assez d'être trempé, d'avoir mal aux pieds, d'être moite, humide, de subir du vent froid, quelle misère ces onze premiers jours. Marre de tout : mettre en sachet, de faire attention et de limiter les photos, de mettre et enlever les gants trempés, de mettre le bonnet et parfois les lunettes de Soleil... Normalement il fait nuit à 21h mais c'est déjà la nuit à 19h30 avec ces gros nuages. Marre de la pluie.
La route est plus ou moins bonne et je pars de chez Laure vers 9h30. Ah, ça colle, c'est chiant, tout colle, ahah… une fois de temps en temps mais tous les jours, je passe donc à nouveau à Notre Dame de Paris le am, comme la veille il pleuvait à verse, à sot, à torrent ! Et comme je voulais quand même prendre des photos de la façade. ¨Puis je longe la rive gauche de la Seine et je vais à Versailles (sans visiter comme toujours, pour le vélo, personne pour le garder, comme pour Reims et sa cathédrale) ; puis à Rambouillet et à Chartres (où je prends très peu de photos à cause du retour fracassant de la pluie) qui a aussi une belle cathédrale cependant (mais il y avait une messe à 18h30 donc pas de photos de l'intérieur), la façade est jolie avec ses vitraux et sculptures). Je suis TREMPE !
Puis je sors de Chartres et je dois m'arrêter à Saint Georges, que d'eau ! Et je me réfugie sous un lavoir communal près de l'Eure qui devrait être un peu plus entretenu (la toiture est prête à s'effondrer…). Il pourrait au moins y passer un coup de balais. J'en ai marre de ce temps, s'il était meilleur, je pourrais faire environ 50-80 km de plus chaque jour et prendre du bon temps, enfin, c'est comme ça ! Quel pourriture de temps ! Y'en a marre.

Le 29, seulement 138 km, j'avais prévus d'en faire en moyenne 170 km, si ça continu comme ça alors il faudra prendre le train à Strasbourg, non d'une pipe ! Cette nuit il a encore bien plu et quand je me réveille à 6h, entendant toute cette pluie tomber, je me rendors jusque 9h ! Et il pleut encore lorsque je pars à 10h (il fait jour entre 6h et 6h30). Par chance, la pluie s'arrête vers 10h30, quelques gouttes ensuite puis de gros nuages arrivent, je m'arrête à temps à 19h45 puis c'est l'averse. Mais ça ne va pas, il ne fait nuit qu'à 21h et je n'aime pas m'arrêter si tôt. Si tous les am je pars à 10h et arrête à 19h… j'aimerais tant faire les Alpes, les gorges du Tarn, les châteaux cathares et les Pyrénées. Et je n'ai pas envie de remettre ça à un temps inconnu. Alors je décide que quelque soit le temps, comme aux USA, Canada ou en Europe, et même s'il pleut depuis plus de 10 jours déjà, de partir le plus tôt le am et arrêter le plus tard le soir. Je n'ai jamais été aussi paresseux. Bien que le vent soit défavorable ça aurait du faire environ 180 km aujourd'hui (220 km avec un vent favorable).
Enfin, bref, il faut se bouger le cul sinon autant ne rien faire, d'autres voudraient pouvoir le faire. Avant Le Mans, je croise deux cyclistes avec qui je roule un bon moment, l'un d'eux me dit que ce serait son rêve de faire ça mais, même comme il a sa boîte, il ne peut prendre le temps comme il veut pour faire ce qu'il veut. J'ai de la chance donc d'avoir fait ce choix donc il faut rouler, bordel. En plus, aujourd'hui le rythme est bon, quelques faux plats mais il n'y a pas de côtes comme dans le Gévaudan ou le Beaujolais.
Je traverse donc le PNR du Perche mais ce n'est pas aussi joli que les PNR de la Brenne ou des Causses du Haut Quercy ou du Livardois-Forez ou de la Brière ou des volcans d'Auvergne… peut-être à cause du mauvais temps ? Le Mans est une assez jolie ville avec son centre historique, un circuit automobile que j'emprunte en partie, il y a un tramway… Ca a l'air plus vivant que Chartres ou Reims ou Auxerre. Pour le moment, en France, j'ai bien aimé comme " grande ville " Paris, Dijon et Le Mans. Pour les " villages " c'est Conques (intime) et Vézelay (peu de constructions en bétons).

Le 30, au am, il fait encore assez beau, à l'aurore, et je pars vers 7h avec un vent qui restera toute la journée de l'ouest ou du NO, bref plutôt de face mais ici, contrairement aux USA, les routes sont souvent entourées par des arbres… donc la vitesse moyenne reste raisonnable. Par contre, comme d'habitude, vers 12h, il se met à pleuvoir et ensuite sans discontinuer jusque 19h30 ! Pff, c'est dur pour respecter les bonnes résolutions mais je croise en sens inverse deux autres cyclistes dont une femme avec sac à dos… ça me redonne du moral, je ne suis pas seul à être sous cette pluie diluvienne !
Avant je visite pendant 1h30 le château de Brézé, c'est assez original pour les souterrains… mais la visite du château ne vaut pas les 7€ (c'est seulement du XIXè ou XXè s et les pièces sont vraiment bof, de plus on ne peut pas les prendre en photos donc les partager plus tard, quand c'est le cas je ne fais pas de visite d'habitude car ça ne sert à rien mais là j'ai oublié de demander avant (petite déception donc).
Ensuite je passe vite fait sous la pluie battante à Saumur (qui a un très beau château, vu de l'extérieur). Beaucoup d'anciennes habitations troglodytes le long de la vallée de la Loire, maintenant certaines servent de caves à vins (la température reste toujours environ la même à 10-15°C, idéal donc pour la conservation ?).
Toujours sous la pluie, plus ou moins forte, j'arrive à Angers où je reste une petite heure, ville que je connaissais déjà bien pour y avoir dormi en 2006 lors d'une remontée de Bordeaux à Lille. Ensuite je continu jusqu'au Lion d'Angers pour dormir au camping (fermé à cette époque) et essayer de sécher quelques affaires… ; dès que je trouve quelque part une fontaine je compte bien faire la toilette des pieds et le rasage du visage ! Il faudra aussi acheter un petit savon pour y faire un peu de lessive, mais il faudrait aussi qu'il fasse beau ! Pour faire sécher les affaires.

Le 01, ah, quelques problèmes avec le compteur de vélo, il déconne, et à Saint Malo, il ne fonctionne plus (pour le moment le total des km devait être d'environ 2.000 km). Bon, il faudra en racheter un autre ou juste une pile, il est sans doute HS à cause de ces onze jours de pluie ! Pour le temps, jour du muguet, il a fait beau. D'ailleurs c'est bizarre, des enfants veulent presque absolument m'en vendre dans les villes et ça me rappelle un peu les enfants d'Afrique mais le temps risque de se couvrir fortement les prochains jours d'après le journal. C'est un peu difficile pour le ravito aujourd'hui mais à 11h je trouve une superette ouverte et je prends quelques trucs à manger (fromage, bonbons, 1,5L de coca…), c'est tout ce qu'il y aura jusque 20h. Je tiens la distance et je sens que la machine redémarre, pourtant je ne pars que vers 9h, le temps de faire le trajet sur la carte… car j'avais oublié de passer par Fougères.
Le vent vient du NO, il n'est pas favorable mais le rythme reste assez bon. L'église à Vitré est jolie (contrairement à celle de Fougères) ; les deux châteaux, de Vitré et de Fougères, sont à voir ! Celui à Vitré est un musée (fermé aujourd'hui), celui de Fougères se visite mais dommage encore de ne pas être avec quelqu'un pour garder le vélo (un pourrait alors prendre des photos en le visitant et les montrer à l'autre ensuite), car ici il y a beaucoup de monde.
De Fougères à Saint Malo, et même avant, j'emprunte de bien jolies routes, c'est très plaisant surtout avec le beau temps, de retour !
Le soir, j'arrive dans la cité corsaire pour la troisième fois (2002, 2006 avant) et pour la 1ère fois je vais y dormir dans les remparts (les autres fois, j'avais pris un petit hôtel car il y avait bien plu avant et c'était considéré comme une étape hôtel).

Le 02, la veille, je visite donc pour la troisième fois la cité de saint Malo mais je ne trouve plus cette ville aussi jolie. En regardant de plus près, on voit bien que ça a été reconstruit dans les années 50 (tout a été rasé à la WWII, comme Brest…). Il y a aussi eu une " rixe " avec quatre alcooliques anonymes… au soir, vers minuit, après que je finissais la visite et que je m'apprêtais à chercher un endroit où dormir, ils commencent à me causer dix minutes tranquillement puis, comme en Pologne, ils commencent à vouloir que je leur paye un verre de vin blanc (j'ai eu le malheur " de dire que j'allais en Angleterre, donc ils ont insinué que j'avais de l'argent), je refuse et alors ils me disent que je me fous de leurs gueules… ahahah, alors qu'ils faisaient les beaux deux minutes avant. Puis après quelques secondes un coup de point part et m'arrive sur la bouche, sans aucun dégât (ça aurait été la gorge ou le nez…), j'étais aussi chaud de la longue et bonne journée de vélo. Du coup je m'énerve et leur fait peur en gueulant mon cri de guerre et en levant mon vélo dans leur direction prêt à déchaîner les forces de l'enfer et les envoyer au diable, ils reculent, puis vint un temps d'hésitation, à quoi ça sert, éternelle  question ou manque de courage, en tout cas, je pèse le pour et le contre, aucun intérêt de rentrer dans leur jeu d'enfants débiles, alors je laisse tomber et je pars tranquillement, en marchant, pour continuer mon chemin, sans les entendre broncher, et ils n'insistent pas (tant mieux pour eux, de même heureusement qu'il ne m'a pas casser une dent car là ! Ca aurait été directement le fight avec la sortie de mes deux couteaux, toujours présents la nuit dans ma poche droite !). Aux risques de perdre mon sac à dos et le vélo ou l'appareil photo et le carnet de route…
Il y a vraiment des cons sur cette planète, des humains, encore, qui sont bien plus sauvages et dangereux que les animaux qui eux sont libres, l'Homme vit dans une prison qu'il s'est lui-même forgé et il cause de lui-même cette violence sans but, gratuite. Aucun ours ou loup n'attaquerait sans raisons. Enfin, c'est aussi de ma faute, je n'ai pas respecté deux règles essentielles : ne pas dormir dans une ville de plus de 5000 habitants sauf dans des zones commerciales ou industrielles ; et ne pas rester trop longtemps avec des alcooliques sinon ça dégénère toujours. Et là, contrairement à ce que j'avais cru, dans la cité historique il y avait beaucoup d'alcooliques à cette heure tardive. D'ailleurs ça s'est passé sur une place où il y avait une trentaine de personnes et aucune n'a bougé, comme d'habitude en France. Beaucoup plus d'agressivité en Europe qu'en Afrique où c'était plus calme, beaucoup sont nerveux au volant, en faisant la queue dans les magasins… Quelle nervosité alors que les africains (ou les américains et canadiens des Rocheuses) sont plus cool. Les africains auraient beaucoup plus de raisons d'être envieux et agressifs envers le touriste, même s'il y a beaucoup de demandes et sollicitations d'argent, il n'y avait jamais eu d'insistance exagérée… Ah, l'argent, la jalousie inexpliquée, incompréhensible, l'absence de courage, la lâcheté (prêt à se mettre derrière l'autre dans la WWI !), c'est tout ce que les hommes veulent, ils n'en n'ont jamais assez et c'est triste quand ils en veulent et ne font rien pour en France, ils n'ont qu'à étudier à l'école, en Afrique ce n'est pas possible…
Pour la route, le départ se fait qu'à 10h, après une bonne nuit sur le quai d'un ponton du port et après avoir racheté un compteur à Intersport, l'ancien ne fonctionnait pas même avec une nouvelle pile. Sans doute n'a-t-il pas supporté tous ces jours de pluie et la différence de temps, sec du Sahel à l'humidité printanière française.
Bon, aujourd'hui, il n'a pas plu, pour le deuxième jour consécutif ! Un record. Ce soir, je m'arrête pour dormir en forêt, on verra s'il pleut mais ça n'a pas l'air à la nuit tombée. Je traverse le PNR des marais de Normandie mais il n'y a rien de vraiment joli, ce n'est donc pas un très bon PNR. Le vent est assez faible, de l'ouest toujours, donc parfois favorable selon le parcours où je prends souvent de petites routes, c'est agréable. Beaucoup de champs, de vaches et moutons, pour la pierre des maisons, ça reste la même que celle des maisons bretonnes, en granit.

Le 03, je ne roule pas beaucoup aujourd'hui…, le vent reste du NO le am, avec de la pluie jusque 10' après être parti mais vers 12h ça s'arrête juste quand j'arrive à Cherbourg où je vais tout de suite voir pour le ferry, les horaires et prendre le billet (j'ai le choix pour arriver au RU à Portsmouth ou Pool, je choisis Portsmouth car ma carte indique que c'est une jolie ville), le prix est de 57€ pour 3h de traversée, ça reste normal comme prix mais je me souviens toujours des 30€ pour la traversée du golf de Botnie, entre Turku en Finlande et Stockholm en Suède, avec une nuit à bord dans une chambre (ce n'était pas cher).
La pm, il fait beau même si le vent est frais, c'est cool comme ça je peux me promener tranquillement dans Cherbourg, faire des courses avant que les épiceries et boulangeries ne ferment, faire la lessive et laisser sécher les vêtements, surtout les chaussettes, au Soleil, voir un peu ce qui se passe sur internet, et prendre un café !
La route se passe bien même si le Cotentin n'est pas très à mon goût… J'achète aussi un Geo sur l'Islande mais ça n'en dit pas grand-chose sur les sites à visiter… ; il y a quand même une indication, le jour dure en juin de 4h à 22h (en fait ce sera plus !) et ça pourra être bien, et la route 1 fait 1.400 km environ. Je prends donc à Cherbourg déjà le billet sur internet pour l'avion (moins cher en le prenant en avance) pour dix jours, du 01 au 11 juin à partir d'Oslo AR (ça devrait être bon, 17 jours en GB et Irlande, 10 jours de Calais à Oslo et deux jours de marges avec la possibilité de " couper " entre Calais et Oslo si besoin dans l'Artois et les Flandres).
A Cherbourg, trois enfants viennent me parler pendant que je fais ma toilette des pieds, comme en Afrique, et ils pensent alors que je suis footballeur ! Je leur explique donc la toilette africaine et que je fais plutôt une randonnée en vélo, vers l'Angleterre, ils en restent " bouche bé ", les enfants n'ont pas dé préjugés…, le plus souvent, alors que les adultes m'observent bizarrement quand je fais ça (c'était pourtant comme ça dans le temps !).
La veille je dors tranquillement dans une prairie sous quelques arbres (c'est toujours mieux car il pleuvine deux fois dans la nuit, grâce aux feuilles, ça retient un peu la pluie si elle n'est pas abondante) mais s'il pleut plus alors il ne faut pas rester dans les bois car là on est vraiment trempé : grosses gouttes et ça dure plus longtemps, le temps que ces gouttes tombent des feuilles, il vaut mieux donc se protéger derrière une haie… comme ça on est moins trempée et ça dure moins longtemps (seulement le temps de la pluie), quand il pleut fort il y a aussi souvent plus de vent aussi donc on sèche plus rapidement que dans les bois, ici il y avait plus loin des haies mais ce ne fut pas nécessaire de bouger.
Je prends le ferry à l'heure et je rencontre un couple avec un enfant, franco-anglais, qui habite dans la banlieue de Londres, Raphaël est originaire de Loire Atlantique et passionné par ce parcours ; il me propose aussi de passer chez eux. J'achète aussi un atlas de la GB et de l'Irlande dans le ferry et je trace le parcours en partie pendant le trajet. Le soir, on arrive à 22h à Portsmouth (1h en moins par rapport à la France), après 3h30 de bon trajet. Le soir, je me pose dans une pelouse d'une zone industrielle, entourée de haies, au calme, et il ne pleut pas !



Cliquez pour agrandir l'image

Chronique 2 : de Portsmouth à Dover


" Petit tour en Angleterre, Pays de Galles, Irlande et Ecosse "
(3544 km)


Lu 04/05, Portsmouth - Devize, 154 km
Ma 05/05, Devize - Cardiff, 204 km
Me 06/05, Cardiff - Llanidloes, 171 km
Je 07/05, Llanidloes - Dublin, 196 km
Ve 08/05, Dublin - 10 km avant Cloghan, 146 km
Sa 09/05, 10 km avant Cloghan - Galway, 110 km
Di 10/05, Galway - 5 km après Ballyhaunis, 224 km
Lu 11/05, 5 km après Ballyhaunis - 5 km après Drumquin, 172 km
Ma 12/05, 5 km après Drummquin - (London)Derry, 81 km et ensuite bus pour réparer le vélo à Belfast
Me 13/05, Belfast - 2 km avant Bushmills, 140 km
Je 14/05, 2 km avant Bushmills - 10 km avant Ballantree, 123 km
Ve 15/05, 10 km avant Ballantree - 15 km après Dunoon, 153 km
Sa 16/05, 15 km après Dunoon - près d'Inverglay au bord du Loch Locky 198 km
Di 17/05, près d'Inverglay au bord du Loch Locky - Grantown on Spey, 157 km
Lu 18/05, Grantown on Spey - 3 km après Perth, 165 km
Ma 19/05, 3 km après Perth - 20 km après Edimbourg, 145 km
Me 20/05, 20 km après Edimbourg - 2 km après la cité antique (en ruine) de Brocolitia (mur d'Hadrien), 173 km
Je 21/05, 2 km après la cité antique (en ruine) de Brocolitia (mur d'Hadrien) - 20 km avant York, 161 km
Ve 22/05, 20 km avant York - 10 km après Granthan, 198 km
Sa 23/05 et Di 24/05, 10 km après Granthan - Bois d'Ohlain, 473 km (visite de Londres by night et petite nuit blanche, trop bon !)

Le 04, au am, je me lève à 6h30 mais il fait déjà jour ! Sans doute depuis au moins 6h, ça me fais toujours bizarre de voir le jour si tôt, quand on est plus proche de l'heure réelle du Soleil (en France on a deux heures de retard en été… contrairement aux USA et Canada). Je finis donc avec ces premiers rayons de Soleil de tracer le parcours et je mets à la poubelle la moitié de l'atlas routier (10€ seulement pour toute la GB…) qui ne me servira pas, je l'avais proposé à une dame de le garder avec le Geo mais ça ne l'intéresse pas car elle ne comprend pas le français, même pour les images seulement, je demande si je le met à la poubelle et elle dit oui.
La route se passe toujours bien même si le vent reste de l'ouest mais ici il y a souvent des arbres ou des haies pour s'en protéger (c'est très pratique et donc moins dur qu'en Afrique) mais il y a beaucoup de circulation, c'est ce que Raphaël m'avait dit. Beaucoup de cultures par ici, comme en France, c'est très vert (même s'il y a des pesticides… on ne les voit et on ne les sens pas, pas si " vert " que ça). Beaucoup de chevaux aussi, plus que je en ai vu en France. Beaucoup de petits magasins, des centres villes historiques avec des maisons en pierres ou en briques (comme en Belgique ou dans le nord de la France), aussi des toits de chaumes.
Quelques gouttes encore mais rien de dramatiques cependant il fait beaucoup plus froid qu'en France et le vent est frais ! Brrr. Dès que je peux j'aimerais m'acheter une couverture de survie pour dormir dans la campagne (et ça pourrait servir de tente s'il pleut) car j'en ai assez de dormir en ville et d'être observé (j'aime ma tranquillité). C'est bête car j'en ai deux à la maison mais je n'y avais plus pensé.
Ici, les cathédrales (à Salisburg et à Winchester) sont avenantes (il faut payer 6£) comme d'habitude, je n'y vais pas, payer pour aller dans un édifice religieux, je trouve ça incorrect (comme c'est déjà arrivé en Pologne ou dans les pays baltes, là aussi il y a un gardien à l'extérieur…). Pas de chance, je me suis aussi fait avoir encore, les distances sur les cartes sont en miles et non en km ! Mon grand atlas du monde met l'échelle en km mais en fait c'est en miles ici comme pour les USA, je me disais bien que quelque chose était louche en faisant le parcours sur l'atlas routier. Et j'ai déjà fait le parcours en Islande, heureusement j'avais prévu des courtes distances, pour certaines étapes ça ne changera pas, pour d'autres il faudra couper si possible car elle ferait 200 km (soit 320 km comme c'est 200 miles), ça devrait être jouable sans dénaturer tous le parcours. Ca fait bizarre aussi de rouler à gauche, problème de latéralité et de schéma corporel, on s'y habitue quand même et je fais plus de chose instinctivement avec la main gauche quand je suis sur le vélo mais des fois ça m'arrive de rouler à droite.

Le 05, le am je me réveille à 5h et il fait déjà un peu jour, les oiseaux commencent à chanter. Ce fut une très bonne nuit même si je ne dors que 5h. A 6h30, je pars jusque Glaucester environ avec un vent de côté puis je l'ai bien de face (il vient de l'ouest quand je vais à Cardiff pendant environ 100 km). Que de voitures ! Pas la peine de les compter, des milliers de voitures croisées et avec ce vent il faut rester assez concentrer, ça me rappelle la Pologne, on a quand même d'excellentes routes en France ! Mais les britanniques roulent très bien, ils n'hésitent pas à rester un bon moment à attendre derrière s'il le faut et se décale très bien (si bien qu'une fois la voiture me dépassant a touché le rétroviseur de la voiture venant d'en face) ; de plus, à un stop ou à un feu, quand ils savent que je suis derrière, à chaque fois ils se décalent sur la droite pour me laisser passer, si je veux, sur la gauche, c'est le seul pays où j'ai vu ça pour l'instant.
Le temps est vraiment bizarre, des fois il fait chaud, de gros nuages aussi et ça refroidit, on s'attend à de grosses averses, parfois un peu de bruine, mais le vent est tellement fort (environ 80 km/h en rafale). Ce soir c'est presque la tempête ! Cardiff n'est pas très joli (je suis un peu déçu car on m'en avait dit beaucoup de bien), les britanniques sont plutôt sympathiques, beaucoup ont des chevaux ou de vielles voitures (comme dans certains états des USA et Canada).

Le 06, je me lève assez tard (7h30) et je pars véritablement que vers 10h, j'ai besoin de dormir mais j'ai surtout passé encore une très bonne nuit entre quelques arbres dans un parc de Cardiff, près de nouvelles résidences, sans craintes et c'est très calme.
Les cinquante premiers kilomètres pour sortir de Cardiff sont difficiles, encore beaucoup de voitures… c'est embêtant. Il n'y a qu'en France où les petites départementales sont bien indiquées et entretenues, où on peut faire tranquillement du vélo. Enfin, c'est vrai, en plus je fais environ vingt kilomètres de détours aujourd'hui, parfois ils mettent le n°= de la route seulement dans un sens puis on se rend compte plus loin qu'il y a un autre panneau avec le même numéro de route mais dans l'autre sens (ils ne font rien comme tout le monde les anglais…). Enfin pour ce qui est de la nourriture ce n'est pas très cher (le même prix qu'en France ou même moins), peut-être à cause de la dévaluation de la livre ?
Le Brecon NP ressemble fort aux Monts d'Arrée. C'est assez aride, beaucoup de couleurs, de dégradées de verts… La route est très jolie et c'est bien de pouvoir, le plus souvent, se mettre en danseuse… sans toujours faire attention aux voitures avec le cul collé sur la selle ou de devoir ralentir pour les laisser passer dans les descentes….
J'ai aussi acheté à Cardiff une couverture de survie, en face du château. C'est donc ce soir que j'essaye ça pour la première fois (ça deviendra un rituel) avec la roue avant démontée… pour faire de la hauteur en la mettant sous la selle, la CS servira de toile de tente et alors ce sera impeccable pour la pluie, le vent. A tester et ce serait possible de bien dormir sous tous les temps, n'importe où ?
Beaucoup de montées et descentes mais ça va bien, le rythme est là, en plus le vent est plutôt favorable, toujours de l'ouest, mais la route va un peu vers le NNE et les routes sont souvent encore entourées de haies ce qui est très pratique pour se protéger du vent…

Le 07, la nuit je dors très bien la veille avec la CS, même s'il il pleut assez bien assez longtemps et je reste au sec, c'est parfait ! Tout se passe donc très bien, ça coupe le vent, il fait bon à l'intérieur et ça sèche plus vite le am qu'une toile de tente, pas besoin de sécher, c'est comme du plastique mais en meilleur qualité…
Je reprends la route dans les Cambrian Mountains puis le long de la côte du NO de Wales, que de côtes ! Des bosses comme sur la rive gauche du Saint Laurent (y avait-il d'anciens glaciers, peut-être aussi ici ?). Les anglais sont assez ouverts, ils roulent très bien et c'est un peu la même mentalité qu'aux USA.
Les paysages sont très jolis mais que c'est dur avec ces bosses indiquant 12 à 20% (c'est en miles, je ne sais donc pas trop à quoi ça correspond exactement en mètre). Beaucoup de moutons encore par ici, les prairies sont comme dans le Quercy, délimitées par des murets en pierre (seulement maintenant dans le Quercy c'est fini les moutons, il en reste très peu et c'est donc surtout la forêt qui a pris la place sur les hauteurs des collines).
Le soir, j'arrive à Holyhead où j'attends 1h30 pour embarquer. Arrivée prévue à 6h à Dublin. La nuit va être courte. Je fais un tour dans le centre de Holyhead et juste quand je reviens à 22h30, il tombe une drash énorme. Le vent a été aussi assez épuisant aujourd'hui, heureusement qu'il y avait ces haies et murets.

Le 08, la veille, il se met à dracher juste quand je décide de revenir au ferry,  jamais tranquille, le départ se fait normalement à 2h30 am, embarquement à 1h30 am. On me dit que le vélo ne peut pas aller dans le bus (sans sièges) qui amène au ferry, à 2 km de là, il faut donc faire encore deux kilomètres sous la pluie. Une fois sur place, j'achète la carte d'Irlande, trace le parcours tout en rechargeant la batterie photo puis je fais dodo (seulement 3h de dodo, c'est sûrement la nuit la plus courte…, en fait il y aura plus tard des nuits blanches).
En Angleterre comme en Irlande, les indications sur les " petites " routes ne sont pas très bonnes, à des carrefours il n'y a rien et assez souvent les panneaux sont cachés derrière des arbres ou des haies…
Le am après quelques averses (il y en a eu une vingtaine aujourd'hui, courtes, une fois c'était même de la grêle), je finis de tracer le parcours en Irlande (environ cinq jours comme prévus mais il ne faudra pas trop passer par les PN ce qui ne me plaît pas trop… sinon je ne serais jamais à Oslo pour le 1er juin, pour prendre l'avion pour l'Islande). Je démarre donc vers 10h (j'ai que 170 km à faire) mais à cause de l'absence d'indications, je fais presque 20 km de détours et je reviens dans le centre de Dublin, ça ne va pas, le vent est toujours très fort (du sud) et il y a beaucoup de circulation malheureusement. Je décide donc de laisser tomber le sud, Waterford et Cork, pour aller directement sur Galway et le Connemara, en prenant les petites routes (les " R "…) et peut-être passer par les deux PN côtiers au nord (il y en avait deux autres au sud, les PN en Irlande sont aux angles de l'île en fait) plutôt que de ne passer dans aucun des PN ! Je pense que c'est le bon choix pour profiter des paysages mais même les petites routes sont à fort trafic, on me dit que c'est parce que c'est vendredi, mais même en Angleterre et Wales il n'y avait pas beaucoup de trafic. C'est donc encore beaucoup de voitures et de camions, peu de routes ici, contrairement à la France où le réseau secondaire est excellent (comme en Espagne, Autriche, Allemagne occidentale, Pays-Bas, Danemark). Ca dépend vraiment des Etats, c'est dur avec le vent et la moyenne n'est que de 17 km/h alors que c'est plat, c'est la moyenne d'une étape de montagne. Beaucoup de prairies… et moins de protection.
Le soir, je me trouve une bonne place dans une forêt de sapins, il n'y a pas de moustiques mais malheureusement beaucoup de pucerons ce soir (ça pique, j'espère qu'ils s'arrêteront une fois la nuit tombée).
Tout au long de la route, beaucoup de prairies et d'élevages de vaches surtout ; la plupart des villes sont assez jolies mais les routes sont assez souvent bombées à cause des camions, comme aux USA-Canada, beaucoup de belles maisons récentes (10-15 ans) dans la campagne (les pucerons piquent bien pendant que j'écris), souvent les irlandais ont l'air sympa, assez tranquille, mais deux fois (sur 4 ravito), si je ne faisais pas attention, on me faisait payer plus à la caisse… Ici, c'est environ ¼ plus cher qu'en France.
Dublin n'a rien d'exceptionnel, comme Cardiff, c'est assez uniforme et pour la cathédrale il fallait aussi payer pour visiter. Il fait donc assez froid (6°C de moins par rapport à Paris), pas grand-chose d'intéressant, pour le moment, je suis pressé d'être dans les montagnes où il y aura sûrement moins de monde.

Le 09, la nuit je dors très bien de 22h30 à 12h. Avec un réveil à 8h et 10h (je me rendors), il pleut mais la CS est très efficace (elle stoppe la pluie et le vent), c'est parfait et je suis fatigué de ce temps et ce vent de face. Après 12h30 ça se calme et la pm ça va malgré de gros nuages et quelques gouttes encore.
J'achète sur la route le journal où ils disent qu'il va faire beau le lundi, ce serait parfait pour faire une longue route en revenant vers Belfast (à l'est) si le vent reste toujours du SO-O. Le centre de l'Irlande est assez plat et c'est très marécageux, on trouve les montagnes dans les extrémités de l'île, près des côtes (là où il y a les PN). Beaucoup de prairies, vaches et moutons tout au long de la route où je demande avant mon chemin car souvent il n'y a pas d'indications aux carrefours (c'est seulement indiqué pour les grosses routes).
Beaucoup de belles maisons dans cette campagne qui contrastent avec les petites maisons (genre corons) dans les villes. Le soir je vais faire un tour dans Galway à pieds et en vélo, puis dodo près de la mer.

Le 10, il n'y a pas grand-chose à manger aujourd'hui (trois paquets de chips, un pain à 2€10, un croissant à 1€20…), j'ai utilisé 38€, c'est vraiment trop cher l'Irlande, en Angleterre le paquet de tabac à rouler est à 5€ (comme en France), ici c'est 7€ au moins ! J'espère que ce ne sera pas aussi cher en Norvège. Ici encore beaucoup de jolies maisons en campagne, de couleurs d'enduits (jaune, ocre, blanc, saumon, violet…), c'est très joli, les irlandaises sont pas tout aussi jolies, les irlandais sont souvent sympas quand je demande la route et beaucoup aussi donne des signes d'encouragements (en montrant le pouce ou en klaxonnant en voiture) ainsi que les motards.
Pour le Connemara c'est vraiment joli, le sud du Connemara me rappelle les monts d'Arrée en Bretagne encore tandis que pour le nord on se croirait sur la Icefield Parkway (en Alberta, au Canada, entre Jasper et Banff), évidemment en moins grandiose (pas de glaciers) et ça ne monte pas plus haut que 700 m pourtant la route est assez plane, il n'y a presque pas de montées entre les différents lacs (souvent appelés Lough ici), que des faux plats, sans doute ces reliefs viennent d'anciens glaciers et ce sera sûrement comme ça en Ecosse ?
Beaucoup de brebis et de chèvres sur ces terres du Connemara. Ensuite je finis avec 70 km sur les marécages comme entre Dublin et Galway où il y a surtout des vaches. Ce n'est pas très amusant car il y a  beaucoup d'habitations partout dans la campagne assez éparpillées (c'est différents en Amérique du nord) mais pas trop de circulation (c'est dimanche) heureusement pour les ravitos la plupart des magasins restent ouverts et le 08 mai n'était pas férié…
Le vent a aussi changé avec l'anticyclone ? Car il fait beau maintenant et le vent vient du NE, je l'ai donc dans le dos les 80 permiers kilomètrs car je vais à l'ouest puis de nouveau de face pour revenir sur Belfast ! Pas de chance mais il est moins fort (de deux fois environ) que son compère de l'ouest. Demain ce ne sera donc peut-être pas une aussi grande étape. Dommage.
Ce am je pars tôt de la plage où je dormais à Galway, la nuit fut excellente avec la CS ; beaucoup de jeunes dans la population irlandaise même en campagne. Hier (comme c'était samedi soir), beaucoup était bien arrangés avec l'alcool et à 21h il y avait beaucoup d'alcoolisés déjà dans les rues, beaucoup de bars, pubs et B&B partout. Hier soir, à Galway il y avait quasiment que des trentenaires dans les rues avec l'alcool, on se demande à quoi ça mène car certains se battaient déjà dans la rue. Il fait beau mais pas de chance aussi car je perds mes lunettes de soleil la veille au soir dans un cimetière à Galway. Je fais 10 km de détours pour les retrouver mais elles n'y sont pas ; sans doute le gardien qui m'avait vu est venu faire un tour après mon départ vers le centre ville, là où je me changeais, et les a ramassées ?
Les irlandais sont sympas mais un peu charognards (comme en Hongrie). Beaucoup de voitures Nissan, Honda, Toyota… et encore beaucoup de chevaux vus dans les prairies. Je vois très peu de vieilles maisons par ici sinon elles sont souvent abandonnées. Beaucoup de cyclistes aussi rencontrés (c'est dimanche), il y en avait dans le Connemara seulement (pas ailleurs), sûrement qu'ils y viennent en voiture avec le vélo…, malheureusement.

Le 11, la route fut difficile et la nuit fut assez froide car j'ai oublié de m'abriter au vent, ce soir je dors dans un petit bois, ça devrait être bon.
Je suis encore très déçu ce am par le vent assez fort maintenant de l'est, quel dommage, ceux qui font un peu de vélo peuvent comprendre que 19 jours avec le vent de face, ça commence à faire beaucoup, pas de chance qu'il ait changé de sens quand je reviens vers l'est !
La pm ça allait mieux et une fois revenu au RU la vie est moins cher qu'en Irlande, tant mieux, le même sandwich est deux fois moins cher… c'est même moins cher qu'en GB.
Petite note ou rappel : l'Irlande du Nord a ses propres billets (comme pour l'Ecosse, Wales). La GB = Angleterre + Wales + Ecosse ; l'Irlande du nord est une partie de l'Ulster, on appelle " Irlande du nord " la partie est de l'Ulster qui appartient au RU ; l'Ulster a donc une partie de son territoire en Irlande et au RU ; le RU = GB + Irlande du nord.
Après une partie encore assez plane ça devient plus vallonnée en  Ulster (quelques collines proches des 400 m). Toujours en demandant la route, une dame me parle pendant presque 20', elle semble contente de parler à un français, il est 17h mais elle m'aurait sûrement invitée chez elle mais je veux aussi continuer la route vers la côte où dans 80 km maintenant, à Coleraine, il faudra que je change le boîtier de pédalier qui est déjà usé (bizarre car il n'a que 5.000 km et les deux précédents en avait 15.000 avant de les changer) et si c'est impossible de le faire alors peut-être il faudra prendre le train pour Belfast ? J'espère que non car les 130 km le long de la côte sont apparemment magnifiques (inscrit à l'UNESCO en partie même) et ce serait bien de les faire.
Toujours beaucoup de prairies, vaches, brebis, belles maisons un peu partout dans la campagne (toujours pas de grands espaces avec presque aucune habitation), il a fait très beau aujourd'hui même si le vent d'est reste frais (et comme c'est de face…).

Le 12, quelle journée ! La veille, la nuit se passe très bien dans un bois de feuillus (c'est un peu moins bien que les bois de conifères qui sont moins humides) avec la CS, c'est parfait !
Le am, je pars seulement vers 9h30, les nuits sont maintenant vraiment bonnes. La route se passe bien malgré le vent toujours de l'est et je pense pouvoir aller jusque Coleraine pour changer le boîtier de pédalier mais après quelques kilomètres ça commence vraiment à déconner, c'est très dur pour pédaler… et ça claque à chaque fois, je remonte donc vers le NO et reste dans la vallée en direction de (London)Derry, pour ne pas forcer plus dans les collines. Dans la ville de Strabane, le marchand de cycle est fermé, je continu donc (peut-être n'a -t-il même pas le matériel de remplacement) sur 25 km jusque Derry où le marchand de cycle est aussi fermé, un autre est ouvert mais c'est que pour VTC, VTT, ça  craint et, après avoir attendu 30' qu'il soit disponible, il a comme je le pensais aucune pièce et il faut attendre une semaine pour les avoir ! Hors de question ! Je vais donc à la station de bus pour aller à Belfast (1h45 de trajet pour 10£), pendant ce temps je refais le parcours en Angleterre et en Ecosse, le temps passe vite.
Arrivé à Belfast on me conseille un magasin de vélo, j'y vais juste avant qu'il ferme mais il ne peut rien faire aujourd'hui, seulement pour le vendredi. Il y a quatre autre magasin de vélo, j'hésite et je dis on verra, je repars avec le vélo et prends un lit à l'hosteling international (11£) où il faut garder ses affaires quand on sort… pour éviter les vols. Puis je fais vite un tour en ville et je mange au fast food. Belfast est une grande et belle ville mais avec beaucoup de monuments à la " gloire " anglaise et à la reine Victoria (université, city hall, square…). Peut-être qu'il y a une " trêve " et je ne ressens pas de tensions mais il y a des affiches pro-irlandaises et ailleurs le drapeau du RU ou le lion de la Couronne britannique, ce n'est pas totalement fini je crois. D'ailleurs souvent les panneaux indiquant Londonderry ont le " london " effacé au marqueur vert, couleur de l'Irlande…

Le 13, après une bonne nuit à l'hosteling international, une douche, un rasage et la lessive que je n'avais pas eu le courage de faire la veille, je prends de bonnes résolutions et retourne au magasin de vélo pour dire que c'est OK, entre temps, j'ai vu que la manivelle de gauche à force de rouler de travers était aussi cassée et à changer. C'est donc OK pour vendredi je paye, prend un boîtier et manivelles Shimano comme ils n'ont pas de FSA, dans un sens ça m'arrange car personne n'a de FSA) puis je demande pour louer un race bike (comme c'est montré sur leurs affiches) mais ils n'ont que des cty bikes ! Je pensais louer un vélo comme ça pour deux jours et revenir à Belfast le vendredi pour reprendre le mien et faire, pendant ce temps la côte et la Giant's Causeway. Du coup, comme il y a toutes les pièces je demande pour qu'ils me le fassent (il faut 10' pour eux) mais ils ne veulent pas (ils sont quatre à travailler dans le magasin pourtant), je dis alors que je vais le faire et je demande pour qu'ils me prêtent la clé pour dévisser le boîtier, et ils ne veulent pas ! Du coup j'en achète une (la dernière qu'ils ont), 22£ ce qui remplace la main d'œuvre qui coûtait 27£ (pour 10' !). Je fais donc le changement… moi-même (j'ai vraiment bien fait de m'y mettre à la mécano, c'est vraiment facile en plus), et après 30' je lui rends la clé (comme neuve !) car c'est trop lourd à transporter mais il ne me remboursera même pas les 22£ ! Pendant ce temps il faisait sa comptabilité. Et ce " Mc Convey Cycle " est comme beaucoup d'autres, ce ne sont pas des passionnés du vélo mais des " charlatans " qui courent après l'argent (c'est tout ce qui les intéresse). Quelle honte, et dire qu'avant je me faisais régulièrement avoir alors que c'est si simple de le faire soi-même. Tout le contraire d'un marchand de cycles aux USA qui n'avait pas hésité à prendre le boîtier FSA sur un vélo neuf (après il disait en recommander un autre et le remonter alors sur le vélo neuf dans trois jours) et à me donner deux pneus ! Quand je lui dis ça il me dit ici ce n'est pas les USA, je réponds " oui, aux USA tout est possible, ici en Europe non ". Beaucoup de charlatans (comme les vendeurs de cycles de Sarlat ou de Cahors qui m'avait vendu une roue arrière limée et trafiquée, qui me change en plus les patins de freins non usés sans prévenir…).  Enfin. Je m'en tire pour 120€, c'est cher payé.
Vers midi, je reprends la route pour voir les horaires de ferry d'abord, puis je continu le long de la côte, une partie est à l'UNESCO, peut-être c'est jolie mais ça n'a rien de plus beau que la route 1 qui longeait la côte californienne sur 300 km avant SF et qui se poursuivait jusque Portland (que peut-être je prendrais en 2012 en revenant de la Snake river… ?
Ah, quel trafic. La distance est assez bonne grâce au vent favorable (je vais vers le NO ou l'Ouest), exprès au cas où il pleut pour les photos (pour ne pas mouiller l'appareil, la pluie serait alors venue dans le dos) mais il fait gris et il n'y a que quelques gouttes en fin de journée.
Toujours beaucoup de champs, de prairies, de vaches, brebis et moutons. Toujours des maisons éparses dans la campagne mais il n'y a pas dans cette Irlande du nord de belles maisons comme dans le reste de l'Irlande.
Les irlandais sont toujours assez ouverts mais un peu " voleur " ; je n'ai pas le mot exact mais, comme en Hongrie, il y a le sentiment qu'ils sont près de leurs sous et intéressés par les vôtres ! Les irlandaises sont assez jolies et beaucoup à Belfast sont en mini-jupe ou mini-short alors qu'il fait froid. Bref les femmes ne sont pas mieux que les hommes et maintenant qu'il y a la contraception, elles ont une vie sexuelle épanouie ! Les irlandais sont toujours sympas comme pour m'indiquer la route souvent (cet homme à Belfast qui sort ses cartes pour m'indiquer où se trouve les ferrys, ou cette femme à la Post office qui croit en premier que je demande de l'argent puis comprend que je cherche un magasin de vélo et qui téléphone pour savoir si c'est ouvert...). Beaucoup comme ça. Pour les enfants beaucoup me regardent en souriant quand je mange par terre dans les rues… ça fait plaisir. Beaucoup de maisons à vendre en Irlande du nord comme en Angleterre (c'était différent en Irlande), c'est bien la faillite ! Incroyable, il y a des rues presque entières à vendre à Belfast.
Pour finir, le soir, je passe sur un clou ! Le pneu est bien entamé et il faudra sûrement en racheter un autre plus tôt que prévu. Ca doit faire ma 5ème crevaison (souvent à cause de morceaux de verre). J'ai donc mis un pneu neuf ici.

Le 14, encore une très bonne nuit grâce à la CS, il pleuvine un peu le am mais ça reste OK. Ce soir j'arrive en Ecosse par le ferry à Stranraer et je continu la route pendant que j'écris il est 21h40 et il ne fait pas encore nuit ! Ce pays a l'air très joli ! Mais je me demande s'il n'y a pas des ours dans le coin ? Il faudra que je demande mais je n'en ai jamais entendu parler et cette nuit je reste quand même près de la côte maritime.
Dans le ferry je regarde le trajet et les cartes, et je me rends compte que je ne pourrais faire un tour dans le nord à Calais, il ne me restera que 7 jours pour arriver à Oslo avant le 1er juin (six jours sont donc nécessaires avec 160-180 km par jour, ça dépend beaucoup du vent, c'est le minimum avec le vent de face en laissant un jour de réserve au cas où). J'en ai encore pour 10 jours en Ecosse et en Angleterre où la vie n'est décidément pas cher. Avec la crise et la dévaluation de la livre sterling sans aucun doute. Le trajet dans le nord sera peut-être fait en septembre ? Pour ce qui est du Luxembourg, des Ardennes et du Rhin, au-dessus de Strasbourg, ce sera peut-être possible au retour si je ne mets pas plus d'un mois d'Oslo au Cap Nord et retour à Rostock en Allemagne, à voir !?
Pour ce qui est des 100 km environ en Irlande, ça s'est bien fini, un peu de bruine mais ça va quand même, le vent n'était pas trop fort au départ puis ça a augmenté (comme ce soir d'ailleurs). Toujours beaucoup de prairies, vaches et moutons, un peu plus de forêts apparemment ici en Ecosse. Pas mal de collines et de belles bosses aussi pour retourner sur Belfast où j'arrive juste à temps pour prendre le ferry.

Le 15, la nuit de la veille fut encore très bonne avec la CS, comme toujours. Cette partie de l'Ecosse a quelques collines mais ce ne sont pas encore les Highlands, cependant le vent est toujours de face ou de travers, la pm il pleut et ça ne s'arrêtera que vers 4h am le lendemain pour sans doute reprendre.
Toujours beaucoup de prairies, moutons, vaches dans cette partie de l'Ecosse où je longe en partie la côte et passe à une quarantaine de kilomètre du centre de Glasgow que j'évite pour rester là où il y a moins de voitures (même s'il y en a déjà trop). A Gourock, je prends le ferry pour Dunoon et je continu sur environ 15 km avant d'arrêter vers 20h30. Autant dire que le Soleil n'a pas fait d'apparition aujourd'hui mais il commence à faire jour vers 4h30 et il ne fait nuit que vers 22h, c'est le nord du nord.
Après Dunoon, les collines sont plus hautes (entre 300 et 800m) et beaucoup de Loch, c'est donc beaucoup plus joli malgré la pluie, c'est charmant. Le ferry était gratuit pour les vélos, c'est cool. Mais beaucoup de " jardins ", chambres d'hôtes (" inn ") et autres trucs commerciaux le long du premier Loch, c'est donc un peu dommage.
Les écossaises sont pour le moment moins jolies que les irlandaises (chacun ses goûts), beaucoup plus de personnes âgées aussi dans les villes…, moins de jeunes. Les maisons sont moins jolies aussi qu'en Irlande, c'est plus gris et bleu foncé…mais les paysages à partir de Dunoon sont magnifiques et ça me dit bien de revenir ici un jour plus tard !

Le 16, au am après une bonne nuit de pluie, je profite de l'accalmie matinale pour continuer d'écrire le carnet de route et les annotations des photos ;  je pars donc vers 9h (levé à 7h). Vers 14h et jusque 21h il s'est encore mis à pleuvoir toutes les demi-heures à chaque fois pour une demi-heure, entre temps ça laisse la possibilité de se sécher, manger ou boire et prendre quelques photos.
Les paysages sont vraiment jolis et ça vaudrait la peine de revenir un jour pour plusieurs mois pour faire une partie à pieds et une seconde en kayak. Beaucoup de hautes collines (il y a même du ski ici) et de Loch, quelques châteaux aussi, toujours un peu de vaches et moutons, beaucoup de bed&breakfest (cher) et " inn " ou " lodge "…
Le soir, avec cette pluie, j'utilise toujours la CS, ça protège bien ! Le vent vient toujours de l'est mais beaucoup de forêts, collines, donc on est assez protégé. J'utilise aussi le jour du papier journal dans les chaussures et le soir j'en remets du neuf pour absorber l'humidité de la chaussure et des chaussettes en laine (pour les chaussettes en cotons c'est moins bien, ça prend plus de temps, la laine est à préférer). C'est un très bon système et depuis je n'ai plus froid aux pieds la nuit et il n'y a pas d'irritations le lendemain comme ça arrivait souvent sur les autres parcours (USA, Canada, le 1er en Europe, sur Paris-Dakar en Espagne…).
Pas trop de voitures aujourd'hui (c'est beaucoup plus calme après 17h donc je roule ce soir jusque 21h). Journée plutôt calme à tout point de vue mise à part les bonnes averses. De très beaux paysages encore !

Le 17, cette étape est vraiment jolie. Le am je me lève qu'à 9h et pars qu'à 11h30, un record matinal. Pourtant il fait assez beau mais je traîne dans l'épicurisme et la contemplation… La route se poursuit avec le loch Ness qui est suivi sur près de 25 miles (40 km) mais il est moins joli que les précédents. C'est pourtant le plus connu. Il n'y a pas de montées et il y a un canal qui permet de traverser les Highlands et donc l'Ecosse d'est en ouest, en bateau ou en kayak. Le vent vient toujours de l'est sur les Loch, ça va mais en fin de journée il y a un peu plus de vent sur les hauteurs arides (c'est tout de suite mieux en fait).
Je croise aussi deux gars en vélo mais qui resteront un peu dans leur coin, des anglais qui roulent en Ecosse pendant neuf jours, tous frais payés par des sponsors et ils roulent aussi pour " vaincre le cancer ". Peut-être un jour je prendrais le temps pour voir et rechercher des sponsors et récolter des fonds pour une association caritative ? A voir. Mais avec le travail on ne peut pas tout faire. Il a fait plutôt beau aujourd'hui, pas de pluie, et malgré un coup de pompe (car je n'ai pas pris de ravito) sur les 50 derniers kilomètres, les paysages étaient grandioses. L'Ecosse est vraiment magnifique ! Je croise aussi quelques cyclistes hommes et femmes, plus qu'en France !
Le soir, je dors à la sortie d'une petite ville dans les sapins. Tranquille, c'est bien la CS, ça permet de dormir n'importe où, tant mieux car il y avait encore des alcooliques qui riaient comme des imbéciles.

Le 18, quelle pluie, quel temps ! Encore une bonne dizaine d'averses verglaçantes dans les montagnes ce qui est difficile pour freiner dans des descentes vertigineuses comme j'en ai jamais vues en France, c'est incroyable les routes ici (comme aux USA), c'est fait un peu n'importe comment ; même pour descendre la dernière vallée il y avait des montées et des descentes.
Avec ce temps tout s'abîme plus vite : les vêtements dont le k-way qui est déjà bien déchiré maintenant que je le met presque tous les jours, les coutures du sac à dos, les chaussures de vélo bien sûr comme les pignons qui commencent un peu à mal passer… il faudrait le laver et le huiler tous les soirs… Mais bon, les paysages des Grampian Mountains étaient splendides, la route aussi malgré le vent de face (sauf les 40 derniers kilomètres avant Perth) où je trouve parfois que j'ai un bon rythme, je regarde le compteur et en fait je ne vais qu'à 18 km/h. On s'habitue. Quatre belles bosses encore dont deux qui menaient à des stations de ski (seulement 600 et 800 m environ mais la latitude est différente de celle en France, il fait même jour une heure plus tôt par rapport à Londres car on est plus près du pôle nord et c'est l'été).
Voilà, mis à part la pluie, la journée est assez calme, je rencontre un anglais qui remonte aussi vers les îles Shetland, à noter son GPS (Garmin Edge 708 ou quelque chose comme ça) qui est pas mal.
Beaucoup de moutons sur les hauteurs puis je retrouve des vaches en redescendant dans la vallée, les anglais conduisent toujours très bien même si une fois un abruti a gueuler quelque chose mais quand on est dépassé à 80 km/h et en plus que j'ai le vent de face, on ne comprend strictement rien ! L'Homme est vraiment l'animal le plus débile que je connaisse et j'en croise beaucoup ! D'ailleurs l'anglais me disait que la veille il y avait une cyclosportive avec 3000 participants cyclistes et un homme débile a mis des clous dans la descente (là où il y a la station à 800 m), du coup, il y a eu des chutes et des blessés, la course a du être annulée ! Quand vous allez à 50-70 km/h en descente et que vous crevez ça peut être très dangereux si c'est une crevaison " rapide " car on roule tout de suite sur la jante et il faut alors s'arrêter très très vite. Une fois seulement ça m'est arrivé, sur ce trip, dans les gorges de la Truyère) à cause d'un caillou dans un virage, c'était très juste !

Le 19, quel temps encore ! Le am il pleut sans cesse, juste quelques arrêts entre 12 et 14h puis ça reprend sans arrêts toute l'après-midi jusque 19h où ça cesse dans Edimbourg. Tout est trempé, heureusement il y a toujours le vent qui est toujours de face (maintenant il vient du SO, c'est à n'y rien comprendre et je l'avais environ dans le dos entre Stirling et Edimbourg). Il ne fait pas chaud, le am je pars qu'à 10h30, sous la pluie, il faudra, dès qu'il fera beau, laver les chaussettes avec mon savon dans un ruisseau car ça commence à sentir et j'aimerais essayer d'éviter ça.
Dure journée encore dès le am avec une sacrée bonne côte de 5 km sur les collines puis une déviation qui me fait louper le centre historique de Stirling et enfin beaucoup de circulation entre Stirling, Falkirk et Edimbourg, heureusement le soir il y a toujours moins de monde sur les routes, les magasins restent ouverts toujours tard, les écoliers sont tous très bien habillés (comme au Maroc ou dans le Sahel, ils portent comme un uniforme, c'est différent en France).
Le centre historique d'Edimbourg est assez joli, son château est immense, sur un rocher comme celui d'Angers ou à Budapest. A Edimbourg, je me fais dépasser par une cycliste et je me dis " c'est quoi cette foldingue du guidon ", du coup je la rattrape en moins de deux et au feu elle me lance des regards de défiances mais on ne va pas dans la même direction, ahah, j'aimerais bien un jour en trouver une pour partager les voyages mais les filles qui font du vélo en France c'est rare !

Le 20, la route du am et de début de pm est très jolie et sur 115 km je ne croise presque aucun véhicule. Cette route passe encore dans les collines, parfois boisées, parfois marécageuses et herbeuses, où traînent les moutons comme sur la route assez souvent, c'est magnifique, les paysages sont splendides malgré quelques bonnes averses le am.
Ensuite pendant environ 20 km, il y a un peu plus de circulation jusque la route qui suit le mur d'Hadrien (classé à l'UNESCO), construit par les romains bien avant la muraille de Chine (environ 1500 ans avant), le temps reste bien menaçant, en même temps j'arrive en Angleterre de nouveau, ce mur suit d'ailleurs presque la frontière avec l'Ecosse, ils sont fous ces romains !
Ce soir je dors dans ce qui devait être un ancien fort où il y a d'énorme bloc de pierre de 2m3, le mur n'existe pratiquement plus, il n'en reste que les fondations qui sont souvent ensevelies par la terre… Cependant il y a beaucoup trop de murets avec de belles pierres taillées ce qui prouve que le mur a servi de carrière de pierre car avant les parcelles étaient ici en Angleterre délimitées par des haies, ce ne sont pas des pierres ramassées dans les champs mais bien taillées dans la roche, d'ailleurs le long de la route, on trouve des roches sans doute d'anciennes carrières de pierres mais des romains cette fois.
Le vent a bien changé comme il me semblait sur la route hier soir et la nuit, il vient maintenant du SO et je l'ai donc eu dans le dos en bonne partie sur les 40 km fait le long du mur, ça fait plaisir car ce am c'était encore bien dur avec le vent de face.

Le 21, ce am, vers 4h, il commence à pleuvoir, je me rendors donc bien au chaud dans la CS puis à 6h30 je me réveille encore en pleine forme, pas de pluie mais elle revient vite, j'étais prêt à partir mais redodo du coup puis réveil à 9h30 et départ sous la pluie qui s'arrête vers 10h ! Après il commence à faire à peu près beau et il ne pleut pas, le vent vient aussi de l'ouest maintenant, favorable au début et encore plutôt favorable même en descendant vers le sud, une fois que je quitte la route qui longe le mur.
Jusque Durham il y a encore de sacrées bosses mais de ravito, les 65 premiers km sont donc assez durs. A Durham je reste environ une heure à me reposer près de la cathédrale et du château avant de repartir. Le vent reste fort variable et même ce soir on dirait qu'il va encore pleuvoir. En Angleterre beaucoup de bosses, les routes montent en haut des collines (pourtant pas très hautes) au lieu de passer dans les vallées ou de serpenter comme en France, c'est donc assez difficile et fatiguant, c'est pire que des étapes de montagnes même car le rythme est difficile à prendre. Après Durham la route est bonne et c'est assez plat, je me fais donc bien plaisir à rouler à 30 km/h sans problème avec le vent plutôt favorable, il y a malheureusement plus de circulation mais les anglais roulent bien (sauf les bus et les camping-cars).
A 19h je croise et je parle un moment aussi avec un allemand qui revient d'Ecosse, il cherche un Bed and breakfest, moi je continue la route vers Dover (Douvres), lui va prendre le bateau avant pour les Pays-Bas. Je continue comme toujours à rouler jusque 21h environ car il y a moins de circulation même si c'est parfois dangereux car les voitures allument leurs phares et elles ne font plus attention aux cyclistes (mais seulement aux phares alors qu'il fait encore bien jour) et elles doublent donc en face de moi (deux fois ce soir mais c'est toujours pareil…), ils devraient mettre des lunettes !
Le soir, avec les jours de pluie, je fais la toilette des pieds comme en Afrique et change de chaussettes, puis je pose un pansement sur une irritation à cause de la pluie, au calcaneum face externe du pied gauche (ce soir je ne mets pas de chaussures pour laisser les pieds à l'air) mais beaucoup moins de douleur (aucune même ) aux pieds comme dans la passé à cause de la pluie et des frottements qui allaient avec, grâce aux papiers journaux que je mets dedans. Je mets aussi du papier journal sur le torse, ça protège vraiment très bien du vent froid et de l'humidité, j'en ai même dans les manches.
A Durham, pour la 1ère fois je visite une cathédrale (non payante !) mais à l'intérieur on me donne les horaires des messes… Le cœur est joli, dans le cloître on trouve aussi un magasin de souvenirs… et un restaurant ! Le château est lui fermé à la visite car il y a une conférence universitaire. J'ai encore trois bons jours en Angleterre suivant le vent et la pluie, peut-être à Calais il faudra aller directement en Norvège, on verra…

Le 22, au am, je me réveille vers 6h mais il pleuvine encore, du coup je me rendors et c'est seulement vers 9h30 que je pars avec toujours des petites gouttes qui tombent. La nuit c'est rare de voir les étoiles et je n'ai pas encore aperçu la Lune, de même le jour le Soleil reste discret. La pluie s'arrête pour laisser place à des averses mais pas suffisamment quand même pour être trempé, heureusement pour les pieds qui peuvent ainsi " cicatriser ", il pleuvine une dizaine de fois dans la journée pendant 10' environ chaque fois.
Je visite York et Lincoln (environ 45' pour chaque), ce sont deux belles et jolies villes avec leurs centres historiques, châteaux, et cathédrales, plus intacts et plus grands à Lincoln d'ailleurs. C'est souvent que les cathédrales sont entourées d'une enceinte sur une grande superficie (comme les beghinof à Brugges, ça me rappelle ça) ; dedans il y a des habitations comme un quartier, je n'ai jamais vu ça en France ou ailleurs pour l'instant. Beaucoup de maisons dans les campagnes de styles cottages, style bien british, comme on peut voir dans les films.
Il y a encore beaucoup de circulation sauf après 18h, le vent était bien de l'ouest encore et donc la plupart du temps de travers mais ça allait, ce serait bien qu'il reste encore comme ça pour rejoindre Douvres, il serait de dos alors. Je ne pense plus passer par Lille ou Lens maintenant, j'irais peut-être pour la braderie à Lille en septembre, là je pense remonter directement vers Oslo.
Encore beaucoup de champs, cultures, c'est assez plat, quelques grosses industries aussi, toujours beaucoup de maisons à vendre pourtant le prix de l'immobilier semble assez cher (je vois des maisons qui coûtent 150.000€ en France équivalente à 300.000£ ici soit environ 330.000€).
Ce serait bien demain de traverser Londres de nuit mais c'est une grosse agglomération, il y en a peut-être pour 100 km ! Et de visiter comme ça, by night, on verra, quand il fait beau je me lève plus tôt en général, là, c'est souvent la pluie !

Le 23 et le 24, il y a eu une bonne petite nuit blanche ! Le samedi am après encore une bonne nuit dans les bois je continue la route vers Londres. La route est jolie et je prends des petites routes pas très fréquentées donc ça va. Le terrain reste assez plat jusque 60 km avant Londres et la Tamise où ça remonte et ça redescend, il y a toujours de sacrées bosses dans le coin ! Je visite vite fait Canterbury où il y a beaucoup de nationalités différentes, d'universités très jolies (c'est cher, sûrement), de jeunes, de commerces aussi. Les filles sont toutes en mini-jupes, mini-shorts, très moulants ! C'est samedi aussi.
Le soir, j'arrive à Londres vers 21h30 (dans l'agglomération) et je suis seulement vers minuit dans le centre de la ville (Westminster), aussi la plupart des grands monuments ne sont plus éclairés, dommage pour les photos, comme Buckingham Palace ou l'abbaye de Westminster et le Parlement anglais. Mais peut-être j'y retournerais en septembre de cette année (en fait non, donc ce serait que partie remise). Avec un peu de motivations je continu à rouler de nuit dans cette agglomération de Londres (environ 120 km), tout est éclairé sur la route ce qui permet de rester éveillé, le jour vient vite aussi vers 4h am et ça commence à me redonner de la force vers 7h30, avec la lumière réelle, et, après le passage auprès de gens bizarroïde (c'est la nuit et c'est Londres, comme toute capitale, on rencontre alcoolique, prostituées, droguées…), à 7h30, je peux enfin prendre un ravito !
Après l'agglomération de Londres et jusque Douvres il y a encore de sacrées montées et descentes ! C'est très dur avec la fatigue. Je passe aussi par Canterbury, jolie mais sans plus finalement, je préfère " mes " montagnes. Je ne visite pas la cathédrale qui est là encore payante, et comme c'est fermée, clôturée, on ne peut même pas admirer les façades extérieures, dommage.
Douvres a l'air assez jolie mais le ferry part tout de suite, on en verra peut-être plus en septembre ? Environ deux heures de traversée et une heure de perdue dans le décalage horaire (mais les jours sont plus longs en France maintenant, par rapport à avril, il fait nuit vers 22h et le jour arive plus tard ce qui me convient mieux). Dans le ferry je me rase tout de suite car après il y a foule dans les WC et ensuite je demande si je peux prendre une douche (normalement réservée aux conducteurs de trucks), j'explique que je viens de Londres en vélo… et c'est oui ! Ah, trop bon ! Ca fait trop du bien ! J'en profite aussi pour laver mes chaussettes en laine.
Arrivé à Calais, dans mon pays de " cœur " et de naissance, le " nord ", il fait encore beau ! Comme la veille d'ailleurs, les températures sont bien plus agréables ici comme dans le sud de l'Angleterre. Je prends un petit ravito à Calais puis prends la route car on est dimanche après-midi et tous les magasins sont fermés et à 19h c'est fini… C'est comme ça en France mais comme c'est bon de remanger du fromage ! Du camembert, du bleu, du chèvre… miam, miam.
Avant Saint Omer, je me fais dépasser par un drôle de cycliste qui revient d'une course sur la côte d'Opale et qui revient chez lui à Lillers en vélo, j'arrive à le suivre et c'est sur un rythme entre 30 et 40 km/h que la route se poursuit, après une nuit blanche et 400 km dans les jambes, c'est pas mal… Finalement j'arrive vers 20h dans mon bassin minier de Lens-Béthune-Douai et je vais faire dodo dans les bois d'Ohlain que je connais depuis tout jeune. La nuit fut bonne !
Ca faisait 10 ans que je n'avais pas fais ça. Quand j'avais 21 ans j'ai du faire en deux jours environ 480 km aussi sans dormir avec pour seul lumière la pleine Lune, la route était bonne et aller tout droit dans le PNR de la Brenne, entre le Quercy et la Beauce. Je suis content de voir que 10 ans après je suis encore capable de faire ça !


Chronique 3 : de Calais à Kiel, puis Oslo et Reykjavik


" Des Flandres à la mer Baltique "
(984 km)


Lu 25/05, Bois d'Ohlain - Souchez, 36 km
Ma 26/05, Souchez - Sombeke, 198 km
Me 27/05, Sombeke - Amerongse Berg (sommet à 69 m !), 211 km
Je 28/05, Amerongse Berg - 5 km avant Meppen, 192 km
Ve 29/05, 5 km avant Meppen - Buschberg, 209 km
Sa 30/05, Buschberg - Kiel, 138 km
Di 31/05, à Kiel puis trajet entre Kiel et Oslo en ferry

Le 25, au am je pars que vers 10h et rejoins Sains en Gohelle puis Souchez où je revois de bons amis d'étude de kiné, je vais aussi revoir mon oncle à Liévin. Ca fait du bien de revoir ses visages et ce pays ! On se sent comme à la maison même si j'aime beaucoup le Périgord Noir et le Haut Quercy !

Le 26, la veille était vraiment une bonne journée, même si c'était court, mais intense, et c'est bon de se reposer et de revoir mon oncle, olivier et mél avec leurs deux enfants. Ah que ça faisait du bien de dormir sur un bon matelas.
Le am, je pars vers 9h pour aller à Intersport à Liévin où j'y achète lunette de Soleil (comme j'ai perdu les anciennes à Galway) et un cuissard noté XL sur leurs étiquettes mais en fait c'est du M sur l'étiquette intérieure (pour 45€ alors que c'est fait en Asie). Puis je demande pour les rustines et la colle mais il n'y en a plus, décidément les vendeurs de vélo… ils ne sont pas très sérieux. Aussi j'achète deux pneus et cinq chambres à air (tant mieux car sur les pistes belges j'en éclate une, irréparable, à cause des cailloux et ouap, il y en a beaucoup des cailloux sur leurs pistes !
Après, vers 10h30, je reprends la route, je passe rapidement dans Lens, La Bassée, Fleurbaix où il y a 10 ans j'avais fait une bonne petite course, Armentières et Ypres, qui ont de jolis beffrois et hôtels de ville puis Gants dans laquelle je ne trouve rien de bien particulier (pourtant inscrite à l'UNESCO). La route est plutôt plane, beaucoup de pistes ici en Flandres belges (car il y a aussi la Flandre en France) où ils parlent encore le flamand et tous est encore écrit en flamand, langue que quelques uns de mes ancêtres parlaient… Ca va, les pistes sont convenables tout de même, après l'Afrique on s'habitue à tout ?
Le vent est de travers assez fort le am puis ça se calme, tantôt favorable ou non, suivant la direction de la route. Les flamandes sont toujours aussi jolies (" les fla, les flamandes… " comme chantait Jacques Brel), pas beaucoup de maisons à vendre, ça change de la Grande Bretagne.
Voilà, ça va être juste pour Oslo, surtout que pour après-demain la météo annonce un vent du nord à 40-60 km/h, on verra. A Gants, je reste une bonne heure à cause de la sortie très dure pour trouver la bonne route (c'est quand même mieux Brugge)… ; de 10h30 à 14h environ il pleut beaucoup, je pensais que ça allait continuer mais ça se dégage et il fait même assez beau ensuite.

Le 27, ah, quelle dure journée, non, en fait j'ai le vent favorable, le seul dieu vent car le Soleil, les montagnes, les déserts, la pluie, la neige… ne sont rien quand on a le vent dans le dos, donc tout va bien sauf que (comme pour Gant), la sortie d'Anvers et de Breda sont très dure et je fais donc environ 40 km de détours… C'est donc beaucoup pour rien (je reste 1h à visiter Breda et 1h à essayer d'en sortir en vélo).
Ah, voilà, il repleut cette nuit comme il a fait gris toute la journée et qu'il a aussi plu cette pm. Ah, ce n'est vraiment pas agréable cette pluie, cessera-t-elle un jour (ou deux, ahah) ? Enfin, il fait tout de même plus chaud qu'au Royaume-Unis et qu'en Irlande. Quel temps épouvantable tout de même. Arrg quelle pluie alors que j'écris ces lignes.
Bon juste encore pour dire que, comme il y a deux ans, les Pays-Bas c'est beaucoup de canaux, chevaux, et de jolies petites maisons, les néerlandais sont souvent gentils et on se parle en anglais. Ce serait bien que le vent reste dans ce sens, on verra car normalement il doit venir du nord pour les quatre prochains jours (pas de chance). Allez, au dodo !

Le 28, quelle belle journée ! Je me lève vers 9h et pars vers 10h (je dors toujours trop bien avec la CS, sans elle je me levais bien plus tôt). Vers 14h les derniers gros nuages s'en vont et laissent la place au Soleil de plus en plus, le vent vient comme prévu du NO et du nord, donc défavorable, mais comme c'est plat, la moyenne reste bonne à 22,5 km/h, ça compte aussi quand je marche en ville…, ça pourrait être pire.
Je profite bien de cette belle dernière journée aux Pays-Bas dans la campagne et sur les pistes en évitant les grandes villes pour ne pas me perdre mais parfois c'est mal ou pas indiqué, je demande donc alors mais contrairement à il y a deux ans je ne rencontre presque pas de personnes qui parlent anglais ! Ou ce n'est pas de chance. Mais on se débrouille quand même, même si deux fois on m'indique la direction d'où je viens (alors qu'en fait c'est l'inverse quand je demande à quelqu'un d'autre, ah, il y en a qui s'amuse bien avec les touristes…).
Les paysages restent bien sûr jolis, c'est souvent plat, beaucoup de canaux, toujours des pistes, de jolies maisons et fermes en briques, quelques châteaux, souvent des chevaux…
Au soir, je ne trouve pas de cartes pour l'Allemagne, on verra demain, mais ça me semble impossible d'aller au nord du Danemark en trois jours (ce qu'il me reste). Il y a le bateau à Kiel mais comme il y a environ 600 km pour Oslo de là par la mer, il doit mettre deux jours ? Ce n'est pas une bonne idée. Le plus raisonnable serait de prendre le train ou le bus demain, vendredi, ou le samedi à Brême pour Hambourg puis le nord du Danemark où je serais alors au plus tard le 30 au soir, ce qui me laisserait le temps de prendre le bateau (que 200 km alors pour rejoindre Oslo, et donc sans doute une nuit de trajet). L'autre possibilité serait de continuer et prendre le train ou le bus le 31 pour arriver au nord du Danemark le 31 vers 20h et alors prendre le bateau mais je connais ni les horaires de bateau (aïe) ni si le dimanche il y a des bus ou train (c'est peut-être pas comme le RU ou les USA, d'ailleurs tous les magasins ferment tôt, y compris les stations essence, ce n'est pas ouvert 24h sur 24). Il aurait fallu que je vienne directement ici depuis Calais comme je pensais le faire ou ne pas rester une journée dans le " nord " mais c'était un vrai plaisir de revoir des amis et famille sur Lens, c'était malheureusement trop court pour les revoir tous (il faudrait prendre une semaine).

Le 29, quelle journée excellente ! Le am je me réveille avec un Soleil radieux et il fera beau toute la journée, incroyable, et pour la première fois sur ce petit tour je me mets en tee-shirt à 12h comme il fait chaud. Bon, le vent est toujours de face, du nord, et donc défavorable mais comme c'est plat (rien à voir avec le RU), ça roule bien. Je passe dans la campagne où il y a de très jolies petites villes et villages, de nombreuses et toujours jolies maisons, beaucoup de pistes cyclables, des moulins, des éoliennes et des panneaux solaires parfois sur les toits.
Le am, à Meppen, j'achète les cartes de toute l'Allemagne pour seulement 15€ à 1 cm pour 2 km (en France ce serait plus cher). Je regarde aussi pour le ferry, au nord du Danemark il met 10h pour Oslo et à Kiel il met 20h pour y aller (et non 40h comme je le pensais), je décide donc d'aller à Kiel et ce serait parfait s'il y en avait un pour le samedi pm ou le dimanche am (comme l'avion est le lundi à 14h), sinon je demanderais s'il y en a un au nord du Danemark (pour les horaires) et si c'est possible de le prendre alors j'irais en bus de Kiel (ou en train mais c'est sans doute plus cher). Ah, c'était ma meilleure journée depuis longtemps, peu de voitures (grâce aux pistes), le calme de la campagne, la gentillesse des allemands de l'ouest et le Soleil, enfin !

Le 30, au am, je me lève vers 6h et pars vers 7h, le dodo était excellent sous la pluie et il l'est toujours avec la CS, pas de réveil la nuit ! C'est trop bien et très pratique. Encore beaucoup de fermes, chevaux, champs, pâturages avec les vaches. Les maisons ici sont souvent entre 120.000 et 150.000€, mieux qu'en France pour l'équivalent.
Les allemands sont très gentils, surtout la génération de mes parents, et quand ils savent que je suis français (quand je demande s'ils parlent anglais, beaucoup me répondent " a little ", puis je demande do you speak french, ich bin franzosich, et là à chaque fois il y a un contentement de retrouver un français plus qu'un anglais…), peut-être aussi y a-t-il un sentiment de culpabilité avec la WWII qui n'existe pas dans ma génération en Allemagne, c'est sûr.
Ce soir, à Kiel, j'écoute un concert sur les quais derrière la gare mais il n'y a pas plus de 50 personnes, c'est très calme pour un samedi soir ! Beaucoup de magasins, y compris les restaurants, sont fermés dès 18 ou 19h ! Etonnant contraste de mode de vie par rapport aux USA et au RU ou même en Irlande. Même les filles ici sont toutes presque en jeans (pas de jupes ou shorts contrairement à l'Irlande ou l'Angleterre même s'il faisait un froid de canard dans ces contrées). Beaucoup d'allemands aujourd'hui se sont occupés de leurs jardins ou d'étendre leurs linges dehors (il fait beau, juste quatre gouttes un moment mais le Soleil réapparaîtra).
Toujours des pistes cyclables et un vent qui vient du nord puis de l'est donc plus fort qu'hier et c'est quand même plus dur, heureusement c'est plat. Lorsque j'arrive à Kiel, je vais au terminal du ferry pour la Norvège (il est 17h) et tout est fermé, personne pour me renseigner. Ah si, je tombe sur trois personnes qui font concierges et le ménage mais ils parlent très mal en anglais, enfin je comprends que le ferry arrive demain à 10h et je repars à 14h, donc normalement c'est bon s'il met 20h pour arriver à Oslo, j'arriverais le lundi à 10h (je ne sais pas si c'est le même fuseau horaire), juste le temps d'aller à l'aéroport pour prendre l'avion qui part à 14h45 mais où il faut normalement être trois heures avant le départ. Enfin, dans le ferry je pourrais me reposer et il y aura sûrement une chambre comme il y a deux ans entre Turku et Stockholm.

Le 31, journée maudite. Le am après une nuit à côté des trucks et du terminal pour la Norvège, je vais prendre un café car je suis réveillé à 6h et le terminal n'est ouvert qu'à 9h. J'y vais et le prix est exorbitant ! 330€ pour une personne et c'est le moins cher (200€ si j'étais avec quelqu'un), je demande pour ne pas prendre de cabine mais c'est obligatoire. Du coup, je vois aussi que le dimanche soir, j'ai maintenant les horaires, il y avait le ferry au nord du Danemark pour Oslo pour seulement 50€ (enfin, quand je pense que de Turku à Stockholm avec la nuit + une cabine j'ai payé que 30€ !). C'est fou et tous coûte assez cher à l'intérieur même s'ils disent que c'est sans taxe (30€ le 1er prix sur le menu pour leur restaurant, 10€ pour la piscine, …). C'est vraiment dommage si j'avais continué vers le nord du Danemark il m'aurait manqué que 60 km environ pour arriver le dimanche à 20h au nord du Danemark, je me dis que j'aurais pu utiliser les lumières, si je n'étais pas passé à gant ou Anvers et Breda où je me suis beaucoup perdu en tournant en rond, si je n'avais pas été sur Lens mais directement de Calais vers les Pays-Bas et même que j'aurais pas dû prendre le billet en avance pour Oslo (en avion, ça aurait fait environ 400€ sur place, en prenant en avance à Cherbourg j'ai payé que 200€, finalement ce que j'ai économisé je viens de le perdre).
Il fait beau aujourd'hui, c'est déjà ça, mais je n'aurais quand même pas du mettre la charrue avant les bœufs, j'espère que pour l'avion ça se passera bien. Pour le temps en Islande il devrait faire beau les cinq premiers jours puis variable avec de la pluie (sur internet), pendant les cinq premiers jours le vent devrait être d'ouest-SO puis encore ouest-sud voir de l'est, c'est pas sûr, ça peut varier et très vite changer de sens apparemment, c'est une île, aussi je pense faire la route 1 d'abord par le nord de l'île puis revenir par le sud car les geysers sont dans le SO et on peut y faire des détours ce que je ferais s'il reste du temps.
Il me faudra quand même toute la matinée pour me remettre de l'achat de ce billet de " croisière " en ferry pour rejoindre Oslo ! Mais pendant que je réfléchis à tout ça à Kiel, très calme le dimanche am, un oiseau vient se poser sur mon épaule droite ! Pas un pigeon ! Et fait " kuikui ", me regarde et redécolle ensuite, c'est un moment fort et gratuit, on ne voit ça que dans les Disney.
Dans le bateau, je fais une bonne sieste la pm ; puis la nuit à 00h, c'est étrange de voir le sud de la mer noire et lorsqu'on regarde vers le nord il y a l'horizon comme un arc en ciel où un couché de Soleil qui ne veut pas finir, et oui, on remonte vers le pôle nord et c'est l'été, donc en plus vers le 18 juin c'est le jour le plus long, s'il fait beau, sans nuit !



Cliquez pour agrandir l'image

Chronique 4 : de Reykjavik à ... Reykjavik


" Petit tour des magnifiques terres d'Iceland ! "
(1542 km)


Lu 01/06, Oslo - Reykjavik, 64 km
Ma 02/06, Reykjavik - 15 km avant Bifrost, 155 km
Me 03/06, 15 km avant Bifrost - 15 km après Blondüos, 172 km
Je 04/06, 15 km après Blondüos - Reykjahliô, 243 km
Ve 05/06, Reykjahliô - 10 km avant Djupivogur, 248 km
Sa 06/06, 10 km avant Djupivogur - 3 km avant Höfn, 115 km
Di 07/06, 3 km avant Höfn - 15 km avant Kirkjubaejar (Klaustur), 196 km
Lu 08/06, 15 km avant Kirkjubaejar (Klaustur) - 20 km avant Hvolsvöllur, 154 km
Ma 09/06, 20 km avant Hvolsvöllur - Reykjavik, 141 km
Me 10/06, Reykjavik - Kevlavik (aéroport), 54 km

Le 01, au am, je me réveille à 6h30 après avoir fait la veille, au soir, le parcours du retour sur les cartes d'Allemagne achetées à Meppen et je laisse dans la cabine les parties où je ne pense pas passer. Le parcours devrait être assez intéressant. Je regarde aussi combien il y a de kilomètres d'Oslo au Cap Nord par les fyords et pour le retour par la Finlande et la Suède, ça fait 6.000 km et il faudrait les faire en 25 jours ou moins si je veux être en Allemagne le 07/07/09 pour pouvoir faire les Pyrénées, ça devrait être possible car beaucoup de route sans rien comme j'aime, et donc on va bien pouvoir rouler surtout que les jours sont plus longs (à 4h sur le même fuseau que la France, il fait déjà jour à Oslo). Il y aura peut-être des ours d'après les documents touristiques que je trouve. J'apprécie beaucoup ces étapes où il n'y a rien, souvent en montagnes ou les forêts du grand nord comme au Canada ou les grandes plaines des USA. Jusque maintenant, il y a eu beaucoup d'agglomérations mais il y a des centres historiques très jolis (Belfast, Edimbourg, York, Lincoln, Anvers, Breda…) même si souvent j'y ai fait des détours en me perdant. C'est risqué aussi car beaucoup de voitures et un accident est vite arrivé (donc il n'y a pas plus de risque que de rester en forêts où il y a des ours).
Dans le ferry, je me réveille qu'à 10h et on est déjà arrivé, tout est vide et je suis le dernier à sortir, plus personnes, et la douane à la sortie du bateau est déjà fermée ! Oslo a l'air d'une jolie petite ville (plus petite que Stockholm, environ de même taille que Helsinki mais j'y étais passé sous la pluie et fin août est déjà froid à Helsinki). Que 60.000 étudiants à Oslo, pas beaucoup pour une capitale. Les nordiques sont très calmes apparemment même si en faisant la queue pour prendre l'avion, comme d'habitude, celui qui est derrière moi tapote à chaque fois sur la roue arrière du vélo. Je ne sais pas pourquoi à chaque fois c'est pareil (comme les chiens qui viennent me renifler même quand les " maîtres " les tiennent en laisse, lorsque je suis entrain de manger…). Je vais tout de suite voir pour le bus, sans doute moins cher que le train (18€ quand même) pour faire les 60 km qui sépare Oslo de l'aéroport international (sans savoir si c'est vraiment celui là comme c'est pas préciser sur le billet électronique). J'y arrive à 12h30 et l'avion part normalement à 14h45, tout se passe bien. Je visiterais Oslo sans doute au retour dans 10 jours (en fait non).
Ah ! J'ai failli rater l'avion ! A cause de la douane qui me retienne pour quelque chose qui ne va pas au scanner dans mon sac, j'y reste au moins 15' et pourtant je pensais avoir enlevé tout ce qui ne passe pas, mais avec la fatigue… (ciseaux, pince à épiler, clés alènes, couteaux) et en fait ce sont deux clés pour les vis des freins qui ne passent pas ! Alors que je peux garder la fourchette en métal ! Que j'avais aussi oublié d'enlever. C'est vraiment bizarre, heureusement que je ne suis pas ceinture noire de karaté ! je serais plus dangereux que le plombier ! Du coup je cours pour aller à l'embarquement qui à 14h35 était fermé et j'arrive heureusement juste à temps. Il paraît qu'il y a eu des annonces mais je n'ai pas écouté et si c'était en norvégien… D'ailleurs les langues allemandes, norvégienne, islandaise, anglaise, … tout cela se ressemble sauf bien sûr quelques mots d'anglais à cause de la conquête de Guillaume le Conquérant au X-XIè s, je crois. Enfin, je paye 18€ de bus pour aller à l'aéroport et 28€ pour le chargement du vélo (bagage hors norme, certaines compagnies ne font pas payer, comme lorsque je suis revenu d'Afrique de Dakar ou de Niamey).
Tout semble me coûtait cher ici, comme en Irlande, il faudra que je demande à la banque demain le taux exact de conversion, il faut aussi que je rachète les clés (ça doit faire 2€ comme en France apparemment, peut-être 10€ vue les prix affichés en vitrine dans un magasin dont on m'a donné l'adresse).
En Norvège comme en Islande, beaucoup plus qu'en Allemagne, les gens parlent aussi l'anglais couramment, mais on a du mal à se comprendre à cause de l'accent, ce qui ne m'est jamais arrivé en Grande Bretagne et en Irlande.
Le soir, je stoppe à Reykjavik pour avoir ces clés, notamment celle de 13mm pour régler mes patins de freins car ça commence à être très juste pour m'arrêter et en cas de forte descente ou s'il pleut (notamment des pluies verglaçantes), ça va être périlleux ! Ici d'ailleurs à 00h20, alors que j'écris, il fait encore jour ! Pas de problèmes pour voir mais ce ne sera pas le cas dans quelques jours quand il va pleuvoir. Dans un prospectus de l'avion c'est dit qu'il fait à Reykjavik la même température l'été qu'à New York, peut-être mais comme le nom de la compagnie Iceland Air, l'air sur cette île est glacé et il fait bien plus froid qu'à Oslo. Dans l'avion, je regarde " Australia " mais je suis déçu car il y a très peu de paysages (je pensais m'instruire pour le voyage là-bas), je regarde donc surtout par la fenêtre comme il n'y a pas trop de nuages. Dans le ferry, j'ai vu un reportage sur un type qui a fait l'aller-retour NZ-Australie à Sydney mais il a disparu 30 km avant de finir en NZ, c'est fou. On a retrouvé son kayak, sa caméra, le temps était beau, dans le film on pense qu'il a heurté un rocher. Pourtant il avait bien passé une tempête avec des vagues à 8m et il a fait ça avec un kayak de mer tout à fait normal. C'est vraiment dommage si près du but, et pour sa femme et son enfant.
Ici, en Islande, beaucoup sont encore dehors à 00h. Y compris dans les bars ou restaurants ou sur la route, c'est assez incroyable. L'hiver doit être par contre très dur, je n'ose pas imaginer vivre ici tout le temps. Il fait froid (10°) mais beaucoup sont en tee-shirt ou en short, y compris les filles en jupes, d'ailleurs forts jolies, comme en Norvège à Oslo. Seulement 300.000 habitants sur l'île dont les 2/3 sur Reykjavik, ça promet de belles journées sans voir beaucoup d'humains pour les jours à venir et de grandes distances sans ravito, problème que je n'ai pas encore rencontré ici, dans ce tour en Europe du nord. Il paraît qu'il n'y a pas de criminalité sur l'île, en tout cas les islandais ont l'air bien sympathique (il est 22h30 quand dans le parc des enfants jouent encore et 00h quand d'autres font du foot et un genre de cricket, je comprends mieux pourquoi les ours hibernent, c'est naturel.

Le 02, la veille je dors dans un parc de sapins, le seul que je trouve après Reykjavik, la nuit est bonne, je me réveille vers 10h30 alors qu'à une cinquantaine de mètres des enfants rient et apprennent l'escalade. Les islandais sont sans doute pacifiques et assez posés, rieurs, sympathiques, calmes et les filles sont très jolies.
Je vais retirer encore de l'argent car après ça risque d'être dur de trouver des distributeurs, peut-être, sur la route, je n'ai pas vu l'ombre de la nuit cette fois, fait-il toujours jour ? Ici tout coûte plus cher, comme en Irlande, c'est environ ¼ voir 1/3 plus cher qu'en France, même le journal coûte 3€ ! Les deux clés que j'achète me coûtent même 20 € (ce serait 5€ en France) mais elles sont essentielles pour régler les freins. Je vais à l'office de tourisme et je tombe sur une française qui travaille là et ainsi je trouve un magasin de vélo où je demande pour avoir une nouvelle chaîne, la cassette et un boîtier de pédalier pour le 10 juin, dans une semaine, ils me disent qu'ils pourront me le faire pour 18h si j'amène le vélo à 9h ; c'est des jeunes alors je ne sais pas ce que ça va donner, sinon je le ferais moi-même, j'en aurais même pas pour une heure ! Le prix devrait être de 100€ comme en France, mais j'ai oublié de demander ce qu'ils allaient me mettre…
La sortie de Reykjavik est vraiment difficile, beaucoup de pistes cyclables sans aucune indication, la route 1 n'est pas interdite mais j'ai toujours du mal à rouler sur les grandes routes (alors que c'est autorisé et c'est même parfois la seule route comme au Canada, USA…), enfin, j'arrive à m'en sortir et c'est seulement vers 15h que je commence vraiment à rouler, cependant il reste beaucoup de trafic jusqu'au moment où il y a un tunnel (interdit aux vélos), donc il faut prendre la route 47 qui fait le tour du fjord avec un détour de 60 km mais au moins on est tranquille. C'est très joli, comme en Ecosse, et on se croirait en haute montagne alors que les plus hauts sommets ici dépassent à peine les 1000 m, souvent entre 500 et 800 m, comme en Ecosse, mais il y a aussi la latitude. D'ailleurs mon nez se met un moment à saigner, comme toujours quand il fait froid et humide, il doit donc faire moins de 10° (ce que deux bornes météo confirment plus tard avec 4 et 5°C). Je n'ose imaginer s'il va neiger… mais ça risque d'être être assez éprouvant quand il va pleuvoir dans quelques jours, selon les prévisions météo.
Le vent était aujourd'hui soit de face, de profil ou favorable, pas beaucoup de Soleil, beaucoup de nuages (et même une sorte de petite pluie très fine avec que des petites gouttes d'humidité ambiante, c'est bizarre, c'était aussi comme ça la nuit hier), mais on reste près de l'océan, d'ailleurs l'Islande est bordée au nord par l'océan Arctique et ailleurs par l'océan Atlantique. Beaucoup de neiges sur les sommets des hautes collines entourant les différents fjords, peu de forêts, mais par chance, j'en trouve une petite le soir où je m'arrête pour dormir alors que je pensais faire encore 10 km, ça permet d'être protégé du vent et de l'humidité, s'il n'y en a pas alors il faudra se mettre derrière des rochers ou dans un creux fermé par un ruisseau à sec…
Beaucoup de fermes très isolées, quelques brebis, chèvres et vaches (mais beaucoup moins qu'en Europe continentale). Ensuite je reprends la route 1 mais je trouve encore qu'il y a trop de monde, ce sera peut-être un peu plus calme plus tard ? Les gens d'ici sont toujours peu vêtus, je me demande comment ils font, enfin, ils ont l'habitude, quand je pense qu'en Afrique, le soir, ils avaient " froid " avec 20°C. Si je suis de retour le 10 juin am, peut-être j'irais voir aussi le film Terminator au ciné, si tout est ok avec le vélo. On verra, il faudrait faire 200 km par jour, ce qui est possible mais comme le temps devrait se gâter… Je ne pense pas du coup retourner à Oslo, le vélo sera prêt pour les 6.000 km AR (environ) au Cap Nord et je n'ai pas mais vraiment pas envie de repasser dans une agglomération. Comme ici, je suis venu voir l'Islande et pas les imbécilités que les Hommes peuvent faire : confer les pistes cyclables, assez honteuses pour les villes et les pays d'ailleurs, comme en France aussi, c'est ridicule, autant ne pas en faire !

Le 03, au am, je me lève vers 9h30 et je pars vers 10h30, après une nuit encore excellente. Pas de pluie aujourd'hui et pas de nuit ? D'ailleurs ce soir comme il n'y a pas de nuages qui obscurcissent le Soleil, à 23h30, la luminosité est encore excellente et je regrette un peu de m'être arrêté à 21h30 (il y avait un nuage couvrant le Soleil).
Ici, la Terre tourne trop vite pour que le Soleil ait le temps de passer de l'autre côté, dommage que je n'ai pas le GPS, le Soleil ne correspond sûrement pas le soir à l'est.
Le temps est donc assez bon aujourd'hui même s'il y a toujours des nuages et s'il fait toujours 5°C à la station météo à 20h30, le soir, à Blonduos. Rien de spécial à signaler aujourd'hui, très peu d'habitants par ici, toujours des fermes par-ci par-là, des chevaux (plus que d'habitants), pas de forêts, quelques moutons, peu de circulation, des stations essences pour le ravito, quelques trucks et cars de touristes, pas de cyclistes, de beaux paysages comme si on était en montagne alors que l'altitude ne dépasse pas les 1000 m.
Beaucoup roulent en 4x4 car il y a beaucoup de pistes, gravel roads, comme aux USA-Canada. D'ailleurs beaucoup de paysages me font penser à l'Oregon, la Colombie Britannique, l'Alberta, le Montana ou encore le Wyoming.

Le 04, encore une bien belle journée, sur les 160 premiers kilomètres j'ai le droit à trois belles montées (cols puisque à chaque fois on va de l'autre côté par le plus haut pour revenir dans une autre vallée). Il fait beau mais il fait frais ! Le vent vient du nord, donc je garde le k-way et malheureusement il est favorable que la moitié du temps. Il n'y a pas beaucoup de circulation aussi donc ça va. Le soir je vérifie si le Soleil se couche, eh ben non, c'est un drôle de phénomène, il y a à la fois le couché et le levé de Soleil, puis les deux se réunissent et le " jour " revient, on est presque au pôle nord et vers 2h am, le Soleil n'indique pas l'ouest mais le nord. On se sent presque sur le toit du monde à ce moment là alors qu'en Antarctique ce sont des aurores boréales car il ne fait pas jour mais nuit presque tout le temps.
Les paysages sur ses 240 km sont variés : montagnes, fjords, cascades, nombreux glaciers, rivières torrentueuses, volcans, geysers, lacs… Il y a de quoi refaire la chimie de la vie peut-être ?
Je pensais continuer pour aller le plus loin possible et profiter pendant qu'il fait beau mais vers 2h40, je trouve juste au bord de la route un endroit pour dormir et je m'y arrête pour passer une excellente nuit de 4h alors que le jour est bien levé maintenant à 3h am ! Pour les photos, toujours pas besoin d'utiliser le flash. Après minuit, je ne croise que deux voitures, c'est plaisant !

Le 05, cette étape était vraiment grandiose, magnifique, pharaonique, … ! Elle a regroupé les quatre éléments qui ont sans aucun doute donnés naissance à la vie : le feu avec les volcans, geysers, laves, le souffre ; la terre, bien sûr, avec la surprise de voir des dunes ; l'air avec toujours ce vent, l'élément primordial, pas seulement pour le cycliste ; et l'eau avec la neige, les nuages et toute cette humidité.
Le am, je pars avec le vent favorable, il fait même chaud, c'est environ 150 km autour de zones volcaniques encore en activité et des geysers, paysages désertiques sans aucune fermes (mais je vois cinq brebis errantes là autour d'une marre), puis c'est 70 km dans les montagnes avec un vent de travers, pas vraiment favorable (j'y rencontre quatre cyclistes). Montagnes où il règne un climat aride et le ciel commence à se couvrir. Ensuite, je longe la vallée sur 40 km, dur avec le vent de face du NE ; et encore 20 km pour aller au sud et avec le vent de dos cette fois pour rejoindre Egilsstaôir où après 190 km je prends mon 1er ravito ! Ca faisait longtemps que ce n'était pas arrivé, ensuite il reste à choisir, je peux soit prendre la route 1 et faire un détour aussi de 100 km en longeant des fjords ou soit prendre la route directe (65 km avec 40 km de gravel road) pour rejoindre directement la côte sud de l'Islande et l'Atlantique à travers les montagnes.
Même s'il se met à pleuvoir, ce sera bon car le vent est de dos, c'est dommage qu'il ne fasse pas beau mais la route est magnifique, sur environ 25 km de pistes avant et après le sommet il y a des centaines de cascades, des torrents… l'eau a une puissance incroyable et quel vacarme ! Je suis dans les nuages ! Au sens propre comme au sens figuré ! Il y a une très forte humidité et beaucoup de photos sont ratées, j'ai vraiment l'impression d'être sur une autre planète, dans un autre monde. Loin de tout, seul. Je croise la dernière voiture (je n'en vois que cinq après Egilsstaôir) à 00h30, ce sont des canadiens québécois en visite de famille en Islande qui s'arrêtent pour me demander si tout est ok…, et après plus qu'une seule voiture à 3h30 dans la descente.
On y voit assez clair mais la piste est très dangereuse (presque toute la descente et surtout les virages avec les cailloux est faîte à pieds), le vent est dans le dos, peu de circulation, tout ce qu'il faut comme ravito, je ne regrette pas ce choix et de toute façon d'après la météo le temps au nord de l'île allait être pire qu'au sud où il pleut quand même mais moins (les nuages venant du NO restent bloqués en partie dans les montagnes). Sur le trajet sur la piste, je pensais aussi aux premiers tours de France, quand la route n'était pas encore goudronnée, ça devait être épique surtout qu'ils étaient en totale autonomie. Le am, je m'arrête à 5h environ, pour le dodo, après une journée de rêve !

Le 06, petite étape car je me réveille à 13h mais je pars qu'à 16h, le temps de bien manger… Puis je prends un ravito (le seul car il n'y a plus rien pendant 100 km jusque Höfn) à Djupivogur et je change mon pneu arrière qui est complètement usé et prêt à rendre l'âme, j'évite une crevaison comme ça. Mon boîtier de pédalier fait un drôle de bruit, il n'a pas apprécié l'humidité sans doute de l'étape d'hier, j'espère qu'il tiendra jusque Reykjavik ! Ce serait donc bien de laver le vélo, il y a des cascades, ruisseaux, mais il ne fait que 3°C, je mets de l'huile, beaucoup, sur la chaîne et les pignons à cause du froid, l'humidité et la " boue " d'hier.
Aujourd'hui, le vent est plutôt de dos (de l'est) et c'est assez plat hormis les trois premiers kilomètres, le long de la côte atlantique sud de l'Islande où il y a encore de sacrées montagnes ! Ce soir j'ai une vue magnifique sur celles-ci ainsi que sur trois glaciers qui peut-être se réunissent mais avec tous ces nuages on ne voit pas les sommets. C'est vraiment très gris. Quelques fines gouttes ce am, très peu de voitures, peut-être parce que c'est samedi ?

Le 07, encore une bonne nuit la veille dans un creux et derrière la colline pour être protégé du vent (très important avec ce froid, la CS). Aujourd'hui, le vent est faible, heureusement, il est de travers au début puis de face sur les 80 derniers kilomètres. Je trouve un ravito le am à Höfn (je ne pars qu'à 11h30), dans une station essence où souvent c'est le seul endroit où on trouve de tout. Il n'y a qu'en France et peu d'autres pays où ça ne fait vraiment que station essence. Puis je trouve un autre ravito 130 km plus loin où c'est très cher. Déjà qu'en général tout est au moins ¼ plus cher qu'en France, pourtant il paraît qu'ils ont été très touchés par la crise, on ne dirait pas. Toujours beaucoup de jeunes dans la population en général (car ici il y a peu d'habitants).
C'est donc pas la grande forme aujourd'hui, heureusement c'est plat mais il fait un froid glacial (6°C) et je roule avec le pantalon et le pull encore comme la veille. On gèle vraiment, il y a de nombreux " bras " de glaciers qui descendent tous du même gros glacier qui culmine au-dessus de 2000 m, la route longe la côte donc au niveau de la mer, ça devrait être impressionnant mais on ne voit rien à cause de tous ces nuages bas… et ça " bouchonne ", les nuages qui viennent de l'océan font la " queue " pour passer les sommets glacés des montagnes.
Ce soir, je me trouve un bon petit endroit pour dormir, à l'abri du vent, obligé sinon il fait encore plus froid ! Derrière un petit rocher où coule un agréable petit ruisseau.

Le 08, ce fut encore une bonne nuit la veille près du " rocher " avec beaucoup de ruisseaux, le rêve ! Mais bon, il faut reprendre la route et c'est vers 12h que je commence. Maintenant je roule environ jusque 23h30-00h, j'aime bien, il y a encore moins de voitures après 18h et il n'y a vraiment pas beaucoup de circulation. La route est assez plane et monotone, c'est encore plus dur les 80 derniers kilomètres où j'ai de face le vent du NO mais il fait plus doux avec 13°C et même ce soir la température est agréable au milieu des sapins. Avec ce vent de face, j'ai du mal à maintenir le 15 km/h sur le plat, c'est dur, alors qu'en début de pm quand la route allait vers le sud je faisais du 25-30 km/h sans forcer. Mais il y a moins de nuages et je peux en profiter pour apprécier la vue des deux derniers glaciers avant Reykjavik, dommage de ne pas avoir pu apercevoir le sommet du plus imposant glacier de l'île (que j'ai quand même vu d'avion).
Je suis content de moi aussi car la veille j'avais vraiment l'impression qu'il y avait des habitations troglodytes dans certaines falaises, ainsi qu'aujourd'hui, et je vois un panneau d'information disant qu'il y a des cavernes qui ont été creusées dans ces falaises par les Hommes pour servir de fermes… Ahah, j'avais donc raison au niveau archéologique, ça doit être intéressant comme métier. Qui n'a jamais rêvé de trouver une cité perdue ? Je m'entraîne donc et imagine en observant ces falaises le long de la route qu'elle a pu être la vie autrefois…
En regardant la carte de l'Islande, il y a vraiment de quoi faire, de bonnes randonnées, à pieds ou à cheval ou avec un âne ou en VTT, j'espère pouvoir y retourner plus tard dans la cinquantaine ou avant ou après, ou proposer un financement à quelqu'un qui ferait un parcours, en échange de photos… En fait ces tours en vélo me semblent être que des tours d'observation pour voir les bons endroits où il faudrait revenir pour les explorer plus profondément. Comme beaucoup d'endroits aussi aux USA, Canada, Atlas, Highlands d'Ecosse, Sahara…

Le 09, au am, je pars vers 9h30 pensant ainsi donner le vélo puis je me dis que je le garde puis une fois à Reykjavik je décide quand même d'aller me prendre une douche, laver mes affaires… à la hosteling international que je trouve sur le plan de la ville, ce sera plus agréable pour l'avion aussi donc je donne le vélo au magasin qui se rappelle de moi 10 jours après, pour changer la chaîne, le boîtier de pédalier, la cassette même si tout fonctionne bien encore mais d'Oslo au Cap Nord et le retour ensuite par la Finlande et la Suède jusque l'Allemagne, sur 6.000 km, il risque de ne pas avoir grand-chose et il n'y aura pas d'hôtel non plus… Pour le vélo, ça devrait alors tenir, au moins jusqu'en France.
Pas de pluie aujourd'hui encore (il fait trop froid, que 8°C) et toujours le vent du NO mais moins fort que les autres jours. Le parcours en Islande était trop bien, j'ai hâte d'y revenir pour prendre les pistes cette fois car pour cette étape allant à Reykjavik il y avait beaucoup de circulation… c'est sans grand intérêt même si les islandais conduisent bien et sont très gentils ; pour arriver dans le centre de Reykjavik, je demande toujours car il n'y a pas d'indications (dommage car les pistes cyclables sont bonnes) et tous me demandent de quel pays je viens, apparemment il y a beaucoup de touristes français car certains parlent même bien le français, et on me souhaite un bon séjour.
Pour la route, c'était encore plat sauf une bosse de 10 km environ dans une région montagneuse volcanique avec des geysers 40 km avant Reykjavik.

Le 10, au am, je suis déjà réveillé à 4h00 et je range mes affaires pour descendre et faire les annotations des photos, en retard de cinq jours, ce qui me prendra quatre heures ! Je prends trois cafés gratuits car je ne prends pas de petit déjeuner (comme toujours, c'est très rare), puis tout le monde descend au fur et à mesure… Ca va, je m'habitue à cette ambiance, c'est plus décontracté qu'à l'hôtel, 2600KR soit 16€ quand même avec le lavage des vêtements, le seul hic est que je dois toujours me méfier et garder mes affaires pour ne pas être volé comme les chambres sont communes avec quatre à vingt lits dont le mien est superposé et la couverture de celui du dessus me tombera dessus dans la nuit ; j'ai pas le courage d'aller la rechercher (c'est pour ça que j'apprécie aussi la tranquillité d'une chambre dans un petit hôtel), la HI est bien pour la lessive cependant, c'est sur place, ce serait cependant si bête de se faire voler les cartes SD avec les photos ou le carnet de route…
Ensuite, je ne vais pas au ciné voir Terminator, ce sera pour plus tard mais au musée national de l'Islande, l'entrée est gratuite (6€ sinon) mais je n'ai pas trop compris pourquoi, c'est petit comme musée (que 300.000 habitants sur l'île) mais on y apprend des choses. Les premiers habitants étaient surtout des fermiers et vikings venus pour l'essentiel de Norvège (pourquoi, ils ne le disent pas) et aussi d'Irlande, de GB, de Danemark, d'Allemagne. Ca a commencé vers 800 après JC et vers 1200 il y avait plusieurs colonies sur l'île avec environ 50.000 habitants. Ouap, j'y vois aussi des photos de l'intérieur d'églises, j'en avais vu quelques unes sur la route, une vingtaine, mais je ne pensais pas que l'intérieur était joli comme ça ! Elles pourraient être à l'UNESCO, je regrette de ne pas avoir été voir sur place l'intérieur du coup.
Puis, je pars pour récupérer le vélo qui devait être prêt pour 14h, j'arrive à 15h et ce n'est toujours pas fait. Il faut revenir dans deux heures. Du coup, comme je n'ai pas beaucoup dormi, je trouve un banc pas trop loin et… je me rendors, je me réveille juste à 17h40, le temps d'aller prendre le vélo (le magasin ferme à 18h et ça aurait été difficile de prendre l'avion à 7h50 le lendemain sans le vélo), mais il commence juste à s'y mettre et ça le fait rire, pas moi ! Au final, il y a 10 jours, je voulais Shimano 105 pour le boîtier de pédalier, une chaîne Shimano 105 et une cassette ultegra 12-25, il m'avait dit ok, et ben non, 10 jours après, j'ai que des sous marques et du matériel pour VTT, rien de Shimano et une cassette 11-26 ! Du coup il me manque des pignons pour rouler sur le plat face au vent, soit c'est trop, soit pas assez. Le prix aussi a changé, encore la veille c'était 12.000, ce soir c'est 21000 !! Je lui fais la remarque, du coup le prix diminue à 19500, j'insiste et ça diminue encore à 17900, je ne fais pas attention et donne 17000, il me fait la remarque, je fais que je ne comprends pas et il laisse à ce prix (soit environ 95€, bon ça va, ça a quand même diminué de 30€). C'est quand même de sacrés charlatans ces vendeurs de cycles, aussi pour les prochaines fois, comme en Australie et NZ, je pense peut-être prendre la clé pour changer moi-même le boîtier de pédalier, un dérive chaîne et un démonte cassette pour tout faire moi-même. Que ce soit à la maison ou en voyages, les charlatans sont toujours là, plus passionnés par l'argent que par le vélo (rare sont ceux qui parlent de trip…, ça ne les intéresse pas, moi, ça m'intéresserait beaucoup si j'étais à leur place).
Pour finir la journée je vais à l'aéroport de Keflavik en me perdant plusieurs fois encore sur les pistes cyclables islandaises à Reykjavik (toujours aucun panneaux) Et surprise en arrivant à l'aéroport, les vélos sont interdits ! Ah, bon comment je fais pour l'embarquer ? Je rentre quand même avec et pour le moment personne ne dit rien. Deuxième surprise, il est interdit de dormir la nuit dans l'aéroport quand l'avion est pour le lendemain (ailleurs ça a toujours été possible). On verra c'est quand même bizarre quand l'enregistrement est à 5h am ! Je ne vais pas prendre quand même une nuit à l'hôtel, ce serait rare aussi de se réveiller comme la veille à 4h am, ça n'arrive pas tous les am et je n'ai pas de réveil. Les lois sont vraiment absurdes souvent, dans la société " moderne ".
En tout cas les routes en Islande étaient bonnes (pas de trous énormes comme au Canada et USA, la preuve que ce n'est pas le gel qui cause ça mais les gens qui ne savent pas faire les routes). Les islandaises sont finalement pas si belles que ça, elles se conservent mal, peu de personnes âgées dans la population, je ne comprends pas vraiment pourquoi. Björk est bien sûr la plus connue des islandaises, pour ma part. Je n'ai pas vu de chemin de fer par ici, beaucoup de grosses 4x4 car beaucoup de gravel roads et vue le climat c'est normal.



Cliquez pour agrandir l'image

Chronique 5 : d'Oslo à Hammerfest


" En route vers 'mon' Cap Nord, au-delà du cercle polaire Arctique, et en Laponie "
(2359 km)


Je 11/06, Oslo - 30 km avant Hôv, 74 km
Ve 12/06, 30 km avant Hôv - 3 km avant Beitostalen, 148 km
Sa 13/06, 3 km avant Beitostalen - Venabygd, 151 km
Di 14/06, Venabygd - 10 km avant Tynset, 142 km
Lu 15/06, 10 km avant Tynset - 30 km avant Hede, 184 km
Ma 16/06, 30 km avant Hede - 13 km avant Ostersund, 168 km
Me 17/06, 13 km avant Ostersund - Vallen, 148 km
Je 18/06, Vallen - 1 km après Attonsträsk, 184 km
Ve 19/06, 1 km après Attonsträsk - Moskosel, 254 km
Sa 20/06, Moskosel - Gällivare, 219 km
Di 21/06, Gällivare - 15 km après Vittangi, 134 km
Lu 22/06, 15 km après Vittangi - Karesuendo, 95 km
Ma 23/06, Karesuendo - Gievdnjegoikka, 207 km
Me 24/06, Gievdnjegoikka - Hammerfest, 251 km

Le 11, je ne dors pas de la nuit à l'aéroport, personne ne dit rien et je crois bien être le seul, le vélo est interdit mais il reste à l'intérieur, les gens de la sécurité passent mais ne m'embêtent pas. Pendant environ trois heures je regarde les photos prises depuis le début et je recharge toutes les batteries (cinq) pour être tranquille un maximum de temps, je trouve que finalement par rapport au temps qu'il fait c'était tout de même bien en France… malgré la pluie.
Puis je passe à l'enregistrement ; un jour il faudrait qu'il trouve un moyen plus rapide pour faire ça, je suis dans les premiers à 5h30, l'avion est prévu à 7h50, à l'aéroport j'en profite pour acheter trois cartes SD à 2GO pour les photos, qui m'auraient manqué pour finir le voyage comme prévu (pour 13€ seulement, j'espère que la qualité sera bonne…). Dans l'avion, je suis assis à côté de la fenêtre mais il n'y a que des nuages et l'aile de l'avion à voir, et il y a aussi un couple d'américains qui faut un tour d'Oslo à Copenhague en passant par Malmo en Suède. La dame est à côté et on parle ensemble une bonne demi-heure comme elle voulait savoir comment était l'Islande. Je lui montre les quelques photos que j'ai sur la pellicule… Ils sont de Chicago et on parle aussi des USA mais personne n'embraye sur la politique et l'économie. Puis je dors tant bien que mal.
Arrivé à l'aéroport international d'Oslo, je fais un bout du parcours sur la carte de Norvège achetée en Islande à Kevlavik (car à l'aéroport d'Oslo, il y a dix jours, il n'y en avait pas), et je prends mon temps. Puis je pars vers 15h et je suis sidéré de voir le coût de la vie en Norvège ! Le vélo est lui bien arrivé, sans l'avoir démonté ni plastifié et cette fois-ci je n'oublis pas d'y mettre toutes les clés… Tout coûte au moins 1/3 plus cher et bien souvent moitié plus cher, dans les stations essences c'est carrément deux fois plus cher et le tabac coûte 20€ pour 50g soit trois fois plus cher, même l'essence est à 1€50 le litre, 1,5 litre de coca = 2€20, un fromage de 150g le moins cher = 3€… Ca c'est en supermarché, là où je vais seulement du coup.
Les routes sont bonnes mais ici il n'y a que l'équivalent des nationales (plus qu'en France) et je ne prends que les plus petites ; sur les autres routes, il n'y a ni numéro ni indication, c'est un peu difficile, il y a aussi des pistes cyclables mais toujours sans panneaux donc on ne sait pas où ça va et très souvent encore je demande aux gens la direction. Ils ne parlent pas tous anglais et ils ont aussi un bon accent. Le temps est mitigé mais sur le journal ils disent que ça va être que de belles journées après en général. Les paysages sont jolis mais il y a encore beaucoup plus d'habitations que je ne pensais.
Le soir vers 20h je suis accosté alors que je prends une photo par Morten et son amie qui m'invitent à dormir dans une petite maisonnette à côté de leur maison où je prends quand même une douche alors qu'il y a tous les bijoux dans leur salle de bain, confiance réciproque alors comme je laisse mon sac avec eux et mon vélo sur le balcon. On parle pendant environ trois heures ensemble dans un drôle d'anglais pour tous mais on se comprend. Il me dit qu'au nord de la Norvège je ne trouverais pas le même accueil, au début je ne comprends pas pourquoi et après avoir réfléchis, au nord ce sont aussi les Lapons, donc pas des " blancs ", encore une fois, pas de cosmopolitisme, les gens ne sont pas prêts pour ça ? Ou est-ce plutôt la rudesse des gens " européen blanc " qui est plus forte au nord ?

Le 12, le réveil est tardif, à 11h30, après 12h de dodo et la nuit fut excellente ! Je pars avec un temps mitigé puis vers 14h30 il se met à pleuvoir (mais pas trop) sans arrêts alors qu'il prévoyait un temps couvert avec des éclaircies mais je n'ai pas vu le Soleil. Je pense que la météo s'est complètement plantée…
La route est bonne, il n'y a pas trop de voiture et ça conduit bien, une petite montée qui se passe très bien (pas de gros pourcentages comme en Angleterre sur deux kilomètres, ici ça monte normalement sur 10 ou 15 km, c'est la montagne et il n'y a pas des collines, le rythme est bon… Les paysages sont jolis, heureusement vu le temps, donc ça va mais j'ai quand même un coup de blues après tout ce mauvais temps et ces nuages de ne pas être sur le " continent " européen et je suis pressé d'être dans un peu moins d'un mois, j'espère, en Allemagne où il fera bien plus chaud et plus beau (en fait quand j'y serais ce sera encore de la pluie et du froid). Ce sera plus agréable.
Le soir, je me trouve un endroit tranquille sous les sapins (il y a ça de biens au moins, que des forêts de sapins alors qu'en Islande il n'y avait presque aucun arbre). Beaucoup de moustiques aussi mais avec la pluie ils ne sont pas trop virulents, il n'y a pas de paludisme aussi.

Le 13,  au am je pars que vers 11h30 (réveil à 10h), après une bonne nuit, protégé du vent et de la pluie par les sapins. La route est jolie, tout se passe bien et il fait beau, il n'y a que le vent qui vient du nord et qui est donc de face. Puis je regarde la carte pour ce soir et si on peut éviter un tunnel (car c'est interdit aux vélos) et là je vois qu'il y a aussi d'autres tunnels plus loin ! En fait, je regarde pendant environ deux heures la route à prendre pour rejoindre le Cap Nord par la route des fjords et la Norvège. Il y a une route qui passe par les fjords mais il faut prendre environ 10 ou 20 fois le bateau sur de longues distances parfois ; il y a aussi une autre route qui passe plus dans l'intérieur mais il y a une bonne vingtaine de tunnels parfois entre 10-15 km ce que ne m'indiquait pas les cartes de mon atlas. Je pensais à la base prendre la route des côtes et quand le bateau était nécessaire pour un long trajet et donc sûrement cher alors je voulais prendre la grande route où il y aurait sûrement peu de monde comme c'est moins peuplé au nord, pour éviter ces " croisières " mais il y a encore plein de tunnels.
Le 11 juin déjà j'avais pris deux tunnels même pas indiqués sur la carte plus précise de la Norvège, un de 1 km et un autre de 4 km qui était déjà plus périlleux, les deux étaient interdits aux vélos car le vent tourbillonne, pour ces deux fois ça va car le vent était dans le dos, et ça fait un rude vacarme les véhicules alors sur 10 km ou plus, non merci. Du coup je ne passerais pas par la route des fjords et c'est vraiment décevant sinon le trajet va se transformer soit en croisière soit il faudra faire du stop ou prendre le bus (sil y en a) pour passer les tunnels. Du coup je devrais aller en Suède demain ou après-demain pour remonter vers l'Arctique, ce qui n'arrange pas mes affaires comme j'ai retiré de l'argent pour 15 jours en Norvège alors que tout au plus il y en a encore que pour cinq jours ; je vais donc perdre au change, les banques gagnent toujours et celles de la zone euro devaient préférer les monnaies " nationales ".
J'espère que les paysages seront quand même jolis en Suède. Et pour finir en beauté c'est aussi impossible d'aller au Cap Nord en vélo car c'est une île donc soit on y va en bateau (50 ou 100 km de trajet) soit en tunnels (deux de 15 km environ qui passent sous la mer) ! Donc je vais normalement aller sur la péninsule à côté où c'est possible d'y accéder en vélo, il y a un phare et celui-ci marquera le cap nord du cycliste… C'est ainsi et pas autrement.

Le 14, dure journée aujourd'hui ? Comme toujours ? Réveil vers 10h et départ vers 11h mais les 30 premiers km sont faits en trois heures. Un record, d'abord ça se poursuit par les 6 km qui restaient de l'ascension d'une bosse de 10 km à 8% en moyenne, puis le vent joue son rôle sur un long faux plat montant de 10 km aussi où je ne vais pas plus vite que sur la montée. Et avec ce vent du nord qu'est-ce qu'il fait froid, du coup j'attrape encore mal au ventre malgré toutes les précautions, à cause du vent. Décidément je n'ai pas de chance sur ce parcours et à tous les coups je vais l'avoir de face jusque l'Arctique et pour redescendre au sud, ce sera un vent du sud, ahah ? Comme en Irlande, je m'y attends déjà. La route est difficile, à cause du vent très fort aujourd'hui, d'ailleurs sur le journal que j'ai acheté (cher, 3€ ! Ici tout est plus cher qu'en France), le vent n'est pas mis en km/h mais est notée sur une échelle de 1 à 9 (je pensais que c'était l'échelle de Beaufort mais en fait Nico, que je rencontrerais plus tard en Suède me dira que c'est en m/s et non en km/h).
La route et les paysages restent aujourd'hui jolis même si ce n'est plus les fjords, plutôt des hautes collines. Je rentre aussi pour la 1ère fois dans une église " nordique ", ce que j'avais regretté de ne pas avoir fait en Islande, ici c'est un peu comme les photos que j'avais vu au musée national d'Islande à Reykjavik. L'intérieur de l'église en bois est très coloré, c'est très joli avec ces peintures de toutes les couleurs, très vivant, contrairement à nos églises sur le " continent " européen qui ont presque toutes perdues de leurs peintures (notamment en France depuis la révolution je crois) alors qu'avant il y en avait beaucoup à l'intérieur et même à l'extérieur puisqu'une fois j'avais vu une reconstitution sur la cathédrale d'Amiens où l'extérieur était peint, toutes les statues aussi, avec de nombreuses couleurs et c'était magnifique ! Flamboyant !
La route est donc difficile avec ce vent glacé du nord où je peine à faire du 15 km/h malgré les sapins, nombreux, qui protègent quand même, je suis souvent exténué et avec ce froid et j'ai toujours envie de dormir, d'ailleurs les nuits font environ 10h avec un seul réveil (comme en France à la maison) et je baille beaucoup même dans la journée. C'est l'hibernation estivale ! Mais je n'ai pas du tout froid la nuit grâce à la CS. C'est le vent froid qui est embêtant et fatiguant, dans la journée, car de face.

Le 15, la journée commence vers 9h30 (réveil à 8h pour une fois car mes pieds dépassent de la CS et ils se sont un peu refroidis), d'ailleurs c'est glacé ce am et je reste avec le pantalon pour rouler toute la journée. Le soir, à 19h, la température indiquée dans la station essence est de 5°C (ben ouap les magasins ferment à 17h, c'est différent de l'Angleterre…).
C'est souvent qu'on voit des drapeaux de la Norvège mais aussi du Danemark, Pays-Bas, Finlande, Allemagne et Suède, parfois aussi du RU, il faut rappeler que la Norvège n'est pas membre de l'UE (comme l'Islande dont les habitants venaient surtout de Norvège) et que l'Angleterre a un moment voulu contrer la création de la CEE par la France et l'Allemagne en tentant de créer une autre communauté européenne entre les Etats nordiques. D'ailleurs ici, ça se comprend qu'ils n'ont aucun intérêt à être membre de l'UE et d'une éventuelle union euro-méditerranéenne, c'est si loin ! Mais dans Roros, je parle pendant ¾ heure avec un norvégien qui m'explique pour l'industrie du bois, les actualités, l'herbe sur les maisons…, il est très ouvert. Il n'y a que 5 millions d'habitants en Norvège pourtant j'y ait vu des maisons partout.
Plusieurs petits cols dont le plus haut à 1128 m mais sur une durée d'environ 30 voir 40 km, un peu comme une route des crêtes donc ce fut facile, pas de vraie montée, de plus après Roros, j'ai le vent favorable, pour une fois quand même, qui vient du nord-ouest et comme je vais à l'est mais beaucoup d'averses aujourd'hui (une dizaine) et aussi des averses de neiges sur cette route en altitude où je passe aussi la frontière avec la Suède (aucun contrôle comme d'habitude), je vois aussi des troupeaux de rennes (une centaine en tout) pour la première fois je crois.
Ca va, les paysages sont jolis ici mais beaucoup de forêts et peut-être je vais me lasser ? Finalement, la route n'est pas encore bien décidée pour rejoindre le nord, le Cap Nord des cyclistes sera peut-être un autre point plus à l'ouest du Cap Nord où il y a une ancienne statue inscrite à l'UNESCO (huit comme ça en Laponie) et peut-être je reprendrais la route des fjords, suivant la météo, plus au nord ?

Le 16, le départ se fait vers 11h am et le réveil vers 9h45, très bien dormi encore. La route est bonne sur les 80 premiers km avec le vent favorable du NO (je vais à l'est), quel plaisir la glisse sur la route, je fais du 35 km/h sans forcer ! Ah, mais après je vais vers le NNE et donc le vent est moins favorable, c'est dur de rester à 20 km/h. Pour le temps, comme hier, c'est encore une bonne dizaine d'averses dont trois de grêles.
Je vois une biche aussi courir près de la route, un joli renard aussi avec les rennes hier, des paysages de collines vertes de forêts de sapins aux ruisseaux torrentueux, de grands lacs un peu partout et de beaux fleuves, ça doit grouiller de grottes par ici, comme en Norvège, beaucoup de choses à faire en spéléologie à coup sûr. Il y a aussi à 20 km de Hede le PN de Sanfjället où il y a des ours bruns. Et dire que j'ai dormi à 30 km de ce PN, mais rien en vue et je ne ressens rien, contrairement à la BC il y a un an, peut-être y en n'a-t-il pas beaucoup ?
Le soir je stoppe tôt à 20h45, sans ravito depuis 16h et ça manque. Les magasins ferment tous à 17h, c'est tôt ! Le soir, je suis à 13 km d'Ostersund où je pourrais trouver une station d'essence ouverte (c'est plus cher) mais comme je veux acheter un pneu je stoppe avant la ville, il en faudrait un neuf au cas où, j'en ai un de rechange mais après, pendant environ 10 jours, il n'y a plus de grandes villes et ça risque d'être juste, j'espère donc en trouver un demain.
Beaucoup de monde aussi sur la E45 que je prends sur 45 km (seule route) et ça roule mal (dépassements alors que je suis en face…), je vais donc essayer de prendre les petites routes même si ça rallonge de 30 km à chaque fois (si 170 km avec la grande route, avec les petites routes ça en fait 200 km). J'espère qu'il y aura des ravitos, normalement oui, et que ces petites routes sont " roulables ", sinon il faudra revenir sur la grande route.

Le 17, c'est une petite distance aujourd'hui mais je me suis bien amusé je crois, avec 70 km de gravel roads, une pendant 30 km environ qui était bonne et lisse et une autre d'environ 40 km qui venait d'être refaite, génial ! Euh, non, pas sûr, car il y avait plein de graviers du coup et c'était un peu chaud mais on s'en tire et sans crevaisons. D'ailleurs ça fait plus de deux semaines voir trois que je n'ai pas crevé.
Il fait beau aujourd'hui mais pas assez chaud pour quitter le pantalon que je garde toute la journée, il fait surtout froid dans les descentes ou quand le vent souffle. Mais aujourd'hui le vent est calme, je trouve un pneu à acheter à Ostersund (de ce côté-là je suis tranquille), l'idée du parcours est de plus en plus clair (retour en Norvège, et retour vers le golf de Botnie par la route des " Stuave Geodotic Arc " ce qui sera une chasse au " trésor " car une seule sur les huit qui sont à l'UNESCO est marquée sur la carte).
Pour la Norvège, il faudra quand même voir la météo sur le journal mais j'ai bien envie de faire ça. J'ai pris que sur 30 km la grande route où tout le monde conduit bien (sauf les camping-cars, les caravanes et les bus comme d'habitude). Toujours beaucoup de forêts, de rivières, de ruisseaux et lacs, quelques fermes et plus de chevaux aujourd'hui.
Le am, je ne pars que vers 12h après une nuit de 11h, c'est vraiment l'hibernation ! A 4h30 environ, je suis aussi réveillé par un cri, un râle, je regarde et je vois à environ 10 m un cerf avec de jolies cornes ; maintenant je sais ce qu'est le cri d'un cerf qui brame bien fort et j'avais déjà entendu (mais pas vue le cerf) ce bruit en Allemagne. Je dis " ben quoi " et il s'en va doucement en bramant ! Pourtant avec ses cornes je n'aurais pas pu faire grand-chose mais il n'a pas l'instinct " prédateur ". Je rêve aussi que je perds deux dents, toujours les mêmes car j'ai plusieurs fois fait ce drôle de rêve, bizarre, mais quand je me réveille elles sont toujours là. Il y a deux jours j'avais aussi rêvé que je me faisais attaqué par une meute de chiens errants, ils sont vraiment cons ces chiens (le 2ème meilleur ami de l'Homme après la voiture) mais ici il n'y en n'a pas beaucoup, je n'en vois pas en Islande sauf à Reykjavik (peu de mammifères en Islande mis à part les Hommes, chevaux, brebis, vaches ; pas de hérissons ou écureuils… ; beaucoup d'oiseaux surtout mais peut-être pas en hiver).
En tout cas cette remontée commence à me plaire ! J'espère que tout va bien à la maison.

Le 18, au am, le réveil se fait vers 9h et le départ vers 10h, ça pullule de moustiques ! Comme ce soir d'ailleurs, il faudra donc utiliser la technique du lève tôt quand il fait froid et que l'herbe est mouillée pour faire ses besoins et aussi réparer la chambre à air crevé de ce soir, je finis 12 km pour une heure de vélo, sur une route en travaux, avec encore plus de cailloux que sur la gravel road de la veille qui était bien meilleure. Je finis mon détour vers l'est pendant encore 40 km et ensuite je commence à remonter vers le nord. Il y a encore plus de moustiques qu'hier, une centaine au moins, c'est plus marécageux peut-être.
Le vent est bizarre, sur les 40 premiers kilomètres il vient de l'est puis il vient du SE puis du SO et il est donc dans le dos, peut-être ceci a rapport avec la rotation de la Terre… comme le Soleil qui indique le nord vers 1h am. Le Soleil ne se couche plus maintenant, il fait jour tout le temps, pourtant il fait froid, sans doute les rayons lumineux qui ne font que passer au nord de la Terre, contrairement à l'équateur où ils se reflètent plus dans l'atmosphère ? Ou est-ce parce qu'au nord on est à quelques centaines de km plus loin du Soleil par rapport à l'équateur ?
Dans la journée j'ai encore le pantalon, j'espère qu'il tiendra jusqu'au retour en Allemagne où je ne devrais plus en avoir besoin, c'est sûr, le jour. Je pourrais l'enlever environ deux heures pour le moment chaque jour quand parfois il fait plus chaud mais ça rafraîchis vite aussi dès qu'il y a le vent ou un nuage.

Le 19, ce soir, les moustiques sont encore là à 23h30, je me demande s'ils vont disparaître d'un coup comme hier soir ? Je dors près d'un lac à Moskosel, la vue est magnifique, le Soleil ne se couche plus bien sûr et il indique presque le nord. Depuis Arvidsjaur, je vois beaucoup de pancartes… avec un ours brun dessus, j'imagine qu'il doit y en avoir et la " contrée " s'y prête, beaucoup plus de collines, ça remonte un peu mais toujours des lacs, rivières… dont je ne me lasse pas.
Aujourd'hui, le vent est faible et il fait doux, entre 10 et 15°C comme ce soir (d'où la présence encore des moustiques sans doute). J'ai été piqué au moins vingt fois aujourd'hui comme je roulais en cuissard, sans pantalon, j'en ai aussi tué une vingtaine, ahah, chose inutile mais bon, il y en a partout !
Le am je suis levé à 4h30 et je pars à 5h40, pressé par les moustiques de nouveau vers 5h30 ! Après 40 km j'arrive dans la petite ville de Lycksek où à la base je devais passer au retour seulement, en tout cas il y a une très bonne pâtisserie et c'est peut-être une bonne raison pour y repasser au retour, les gens y sont aussi aimables.
Ensuite je continu la route et tout est fermé sauf une station essence. De même, après 20 km, dans la ville d'Arvidsjaur où il n'y a qu'une station essence ouverte alors qu'il y a plein de magasins partout. Je demande aussi et on m'explique que c'est jour férié, ça tombe mal du coup les prix sont plus cher en station essence mais c'est toujours moins cher que dans les magasins de Norvège ! Et je demande aussi pour la route à venir, aucun ravito avant Jokkmok, à 160 km plus au nord, du coup je prends beaucoup de ravito comme je veux quand même continuer à avancer.
Le am, vers 6h je vois un renne, que je prends en photo de loin, sans le savoir, et un renard. Les gens rencontrés sont en général tranquilles, c'est la campagne ! J'ai vu quelques lapons aussi mais pas beaucoup, une dizaine ; avec la barbe… une personne me dit que je dois faire un long voyage… ahah mais bon, avant l'Allemagne, peut-être, j'irais à l'hôtel (ou une hosteling international) et chez le coiffeur car ça commence à être chiant, les cheveux collent…, il faudrait faire une toilette des pieds mais avec le froid ça tarde (car il fait plus froid à 14h qu'à 18h comme souvent pour le moment). Quelques petites gouttes seulement aujourd'hui malgré parfois de gros nuages, pas beaucoup de pluie en tout cas depuis le passage en Allemagne mais beaucoup de froid (peut-être aussi est-ce pour cette raison qu'il pleut moins ?).
Je ne pense plus passer par les fjords mais aller par la route la plus " simple " par la Finlande pour éviter ces deux tunnels (et je crois qu'il y en a d'autres non notés sur la carte comme les deux que j'avais passés le 1er jour en Norvège). Beaucoup d'abeilles aussi, beaucoup plus que chez nous. Enfin, comme chez nous il y a quelques années ! Pas beaucoup de circulation sur la route mais quand une voiture passe ça va vite souvent, c'est limité à 110 km/h et quand la voiture vient d'en face, dans un virage, par l'intérieur, ça fait " peur ", pire que les ours ?!

Le 20, aujourd'hui l'étape se passe bien malgré le vent du NO de face mais le rythme est bon, même quand la route se met à monter (pas de grosses bosses en Scandinavie) après Jokknokk. La route est en général bonne mais parfois on est doublé ou des voitures arrivent en face entre 110-130 km/h, certaines ne freinent pas, bien souvent, pour passer le cycliste plus vite, comme il n'y a pas d'autres voitures en face (il ne faudrait pas ralentir pour me dépasser car une voiture aurait plus de chance d'arriver en face).
Je cherche aussi pour retirer de l'argent, impossible de trouver un distributeur à Jokknok (un seul qui est HS), impossible aussi de trouver une carte téléphonique et les cabines publiques sont quasis inexistantes (aucune à Jokknok). Le am jusqu'à cette ville, je finis les 114 km des 160 km sans ravito, ça va, il faudra encore renouveler ça plusieurs fois. D'ailleurs c'est vraiment triste, c'est samedi et à 16h30 à Jokkmok seul deux supermarchés sont ouverts et les trois stations essences sont ouvertes, tous les magasins sont fermés et il n'y a presque personne dans les rues.
Je vois seulement trois rennes le am puis plus rien alors que la route passe entre Muddus national park et Stubba natur reservat, pas d'ours à l'horizon même si je guette très souvent sur les bas côtés. J'arrive aussi en Laponie et même si les lapons et les vikings sont mélangés, il y a donc un cosmopolitisme apparemment, d'ailleurs comment deux populations si différentes ont fait pour s'entendre, y a-t-il eu des rivalités ou des conflits, comment se sont faits les échanges, qui est venu là d'abord ? Ce serait intéressant de connaître l'histoire, mais je retrouve, comme dans les réserves indiennes, beaucoup de déchets au bord des routes (pas trop quand même) mais jusqu'à présent c'était impossible !
Le soir, les moustiques sont partout ! Il y en a je ne sais pas combien et j'ai encore au moins vingt piqûres à tous les endroits du corps, comme j'ai eu envie de chier, ils en ont bien profité ! Aïe ça fait mal. De plus, ici ils sont là tout le temps, c'est encore pire que les autres jours, plus on remonte vers le nord ; ils sont surtout là quand je suis en mouvement, quand je stoppe 30' alors ils commencent à partir (mais il y en a toujours beaucoup), aussi quand ils voient qu'ils n'arrivent pas à me piquer ; ils n'ont pas l'air d'apprécier aussi la fumée de cigarettes.
Beaucoup de camping caristes aussi avant Jokkmokk mais pas trop de circulation. J'en rencontre un (un hollandais) qui me dit " you are the lonesome cowboy ", je réponds que je le pense parfois quand je suis seul avec le couché de Soleil (c'est dans Lucky Luke bien sûr).

Le 21, au am, je commence la route vers 8h pour aller dans le centre de Gallavare où le dimanche il n'y a personne, c'est mort, pourtant avec Malmberget c'est une des plus grosses agglomérations de Laponie avec peut-être 20.000 habitants apparemment, seule une station essence est ouverte où je prends carrément un ravito pour les 190 km comme si tout serait fermé (mais un magasin, exceptionnel, sera aussi ouvert avant ainsi qu'une station essence à Vittangi).
La route se passe bien, le vent un peu de face mais ça va jusqu'au moment où après environ 55 km la manette et le câble arrière se cassent, il faudra environ deux heures pour trouver une solution, j'attache le câble arrière avec la vis du câble avant, sur le dérailleur avant. Avec le système SIS, je peux en m'arrêtant varier et mettre sur quatre pignons à l'arrière mais ça va car la route est plus ou moins plane même si on est à environ 300 m et je peux mettre le grand plateau mais si je repasse sur le petit plateau, comme les câbles se touchent à l'avant, ça lâche et je descend d'un ou deux pignons, pas très top donc. Il faudra attendre un bon moment avant de pouvoir réparer ça !
Puis je rencontre sur un pont Nicolas, un belge flamand qui habite maintenant à Kiel, il fait environ 20 km/h en moyenne, comme moi mais comme il est chargé il roule moins longtemps dans la journée (environ 90-100 km), mais ça me plaît d'être avec quelqu'un, de parler français, et il est vraiment sympa. Peut-être d'autres trips ensemble plus tard ? Il est scientifique et étudie le climat du passé grâce aux fossiles… dans le nord de l'Europe, c'est intéressant et sa façon de voyager me plaît, il fait moins de kilomètres mais le soir il se fait un plat chaud avec son gaz, se lave, prend du temps pour tout ça, ce que je ne fais pas, étant seul je préfère en voir plus que de rester seul à faire un repas… Le soir on se trouve une très bonne cabane pour dormir au chaud, très propre au bord d'un lac où j'en profite pour faire la lessive… Vraiment une très bonne journée avec le beau temps.

Le 22, très belle journée d'été encore avec 28°C la pm mais ici je crois que peut-être le temps peut vite changer, c'est toujours l'Arctique et ça doit être comme la montagne, le vent reste frais d'ailleurs et je reste en pull mais sans le k-way. Je roule toujours avec Nico, ça marche bien ! Le soir on va au camping où je sais maintenant ce qu'est un Elk, je comprends maintenant pourquoi l'allemand rencontré hier qui dormait dans sa camionnette jaune était un peu fou quand il en parlait car il en a vu plusieurs fois et ce soir au camping, après avoir téléphoné aux parents, le " maître des lieux " me dit que c'est très haut (deux mètres) et que ça pèse 800 kg ! Il y a aussi des ours bruns, pas des noirs, qui pèsent 400 kg mais ils sont moins agressifs que leurs cousins américains, les grizzly, et restent dans la forêt ; pour les voir sur la route, c'est entre 00h et 4h am, il me dit aussi que les stuave geodotic arc sont de vieux méridiens du XVIIè s, il y en a un juste à côté d'après la carte mais ça fait un détour de presque 100 km pour y aller, c'est le seul sur les huit que je pensais ne pas aller voir à cause de ça mais c'est peut-être pas des statues comme je l'avais pensé, l'énigme demeure.
Ce soir, au camping, je prends une bonne douche mais je ne peux plus me raser car la veille au soir j'ai perdu ma lame de rasoir qui était dans un plastique, et avec le vent, il s'en est allé voguer au beau milieu du lac alors que je faisais ma toilette !

Le 23, non, il n'y a rien à faire contre les moustiques ; maintenant, depuis hier, ils sont là tout le temps, la température est idéale pour eux grâce au vent frais même quand il faisait 28°C comme hier (aujourd'hui 20°C puis en Norvège peut-être 15°C avec un peu plus de nuages), j'ai été piqué partout, au moins vingt piqûres tous les jours depuis le passage, il y a 10 jours environ de la Norvège à la Suède (car il fait bien moins froid en Suède, et pas de pluie, donc ils sortent, les montagnes le long des fjords bloquant le froid et l'humidité océanique…) et quand il fait plus chaud, ce sont les petites mouches suceuses de sang, il y en avait partout aussi au Canada, en Nouvelle Ecosse, qui sont là aussi. A force c'est quand même douloureux toutes ces piqûres… En Afrique, ils n'imaginaient pas que ce soit possible d'avoir quelque part des moustiques " toute la nuit et toute la journée ", même si ici il ne fait pas nuit (c'est l'été), mais je leur disais qu'aussi il n'y a pas de paludisme ni fièvre jaune dans ces contrées… C'est quand même fatiguant à la longue et j'espère parfois qu'il pleuve et j'ai hâte aussi pour ça de retourner en Allemagne. C'est très facile de les tuer, même sans le vouloir en baillant ou en prenant quelque chose tellement il y en a, il n'y a que au bout de 30', si je ne bouge pas trop, quand ils n'arrivent pas à me piquer qu'ils commencent à s'en aller. J'attends donc ce moment le plus calmement possible (sinon ils restent) pour pouvoir commencer à manger le soir et à boire. Et ce n'est pas très marrant, sinon je me fais piquer ou ça m'est arrivé d'en manger quelques uns (ce n'est pas mauvais, ça n'a pas vraiment de goût, j'espère que c'est des bonnes protéines !). J'aurais peut-être du penser à prendre du répulsif (mais il y en a tellement, est-ce que ça aurait été efficace ?). Ah, là quand j'écris un vient de me piquer au nez ! Les seuls endroits possibles avec les joues, rien à faire, la veille au soir quand je téléphone aux parents ma mère me demande si je ne suis pas trop piqué, au même moment je viens de me faire piquer à l'index quand elle posa cette question, ahah… Et dire que j'en ai encore pour au moins deux semaines. Les moustiques sont moins nombreux aussi quand je fume, ils n'aiment pas la fumée, c'est déjà ça.
Le maître des lieux, au camping, hier, a su comprendre pour les stuave geodotic arc, apparemment ce serait un monument du XVII è s qui indiquerait avec les autres des méridiens et non pas une statue comme je le pensais et croyais avoir vu dans les pays baltes il y a deux ans, où il y en avait aussi plusieurs. Ah, il semble que les moustiques commencent enfin à disparaître. La veille, lorsque je reviens pour téléphoner, le maître des lieux du camping ne veut pas me faire payer le coup de téléphone alors je donne 2€ pour prendre un café qu'il est heureux de faire puis on parle ensemble des Elks (800 kg et plus haut qu'un cheval), grizzly différents des ours bruns, ours noirs, rennes… jusque 23h environ. Ensuite je retourne finir de charger les batteries et je retrouve mon coéquipier, Nico (pas que le vélo).
Ce am on se sépare, lui va à Tromso et je ne peux le suivre sinon ça ferait un détour de 130 km (si c'était une fille peut-être serais-ce différent ?), et je perdrais du temps pour une éventuelle traversée des Pyrénées. Il part un peu avant moi et de mon côté je fais 20 km de détours en tournant à gauche au camping, pensant encore être sur la E45 et arriver ainsi à la frontière mais je ne traverse toujours pas la grande rivière (la frontière) et je ne la suis pas, je n'ai pas fais attention la veille au soir et je pars vers l'est (à la vue du Soleil) au lieu d'aller au nord pour passer le fleuve et cette frontière. L'a-t-on passé hier ? Je ne crois pas. Après 10 km, je fais arrêter un véhicule (pas beaucoup ce am), le pépé ne parle pas du tout anglais et il me dit que je suis en Finlande et dans la bonne direction, alors que j'avais déjà fais demi-tour pour revenir à Karesuando pensant bien m'être trompé, je reviens dans l'autre direction donc et il redémarre, puis il s'arrête à nouveau pour me dire que non, c'est la Suède ici, et la Finlande est bien dans l'autre sens. Ah, c'est bien ça donc, merci le Soleil. Je retourne donc à Karesuando et c'est bien ça, il fallait tourner à droite et non à gauche, comme me l'avais dit Nico (coquin), à la sortie du camping.
J'aurais du aujourd'hui croiser deux Stuave geodotic arc, c'est à l'UNESCO mais il n'y a rien d'indiqué. Pour une d'elle, je demande dans un magasin de souvenirs mais le monsieur ne connaît pas, pourtant ça devrait être juste à côté, il semble incrédule et curieux à la fois, ce serait un bon moyen pour attirer les touristes. Ca ressemble vraiment à une chasse au trésor, plus que je ne le pensais. J'ai l'impression de faire une quête, seule une est indiquée sur ma carte, celle au bord de l'Arctique (" mon " Cap Nord).
Pour le " maître des lieux " d'hier, le vrai Cap Nord est entre le mien et le Cap Nord officiel qui est sur une île mais celle-ci est reliée par deux tunnels au continent alors est-ce encore vraiment une île ? Je me souviens qu'à Noirmoutier certains étaient contre le pont pour rester une vraie île et non une presqu'île…
J'attends donc d'être là-bas pour demander et avoir une réponse sinon j'essaierais d'avoir une réponse sur le site internet de l'UNESCO là-bas. Ils indiquent leurs emplacements et coordonnées GPS mais je n'ai pas mon GPS sur ce trip et l'échelle de la carte est trop grande pour que je puisse m'en servir pour cette " quête ".
Ca fait un peu bizarre les premiers kilomètres à rouler à nouveau seul, c'était bien d'être avec quelqu'un. Ce soir, je dors dans la brousse car les paysages ont changé et il n'y a plus de sapins mais des arbustes surtout. Pas de maisons proches, juste la route, y a-t-il vraiment des loups, ours et lynx ? Je n'ai toujours pas vu le " garde mangé ", les rennes, donc je ne pense pas que des prédateurs soient par ici ce soir. Les seuls, comme toujours, ce sont les moustiques ! Je savais qu'il y avait des moustiques mais toute la journée ! C'est pénible, toujours pas de pluie… (quand le vent est assez fort, il y en a moins aussi).

Le 24, ah quelle tranquillité ce soir, il n'y a que deux ou trois moustiques, pas plus, qui viennent une fois toutes les dix minutes car on est à côté de la mer et de l'océan Arctique donc pas de problèmes du côté des fjords de Norvège avec ces moustiques. C'est différent en Suède avec tous ces lacs et marécages d'eau douce ou encore ce am en Norvège où je me fais aussi piquer. Cette nuit va être bien agréable.
Le am je me lève vers 6h et je pars vers 7h30, j'enroule maintenant la CS autour de moi pour faire mes besoins quand il y a trop de moustiques, le temps est limité avant qu'ils se réveillent quand je me mets à bouger. La route se passe bien malgré l'absence de ravito à Masi (le magasin est encore fermé et je ne voulais pas rester à attendre une heure avec les moustiques). 
Beaucoup d'arbustes… puis je revois des rennes, des sommets enneigés, des petites cascades plus nombreuses… on arrive de nouveau sur les fjords par une descente de seulement 6 km. Un cyclo âgé me dit, une fois qu'il l'a montée, alors que je prends une photo, " very big down ", pour se vanter, ça se voit, il n'a jamais été faire un tour en vélo en montagne et dans la Death Valley ! Je réponds " ah ? Really ? Nice ", en plus il a le vent dans le dos, qui vient encore de l'ouest, ahhh, ces Hommes.
Ensuite je reviens sur les fjords, c'est vraiment joli et les paysages sont à nouveau différents, il était temps, je ne trouve pas deux des Stuave geodotic arc mais, le soir, sur le plan de la ville d'Hammerfest, il y en a un de noté, c'est donc bien des monuments indiquant des méridiens, on verra ça demain. Il fait plus froid sur les fjords et leurs nombreux sommets encore enneigés, mais ça va quand même et toujours pas de pluie, le vent est faible, du Soleil… Journée et nuit tranquilles sans les moustiques !



Chronique 6 : de Hammerfest à Rostock


" Long retour vers le 'continent', en terres scandinaves "
(2665 km)


Je 25/06, Hammerfest - 10 km avant Alta, 143 km
Ve 26/06, 10 km avant Alta - Enontekiä, 232 km
Sa 27/06, Enontekiä - près de Juoksenki, 258 km
Di 28/06, près de Juoksenki - 10 km avant Boden, 270 km
Lu 29/06, 10 km avant Boden - Lycksele, 282 km
Ma 30/06, Lycksele - 5 km avant Sollefteâ, 237 km
Me 01/07, 5 km avant Sollefteâ - 5 km avant Ange, 183 km
Je 02/07, 5 km avant Ange - 15 km avant Orsa, 232 km
Ve 03/07, 15 km avant Orsa - 10 km avant Karlskoga, 249 km
Sa 04/07, 10 km avant Karlskoga - Hjo, 149 km
Di 05/07, Hjo - 20 km avant Ljungby, 181 km
Lu 06/07, 20 km avant Ljungby - Rostock, 249 km

Le 25, ah quelle bonne nuit sans les moustiques, le am il y en a bien un, un seul ! Qui cherche à me piquer puis il s'en va rapidement. Ce soir rebelote, près de la marée basse dans le fjord, un moustique puis il s'en va et plus rien. Ahh, c'est bon comme ça. Mais demain les moustiques devraient être bien présents à moins qu'il pleuve comme cette pm.
La route fut bonne avec un vent du SO d'abord favorable sur 60 km puis de travers le reste du temps. Par rapport à hier, je suis toujours resté sur le même pignon 34-15 même quand ça monte et quand ça descend, je mouline, ça marche bien comme ça, encore environ 2500 ou 3000 km ainsi, jusque Malmo ou Berlin pour changer câbles et manettes.
Le mystère des Stuave est enfin élucidé, ce n'est donc apparemment pas une statue ou totem comme j'avais cru voir il y a deux ans dans un des Pays Baltes. En fait, ça peut être un minaret, un objet en métal, une pierre, un obélisque comme celui à Hammerfest qui supporte la Terre, c'est donc un bon Cap Nord pour moi, au bord de l'océan Arctique. Je visite aussi le petit musée sur l'Arctique et l'ours polaire mais ça me fait toujours drôle de voir les animaux empaillés comme ça (je n'aime pas, comme les zoos), j'aurais préféré ne voir que des photos ou films, si on veut les voir en vrai autant aller au pôle nord ! Pas besoin de les enlever de leurs habitats ou d'y exposer les fourrures… A l'OT, le jeune ne sais même pas où se trouve les Stuave geodotic arc, j'attends 15' car il doit demander à quelqu'un puis quand il revient il parle et parle avec d'autres touristes arrivés après moi mais plus présentables, du coup je parle en français pour râler, je suis dégouté, puis je lui demande en anglais s'il sait et il me dit que non, il aurait pu me le dire plus tôt ? Plus tard, je regarde sur la route un prospectus pris à l'OT et les deux autres Stuave geodotic arc situées en Norvège sont notées et le lieu où elles se trouvent est aussi précisé sur une carte ! Ah, vraiment ce jeune, on peut se demander s'il aime son travail, mais ce sont des sommets et il n'y a rien d'apparemment très intéressant, je pense donc ne pas aller les voir mais toujours descendre le plus vite pour les Pyrénées.
Ce am le réveil se fait qu'à 11h (dodo à 3h am, il fait toujours jour et le Soleil reste toujours au-dessus de l'horizon sauf qu'il tourne, enfin c'est la Terre qui tourne sur elle-même, et donc il se retrouve au nord puis à l'est où alors il s'élève à nouveau.
Sur la route, je rencontre un chien en sens inverse puis quand je passe il me suit sur 200m, je me dis alors que ce serait drôle de le ramener sur 6.000 km jusque la maison mais il lâche assez rapidement quand il trouve de l'eau pour boire. C'est bizarre ça me fait toujours mal au cœur de voir un chien ou un chat (plus souvent des chatons) abandonnés apparemment alors qu'il y a beaucoup d'humains qui vivent dans la rue… et là ça ne me fait pas vraiment quelque chose surtout qu'ils ont souvent une bouteille d'alcool les accompagne.
Enfin, mon Cap Nord est trouvé, cap au sud !

Le 26, au soir les moustiques sont là et bien là, au début il y en a une centaine au moins puis, après 30' sans trop de mouvements, une bonne quarantaine. La veille et au am, il n'y a pas de moustiques (que un ou deux qui ne restent pas). La pm, une fois les fjords passés, il recommence à faire beau et assez chaud (25-30°C) et ce sont les mouches tsé tsé qui viennent me grignoter (mouches plus petites que celle en France avec comme des petites cornes devant qui sucent le sang, très sympathique comme insecte). Puis vers 18h jusque 22h sur la route, il y a des " nuages " de petits moucherons microscopiques (1 mm) blanc-jaune, berk, quelle région, je crois en fait que ça doit être mieux l'hiver mais il n'y a pas beaucoup de Soleil alors… Les moustiques commencent venir en nombre aujourd'hui vers 17h quand la température diminue et on ne peut s'arrêter plus d'une minute sans en avoir une vingtaine autour de soi, c'est difficile le soir de manger ou de boire dans ces conditions et c'est sûr qu'une tente serait la bienvenue, pourtant dans la même région, il y a eu des nuits avec moins de moustiques mais il y a des zones rouges et ce soir pourtant l'endroit est assez dégagé. Enfin.
Pour la route, rien de bien spécial à dire, c'est la même qu'à l'aller. Pour revenir au sud de la Suède, j'ai le choix entre trois routes après la Finlande : reprendre la même que celle par où je suis arrivé jusque Ostersund, la route le long du golf de Botnie (mais sans doute beaucoup de circulation), et les petites routes entre le golf de Botnie et la E45 que j'ai prise pour remonter en partie (mais très peu de ravito et tout risque d'être fermé après 17h). En fait normalement ce sera en partie les petites routes mais aussi la grande route le long du golf de Botnie pour avoir du ravito.
C'est fou tous ces moustiques !

Le 27, au soir il y a plein de moustiques, c'est peut-être pire qu'hier, c'est très difficile de manger…, dans la journée, les arrêts ne peuvent durer plus de 15 secondes en fait, c'est très facile de les tuer tant il y en a ! Incroyable ! Ils foncent directement sur moi pour piquer et ils ne tournent pas autour pendant cinq minutes comme en France. Cette pm c'était encore les mouches tsé tsé, en plus de drôles de guêpes (deux fois plus grosses que celles en France). Pour les moustiques, la fumée de cigarettes les tient à l'écart apparemment, comme le vent quand il est assez fort, si on mettait un ventilateur sur le vélo, ça irait ! Je regrette de ne pas avoir de répulsifs sur les vêtements (mais peut-être est-ce inefficace ici tant il y a des moustiques ?). Après 19h ce sont aussi les moucherons blancs-jaunes qui entrent en scène, impossible de ne pas en manger, berk, et ça gratte dans les vêtements.
La route est bonne grâce au vent plutôt favorable, de l'ouest, il faudrait qu'il repasse au NO maintenant pour les prochains jours. Je parle aussi avec quelqu'un qui promène son husky en vélo, il fait 10 km avec son chien deux ou trois fois par semaine, c'est aussi un chien pour la chasse et tirer les traîneaux l'hiver, sa femme en a 45 ! Ils les utilisent aussi pour les touristes l'hiver. C'était pour savoir pour le chien que j'avais vu sur la route, en fait ça ne pouvait pas être possible de le ramener en France, le husky aurait eu une crise cardiaque sur la route ! Mais il n'y a pas que des huskys, une voiture me double avec à l'arrière 4 ou 5 dalmatien, mort de rire ! Mis à part cette personne, les finlandais que je rencontre, très peu, sont de vrais lapons qui sont peu communicatifs, peut-être parce qu'il y a beaucoup de touristes et qu'ils n'apprécient pas trop ? Je ne sais pas.
Des fois je tue des moustiques sans même le faire exprès tellement ils sont fous ! Pas beaucoup de monde sur la route en tout cas, tant mieux, ça avance tranquillement comme ça. La veille à 4h30, je suis réveillé par le husky du voisin, je me lève et il s'éloigne de 10 m, puis je prends un bâton pour lui faire peur et il s'en ira, je ne peux pas lui donner du chocolat… sinon il va rester là…
J'espère que sur le golf de Botnie il y aura moins de moustiques comme près des fyords mais je ne le crois pas, l'océan est trop loin.

Le 28, au soir, il y a des moustiques PARTOUT, c'est pire qu'hier ! Qu'est-ce que je fous dans ces contrées, en plus les gens ne sont pas très sympathiques, rares sont les " bonjour " et " au revoir " (sans doute c'est ça en fait que Morsen voulu me dire quand il me parlait de la différence avec les gens du nord et il ne visait pas les lapons en fait), c'est très différent de l'ouest du canada ou des USA, j'ai vraiment le sentiment de perdre mon temps.
Après 70 km, je quitte la " grande route " qui longe le golfe de Botnie car il y a trop de problème avec leur bande blanche à trous… et ça roule à 130 km/h, j'ai l'impression d'être une boule dans un flipper.
Je mange trois moustiques ce soir (ce n'est pas mauvais, ça passe bien en bouche, ça n'a pas vraiment de goût, et ça fait quelques protéines) et j'en écrase d'autres sans même le faire exprès tant ils sont innombrables même quand je bouge il reste, la tente serait la bienvenue et indispensable pour faire de la cuisine et bien manger. C'est seulement sous la CS que je ne suis plus embêté. Tout nu je serais sans doute vider de mon sang. Ca fera donc environ 700 km sur la route du retour que j'ai aussi pris à l'aller, dommage, et les paysages commencent à se ressembler et être monotone du coup ! J'aurais encore préféré faire Toulouse-Paris allé et retour.

Le 29, j'écris plus tôt aujourd'hui pour ne pas avoir à le faire avec les moustiques. Journée toujours aussi monotone et pas de ravito dans la ville de Glommorsträsk, comme à l'aller, mais je pense continuer encore 110 km jusque Lycksele car j'en ai vraiment assez de ces paysages, les gens ne sont pas encore très aimables même un enfant qui me croise me regarde méchamment (c'était arrivé aussi avant une fois) alors que d'habitude ils sourient.
A Lycksele, je sais qu'il y aura une bonne pâtisserie. Ce am c'était encore la folie avec tous ces moustiques et en 15' j'étais partis ! Encore 12 km de route en travaux et 65 km de pistes. Aujourd'hui si je vais jusque Lycksele, ça fera 220 km sans ravito, une seule fois j'ai fait plus c'était pour la traversée du Sahara avec 250 km environ sans ravito car la station après 110 km était fermée pour les fêtes de l'Ait.
Les paysages sont toujours très monotones, je regrette, ça aurait été différent avec la route des fjords.

Le 30, ah, quel pays, quelle région plutôt, j'en ai vraiment marre, encore une semaine comme ça normalement. Pfff. Au am je me lève à 10h et je pars de Lycksele vers 12h après un ravito… Il y a plein de monde à la pâtisserie et la queue presque dans la rue, je n'y retourne donc malheureusement pas.
S'en suit 170 km de route déjà faîte à l'aller, toujours pareil, la route est toujours en travaux où ils ont rajouté de gros, trop gros graviers et où je dois marcher sur environ trois kilomètres sur 12 km en travaux, toujours les mouches qui picorent et les grosses guêpes qui me poursuivent.
Après, vers 18h, le temps change et il pleut mais c'est assez humide, du coup je suis tranquille pour les moustiques mais il y a des " nuages " de pucerons ! Partout, même dans mes sachets de nourritures ! Et qu'est-ce que ça gratte, pourtant je suis sur la route. C'est très ennuyeux tous ça.
Après la route en travaux, je vais dans la rivière prendre un bain et faire de la lessive, ça attire déjà moins les guêpes mais pas le reste. Le seul truc de bien est que je vois deux Elks, ça ressemble à des chevaux, ça en a la taille en tout cas, je vois aussi un très beau renne.
Pour ce qui est des gens, je vais trois fois dans des magasins pour manger, ni un bonjour ni un au revoir, juste le prix ! Très aimable les gens ici, pas vraiment accueillant, et même entre eux ils ne rient pas… quelle froideur mais c'est déjà l'impression que j'avais eu il y a deux ans, en Finlande et en Suède.
Le retour en Allemagne semble interminable.

Le 01, il semble que le vent ait un peu changé et vient du NO mais comme je vais un peu vers l'ouest et le SO je n'en profite pas vraiment, de toute façon il est assez faible contrairement à hier et avant-hier. En fait le vent n'est peut-être pas noté sur l'échelle de beaufort comme je l'ai cru mais en m/s comme me l'avait dit Nicholas et aujourd'hui c'était 1,7 m/s soit 10 km/h environ.
Mis à part le temps couvert comme hier, il fait beau comme d'habitude depuis plusieurs semaines, la température en Arctique, sauf sur les fjords en Norvège où c'est beaucoup plus frais l'été, est environ de 20 à 30°C de 12h à 17h puis ça diminue la nuit, normal. Pour les ravitos, c'est souvent des distances de 100 parfois 150 km sans rien mais la route est assez plane, que des faux plats et il n'est pas nécessaire de changer de pignons. Je revois la Lune aussi ce soir mais ce n'est pas encore la nuit totale donc il n'y a toujours pas de ciel étoilé, ce soir je roule jusque 00h30, la veille jusque 2h30 et ce am je commence qu'à 12h, je reste deux heures pour manger… à Sollfetea où j'abandonne mon pull que j'ai depuis 15 ans, bien amoché, mais il fait toujours beau et chaud et j'ai besoin de place pour mettre du ravito. Je trouve aussi une bonne petite rivière où, sous un petit pont, je me déshabille complètement pour d'abord prendre un " bain " puis où je lave quelques vêtements…, c'est très agréable avec cette eau claire et c'est sans doute très peu ou pas du tout polluée et, avec ce temps, les vêtements sèchent très rapidement.
Ca va beaucoup mieux maintenant, moins de moustiques et autres insectes. Les gens ont l'air plus accueillant (normaux), je vois aussi un très beau renard passer la route. C'était donc une bonne journée.

Le 02, il fait beau encore, je pars vers 10h et prends un ravito à Ange puis un autre 25 km plus loin, puis c'est environ 210 km sans ravito car les deux qu'il y a sur la route sont fermés. Ici les magasins des villages sont souvent ouverts de 9-10h à 16-17h non stop ce qui est bien sûr plus pratique pour ceux qui travaillent, ils ne ferment pas à 19h comme en France.
Pour la route c'est toujours les mêmes paysages de forêts, lacs, rivières… Je prends aussi une gravel road sur 35 km, il fait beau, chaud et le goudron fond sur les routes qui sont très souvent bonnes, peu de circulation aujourd'hui, ça avance bien, peu ou pas de vent. Je visite aussi une église qui est ouverte, ici comme dans les pays nordiques, des paroissiaux se relayent pour surveiller et parfois proposer du thé ou du café, jus de fruits, gâteaux (mais je préfère comme c'est en France car ici on reste surveillé).
Le am au levé, je trouve aussi des traces d'empreintes qui sortent de la forêt jusque la gravel road pendant 100 m environ du lieu du dodo puis elles repartent dans la forêt, vue la profondeur et comme ça prend deux appuis, ça doit faire entre les 300-400 kg, il faudrait demander à un chasseur si c'est possible que ce soit un ours ? J'en ai pas vu en tout cas.
La route est calme, peu de circulation y compris sur la grande route après 22h et il fait assez clair pour rouler jusque 00h. Tout aurait été parfait si la nuit n'avait pas été cauchemardesque, il y a qu'enviorn une trentaine de moisutiques mais des millions de pucerons ! Volants qui viennent sur moi… et qu'est-ce que ça gratte ! J'ai des démangeaisons partout et ça donne des petites piqûres, arrrg ! Aussi je sais même pas si j'ai dormi ! Toujours est-il qu'à 5h je décide de m'en aller pour rouler, j'en ai marre de me gratter !

Le 03, ce pays me fait vraiment horreur, d'ailleurs ce soir, même sous l'arrêt de bus près de là où je compte dormir, il y a encore ces maudits pucerons (quand même moins comme je suis près de la route mais ça gratte). Ah, ça doit être la période car il n'y en avait pas il y a deux ans ni il y a quatre semaines quand je faisais la remontée vers le Cap Nord. Berk ! J'espère que ça ne sera pas comme ça en Allemagne.
Aujourd'hui, le temps tourne aux averses la pm mais ces petits pucerons sont toujours là, dès qu'il fait frais, les moustiques ne sont plus un problème, dès qu'on est sous un parallèle qui passe sous Ostersund. Ici ça doit être bien agréable en caravane. A 40 km avant Karlskoga qui est à la même hauteur que Stockholm, on trouve plus de belles fermes et des champs ou prairies que des forêts. Si tout se passe bien, dans deux ou trois jours, j'aurais quitté la Scandinavie. Ouf, j'en ai vraiment assez ; aujourd'hui, malgré que ce ne soient pas les grandes routes et que la vitesse est limitée à 90 km/h, il y a beaucoup de circulation et on est doublé à 110-120 km/h.

Le 04, je n'aime pas la Suède comme le reste de la Scandinavie, mais ce n'est que mon point de vue perso, ce ne sont pas des endroits pour moi comme la Pologne,… Ici en Scandinavie, les habitants sont trop réservés, peu accueillants, ils ne sourient pas ou ne rient jamais, ne " déconnent " pas et quand ils sourient on dirait que c'est forcé. Beaucoup d'insectes… Et maintenant que ça va mieux il pleut. En Finlande, il y a deux ans, le pasteur d'une église où je dormais à l'extérieur m'avait même donné un coup de pied pour me réveiller à 7h am, pour me dire de partir sinon il appelait la police, avant de me demander d'où je venais ! Ce que je n'avais pas répondu, bien sûr, mais j'étais plutôt " mort de rire ".
La veille il se met à pleuvoir, ce n'est pas un problème mais après il y a un orage pendant deux heures et ça c'est plus embêtant car il est dit que c'est dangereux de dormir dehors et sous la CS par ce temps orageux, du coup je reste sous l'arrêt de bus pendant une heure qui est, par chance, à 500 m du lieu du dodo ; enfin à 4h je peux dormir. Du coup ce soir je suis bien fatigué avec ces deux nuits passées sans avoir beaucoup dormi même si ce am je me lève qu'à 11h. La route est assez bonne aujourd'hui, le temps est bizarre mais j'évite les orages qui grondent par-ci, par-là.
Beaucoup plus de champs et prairies, très peu de moustiques, c'est comme chez nous, et, quand il y en a, ils ne foncent pas sur moi directement comme des fous ! Le pucerons volants ont disparus pour laisser la place aux moucherons et mouches comme en France aussi, les mouches tsé tsé ont aussi disparues.
Je pensais être dans deux jours à Trellborg mais en fait ce ne sera pas pour demain mais qu'après-demain, peut-être, suivant la route, le temps aussi car ma carte que je tringballe depuis Oslo est en plusieurs morceaux et il restait encore deux et non un morceau comme je le croyais…
Avec l'orage qui grondait et qui gronde encore au loin, ce soir, j'ai beaucoup pensé, grâce aux petites routes où je n'ai pas besoin de rester attentif, à l'utilisation des éclairs, comment les créer, l'énergie à en tirer… Pour les créer ça vient peut-être des différences de pressions, de l'air chaud et froid… tout ça doit être connu puisque la météo est capable de les prévoir et ça doit bien pouvoir se reproduire en labo ? Après pour voyager à la vitesse de la lumière, il faudrait voir si les éclairs entraînent une poussée en sens inverse ou si on pourrait faire aller un objet à la vitesse de la lumière dans la même direction ou si, par le jeu de pressions, sans reproduire forcément l'éclair, c'est possible d'atteindre la vitesse de la lumière ? Bon c'est des réflexions bizarres qu'on a parfois le temps de se poser et de chercher des réponses en voyageant ce qui n'est pas facile au travail ou dans la vie quotidienne " normale "… D'ailleurs, quand on tousse la nuit ou que l'on éternue, ça arrive qu'on voit comme des éclairs, avec les pressions buccales sans doute… ?

Le 05, la nuit fut bonne sans pluie et sans trop de moustiques, le am je pars vers 9h30, la route est toujours pareil mais il y a plus de champs maintenant, les gens sont plus souriants dans le sud mais ce n'est pas encore le " grand amour " et les véhicules roulent toujours aussi vite, à 70 km/h quand c'est limité à 50, 90 pour 70 et 100-110 pour 90 km/h de limitation. Les jours sont plus agréables sans les moustiques aussi. Vers 17h, il se met à pleuvoir sans cesse et encore quelques coups de tonnerre. A 21h, je m'arrête quand je trouve un petit bois, trempé, épuisé par la drash, je mange et je m'endors d'un coup vers 22h.

Le 06, réveil à 5h am, tout humide mais je n'arrive pas à me rendormir, comme il commence à faire jour je me prépare et je pars vers 6h, je pensais qu'il resterait 150-180 km pour arriver au ferry, donc ça tombe bien que le départ se fasse de bonne heure.
Toujours des suédois qui roulent comme des fous mais par moment il y a des petites routes avec moins de voitures, heureusement. Maintenant c'est beaucoup plus la campagne, on retrouve des coquelicots, beaucoup de champs, de prairies, un peu d'élevage, des fermes qui sont assez souvent en briques comme les églises et parfois en pierres (les églises ne sont plus en bois comme plus au nord), de même pour les maisons aussi, tout au sud de la Sveridge (fuck sweeden, fuck).
J'arrive à Trelleborg à 22h juste à la tombée de la nuit, il y a les deux derniers ferry de la journée pour aller en Allemagne, un à 40€ et l'autre à 20€ (200 couronnes), je prends donc le moins cher et ça m'arrange car il me restait le juste prix, pas plus.
Avec ce temps instable et de pluie, j'attrape encore de l'eczéma au bras, au pli du coude, bof. Dans le ferry il n'y a pas de douches sinon il faut prendre une cabine à 70€ (que l'on soit une, deux ou trois personnes c'est le même prix, c'est 70€ par cabine quelque soit le nombre). Je fais donc d'abord un peu de lessive dans les toilettes situées à l'écart où personne ne rentre, puis c'est le rasage de la barbe d'un mois et je recharge les batteries et m'endors dans la salle de jeux du casino où entre 1h et 5h30 am il n'y a personne aussi.



Chronique 7 : de Rostock à Strasbourg


"  Petite traversée des terres germaniques, reines du baroque "
(1771 km)


Ma 07/07, Rostock - 20 km avant Waren , 110 km
Me 08/07, 20 km avant Waren - 10 km après Liebenwalde, 164 km
Je 09/07, 10 km après Liebenwalde - 10 km avant Brandenburg, 120 km
Ve 10/07, 10 km avant Brandenburg - 10 km après Leipzig, 179 km
Sa 11/07, 10 km après Leipzig - 20 km après Feiberg, 173 km
Di 12/07, 20 km après Feiberg - 10 km après Hof, 174 km
Lu 13/07, 10 km après Hof - 1 km après Höchstadt an der Aicsh, 159 km
Ma 14/07, 1 km après Höchstadt an der Aicsh - 2 km après Aalen, 180 km
Me 15/07, 2 km après Aalen - Rottenburg, 152 km
Je 16/07, Rottenburg - 30 km après Freiburg, 197 km
Ve 17/07, 30 km après Freiburg - Strasbourg, 163 km

Le 07, ah, enfin, l'Allemagne ! Tout de suite, les gens sont plus souriants, plus aimables, des " bonjours ", " au revoir "… Même si en Allemagne de l'est il y a un certain complexe vis-à-vis de l'Allemagne de l'ouest mais c'est bien moindre par rapport à 2004 quand j'avais été en Pologne avec le CCN.
Pas de moustiques dans la journée, moins de forêts, beaucoup de champs, de prairies. Je visite Rostock où je reste jusque 13h, je prends le temps d'ailleurs (la vitesse moyenne est seulement de 17,5 km/h). Le am à 7h30, je vois un cycliste avec un beau vélo de course, je demande alors où il y a un magasin, c'est à 10 km et il m'y amène comme il fait 40 km AR pour son travail et c'est sur sa route, le magasin ouvre qu'à 10h, je vais donc à la station essence à côté et rachète pour seulement 10€ un atlas de l'Allemagne où je refais le parcours comme je n'ai plus le temps pour passer à Cologne et les Ardennes… Je pense aussi couper mais passer par la forêt noire et Freiburg. J'essaye au mieux de prendre les petites routes, certaines sont même en pavées comme dans le temps en France, ici c'est  maintenant bien goudronné partout depuis le début des années 90.
Pour la météo c'est encore des averses, parfois du tonnerre comme les jours précédents et toujours un vent du SO comme depuis le 1er passage en Finlande, après la Suède.
Dans une petite ville que je traverse, il y a un petit magasin de vélo, le type veut absolument faire quelque chose pour ma manette cassée, je me prends donc au jeu et pendant deux heures je démonte et remonte la manette, malheureusement je n'arrive pas à enlever le bout de câble cassé qui reste coincé, comme à Rostock ils n'avaient pas de manettes (sinon il fallait attendre une semaine), il faudra donc attendre Berlin et encore quelques centaines de kilomètres et rester pendant ce temps sur pignons fixes, bon ici c'est la grande plaine de l'Europe donc que des faux plats et ça va.
Rostock est une assez jolie ville et il y a les filles sont très jolies. Le soir, je m'endors dans une prairie, moins de moustiques, il y a de petites lucioles, c'est magnifique, avec la pleine Lune qui se lève. Dans la journée je trouve aussi une rivière pour faire la lessive des chaussettes.

Le 08, au am, je pars vers 10 h, levé à 9h, doucement, tranquillement, enfin, ici il y a déjà beaucoup de choses à voir chaque jour, des personnes normales et un paysage plus varié. Peu de moustiques, pas de mouches tsé tsé, ni des grosses guêpes qui vous poursuivent, pas de moucherons picorant et de pucerons volants. La route est bonne et traverse le PN de Muritz. Le pays s'arrange avec le temps mais même ici c'est long à cause de 50 ans de guerre et de communisme mais même 20 ans après la réunification, comme dans les autres pays de l'est, il reste des choses à faire. Il faudrait beaucoup de temps en Afrique.
Pour le temps, le vent est toujours du SO, une petite dizaine d'averses et deux orages, la route est assez plane. Le soir je suis à 35 km de Berlin que j'aurais sans doute traversé de nuit s'il ne me fallait pas changer les manettes que j'espère trouver. Sur la route il y a encore quelques routes pavées non recouvertes de goudrons, elles sont en général bonne même si la vitesse diminue facilement à 10 km/h mais 20 km/h si on roule fort (car il y a moins de vibrations aussi). Beaucoup de nouvelles fleurs aussi, ça varie bien sûr avec les saisons et les mois…

Le 09, au am après une bonne nuit non stop de 23h à 9h, je pars à 10h pour Berlin. Ce soir, il y a encore quelques moustiques mais ils sont beaucoup moins agressifs qu'en Suède. Avant je dormais en ville (lors su 1er tour en Europe) et il n'y en avait pas bien sûr. Aujourd'hui, je passe au moins trois heures à m'occuper pour réparer le vélo et c'est aussi beaucoup de routes en villes donc je n'avance pas beaucoup (feu rouge, circulation…). Au 1er magasin de vélo, ils n'ont pas de manettes de rechange. Au 2ème magasin le type essaye de m'arnaquer (il y a le prix catalogue et le sien, c'est l'ancien Berlin est et comme dans les pays de l'est il y a beaucoup de commerçants qui essayent de profiter de ceux de l'ouest notamment les touristes, une sorte de rancœur…d'être resté 50 ans communiste ce qui a tout nivelé vers le bas, ça a été une catastrophe ! Ca se voit encore quand ils ont l'argent en main, ils le regardent avec avidité, ça leur a manqué). Du coup ensuite je regarde le prix sur internet (160€ pour les manettes Shimano 105 et 195 pour les ultegra), je me doutais bien en allant dans ce magasin que l'arnaque allait se profiler, il voulait me vendre les manettes 105 à 250€ ! Au 3ème  magasin, dans Berlin ouest anciennement, je propose d'acheter les manettes pour 150€ et il dit ok, c'est donc ok pour moi aussi. Les mentalités sont aussi différentes entre allemands de l'est et de l'ouest, même encore maintenant, sans doute cet état d'esprit est-il encore relayé aujourd'hui dans les médias allemands ?
Je traverse Berlin par le grand boulevard qui la traverse (où il y a les deux chambres du parlement…), que je connais bien pour l'avoir fait déjà à pieds quand j'avais été en bus depuis la Belgique pour un week-end en 2004 je crois mais ce n'est pas très intéressant, beaucoup, presque toute la ville a été rasée à la WWII. Ensuite, je continu par Postdam puis vers Brandenburg. Quelques averses encore et un vent d'ouest, peut-être de dos alors demain entre Leipzig et Dresden ? Les allemands de l'est comme de l'ouest restent toujours souriants et gentils en général. La route est dangereuse, c'est la ville et à Berlin je manque de me faire faucher car pour suivre la piste cyclable il fallait couper la route, très dangereux, encore une fois, les politiciens ne font pas de vélo ! Et une autre fois une voiture ne me voit pas, alors que je roule sur la piste, et me coupe la priorité, de justesse je freine, les allemands de l'est ne sont pas aussi attentifs que ceux de l'ouest aux vélos. Beaucoup plus de risques avec les voitures qu'avec les ours ou les loups… que l'on dit sauvages ; pour moi, les sauvages, ce sont les humains conduisant leur jouet préféré. Ce sont les plus nombreux et les plus dangereux des animaux.

Le 10, journée totalement pourrie, pluie du am au soir ! Avec de fortes averses, 7ème jour de pluies consécutives, le crayon n'écrit même plus pour faire le carnet de route. Tout est trempé, mouillé, dégueulasse, puant. Ce parcours est chaotique et encore une fois je ne prends pas de plaisir. Je visite Leipzig sous la forte drash et avec 10°C, on se croirait en plein mois de mars mais et non le 10 juillet. Le vent est du SO-ouest, de face est fortement de travers jusque Leipzig. J'étais pressé d'être en Allemagne, finalement je suis pressé de rentrer en France car si c'est comme ça tout le temps… le froid.
Même ce am à 10h le temps est de nouveau gris pour le 8ème jour de suite, j'en ai marre, je retrouve le même temps que j'avais eu du 18 avril au 20 mai, un vrai temps de chien ! Il pleut comme vache qui pisse. La route est longue aussi, beaucoup de pistes cyclables dans un réseau décousu ici en ex-RDA où il faut souvent traverser la route de droite à gauche et inversement… Je n'ai pas encore vu de ciel étoilé depuis un moment !! C'est vraiment triste tout ça. J'achète un paquet de tabac hier et incroyable il est tout sec, donc " périmé ", impossible de se rouler une clope, les feuilles collent, la chaîne du vélo grince, le sac à dos est bien craqué, beaucoup de malchance sur ce parcours ?

Le 11, encore une bonne journée de pluie ! A partir de 17h30 et ça s'arrêtera que dans la nuit. Je suis trempé, j'ai froid. Je regrette d'avoir laissé mon vieux pull de 15 ans en Suède, tout est mouillé, tout est dégueulasse comme le temps, est-ce partout comme ça ? Ou le mauvais temps me poursuit-il ? Je suis gelé, sans le moral, j'en ai vraiment marre de ces conditions météo et il n'y a pas d'amélioration prévue pour les trois jours à venir. On est le 11 juillet et je retrouve le même temps et les mêmes températures qu'en avril et mai, ce sera sans aucun doute le parcours le plus pluvieux que j'ai fait jusqu'à présent, c'est désastreux, encore un mois comme ça ?
Dresdes est une jolie ville et la vallée de l'Elbe est jolie aussi. Je me bourre de journaux… et de détritus dans mes manches pour contrer la pluie et le froid. Après Dresden, ça monte et ça descend, 7-13% de pente, plusieurs bonnes côtes, toujours sous la pluie. Que de limaces sur la route !
Ici, je suis toujours en ex-RDA et beaucoup plus d'agressivité chez les jeunes, pas des enfants de la WWII. Ca ne m'étonnerait pas que le fascisme fasse un bon ici, il n'y a pas eu de travail de mémoire (voir de culpabilisation) comme en RFA. En RDA, pour beaucoup c'est un peu comme en Pologne (prétentieux et arrogant), beaucoup sont habillés en " paramilitaire ", ils roulent vite, deux fois ils doublent en face alors que je suis là et une bonne dizaine de fois on me klaxonne en gueulant par la fenêtre (j'entends strictement rien quand ils roulent, c'est stupide).

Le 12, encore une journée arrosée le am et en fin de pm, toujours le vent du SO et donc de face, comme c'est dimanche je ne passe pas plus dans les montagnes des Carpates et je reste sur la route normale pour trouver du ravito. Pas trop de circulation mais de nombreuses pistes cyclables débridées, c'est très dangereux (à droite, puis il faut aller à gauche, des trous…).
Ici encore beaucoup de crânes rasés, de tatoués, de personnes habillées en paramilitaires chez les " jeunes " car on est jeune physiquement jusque 20-25 ans, pas plus ! Après on vieilli, quoiqu'en dit la société et cherche à faire croire les médias… Beaucoup de déviations aussi à cause de travaux sur la route, beaucoup de montées et descentes de deux ou trois kilomètres avec du 7-13% de pente encore, ça ne fait que monter et descendre mais ce n'est pas un problème maintenant que je peux changer de vitesses.
Ca reste très habité partout, il ne fait pas chaud en tout cas et j'ai toujours le k-way qui n'est pas du tout imperméable, il est nul par rapport à l'autre, dommage qu'il soit craqué de partout, il faudra aussi en racheter un autre. Avec ces intempéries, les nuits sont aussi plus longues, avec la CS, je dors facilement 9h, et le vent de face aussi, donc je ne pense plus passer par Nîmes, Arles, Aigues Mortes, la Camargue et Avignon en France, que je laisse alors de côté pour la randonnée " Cap Sud " dans quelques années peut-être. Mais j'espère toujours faire ainsi les Pyrénées !
Cette nuit, comme la nuit précédente, il y a des petits insectes, lucioles, qui sont lumineux, ça fait vraiment joli, ça a un côté " merveilleux " dans ce monde de brut.

Le 13, tout avait bien commencé le am après une bonne nuit sans pluie, je pars vers 11h, je me réveille qu'à 9h30 passé. De gros nuages qui se dissipent puis que quelques gros nuages blancs sans inquiétudes. Je crois un moment que le beau temps va s'installer car ce sont des nuages de beau temps. Puis vers 18h le ciel change, se charge de nuages de traîne, qui traînent en longueur puis à 19h il pleut sans discontinuer et ce am (le 14), il pleut encore depuis ! J'aurais pu partir à 6h mais quand il fait un  temps pourri depuis 10 jours au moins, c'est décourageant. C'est vraiment une gêne à force, sans cesse avec le k-way, les plastiques, les journaux… pour se protéger, des irritations aux pieds, de l'eczéma au pli du coude… et se dire que l'on est mi-juillet, trop dur.
La campagne est assez jolie ici en Bavière, je ne vois pas de crânes rasés, ni de tatoués ou paramilitaires comme dans l'ex-RDA. Je croise aussi un allemand et son fils qui prennent une semaine pour faire Dresdes-Stuttgart. Ca va, ils sont sympas, on roule une bonne heure ensemble, quand ils me demandent d'où je viens, je réponds juste que je fais un tour depuis la France depuis trois semaines (pour ne pas les rendre " jaloux " comme ça a pu déjà arriver… chose que j'ai toujours du mal à comprendre), et on se parle en anglais bien sûr, surtout avec le fils, ils sont accompagnés par le reste de la famille qui les suit en voiture (sa femme et deux autres enfants) et ils vont à l'hôtel la nuit.
Les églises des villages sont souvent toutes très jolies, avec des cloches souvent de style baroque, les villages et villes ont souvent des maisons au crépis coloré de différentes couleurs (vert, rose, jaune, orange, rouge, bleu…) ce qui apporte beaucoup de gaîté. Pour le vent, il reste toujours de face, d'ouest-SO malheureusement.

Le 14, au am, je me réveille à 6h, il pleut encore à verse, je n'ai pas le courage encore d'y aller et je me rendors jusque 9h où il me faut une heure pour écrire le carnet et annoter les photos et encore une heure pour ranger les affaires. Je pars donc que vers 11h et 10' après le départ la pluie cesse ! Par chance, la veille, j'ai pu trouver une cabane près d'un étang. C'était bien !
Ce soir, à Aalen, vers 23h, je me trouve un bon endroit pour dormir dans les champs, près d'un ruisseau mais le ciel est très menaçant, tout noir et de gros nuages sont entrain d'arriver, puis j'entends des grincements puis les éclairs et le tonnerre, encore ! Bienvenue, c'est le 14 juillet ! Je décide donc de plier bagage, à regret car l'endroit du dodo était très joli, pour rejoindre le grand centre commercial à la sortie de la ville d'Aalen qui n'est qu'à deux minutes en vélo. Si c'était que de la pluie je serais resté mais la CS est un bon " fil conducteur " paraît-il en cas d'orages. Maudit temps, 11ème jour avec de la pluie, encore mon ras le bol. Dans la journée, de 11h à 20h ça allait mais l'atmosphère était lourde et orageuse…
Je passe par de très jolis villages et petites villes, notamment Dinkelsbuhl qui me rappelle Tallinn ou Carcassonne ou encore Guérande et Concarneau mais en bien plus jolie, ce qui n'est pas facile à faire. La route est bonne malgré parfois quelques pistes cyclables qui s'en vont n'importe où, pour finir, à un moment, je me perds presque et je fais quelques kilomètres en plus pour rejoindre la route normale (elles sont meilleures dans le NO du pays).
Les allemands sont toujours aussi aimables ici, ils plaisantent et sourient en voyant que j'essaye de parler allemand mais comme il me manque du vocabulaire, je mélange avec de l'anglais… L'allemand, j'aime bien (surtout l'ex-RFA), je m'y sens comme chez moi, c'est juste dommage les pistes cyclables qui sont males conçues dans le sud de l'Allemagne, dans les descentes c'est très dangereux !

Le 15, au soir, je repense en dormant en ville et en voyant le confort de mes congénères à quel point on a de la chance en " Occident ", la chance d'avoir le choix, grâce à la société de consommation que tant de voyageurs critiquent mais c'est le seul système qui fonctionne même s'il est imparfait. Il procure à l'Homme la possibilité de jouir de ses besoins et envies, en échange il doit travailler ce qui crée un lien social et des obligations morales et de droit. On ne peut et on ne doit pas forcer les gens comme dans les dictatures ou les états totalitaires. Maintenant on m'a déjà dit, comme ici on a le confort et pas ailleurs où la grosse majorité des gens veulent exactement la même chose qu'ici (par exemple en Afrique ils veulent des tracteurs, voitures, être mieux payés, la santé, un travail plus que journalier, une retraite, un ordinateur…) car ils savent plus ou moins (pas toujours) ce qui se passe en Occident, parfois on m'a dit qu'il valait mieux qu'ils ne sachent pas ce qui se passe ! Et si ici on ne nous disait pas la vérité alors les gens ne seraient-ils pas dans la rue ? Et le droit à l'information, n'est-ce pas une des choses les plus importantes qui a un lien étroit avec la liberté de la presse et la liberté de choisir surtout. Tout le monde devrait avoir cette liberté ! En occident on l'a même si des fois on s'enferme dans des croyances sociétales, et ce serait anormal de créer un monde du silence, une cité interdite où les gens " d'en dessous " ne pourrait vivre plus de 50 ans en moyenne, ne pourrait lire et avoir des livres… et je ne comprends pas ces voyageurs qui critiquent la société occidentale alors que par leur nationalité ils peuvent justement voyager partout (un malien ne peut venir en France aussi facilement que nous chez eux) ; et ce voyageur qui aura des soins s'il tombe malade, qui se fait construire une maison (en France et non au Mali bien sûr…). Il faut  qu'il se passe dans les pays " pauvres " la même chose qu'il se passe grâce à l'UE dans les anciens Etats de l'Europe de l'est, j'en reste persuadé.
Pour ce qui est de la route, ce fut très drôle ! Vers deux heures du matin, là où je dors, un genre de grossiste, ça commence à bouger, à décharger…, des lumières s'allument… du coup ça me réveille et je décide de bouger, il pleut toujours à torrent, je vais chez l'entreprise voisine et … plouf ! Je tombe d'1m30 environ dans un petit lac artificiel ! Moi qui voulais rester au sec cette nuit ! C'est gagné ! Il drash toujours comme pas possible, et j'y perds mon briquet, tabac et feuilles à rouler, mais comme tout bon fumeur, j'ai tout en rechange. Du coup, ça m'a bien réveillé comme j'était sans doute encore à moitié endormi. Je m'éloigne donc en ronchonnant plus ou moins comme tout bon français et tout individu qui subi son 12ème jour de pluie consécutif… Et je m'en vais dormir près d'un carrossier qui doit sûrement habiter au-dessus.
Le am, je suis prêt à 6h mais il pleut encore comme vache qui pisse ! A 9h la femme du carrossier peut-être me propose gentiment un café ! J'accepte, la générosité humaine ressort souvent quand un individu broie du noir…
A 10h, je commence à rouler et vers 12h la pluie s'arrête enfin, ouf. Mais le soir je redors quand même en ville même s'il ne me semble pas qu'il va pleuvoir mais là où j'arrive il y a une averse qui est tombée (tout est trempé au sol…) que j'ai par chance évité.
Autant j'en vois qui sont au restaurant dans un bel hôtel et d'autres dans la rue entrain de picoler ou sdf, mais chacun dans nos sociétés avec les aides qui existent encore peut finir avocat, médecin ou voyageur…
Dans la journée ça monte et ça descend entre 400 et 800 m mais ça va, c'est moins dur qu'hier, j'ai hâte de retrouver les montagnes, les Vosges, les Alpes et j'espère les Pyrénées. Toujours assez beaucoup de circulation, des pistes cyclables décousues et sans indications ou juste avec un chiffre ce qui ne me sert pas à grand-chose.

Le 16, ah, la nuit je dors au cimetière, c'est trop bien, quel calme ! Nuit non stop jusque 6h et je pars à 7h, sous un abri, très propre (comme le cimetière). Mais la nuit il a encore plu et je commence à rouler sous la pluie, ça se calme ensuite et ça s'arrête vers 12h encore. Je remonte la rivière Neckar jusqu'à Odendorf puis une montée de 6 km, une autre descente, une autre montée avec des pentes à 18% puis après une autre bonne descente je longe une autre rivière jusque Freiburg. Pour finir comme il fait un temps splendide je continu la route vers Baden Baden, dans la Forêt Noire.
Le soir, je vois des nuages menaçant mais je dors quand même dehors dans la forêt, le temps était splendide dans la pm, trop, un vrai temps d'été avec 25-35°C mais vers 4h dans la nuit des orages éclatent encore ! Je me rappelle alors avoir vu un abri de bus à environ deux kilomètres (c'est comme des petites cabanes, dans la montagne), donc j'y vais pour rester au sec, marre d'être trempé… Je me rendors et je suis réveillé à 6h30 par une jeune allemande qui vient prendre son bus dont le conducteur en plaisantant me demande aussi si je prends le bus scolaire, ahah.
Dans la pm je rencontre un jeune prof allemand de 21 ans (qui travaille depuis l'âge de 18 ans), cycliste pro, qui a couru la route du sud mais a abandonné car c'était trop dur mais a gagné la course Hong Kong-Shanghai, pourtant il n'a pas l'air très fort… Les sensations avec lui et dans ces montagnes sont excellentes.

Le 17, au am, je pars vers 7h, encore sous la pluie, ça doit faire au moins le 15ème jour consécutif de pluie ! Qui s'arrête vers 10h, juste le temps de faire la " route des crêtes " qui longe des cols à environ 1000 m dans la Forêt Noire, jusque Baden Baden où il se remet à pleuvoir à verse jusque Strasbourg, comme d'habitude.
Lorsque j'arrive à Strasbourg, je vais dans une auberge de jeunesse, j'achète un atlas avec les routes de France pour 15€ seulement et je vais passer la soirée et la nuit à faire le tracé pour rentrer dans le Quercy et celui pour l'Australie jusque Lille après je ne sais pas encore où je prendrais l'avion pour l'Australie : Paris, Amsterdam, Londres ou Francfort ? Quelle pluie !



Chronique 8 : de Strasbourg à Dégagnac


" Petite traversée des Vosges, du Jura, des Alpes, du Haut Languedoc, du Pays Cathare, des Pyrénées et des Landes "
(3248 km)


Sa 18/07, Strasbourg - Lièpvre, 107 km
Di 19/07, Lièpvre - 10 km avant Montbéliard et Sochaux, 155 km
Lu 20/07, 10 km avant Montbéliard et Sochaux - 20 km après Pontarlier, 152 km
Ma 21/07, 20 km après Pontarlier - au bord du lac d'Annecy, 165 km
Me 22/07, au bord du lac d'Annecy - Bonneval sur Arc, 191 km
Je 23/07, Bonneval sur Arc - Avrieux, 169 km
Ve 24/07, Avrieux - 10 km après le col de la Cayolle, 118 km
Sa 25/07, 10 km après le col de la Cayolle - Castellane, 128 km
Di 26/07, Castellane - 10 km après Valensols, 83 km
Lu 27/07, 10 km après Valensols - Cairanne, 159 km
Ma 28/07, Cairanne - 15 km après Villefort, 153 km
Me 29/07, 15 km après Villefort - 5 km avant Meyruéis, 136 km
Je 30/07, 5 km avant Meyruéis - 5 km avant Trebas, 173 km
Ve 31/07, 5 km avant Trebas - Toulouse, 121 km
Sa 01/08, Toulouse - Lagarde, 105 km
Di 02/08, Lagarde - Puilaurens, 151 km
Lu 03/08, Puilaurens - 10 km après Tarascon sur Ariège, 137 km
Ma 04/08, 10 km après Tarascon sur Ariège - Luchon, 138 km
Me 05/08, Luchon - Laruns, 167 km
Je 06/08, Laruns - La Bastide Clairence, 153 km
Ve 07/08, La Bastide Clairence - La Trave, 178 km
Sa 08/08, La Trave - Marmande, 83 km
Di 09/08, Marmande - Dégagnac, 126 km

Le 18, il n'y a pas du tout de motivation aujourd'hui. Il pleut comme cette nuit et jusque 16h. La veille je dors dans une hostelling international à Strasbourg dans une chambre à deux lits, je suis seul et comme la machine à laver n'est toujours pas libre, deux heures que j'attends, je décide donc de laver mes vêtements à la main et j'en met un peu partout dans la chambre mais à 23h voilà un allemand de 50-60 ans qui arrive et ça ne lui plaît pas trop, quelques odeurs, du coup on dort la fenêtre ouverte toute la nuit (il n'y a pas de salles pour sécher les vêtements et le sèche linge ne fonctionne plus après 23h), les affaires n'arrivent donc pas à sécher mais bon comme il pleut encore le lendemain. Le type est bizarre, il me refile un cd sur son truc qui n'a pas de nom, une sorte de philosophie zen de recherche sur soi… Il vient de Berlin à Strasbourg pour écouter son maître (c'est le nom qu'il donne en anglais) parler de ça dans un séminaire pendant deux jours. Enfin.
A 10h, je pars le am et visite Strasbourg pendant deux heures, la ville est plutôt bof, c'est moins bien que je l'aurais cru mais la cathédrale est vraiment jolie à l'intérieur comme à l'extérieur. Ici on paye que pour allumer un cierge…, personne ne surveille si on paye ou non, et l'entrée est libre, je préfère ça. Il y a aussi une horloge dite astronomique, l'Eglise rattraperait-elle son retard ?
Puis de 12 à 14h je fais le tracé jusqu'au Mont Ventoux et les étapes ainsi que les kilométrages approximatifs. Après je me rends compte que mon pneu arrière est aussi usé que mon pneu avant, pendant une heure je cherche un magasin et je vais à décathlon pour en acheter deux autres pour 30€ et c'est à 8 km du centre ville (c'est incroyable, pour changer une chambre à air ou un pneu ils demandent 5€ ; comme pour une pizza, je trouve ça très cher et dire que quand je travaille comme kiné je gagne 10€ par ½ heure ; à 8ans n'importe qui peut être capable de changer un pneu, et ça ne prend que 10 minutes).
Ensuite je reprends la route, pas trop motivé mais la pluie s'arrête et les éclaircies reviennent. Les petits villes et les villages ressemblent comme pour leurs noms à leurs voisins allemands mais ils sont un peu moins jolis quand même (c'est plus propre en ex-RFA). Puis je fais environ 40 km dans les vignobles d'Alsace et je finis par une petite grimpette à 750 m environ pour faire le tour du château du Haut Koenigsburg (restauré au début du XXè et finit en 1908 sur ordre de l'empereur allemand), bien sûr il est fermé à 20h30. Et à 21h15 je finis par la descente pour ainsi commencer, le lendemain, la route à travers les ballons des Vosges. La température ne dépasse pas les 15-17°C, pour un mois de juillet…
Je parle aussi vélo avec deux cyclistes qui viennent du Parlement européen et au Haut Koenigsburg tourisme avec un couple de la marne et un groupe de Chti expatrié au Jura.
Au lieu du dodo, le soir, c'est bizarre, une dame passe avec sa fille, je dis " bonjour " et pas de réponse, la peur ? Ce ne serait pas la 1ère fois. A décathlon, un couple s'engueule car la dame ne voulait pas y aller mais rester chez elle. Un  pépé me presse et passe devant moi. Un autre ne fait pas attention, trop pressé aussi, et manque de m'écraser dans une marche arrière avec sa voiture. Vive la société " moderne " dit-on.

Le 19, la journée aurait pu être excellente. Le am je suis réveillé à 7h par une averse, il y en aura deux autres sur la route des crêtes où il ne fait pas plus de 10°C. Je perds aussi deux heures de 7h30 à 9h30 pour dévoiler ma roue qui est en fait fichue (trois rayons de cassés et la roue est usée à l'avant comme à l'arrière), ça fait gling gling quand il y a des bordures… depuis plusieurs jours mais je pensais que c'était la chaîne qui faisait ce bruit, en fait c'était un rayon de cassé. Demain il faudrait donc acheter une nouvelle paire de roue. De toute façon il me faut aussi acheter un nouveau cuissard car le mien est troué sur 1 cm2 et donc on voit un peu les fesses, on m'a fait la remarque mais je m'en fous. Et de toute façon on en verrait encore plus si j'étais en slip de bain.
Le am je galère aussi pour trouver à manger, ça me prend presque une heure pour trouver la seule petite épicerie ouverte, heureusement sinon je ne sais pas si j'aurais pu grimper à vide. Mais bon, la route des crêtes n'est vraiment pas difficile et sans le sac à dos… il n'y a en fait qu'une 1ère montée de 300 à 1000 m pour le col du Bonhomme puis c'est plus des bosses que des cols (rien à voir avec la montée de 27 km pour sortir de la Death Valley qui avec la tempête reste toujours la plus dure que j'ai faîte mais tellement excitante, il n'y a pas eu un arrêt pendant les trois heures de montée !).
Ensuite, après 95 km sur la route des crêtes qui finie par une belle descente vers Cernay, je finis sur le " plat " jusqu'avant Sochaux, que j'aurais du passer sans le problème à la roue qui me fait un peu zigzaguer et c'est un peu juste pour le freinage comme j'ai du écarter les patins pour ne pas qu'ils collent à la jante… Beaucoup de touristes aussi sur cette route des crêtes (belges, allemands, français, danois) et des cueilleurs (beaucoup !) de fleurs dans les bois. Beaucoup de rapaces ici comme dans la Forêt Noire et la Bavière.
Ce soir, il y a aussi un cerf et deux biches près du lieu du dodo. Je parle aussi en anglais avec un très jeune allemand qui s'amuse en vélo dans les montagnes et à deux mamies pendant 30' quand je demande pour la route la direction, l'une d'elle m'offre le journal pour la météo et des barres de céréales.

Le 20, ah quelle bonne journée, si toutes les journées pouvaient être comme ça. Après 16 jours où il a plus un moment ou un autre, pas de pluie aujourd'hui. A moins qu'il pleuve à minuit ? Beau temps, de belles routes (comme on a de belles petites départementales en France), un beau paysage en Franche Comté, quelques montées et descentes qui se passent très bien, des touristes allemands avec qui je parle un peu en anglais (ça fait drôle de parler en français maintenant), que deux ou trois moustiques le soir pas du tout virulent et après quelques minutes ils s'en vont voir ailleurs…
Le am je me réveille vers 8h30 et je pars à 9h pour rechercher un magasin de vélo dans les pages jaunes chez un pharmacien à Montbéliard et sur ma route qui traverse le département du Doubs, il y en a plusieurs, je trouve à côté de la pharmacie une cabine téléphonique, au 1er, je tombe sur le fax, le 2ème est un n° non attribué, le 3ème ne répond pas (c'est lundi aussi) et le 4ème sonne toujours occupé. Je vais donc à décathlon d'abord pour acheter un nouveau cuissard puis je regarde pour la roue et par chance il y a celles que je voulais (les mavic aksium), les moins chers parmi les plus solides, après il y en a à 50€ mais elles ne tiendront pas 15.000 km, le vendeur est en plus sympa, c'est assez rare, je m'occupe de la roue avant pendant qu'il s'occupe de la roue arrière car il faut démonter la cassette et j'ai pas les clés, et tout va très vite, en 15' c'est fait, il ne me fera pas compter la main d'œuvre, preuve qu'il est encore plus passionné par son travail que par l'argent, c'est un jeune apprenti qui fait aussi des courses de vélo.  En tout cas je suis bien content d'avoir réglé ce problème et c'est plaisant d'avoir des roues qui ne zigzaguent pas. Maintenant il n'y a que le plateau qu'il faudra peut-être changer mais on en trouve facilement, pour le reste ça devrait tenir encore les 3000-3500 km qu'il me reste à faire, mais les dents me paraissent encore très bonnes malgré les 10.000 km.

Le 21, la nuit est excellente et pour la deuxième fois je revois des étoiles ! La route se passe très bien avec le beau temps même si le vent reste du SO voir du sud et donc de face, assez fort mais il y a beaucoup de touristes ici et donc quelques cyclistes, je prends donc deux fois les roues sur 7 km environ à chaque fois. Beaucoup de " bosses ", de belles montées et descentes de 5 km environ. De beaux paysages aussi qui me rappellent parfois ceux des Rockies Mountains. J'avais déjà été dans les Alpes, petit et je ne m'en rappelle plus… Un peu plus de souvenir pour Andorre où on avait été en famille je crois vers 14 ans et où les montées et descentes m'impressionnaient.
Le vieux Annecy est joli, toujours beaucoup de touristes français et belges, beaucoup d'animations dans les rues (peintures, guitares…). Beaucoup, sur la route, de centre de vacances… Ce qui est inquiétant c'est que dans tous les villages on trouve des fontaines et toutes ne sont pas potables, alors que la route oscille entre 800 et 1200 m, pourtant il n'y a pas beaucoup d'industries à part celles du bois, ça ne peut donc être que l'agriculture et l'élevage qui polluent les sources des rivières.
Il y a toujours le tour de France dans le coin, je ne sais pas exactement où ils sont mais c'est quelque part dans les Alpes, j'ai vu des panneaux aussi dans les Vosges et encore aujourd'hui à Annecy, on trouve aussi une exposition à Annecy sur l'histoire du tour…

Le 22, c'est une bonne journée malgré un détour pas très intéressant par Albertville car il y a le tour de France qui passe par le col que je voulais emprunter. Du coup je grimpe le 1er petit col d'environ 900 m pour rien car je dois redescendre dans la même vallée. Ah, le tour de France, je comprends maintenant pourquoi il y avait des trucs à Annecy car le 23 juillet il ya dans cette ville un contre la montre, après on m'a dit qu'ils quittaient les Alpes pour le Mont Ventoux (transfert par bus). Je serais bien resté pour les voir mais ils passaient à Beaufort que vers 13h30 et j'y étais à 10h. Le col n'ouvrira qu'à 15h, aussi je préfère faire le détour par les vallées, même si de Albertville à Bourg on monte de 400 à 500 m le long de l'Isère. Je suis à Bourg Saint Maurice vers 15h30. Dommage, j'aurais bien voulu grimper le Cornet de Roseland, col méconnu classé hors catégorie, plus difficile que le Galibier d'après un gendarme posté à Beaufort avec qui je demande des renseignements.
La route est bonne, les gens (touristes et savoyards) à qui je parle sont très sympas et aimables, et il ne fait pas trop chaud (un orage éclate et il y a deux autres averses, d'ailleurs d'autres orages sont prévus dans le nord des Alpes dans les jours à venir…). Du coup je décide de redormir dans les villages même si on trouve sur la route beaucoup de grangettes abandonnées.
Beaucoup de cyclistes donc le am pour aller voir le tour de France mais encore beaucoup d'autres entre Bourg Saint Maurice et le sommet de l'Iseran. Même à 20h45 il y en a un qui finit comme moi la grimpée de ce col. Je vois aussi deux cyclistes femmes dont une accompagnée qui a des bagages, comme quoi… La montée pour l'Iseran est assez longue, 42 km (même s'il y a quelques faux plats descendants), on passe de 800 m à Bourg à 2700 m au sommet du col de l'Iseran, normalement ça a l'air d'être le seul col qui a une montée aussi longue avec autant de dénivelé et peut-être ce sera le col le plus haut en altitude que je passerais. C'est un bon premier grand col, plus dur que ceux des ballons des Vosges, c'est sûr, et ce soir j'ai des crampes aux ischio-jambiers, au droit interne ainsi qu'aux muscles des avant-bras et des adducteurs des pieds et du petit doigt ! A force de serrer sur les freins sans doute dans la descente vertigineuse, la nuit tombant, et de serrer le guidon dans la montée.

Le 23, anniversaire de pépé ! Il faudra téléphoner. La journée a encore été excellente même s'il y a eu quelques gouttes le am et le soir après le col de l'Izoard. Les paysages sont magnifiques et les gens sont sympathiques, à cause de la souffrance sans doute en montant les cols et la reconnaissance de l'effort de l'autre même si le rythme est différent.
Le am il y a une bonne descente avec le vent dans le dos jusque Saint Michel de Maurienne, puis montée du col du Télégraphe, une petite descente vers Valloire et la montée du col du Galibier. Sur cette montée il y a beaucoup de cyclistes. Le vent est de face assez fort et trois cyclistes britanniques (deux anglais et un écossais) me dépassent mais j'arrive à rester dans leurs roues. Puis ils font une pause et on repart quand trois autres cyclos arrivent, c'est la " bagarre " alors, trop bien, je prends un rythme trop rapide et je me fais alors décrocher puis j'arrive à en rejoindre un autre et on restera ensemble jusqu'au sommet du Galibier où les deux autres compères anglais ont du arriver 2' avant, on les voyait dans les lacets. Au sommet les britanniques reviennent me voir et se demandent combien pèse mon sac, ça les impressionne et je crois que l'un ne me croit pas quand ils demandent d'où je viens et depuis quand je fais ce petit voyage et que je leur réponds. La descente est très bonne jusqu'au col du Lautaret que je grimpe en descendant ! Ensuite je me sépare des compères britanniques car ils vont dans l'autre sens pour rejoindre l'Alpes d'Huez et je continue vers Briançon où dans la descente trois autres cyclistes me doublent (je tiens à rappeler que je traîne 11 à 13 kg sur le dos), je prends encore les roues pendant 20 km jusque Briançon où ils s'arrêtent, à 40 km/h, ça tombe bien car le vent est de face.
A Briançon, je demande où je peux trouver un magasin pour manger, la personne m'invite alors chez elle pour boire un verre mais je refuse poliment car il est 17h30 et j'ai encore 20 km à monter pour l'Izoard. A 18h20, j'entame la montée et je suis au sommet à 20h40, sur cette montée, comme pour l'Iseran, il fait bien plus frais et là je suis le seul cycliste et il y a très peu de voitures ! Tout le monde mange ou est à l'hôtel, c'est bien agréable.
Pour le moment la montée de la Death Valley reste la plus dure à cause du vent et du terrain, ici ce serait plus dur si c'était le désert. Le col du Télégraphe est court, dans la forêt, idem pour l'Izoard donc ça va. Le Galibier est dur si on est seul et l'Iseran est dur à cause de sa longueur de 40 km dont plus de 20 km en long et haut faux plat jusque Val d'Isère.

Le 24, la journée est très dure, au am je pars d'Avrieux, dans le PNR du Queyras que je continu de traverser jusqu'au col de Vars (2109 m) vers 10h, il fait beau et chaud. En descendant la combe du Queyras, le long de la rivière Guil, jusque Guillestre, sur environ 20 km c'est déjà difficile, il n'y a plus aucune force dans les jambes ! J'essaye donc de mouliner au mieux. Après Guillestre c'est la montée du col de Vars, facile normalement mais je mets 4h pour le monter et je m'arrête 30' aux Claux du Vars ; je le monte à 6-7 km/h souvent, pas de force.
Au am il y a aussi beaucoup de cyclistes qui vont pour monter le col de l'Izoard, en contre sens de ma route car entre 9h et 12h la route leur est réservée (aux vélos). Au sommet du col de Vars je rencontre aussi deux drôles de cyclistes qui se vantent assez de faire Annecy-Menton en vélo… ils ne me demandent pas ce que je fais, que eux…
Sur la carte il y a de nombreux GR mais pas souvent grand-chose à manger et ils passent souvent en altitude, beaucoup de dénivelés. Le soir vers 18h30 et après avoir changé mes pédales à Barcelonnette (car je casse la pédale de gauche, il y a donc encore un peu de force dans le mollet), j'entame à 18h30 la montée du col de la Cayolle (2326 m), la route est petite mais très jolie, c'est la plus jolie des cols que je fais ici dans les Alpes, la route passe par les gorges du Bachelard dans la montée puis dans la descente par les sources du Var où je m'arrête vers 22h, alors qu'il fait nuit pour dormir. Au sommet de chaque col je filme aussi en faisant un 360° (mais, pas habitué, j'efface ceux des cols de l'Iseran, du Galibier, de l'Izoard et de la Cayolle sans le faire exprès, dommage).

Le 25, ah, au am je me lève vers 9h après encore un bon dodo et le retour des étoiles, il fait encore très chaud, la journée commence avec une longue descente de 50 km jusque Puget, le long du Var où j'essaye de mouliner le plus possible, ça va un peu mieux mais rien à faire, plus de force, les jambes sont toujours lourdes, hier ça allait mieux aussi le soir dans le col de la Cayolle. J'apprends aussi que mon oncle et ma tante sont en Bretagne donc pas besoin de faire un détour par Grasse et je vais directement vers les gorges du Verdon et le Mont Ventoux.
Les paysages sont jolis et je prends les petites routes de Provence entre le col de Saint Raphaël et Castellane où il y a beaucoup de touristes. Mais ceux qui habitent ici sont assez bizarres (une dame à Shopi montre facilement son porte feuille où il y a facilement 100 billets de 50€). A Puget un arabe m'offre un coca, il travaille dans les cuisines d'un restaurant, je reconnais bien là le partage des musulmans alors que je regardais sous 40° et sous un arbre ma carte.
Le soir, à Castellane, je dors sur les hauteurs de la ville près de la citadelle en ruine, avec pour musique un concert qui n'en finit pas en ville.

Le 26, la veille j'osais croire en la possible faisabilité d'une grande journée de vélo pour mon anniversaire avec les gorges du Verdon et finir par le Monts Ventoux, soit environ 210 km mais le am je me lève à 9h passé soit beaucoup trop tard, il aurait fallu partir à 6h am. Je vais donc à la boulangerie et à la superette ouverte toute la journée du dimanche (zone touristique) et finalement je décide de finir le tracé sur l'atlas et de voir environ pour combien de jour j'en aurais encore, en faisant des étapes " cool ", ça devrait bien aller pour arriver le 09 août dans le Lot et reprendre le travail le 10 août. Ca me prends un certain temps tout ça et à 12h environ il faut que je bouge car le Soleil a changé de place aussi alors je vais m'installer près du Verdon. Je suis vraiment à plat encore aujourd'hui, fatigué cette petite traversée des Alpes…
Je prévois de faire que 75 km, il faut donc 5h et c'est à 16h environ que je me mets à rouler, ça va un peu mieux que la veille mais les jambes sont encore bien lourdes. Il y a beaucoup de touristes qui se baignent dans les gorges et beaucoup de circulation, beaucoup de français d'autres départements (Paris, NPDC, Picardie… tous viennent rechercher le Soleil et vont au même endroit, pour des vacances sans stress et reposantes c'est pas gagné), des belges, suisses, néerlandais… Ces derniers on peut les retrouver partout ! Peut-être parce que c'est un petit pays alors les habitants voyagent beaucoup à l'étranger, mais tout ce petit monde roule bien et doucement sur la route pas très large et qui tourne souvent autour des gorges du Verdon. Je vois aussi deux voitures tchèques, vive l'Europe !
Je grimpe aussi deux cols qui n'en sont pas vraiment car c'est le long du Verdon, le col d'Ayen (1032 m) et le col de l'Olivier (711 m, qui se fait en descente). Pas d'autres ravitos sur la route à part celui du am mais ça va car après 17h il commence à faire moins chaud. Les jambes sont toujours lourdes même si ça commence à aller mieux.

Le 27, ah ça y est, ce n'est pas tout à fait ça mais les jambes vont beaucoup mieux, bien moins lourdes… N'empêche qu'il m'aura fallu deux voir trois bons jours de semi-repos après la " folle " étape du 23 juillet, et on ne peut pas vraiment dire que je n'avais pas l'entraînement. Aussi ça me laisse fort suspicieux quant aux " exploits " qu'on voit sur le tour de France. Et celui qui arrive à le finir sans se doper mériterait bien plus que l'anonymat. Car il faut suivre les dopés.
Le am je finis de traverser le PNR du Verdon que j'avais commencé à traverser au lac de Chaudanne, et à partir de Manosque jusque Simiane je traverse le PNR du Lubéron. Bon mon avis sur les PNR reste mitigé, certains valent l'appellation et mériterait même celle de PN, d'autres devraient être diminués avec moins de superficie car des zones que je traverse n'ont rien d'un parc (industrie comme la ville de Manosque et tous ses centres commerciaux qui appartiennent au PNR du Lubéron).
Enfin, après 85 km environ dans la Haute Provence, avec ses hautes collines à 600-1000 m d'altitude et ses senteurs de lavandes, je commence l'ascension du Mont Ventoux, les jambes sont vraiment bonnes et après un bon ravito à Sault avant la grimpette (saucissons et deux litres de jus d'orange), je monte les 26 km à 11 km/h de moyenne dont environ 6 km se déroulent sur de petits faux plats, en fait on peut monter le Mont Ventoux par trois routes et celle-ci semble être la moins dure car quand j'arrive à Sault je suis déjà à 700 m passé, les deux autres routes viennent de Carpentras et on commence à grimper à 300-400 m, sur une distance plus courte donc avec de plus forts pourcentages, mais comme j'arrive des Alpes, si le tour en Europe avait commencé comme prévu… ça serait la montée la plus dure.
Aujourd'hui le vent vient du SE et est donc la plupart du temps favorable. Au sommet du Mont Ventoux je fais connaissance avec une famille d'Angers dont un des parents est aussi du Lot. Pour le temps il a encore fait beau sauf quelques gouttes à la sortie de Manosque. Le parcours est vraiment bon avec les bonnes jambes retrouvées et les gens sont un peu plus aimables que dans le " cœur " de la Provence, le paysage change aussi, moins aride et avec plus de végétations, il y a aussi les vignobles de côte du Rhône.

Le 28, au am je me réveille à 6h puis je me rendors encore pour me réveiller à nouveau à 9h (idem le 29), les nuits sont toutes très bonnes. Trop peut-être sur ce voyage ? Je commence donc à rouler et finis de traverser la Haute Provence dans la vallée du Rhône où le vent vient du nord puis j'arrive en Ardèche et le vent souffle à nouveau de l'ouest. Beaucoup de vignes (côtes du Rhône) et de vergers (cerisiers notamment) avant Pont Saint Esprit qui est une jolie ville, malheureusement le centre historique demanderait d'être plus soigné.
Ensuite je remonte les gorges de l'Ardèche, c'est joli mais il y a énormément de touristes, je m'arrête environ dix fois pour prendre les photos et dis " bonjour " (comme j'arrive) à ceux qui sont déjà là, on me réponds qu'une fois, les autres fois les gens me regardent hébétés, embêtés, gênés, ennuyés de voir que je m'arrête (ben ouah comme je suis du côté opposé à la rivière je m'arrête qu'aux endroits prévus le plus souvent sinon c'est dangereux comme la route monte et descend et tourne beaucoup), c'est bizarre si ça les ennuis de voir quelqu'un alors pourquoi passent-ils leurs vacances là où il y a plein de touristes, il y a des milliers de kayaks… C'est incroyable les gens vivent tous en ville et créent de véritable villes pendant les vacances, même en vacances les gens restent finalement citadins.
A Pont Saint Esprit, devant un supermarché alors que je mange une charmante dame qui repart en vélo me montre ses seins en faisant glisser son léger décolté avec un sourire, je réponds juste par un sourire… Ensuite, autour des Vans je traverse brièvement le PNR des monts d'Ardèche où le camping sauvage est interdit (sauvage, ça me fait toujours penser au mot liberté comme corollaire, c'est la civilisation qui est sauvage en fait, comme les caméras…). Bref, je fais aussi une pause, j'ai du mal à digérer les deux litres de jus d'orange que je viens de boire à Vallon Pont d'Arc et ça fait des gros prouts dans les toilettes du bar où je prenais aussi un café (les WC ne sont pas insonorisés ni en recul, enfin c'est juste derrière l'affiche de Coluche alors… ahah, je suis mort de rire, peut-être pas les clients). Dehors le thermomètre de la pharmacie indique 36°C à l'ombre à 18h20, j'hallucine ! Je reprends la route ensuite pour faire la montée du col du Mas de l'Ayre (846 m) avant Villefort puis je remonte la rivière Altier, c'est joli, en bordure du PN des Cévennes et du Mont Lozère.
Il y a aussi une exposition  sur la grotte Chauvet (fermée au public pour éviter les problèmes comme à Lascaux), ça doit être trop bien mais il y a  pleins de touristes sans doute comme dans les deux ou trois grottes des gorges de l'Ardèche. On regardera sur internet. Je me mouille aussi dès que je peux à une fontaine, l'eau froide a un effet de constipation et ça hydrate.

Le 29, au am je pars que vers 10h, après être réveillé à 6h je me rendors et me lève pour de bon à 8h30 ; je monte un petit col puis le Mont Lozère mais ça n'a rien à voir avec les grands cols des Alpes. Je retrouve quelques promeneurs au sommet (une vingtaine qui marchent tous au même endroit, tant mieux dans un sens, ça préserve le reste). Puis j'arrive sur le Tarn (après une très jolie descente) qui est presque à sec, je suis accablé de voir ça.
Encore une forte chaleur aujourd'hui et les femmes tristes apprécient de laisser passer leurs pieds par la fenêtre de leurs voitures, le goudron est fondu à de nombreux endroits, beaucoup de touristes dans les marres du Tarn qui se forment encore par endroit et des kayaks (rares) qui ont du mal à avancer. Encore beaucoup de touristes sur la route mais quand même moins que sur les gorges de l'Ardèche, toujours aussi agressifs, une fois je me mets sur le bas côté où il y a une place pour une voiture, à l'ombre, pour rouler ma cigarette, dix secondes après un touriste s'amène et me dit par la fenêtre de son jouet préféré (sa voiture) de me pousser pour qu'il se gare ! Se croit-il dans un jeu vidéo ? Il attendra et les voitures de derrière font la queue pour continuer leur route en klaxonnant avec vigueur ! Hallucinant, on est en campagne dans les gorges et le type vient encore m'embêter ! J'aurais très bien pu rester là et regarder ma carte… je ne les comprends pas, une fois rentrés en ville ils crieront sur les toits que leurs vacances étaient formidables…
Au am, dans un village, un pépé me parle de ses rhumatismes, qu'il a un matelas électrique de massage, un rameur et un home trainer, je dis que c'est très bien… puis il me dit qu'un jeune du village a un beau VTT avec suspensions et freins hydrauliques et me dit que ça coûte cher… ah je reconnais bien la mentalité française, toujours envieux de son voisin, prêt à guillotiner ou à courir à la révolte de l'injustice pour l'égalité qui nivelle tout vers le bas bien sûr, rien à voir avec les américains !
La veille, dans la vallée de l'Altier, c'est le bal des chauve souris, beaucoup de rapaces aussi.

Le 30, je finis la remontée des gorges de la Jonte jusqu'au col de Perjuret (1031 m). La veille la Jonte est à sec et je dors carrément dedans, c'est très inquiétant si près des sources de constater que la rivière est à sec. A Meyruéis je parle aussi avec deux personnes âgées dont une de 73 ans, un danseur qui exerce encore ! Toujours intermittent du spectacle jusque 80 ans normalement et fan de vélo. Ensuite je continu par le col de Cabrillac (1194 m) qui se fait presque en descente (qu'une petite bosse) puis j'entame encore pour quelques kilomètres une montée douce jusqu'au Mont Aigoual (1367 m) où il y a un observatoire météo ouvert à la visite.
Ici je retrouve le PN des Cévennes, ses limites sont assez étendues et étriquées, tantôt j'y rentre, tantôt j'y sors, comme pour le PNR des grands Causses tout dépend du département où je me trouve et quelle région, ça n'a pas beaucoup de sens bien sûr. Encore des touristes mais bien moins que sur l'Ardèche.
Ensuite je fais en descente le col de Prat Peyrot (1290 m) et je finis de descendre par les jolies gorges du Trévezel et les gorges de la Dourbie ( et son joli village de Cantobre) pour rejoindre le Tarn et Millau (où il y a un beffroi !). Ensuite je continu par la vallée du Tarn en empruntant de petites routes, c'est tout aussi joli que les gorges du Tarn " officielle " où c'est très touristique mais dans cette partie entre Millau et Albi il y a beaucoup moins de touristes comme il y a de nombreux barrages EDF ce qui interdit les activités nautiques. Le vent vient de l'ouest et est donc de dos les 25 premiers kilomètres du jour ainsi que pour monter le Mont Aigoual.

Le 31, la veille, la nuit est très bonne à côté du Tarn, les étoiles et le ciel sont magnifiques, qu'un ou deux moustiques qui vont vite voir ailleurs. Je continu la journée en prenant les petites routes le long du Tarn où il y a quelques tunnels éclairés ou non mais je mets les lumières, le temps est toujours aussi chaud et sec avec plus que 35°C et plus que 40°C peut-être au Soleil ! Tout cela n'est pas normal, c'est beaucoup trop lourd. Dans le Lot, le Céou est encore à sec et il y a de nombreux orages pendant mon absence (le Céou est un affluant de la Dordogne qui depuis 2002 est à sec tous les été, du jamais vu par les plus anciens des villages, avant on y pêché et on y faisait même de la barque (avant l'irrigation intensive…).
Dans la vallée du Tarn on arrose et même en pleine après-midi (il fait le plus chaud entre 16-19h) alors que la source est épuisée, ça ne pourra plus être comme ça chaque année, la nappe phréatique va être bientôt épuisée, je suis catastrophé (pourquoi mettre des cultures de maïs dans le sud si ce n'est pour l'argent ?).
Vers 16h30, avec le vent plutôt de dos, du sud-est, après Albi, j'arrive en trombe à Toulouse chez le frère. Aussi à 17h30 on s'en va acheter un nouveau sac à dos, le mien est bien fini, toutes les poches sont trouées et les fermetures ne tiennent plus ou sont déchirées, les sangles sont aussi déchirées et j'avais mis en renfort du chatterton qui a bien été utile. Le soir je me regarde un petit film (Watchmen) et un bon dodo ensuite.

Le 01, je me lève vers 10h (les 30 et 31 juillet je me lève à 8h et commence à rouler à 9h), je glande beaucoup et je pars que vers 13h de chez mon frère, j'hésite à prendre des photos de Toulouse mais je le fais quand même, je connais bien cette ville depuis 10 ans et là c'est assez tranquille, ça va donc vite et je ne me perds pas. Vers 15h je prends la piste cyclable qui longe le canal du Midi sur environ 30 km pour ensuite aller au cœur du pays cathare.
Il fait encore une chaleur accablante mais vers 18h ça se couvre et à partir de 19h éclatent des orages en continu ! Le vent était de face, du sud-est et change brusquement de sens, la température chute de 15°C facilement en 10', tout est trempé, c'est le déluge, je passe Mirepoix sans prendre de photos et continu jusque Lagarde où je " visite " le château aux ruines fantomatiques, il devait être énorme. Il y a un ancien pont pour y accéder, qui tombe en ruine aussi, sans doute a-t-il servi de carrière de pierre pour construire les maisons du village au XIXè s.
La pluie sous forme d'orages, beaucoup trop d'orages ! Aura-t-on tous les étés une saison des pluies comme en Afrique ? Bientôt mais ça l'est déjà ! Trop tard ! Orages qui ne cessent de tomber à 23h passé… Demain le temps devrait être mauvais.
A Lagarde je reste sous un abri de bus (petite maison) avec les orages c'est toujours un problème, tente ou pas, pour dormir dans la nature sous les arbres.

Le 02, la veille je dors à Lagarde sous l'abri de bus, il pleut averse, mais la nuit c'est très calme dans ce village qui a peut-être une centaine d'habitants dont surtout des personnes âgées, il y a encore eu de l'orage jusque 1h am peut-être ? Je m'endors avant !
Comme hier encore, aujourd'hui je me sens fatigué, usé. De plus c'est dimanche et je n'ai qu'un seul ravito le am à Quillan. Peut-être est-ce aussi le vent presque tout le temps de face qui m'use ?
Le am un pépé vient récupérer les trois dépêches du midi pour les donner aux trois seuls abonnés du village, très aimablement il me montre la météo à venir, normalement il fait beau du lundi au vendredi, grand Soleil. Aujourd'hui il doit faire des averses mais en fait il n'y en aura qu'une, il fait même beau avec une bonne chaleur, juste quelques gros nuages.
Je vois le château de Puivert, Quillan, Couiza mais ça n'a rien de fantastique, je coupe la route alors pour gagner environ 20 km et aller directement vers Peyrepertuse et Queribus de crainte qu'ensuite ils ne soient fermés à la visite mais la dame à Queribus me dit que c'est ouvert jusque 20h ! C'est vraiment joli, les paysages sont grandioses et encore plus quand on est tout en haut. Sur la route il y a plusieurs petits cols tout au long de la journée mais ça n'a rien à voir avec les 13% pour aller à Peyrepertuse pendant 3 km et aux 17% pour aller à Queribus pendant 2 km, sacrées montées ! Le vent est de dos jusque Quéribus, de l'ouest, puis de face.
Beaucoup de cols aujourd'hui : col du Portel (601 m), col du Linars (680 m), col de Grès (406 m), col de la Croix dessus (403 m), col du Tribi (344 m), le Grau de Maury (432 m), et surtout les belles montées de Peyrepertuse (800 m) et de Quéribus (650 m).
A Quillan, je prends aussi un café (pour aller aux toilettes) mais je tombe sur un drôle de patron pas aimable, je dis " ça va " après avoir demandé pour avoir un café et donc si c'était ok, et il répond " vous êtes docteur ? " et il me fait la morale en disant que ça ne se demande pas… (alors qu'en kiné je le demande souvent !). Puis je demande si la tva a diminué pour les restaurateurs, il le prend pour lui pensant que je trouve le café trop cher alors que je voulais juste m'informer, je ne suis plus au courant de ce qui se passe en France depuis 4 mois ; il me dit que je n'ai qu'à regarder la tv et lire les journaux ! Bon c'est le seul de la journée aussi désagréable. Je rencontre aussi Cédric en vélo que je croise sur la route, préparateur physique à Carcassonne, il a fait le tour de la Corse en kayak et a traversé les Amériques de Québec à Calgary puis jusqu'à Ushuaia. Pendant un an et demi, il paraît qu'il y a un col dans les Andes avec 4.000 m de dénivelés positifs qu'il avait monté en trois jours. Mais avec son travail, pour conserver sa clientèle, il ne pense repartir que dans une dizaine d'années… pour traverser un fleuve en kayak en Afrique ou faire du ski de fond dans les montagnes… Pour le moment, sa copine l'attends dans leur camionnette aménagée pour faire des voyages mais elles ne fait pas de vélo…

Le 03, au am je me réveille seulement à 9h et je pars donc vers 10h de Puilaurens où je prend qu'un petit ravito car c'est très cher dans les petites épiceries des villages de montagnes (deux fois plus que dans un supermarché de ville, pour les mêmes produits, pourquoi ne prennent-ils pas des produits bio d'agriculteurs du coin ?). Je prends une jolie petite route pour rejoindre Montségur, dans un défilé et les gorges de la Frau après avoir passé le col des sept frères (1253 m) et un autre col d'environ 600 m qui se passe presque sans le voir. Les paysages sont majestueux et on arrive maintenant dans les Pyrénées, l'excitation monte, enfin le moment tant attendu arrive et la montagne est de retour !
Le temps reste couvert malgré ce que la météo avait prévu mais pas de pluie, le vent reste de l'ouest mais faible. Je passe à Foix aussi mais le château est fermé depuis 17h. Il est 19h30 et j'arrive juste à temps avant la fermeture du petit casino. Ici les magasins d'alimentation restent fermés souvent entre 12h30 et 15h voir 16h (sauf les supermarchés) mais en montagne on ne fait pas 30 km comme en plaine, il n'y a pas de problème aujourd'hui pour les ravitos mais à chaque fois c'est assez juste pour les horaires.
Beaucoup de visiteurs à Montségur qui sont comme en méditation, c'est bizarre. Je préfère d'abord Peyrepertuse puis Quéribus que Montségur. La nuit je dors dehors dans la forêt, sur un flanc de collines. Le GR10, comme ceux qui passent dans les Alpes, passent par de nombreux cols à environ 2000 m avec des lacs, cascades… ça donne envie de le faire en voyant le tracé sur la carte !

Le 04, au am je me réveille à 4h après un dodo à 22h30 la veille, je serais prêt à partir mais il fait encore nuit, du coup je me rendors avec du mal et me réveille ensuite à 9h30. Je pars qu'à 11h finalement sous le Soleil et avec un ravito seulement 70 km plus loin à Saint Girons mais le col de Port n'est pas difficile, il y a peu de cyclistes par rapport aux Alpes, beaucoup de touristes aussi, c'est moins joli que la Haute Savoie (maisons, paysages…) mais les gens sont tout aussi gentils. Peut-être y aura-t-il plus de monde sur le Tourmalet, l'Aubisque…
La route se passe bien avec encore le vent de face, de l'ouest, et un beau temps. A Saint Lary, je reste environ 30' à parler avec le laïc, amateur de vélo, qui s'occupe de la restauration de l'église, il vient de Narbonne et c'est un des seuls ici à être pour les ours, tout le monde semble contre et sur la route du tour de France il y a au moins 50 inscriptions " non à l'ours, à mort les ours, les loups, les lynx ", " les ours à Paris "… C'est navrant de voir ça, quelle mentalité ! Comme dans les Corbières où tous semblent contre les éoliennes (confer association cri du vent), c'est vraiment dommage pour eux et quelle réputation envers les étrangers…
Le soir à Bagnière-de-Luchon, un pépé vient voir ce que je fais et m'invite à prendre un café, il demande aussi à sa femme si je peux rester dormir mais celle-ci, déjà dans le lit, répond non, c'est un ancien pompier qui vient me voir alors que je mange sur le pas d'une porte dehors, la nuit après un tour dans Luchon, il vient voir pour me dire de ne pas faire trop de bruit et je lui avais répondu qu'il pouvait appeler la police, ce qu'il ne fera pas, il me propose alors de dormir sous un hangar, que c'est calme… et il m'invite à revenir le lendemain pour un autre café mais il ne se réveille pas avant 9h et je lui dit que je veux faire une grande journée de vélo en montagne donc qu'il faudra que je parte de bonne heure et sans doute serais-je déjà parti, on parle aussi d'anecdotes avec son travail de pompier, des escaladeurs, qu'il a récupéré morts, qui grimpaient des falaises de Pyrénées, du GR10 qui est très difficile selon lui…

Le 05, au am je pars de bonne heure à 8h après un levé à 6h30 et une bonne nuit et un bon café que je prends dans un petit bar de Bagnière (aussi pour les toilettes), c'est l'avantage quand on est en ville (le réveil se fait plus tôt).
La journée commence bien avec le beau temps et la montée du col de Peyressourde, puis celui d'Aspin et celui du Tourmalet qui est un peu plus dur, surtout entre 12-15h avec 35-40°C au Soleil ! Aussi quand il y a une petite cascade je me mouille toute la tête et une partie du corps, ça rafraîchit, ça détend et ça fait du bien après pour la route. Pour finir, je grimpe le col du Soulor et de l'Aubisque. C'est l'entrée, l'apéro, le plat de résistance, le dessert et le digestif, en bref, la spécialité pyrénéenne ! Pour les cols c'est difficile de dire lequel est le plus dur, tout dépend du vent comme toujours, de l'étape de la veille, de la chaussée, du temps (météo)…
Le soir quand je passe le col de l'Aubisque, la vallée de Laruns est très sombre et je pense bien que ça va aller à l'orage, ce qui ne manquera pas, juste le temps de finir le plat de pâtes que je mange dans un restaurant (où je paye 15€ alors que normalement c'est 10€, ils se sont trompés mais bon, je ne discute pas…). Et l'orage craque pendant une bonne heure. Le changement climatique bien sûr, le vent venait pourtant de l'est, faible cependant ; quand l'orage éclate la température chute et le vent souffle fort du sud-ouest. Le changement climatique n'est pas encore trop gênant pour les populations des Etats riches, imaginez comme en Afrique occidentale où beaucoup vivent dans des cabanes… les 35°C en zone Arctique où il n'a pas plu pendant trois semaines au moins, les premiers touchés seront les populations pauvres bien sûr. Beaucoup en France vivent dans leurs maisons en dures et parfois climatisées, comme pour les lieux de travail et supermarchés, magasins… en vivant tous les jours à l'extérieur on se rend peut-être un peu mieux compte de l'impact climatique et c'est accablant !
Ici, il n'y a plus d'ours dans les Pyrénées mais on trouve des cultures et des vaches à 1000-1500 m ! Pas de chevreuils ou cerfs, très peu alors, forcément un ours attaque les élevages situés trop haut, et l'eau, comme dans le Jura, est aussi polluée à 1000 m souvent, merci les humains !

Le 06, au am je suis debout à 6h et je pars vers 7h30, je pense un moment faire une grande journée de vélo de 200 km mais c'est sans compter sur la chaleur, même s'il y a un peu plus de nuages il fait très chaud, très lourd et je suffoque entre 12-15h dans le seul col à monter de la journée où je fais une pose d'environ une heure comme dans le col de Vars, pourtant comme la veille j'ai été à mon propre rythme, je n'ai pas de douleurs musculaires (mis à part une douleur au droit interne gauche depuis le Tourmalet mais seulement au touché) mais c'est un problème de récupération, j'ai sommeil et envie de boire plus que je ne peux.
Une fois le col passé la route monte et descend sur des hautes collines… c'est un peu comme le sud de l'Allemagne même les maisons y ressemblent. Le soir il se met à pleuvoir vers 18h, d'abord des averses puis en continu à 19h30 et le tonnerre gronde mais pas d'orages comme la veille.
Les gens rencontrés hier comme aujourd'hui restent aimables et les voitures roulent souvent tranquillement, beaucoup de touristes aussi (bretons, lyonnais, toulousains, nordistes, parisiens…). Je passe à St Jean pied de Port qui n'a rien de bien fantastique, beaucoup ici viennent pour le " lèche vitrine " des boutiques plus que pour la foi… Je ne m'y attarde pas, le chemin de St Jacques de Compostelle ne m'attire pas du tout et beaucoup prétendent l'avoir fait alors qu'ils n'ont fait que la moitié (l'aller et pas le retour).

Le 07, il a encore bien plu pendant la nuit, maintenant au am ça s'est arrêté, avec quelques orages aussi. Dans la journée il fait de plus en plus beau avec un vent d'ouest-NO. Je visite assez rapidement Dax car je veux me rapprocher au plus près de Marmande pour profiter demain de la journée chez mes grands parents.
En traversant les Landes, après Saint Vincent de Paul, sur plus de 100 km, je suis catastrophé par ce que je vois ! Il n'y a presque plus d'arbres, de forêts, presque tous les sapins sont à terre ! Il y a eu une tempête en janvier 2009 et ça a été radical. Cette terre pourrait bientôt redevenir des marécages, c'est Napoléon III qui avait voulu y mettre des sapins justement pour cette raison. J'étais passé la dernière fois dans les Landes en février 2000 après la tempête de Noël 1999 mais les conséquences étaient bien moins désastreuses, ça ressemblait encore beaucoup à une forêt, maintenant les cartes peuvent être refaites. Il n'y a plus que 25-30% de la forêt des Landes et il faut au moins 20-30 ans pour qu'un beau sapin repousse.
Le soir, je trouve près de Préchac un joli château en ruine, ouvert à " tout vent " et où le parc est propre, au bord de la rivière du Ciron. C'est donc dans ce château de La Trave que je dors paisiblement.

Le 08, la nuit a été très bonne à La Trave, c'était magique et merveilleux que de dormir dans l'enceinte de ce château en ruine et d'imaginer comment ça devait être avant. Je pars vers 9h30 après un réveil à 8h30, quand arrivent des touristes qui viennent pour descendre le Ciron, petite rivière, en kayak.
Ensuite je pars pour visiter le château de Cazeneuve, il est 10h mais le château n'ouvre qu'à 14h, du coup je continu pour aller voir le château de La Roquetaillade, l'extérieur est joli mais je remarque déjà des tours plus anciennes à côté… En fait le château était en ruine et a été restauré par Viollet Le Duc au XIXè s sur demande de Napoléon III, chose que les monuments historiques interdiraient aujourd'hui (?), le château est très transformé à l'intérieur et fait un peu " kitch ", on dirait un décor de théâtre, d'ailleurs l'escalier de Viollet le Duc était prévu pour un théâtre à Paris.
Ensuite après cette drôle de visite, assez décevante, je passe par Langon et je rejoins un peu plus loin la piste cyclable qui longe le canal latéral de la Garonne pour aller tranquillement revoir mes grands parents. C'est un peu comme le dernier jour de " découverte " car la route entre Marmande et Dégagnac est bien connue (j'ai dû la faire une bonne dizaine de fois).
La nuit je dors bien chez mes grands parents où j'y vois aussi mes deux tantes maternelles.

Le 09, au am, à 3h, il se met à bien pleuvoir jusque … 21h pm ! Le ciel est complètement gris et sur la route, pendant les six heures environ de vélo, il ne fait que pleuvoir à verse, ahah, je suis trempé. Juste une accalmie pendant 5 km de Cazals à Salviac. Le vent vient du NE, de face, comme d'habitude, je connais la route par cœur donc pas de photo de cette dernière journée de vélo…






Pour finir...


Ce second petit tour en Europe a été très bon encore, comme en juillet-septembre 2007. Il y a beaucoup de plaisir architectural, c'est très varié et donc beaucoup de stimulations de ce côté-là. Aussi de très beaux paysages, comme dans le parcours aux USA-Canada, variés avec des glaciers, des forêts en Scandinavie, les montagnes des Alpes et des Pyrénées… L'Islande a vraiment été une très belle contrée à traverser, on y trouve tous les éléments : terre (déserts de laves), eau (pluie, glaciers très nombreux, rivières torrentueuses), le feu (avec les geysers et les volcans), l'air (le vent bien sûr, l'humidité des nuages stagnant sur les hauts sommets et les cols).

Pour ce qui est de la faune et la flore, ce fut très varié aussi, surtout pour les oiseaux, beaucoup de rennes en Laponie, aussi des cerfs (quel magie de se faire réveillé au milieu de la nuit par l'un d'eux, entrain de bramer). Quant aux rencontres avec les Hommes, il y a eu de tout, beaucoup aiment bien parler, peu de fois on est invité quand même, ce qui est différent dans les contrées à grands espaces et à faible densité. Les Hommes bougent assez dans les frontières européennes mais trop souvent ils semblent tout de même enfermés dans leurs limites territoriales étatiques, il faudrait beaucoup plus d'échanges entre les européens, certes ceux-ci se développent (études, tourisme) mais ça reste très difficile pour le travail à cause de la barrière de la langue (il y en a trop dans l'union européenne) et il faudrait admettre l'anglais comme langue commune, c'est un fait, cela permettrait aux gens de communiquer et de développer cette conscience européenne indispensable pour construire un futur et des projets ambitieux. Il faudrait changer les mentalités, l'Europe a de grandes qualités qui ne sont pas assez mises en avant, notamment sa diversité, énorme. Ce serait bien que les russes et les turques soient aussi mieux " intégrés ". Nous sommes tout de même près de 500 millions de citoyens européens.

Pour ce qui est du climat ce fut vraiment bizarre. Lors du petit tour de deux mois en été 2007, le climat et le temps en Europe était normal : température ambiante, pluie, pas de chaleur particulière. Par contre lors de ce tour au Cap Nord, ce fut tout autre. Beaucoup de journées de pluie consécutives, trois semaines sans aucune gouttes d'eau en Scandinavie et en zone Arctique avec plus de 20°C alors qu'en mai et en juillet, en Europe " continentale " la température fut en-dessous de ces 20°C, sauf fin juillet et début août où la température atteint aisément les 40°C presque (à l'ombre) avec des orages violents accompagnant ses lourdes journées. Le climat devient fou, et il suffit de voyager pour s'en rendre compte, oui, mais autant faut-il voyager en dehors de moyens motorisés et climatisés.

Au final, est-ce si dur pour l'Europe d'élever le niveau et de faire rêver ? Quand est-ce que les Etats vont réellement s'unir pour donner une vision européenne tant attendue et nécessaire à sa crédibilité ? Quand est-ce que l'Europe et ses peuples formeront une Fédération avec un gouvernement et un Parlement fort ? Quand est-ce ces Etats réunis décideront d'avoir une politique franche et efficace en matière d'aide au développement notamment au niveau sanitaire en Afrique voir aussi en Amérique du sud ? Quand est-ce l'UE aura une politique forte en commun avec les USA pour le règlement définitif du conflit opposant juifs et musulmans en Palestine ?
Quand les Hommes auront-ils conscience que leur mode de développement a été en partie faussé depuis la fin de la WWII notamment. Pourquoi ne pas associer un monde " rustique " et un monde de hautes technologies. Bien sûr il faut revenir à une agriculture biologique naturelle et proche des habitants locaux en réinventant les marchés, réintroduire ours et lynx dans les Pyrénées tout en empêchant les Hommes de s'étendre par des maisons secondaires et des pavillons dans les campagnes alors qu'ils travaillent en villes (quel paradoxe !). Bien sûr qu'il faut éliminer la voiture de la consommation, cet objet, jouet favoris des Hommes, a montré son utilité en 60 ans et son extrême dangerosité en causant le changement climatique, ça suffit. Bien sûr qu'il faut changer le droit du travail, améliorer les salaires et empêcher aux actionnaires de s'en mettre plein les poches au détriment des fonds de pensions des " futurs retraités " et en causant des délocalisations inadmissibles ; biens sûr que ça doit être interdit de partir une semaine ou quinze jours à l'autre bout du monde mais qu'il faut pouvoir partir plus de trois mois, si on le souhaite, à l'étranger, ou profiter de trois mois de congés pour construire sa maison, profiter de ses enfants…
Peut-être faut-il tout simplement revenir à un monde, si tentait qu'il a existé un jour, plus authentique, avec des valeurs et une éthique (y compris dans la génétique…) ?



Ecrit en Octobre 2010, à Figeac, d'après les carnets de route et autres souvenirs, Cap Woot.


www.damiette.com - Since June 2007 - cap.woot@gmail.com